Le 28 mars 2017, Stéphane Soumier lançait la huitième édition de l'opération "3 minutes pour convaincre". Depuis 7 ans selon lui , 15 % des entreprises proposées ont cessé leur activité. Taux de défaut qualifié par le journaliste d'exceptionnellement bas, et qui selon lui témoigne du travail de fond des experts bénévoles réunis par Positive Entreprise.

http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/3-minutes-pour-convaincre-les-inscriptions-sont-ouvertes-1131213.html

Ce chiffre de 15 % tranche singulièrement avec le suivi détaillé dossier par dossier que met à disposition InvestigationFin.

Voir l'article du 9 mars 2017.

Passons d'abord sur le fait que la cessation de l'activité n'est pas le seul critère permettant de juger de l'échec d'un dossier présenté.

Première faiblesse du taux de défaut mis en avant, le nombre de dossiers de référence.

Bizarrement, dans le podcast du 29 mars 2017, il est question d'une centaine d'entreprises.

http://www.3minutespourconvaincre.com/wp-content/uploads/2017/05/CP_3MPC2017_Lancement_20170329.pdf

D'ailleurs, 99 noms sont listés sur la page lauréats antérieurs. Dont deux ne sont qu'en fait un seul et même dossier (PopUp Immo et Storefront) présenté en 2015 puis en 2017. A ne pas compter deux fois.

http://www.3minutespourconvaincre.com/laureats-anterieurs/

Le problème, c'est qu'il manque 21 dossiers dans cette liste des lauréats antérieurs. 21 dossiers qui ont bel et bien été présentés :
- 2016 Tentation Fromage
- 2015 WeClaim
- 2013 WeDrive, Cookit
- 2012 Noomeo, Best of Photos
- 2011 Adminium, Librepost, Obad
- 2010 Coursenville, Distriplis, Flotcarseco, French Kitch, Passiv, Smart Store, Disnous, Image Inn, Woodeos, Cognisight, Amateur de Design, Pralus Innovation

21 dossiers comme par hasard pour la plupart mal en point.

Exemple, le dossier Cognisight n'a pas donné suite à la création d'une entreprise pouvant être suivie. C'est pourtant bien un dossier qui a été présenté et pour lequel un défaut doit être relevé !

Le total des dossiers présentés n'est pas de 98 mais de 119. Si les experts de cette émission se trompent aussi lourdement sur le nombre de lauréats antérieurs, qu'en est-il du nombre de dossiers en défaut ?

Deuxième faiblesse du taux de défaut mis en avant, le nombre de dossiers défaillants au sens d'une cessation d'activité.

InvestigationFin détaille les dossiers, d'après la revue de mars 2017 pour lesquels il n'y a plus d'activité :

- édition 1 2010 : 17 dossiers sur 34 soit 50 % Coursenville, FlotcarsEco, French Kitch, Greenday, MotoPark Elec, Openways, Passiv'Construction Sycopan, Smart Store, Starzup, iMage'inn, Securiloc Locster, Woodeos, Kode, Cognisight Technologies, Foxy Lady Project, Amateur de Design, Georges Pralus Innovation
- édition 2 2011 : 4 dossiers sur 16 soit 25 % Adminium, Bankeez, Obad Mobile Marketing, PaperMind
- édition 3 2012 : 2 dossiers sur 11 soit 18 % Noomeo, Best of Photos
- édition 4 2013 : 1 dossier sur 15 soit 7 % WeDrive
- édition 5 2014 : 4 sur 15 soit 27 % 2kidsonebag, Yesprofile, Tooshort, Vinocasting
- édition 6 2015 : 1 sur 15 soit 7 % Skilladvisor
- édition 7 2016 : 0 sur 13 soit 0 %
soit au total 29 dossiers sur 119 soit 24,4 % de taux de défaut. Bien davantage que les 15 % mis en avant  par BFM Business sur une base de 98 dossiers, soit environ 15 dossiers défaillants. Deux fois plus en nombre de dossiers ! Quel suivi par les experts de cette opération.

Comme par hasard, parmi la liste des 29 dossiers défaillants, InvestigationFin recense 14 noms dans la liste des 98 lauréats antérieurs de BFM Business : 14 sur 98 donne 14,2 % ... d'où ces fameux 15 % ?

Quoi qu'il en soit le taux de 15 % est faux pour deux raisons

1) la base de référence est minorée

2) le nombre de dossiers en défaut recensés est minoré de 50 %.

Quelle qualité de suivi par les experts associés à cette émission !

Le taux de défaut que BFM Business aurait pu mettre en avant si leur travail avait été de qualité et pertinent est plutôt 25 %.

Magnifique, le soi-disant taux de défaut selon Stéphane Soumier de 15 % incorpore le fait que toutes les entreprises présentées fin 2016 n'ont pas cessé leur activité en mars 2017 !

Si on prend davantage de recul et que l'on souhaite émettre une opinion 5 années après la présentation des dossiers, alors il convient de regarder les statistiques des 3 premières éditions de mai 2010 à mai 2012 :

Et là l'histoire se détériore encore plus : sur 61 dossiers, 23 entreprises sont en taux de défaut, soit 37,7 %.

Mais au risque de répéter la chanson, il y a des entreprises dont les données du RCS ne montrent pas une cessation d'activité mais qui apparaissent après recherche en situation d'échec : exemples sans les citer toutes Distriplis (2010) Karcinolys (2010) Disnous (2010) Macauto (2010) Eco Perfinno (2012) Cookit (2013) Verifpro (2013) C2N (2014)

Le taux de défaut réel est donc bien plus élevé que 37,7 %.

Quel beau conte de fée que ce 15 %.