08 décembre 2009
Partie II Carmignac Gestion. To be or not to be ? Too big or not too big ? Etude et analyse d'une société de gestion qui grossit
Dans une première partie lien http://investigationfin.canalblog.com/archives/2009/12/07/16064775.html , les points suivants ont été abordés : 1) Les fonds de Carmignac Gestion 2) Des performances cumulées annoncées à relativiser 3) Comparaison des performances annuelles avec les indices de référence pour les fonds Carmignac Patrimoine et Carmignac Investissement Dans cette deuxième partie, le plus gros morceau 4) Comment les gérants de Carmignac Patrimoine et Carmignac Investissement parviennent-ils à afficher de très bonnes performances sur la durée ? Revue des rapports annuels et de la composition du portefeuille de fin 2005 à fin juin 2009 4) Comment les gérants de Carmignac Patrimoine et Carmignac Investissement parviennent-ils à afficher de très bonnes performances sur la durée ? Préambule sur le fonds Carmignac Investissement A première vue, il ne faut pas être trop frileux pour placer son argent dans un fonds pouvant être investi en totalité dans des actions internationales. Dans un article du 6 novembre 2008 dans l'Agefi intitulé Carmignac Gestion bat des records de collecte malgré la crise http://www.agefi.fr/articles/article.aspx?id=1054342, l'auteur, Réjane Reibaud, remarque que Carmignac est passée au travers de toutes les crises depuis presque 20 ans, citant le cas de Richelieu, qui a dû s'adosser au belge KBL. Eric Helderlé, Directeur Général, explique dans l'article que Carmignac Gestion est spécialisée sur un seul métier, la gestion d'actifs, ce qui justifierait sa résistance. La diversification sur les marchés émergents est mise en avant. La citation suivante m'a étonné : « le seul discours qui vaille auprès des clients particuliers est celui de la performance absolue, pas celui de la performance relative à un indice ». Puis la journaliste de rappeler les performances du fonds : 12 % en rendement annualisé depuis 1989 et près de 900 % en cumulé à fin juin 2009. Ces chiffres m'ont alors rappelé d'autres chiffres que j'avais lus il y a quelques mois. Dans le document 19 pages de Harry Markopolos adressé à la SEC (gendarme de la bourse américaine) daté du 7 novembre 2005, l'auteur détaille une liste de 29 alertes lui permettant d'en déduire que la société de Bernard Madoff est une fraude. En annexe les performances annualisées du fonds Fairfield qui investit dans la société de Bernard Madoff : 12 % de rendement annualisé de 1990 à 2005. Aucune performance annualisée négative. Simple coïncidence sur le niveau moyen annualisé des taux de rendement. Mais c'est également pourquoi la question du commissaire aux comptes est justifiée (voir partie 3). Madoff qui investit sur le S&P 100 (New York) soit par l'intermédiaire d'options d'achats ou de ventes soit directement sur les valeurs cotées soit en bons du Trésor Américains. Carmignac Investissement qui peut investir à 100 % sur les actions internationales et utilise des instruments de couverture, comme nous le remarquerons plus loin. 4 années de performances négatives annuelles dans l'absolu de 1989 à 2009 pour Carmignac Investissement. En l'absence de remarques supplémentaires qu'à ce stade il n'est pas possible d'émettre, il n'y a pas lieu d'aller plus loin dans ce sens. Surtout que le niveau de transparence et de communication de Carmignac Gestion est très élevé, contrairement à l'opacité de BM. Toutefois, cela n'interdit pas de tenter de comprendre d'où viennent plus précisément les performances des fonds Carmignac Investissement et Carmignac Patrimoine. Ce qu'il est possible de tenter à partir des rapports annuels de 2005 à fin juin 2009. Ce qui suit ne me semble pas suffisant pour y parvenir néanmoins de manière pleinement satisfaisante. 4.1 ) Revue des rapports annuels de Carmignac Investissement de 2005 à fin juin 2009 Les actifs nets du fonds sont passés de 1,4 milliards d'euros fin 2005 à 4,2 milliards d'euros au 30 juin 2009. En fin de période 2005 2006 et 2007, les actifs étaient investis à hauteur de 95 % environ en actions. Fin 2008, près de 500 millions d'euros (21,4 % du total) sont investis en titres de créance. Au 30 juin 2009, 507 millions d'euros (12,2 % du total) sont investis en prise en pension livrée (obligations d'Etat France). On note le montant exceptionnel d'instruments financiers à terme (couverture) au 31 décembre 2007 : 2,4 milliards d'euros d'achats à terme de devises et 2,3 en ventes à terme, soit plus en absolu que le total des encours de 2,2 milliards d'euros ! Le hors-bilan est important : - 196 millions d'euros fin 2005, soit 14,5 % des encours ; - 5 milliards d'euros fin 2006 (dont 1,5 de transactions de couverture), soit 2,2 fois plus que les encours ! - 4,3 milliards d'euros fin 2007 (dont 2,1 de transactions de couverture), soit 1,8 fois plus que les encours ! Si on regarde de près les comptes de résultat de 2004 à 2008 (enfin ceux dont j'ai pu mettre la main), on observe que : - pour 2004, l'augmentation de l'actif net de 170 millions d'euros s'explique à 97 % par le solde souscriptions moins rachats ; - pour 2005, l'augmentation de l'actif net de 668 millions d'euros s'explique à 44 % par le solde souscriptions moins rachats, et 57 % par l'évolution de la valorisation des instruments financiers ; - pour 2006, l'augmentation de l'actif net de 432 millions d'euros s'explique à 64 % par le solde souscriptions moins rachats, et 34 % par le net entre gains et pertes sur actifs cédés ; - pour 2007, l'augmentation de l'actif net de 403 millions d'euros s'explique à 24 % par le solde souscriptions moins rachats et 60 % par le net entre gains et pertes sur actifs cédés ; - pour 2008, l'augmentation de l'actif net de 141 millions d'euros s'explique par la compensation entre le solde souscriptions moins rachats (+ 1000) moins l'évolution de la valorisation des instruments financiers à terme (- 882), moins le net entre gains et pertes sur actifs cédés (-420), que compensent les instruments de couverture à terme (+430). De l'année 2008 on peut donc estimer que de nombreux investisseurs qui ont investi en 2008 ont subi des pertes importantes, mais Carmignac Investissement a pu limiter la casse grâce aux stratégies de de couverture. Revue plus en détail de la composition du portefeuille de fin 2005 au 30 juin 2009 : au 31 décembre 2005 : Sur les 1,4 milliards d'euros, très peu d'actions françaises (53 millions d'euros) ou européennes ; le gros du paquet est aux Etats-Unis (503 millions d'euros, dont 114 ME - soit 8 %- rien que pour Transocean Redco et 84 - 6 % - pour Newmont Mining, bonjour le niveau de concentration), au Japon, au Brésil, en Corée du Sud. De l'énergie, des banques, de l'immobilier, des technologiques. Ce n'est pas pour l'investisseur frileux. au 31 décembre 2006 : Sur les 1,8 milliards d'euros, les Etats-Unis ont moins de place (299 millions d'euros ; les devises ont en général perdu environ 10 % sauf le Réal Brésilien (-2 %) la KRW Corée du Sud et la livre sterling (+2,6 %) ; les actifs en euros représentent seulement un peu plus de 270 millions d'euros ; et pourtant le compte de résultat montre une contribution positive de 67 millions d'euros dans l'évolution des actifs nets en différences de change. Ce que je ne comprends pas très bien, en l'absence de couvertures visibles. Des investissements dans les paradis fiscaux apparaissent : Iles Caymans (179 millions d'euros), Bermudes (24 ME), Antilles Néerlandaises ; le Canada (actions or) monte à 169 millions d'euros ; la Chine apparaît (82 millions d'euros). Certaines valeurs représentent une part non négligeable du portefeuille : Gold Corp au Canada (71 ME), TransOcean Inc aux Iles Caymans (125 ME), Smith INTL aux US (72 ME). au 31 décembre 2007 : sur les 2,2 milliards d'euros, on note l'importance des Etats-Unis (368 millions d'euros), du Brésil (363 ME), du Canada (191 ME), des Antilles néerlandaises (122 ME), du Royaume-Uni (128 ME) des îles Caymans (124 ME) ; la proportion de titres en euros est stable en valeur ; sur l'année la plupart des devises continue de perdre environ 10 % (dont le dollar US), seuls le Real Brésilien (+9 %), le dollar canadien (+ 5 %) s'apprécient. Les différences de change dans le compte de résultat sont positives de 98 millions d'euros, elles s'expliquent peut-être par les couvertures prises par le fonds, quoique les positions de devises à terme dans le bilan sont très limitées. D'après le rapport de gestion de fin décembre 2007, le risque dollar serait couvert intégralement. Le Hors-bilan fait état de positions massives de couverture par des futures, mais les devises des futures semblent pour la plupart être en euros : - 3,4 milliards d'euros à l'achat sur le Schatz (emprunt d'Etat émis par l'Etat allemand à court terme) côté à l'Eurex échéance mars 2008 ; un tel montant semble gigantesque comparé à l'actif net du fonds mais il semble que les variations de cours d'un tel future soient très faibles ; - 1,6 milliards d'euros à la vente, dont 893 millions d'euros sur le future de taux Bund échéance mars 2008 et 158 millions d'euros sur le future d'indice Eurostoxx 50 échéance mars 2008. Pour ceux qui se sont intéressés de près à l'affaire Kerviel Société Générale, ce dernier future doit vous évoquer quelque chose. Parmi les transactions non-autorisées de Jérôme Kerviel prises en janvier 2008 figuraient des milliards d'euros de futures Eurostoxx 50 d'échéance mars 2008, le même que celui détenu par Carmignac Investissement fin décembre 2008. Mais le trader déchu avait misé sur une hausse de l'indice, à l'inverse Carmignac Investissement, qui est positionnée fin décembre 2008 à la baisse de l'indice. J'avais rédigé un article (lien http://olivierfluke.canalblog.com/archives/2008/07/09/index.html ) s'intéressant aux bénéficiaires des futures de Jérôme Kerviel. Carmignac Investissement en fait peut-être partie. Revenons au sujet principal. La crise des subprimes a incité les gestionnaires du fonds a adopter une position de couverture d'environ 40 % (893 par rapport à 2 193), ce qui est cohérent avec le contenu du rapport de gestion de fin 2007. Posture gagnante puisque le fond surperforme (19,32 % en 2007) son indice (-1,11 %). au 31 décembre 2008 : sur les 2,3 milliards d'euros, on note une part importante en obligations France (500 ME) et Allemagne (160 ME), mais aussi les actions US (338 ME) et Canada (361 ME) ; les devises des pays émergents se sont effondrées, mais le dollar US s'est repris (+ 5 %) ; certains titres ont été lessivés par la crise financière, mais le fonds a conservé beaucoup de ces valeurs. Les différences de change sont toujours positives à 54 millions d'euros. D'après les rapports de gestion trimestriels, la couverture du risque dollar aurait été réduite à la fin du premier trimestre 2008 de 100 à 50 %, et intégralement levée fin mai 2008. Quelques exemples de pertes de valorisation estimés (par règle de trois) sur certains titres, pour un total de -882 ME : Cyrela au Brésil (-35 ME estimés), Petroleo au Brésil (-69 ME estimés), Freeport aux US (-63 ME estimés), Smith INTL (-79 ME estimés). En revanche, la politique de couverture a encore porté ses fruits, puisque le fonds surperforme (-29,88 %) encore fortement son indice de référence (-40,61 %). En fin d'année, on voit apparaître (pas seulement) pour 2,5 milliards d'euros d'options de devises en hors-bilan Euro contre le Yen et 1,6 milliards d'euros de futures sur le Schatz et l'Eurob (Grèce ?), sans que l'on sache si pour ces deux derniers c'est à l'achat ou à la vente. D'après le rapport de gestion du 4 ème trimestre 2008, l'exposition aux actions est à 60 % (le total actions dans le portefeuille s'élève à 71 %). au 30 juin 2009 : sur les 4,2 milliards d'euros, on note les Etats-Unis (632 ME), le Canada (561 ME), le Brésil (261 ME), les Antilles Néerlandaises (266 ME), la Suisse (334 ME), l'Inde (232 ME), l'UK (293 ME). Le réal brésilien s'est fortement repris. Le hors-bilan n'est pas connu. Avec l'importance des souscriptions, il apparaît que seulement 16 valeurs ont été investies de manière nouvelle (dont 4 en Inde et 3 en UK), les gérants se contenant de renforcer les autres. Nul doute que de tels achats (2,1 milliards d'euros de souscriptions en 2008 dont une partie importante sur les marchés actions à l'international) pèsent sur les marchés par une pression à la hausse. De nombreux titres sont valorisés au-dessus de 100 millions d'euros. Imaginez une période de baisse des marchés et des rachats massifs du fonds. Cela ne provoquerait-il pas une pression plus marquée à la baisse ? D'après le rapport de gestion du premier trimestre 2009, le fonds, par des futures, aurait misé sur la reprise des banques américaines : pari gagnant. L'exposition aux actions atteint à nouveau son maximum, ramenée à 93 % au deuxième trimestre. 4.2) Revue des rapports annuels de Carmignac Patrimoine de 2005 à fin juin 2009 Les actifs nets du fonds sont passés de 1,9 milliards d'euros fin 2005 à 10,7 milliards d'euros au 30 juin 2009. La part des investissements en obligations a été proche de 50 % fin 2005 et fin juin 2009, et de 40 % fin 2006 2007 et 2008. La part des actions qui était proche de 40 % en fin d'année 2005 2006 et 2007 est tombée à 16 % fin 2008 et 20 % fin juin 2009. A noter les prises en pension livrées fin 2008 (742 millions d'euros, 14,4 %) et fin juin 2009 (2,5 milliards d'euros ! 23,3 %). Et aussi les titres de créance fin 2008 (1,2 milliards d'euros, 23,8 %) et fin juin 2009 (719 millions d'euros, 6,7 %). On note également les montants exceptionnels des opérateurs débiteurs fin 2008 (2,2 milliards d'euros compensés par 1,9 de créditeurs) et fin juin 2009 (3,5 milliards d'euros compensés par 3,8 de créditeurs). Le hors-bilan est important : - 603 millions d'euros fin 2005, de transactions de couverture, soit 32,4 % des encours ; - rien fin 2006 ! ; - 2,3 milliards d'euros fin 2007 (dont 1,0 de transactions de couverture), soit 81,6 % des encours ! - 10,1 milliards d'euros fin 2008 (dont 2,1 de transactions de couverture), soit près de deux fois plus que les encours ! Si on regarde de près les comptes de résultat de 2005 à 2008 (donc ceux dont j'ai pu mettre la main), on observe que : - pour 2005, l'augmentation de l'actif net de 799 millions d'euros s'explique à 67 % par le solde souscriptions moins rachats ; le reste principalement par l'évolution de la valorisation des instruments financiers ; - pour 2006, l'augmentation de l'actif net de 994 millions d'euros s'explique à 90 % par le solde souscriptions moins rachats ; - pour 2007, l'augmentation de l'actif net de 28 millions d'euros s'explique par la compensation de -182 millions d'euros du solde souscriptions moins rachats avec les différences de change (+ 89), le net entre gains et pertes sur actifs cédés (+ 144 ME), le net entre les gains et pertes sur instruments financiers à terme (-75 ME) et l'évolution de la valorisation des instruments à terme (+ 49 ME) ; - pour 2008, l'augmentation de l'actif net de 2,3 milliards d'euros s'explique par 2,2 milliards d'euros de net entre souscriptions et rachats. Mais les gains nets sur instruments financiers à terme (781 ME) compensent les pertes sur le net des actifs cédés (-270 ME) et celles sur la valorisation des instruments financiers (-572 ME). De l'année 2008 on peut donc retenir que les instruments de couverture utilisés ont permis le limiter la casse. Revue plus en détail de la composition du portefeuille de fin 2005 au 30 juin 2009 : au 31 décembre 2005 : sur les 1,9 milliards d'euros d'actif net, près de 1 milliard d'euros en obligations (France 370 ME USA 130 ME UK 77 ME, surtout en Europe), soit d'entreprises, soit d'Etat ; les actions sont principalement Etats-Unis (241 ME) et Japon (111 ME), on retrouve de nombreux titres de Carmignac Investissement (exemples Submarino au Brésil, Cameco au Canada etc ...) ; à un tel point qu'on a l'impression qu'on pense à une sorte de duplication : le total des titres de Carmignac Patrimoine qui ne sont pas également investis dans Carmignac Investissement s'élève à 50 millions d'euros environ sur un total de 738 millions d'euros ! Les transactions de couverture (hors-bilan) s'élèvent à 603 millions d'euros : des futures sur des obligations d'Etat 10 (Japon et US) ou 5 ans (Allemagne) d'échéance mars 2006. au 31 décembre 2006 : sur les 2,9 milliards d'euros d'actif net, près de 1,1 milliards d'euros en obligations (France 522 ME Brésil 105 ME USA 98 ME Malaisie 96 ME) ; et 1,2 en actions (France 211 ME USA 205 ME Brésil 108 ME Canada 114 ME ) ; aucun montant en hors-bilan affiché. au 31 décembre 2007 : sur les 2,9 milliards d'euros d'actif net, 1,2 milliards d'euros en obligations (France 480 ME Italie 131 ME), 1,2 milliards d'euros en actions (USA 219 ME Brésil 215 ME Canada 127 ME), mais aussi des billets de trésorerie et titres de créances (209 ME) et 103 millions d'euros en disponibilités. Les positions de couverture du hors-bilan sont de nature (pas en montant) semblables à celles prises dans Carmignac Investissement, avec en plus en future de taux à l'achat un future Bons du trésor USA à 10 ans d'échéance mars 2008 et un swap de taux Rhineland Société Générale. au 31 décembre 2008 : sur les 5,1 milliards d'euros d'actif net, 2,1 milliards d'euros en obligations (France 1 414 ME dont 501 ME pour l'OAT 5 % 04/12 Pays-Bas 127 ME USA 128 ME), 818 ME en actions (Canada 206 ME USA 165 ME), 1,1 milliards d'euros en dépôts à terme (entreprises France principalement) et 742 ME de prise en pension livrée sur des obligations d'Etat (probablement à court terme, des banques qui détenaient de telles obligations et les reprendront dans leur bilan ?). D'après le rapport de gestion du 4 ème trimestre 2008, l'exposition actions a été maintenue à zéro, sans doute par l'effet des couvertures. au 30 juin 2009 : sur les 10,7 milliards d'euros d'actif net, 5,3 milliards d'euros en obligations (France 1,9 MdE USA 1,6 MdE), 2,2 milliards d'euros en actions (USA 381 ME Canada 361 ME), 0,7 milliards d'euros en dépôts à terme (entreprises France principalement) et 2,5 milliards d'euros de prise en pension livrée sur des obligations d'Etat (dont 400 ME environ de la SFEF le véhicule qui a servi à l'Etat à venir au soutien des banques françaises). A ce sujet, et cela pourrait peut-être faire l'objet d'un article ultérieurement. L'Etat Français déclare avoir fait une bonne affaire en prêtant aux banques grâce aux taux d'intérêt. Mais, la SFEF a dû émettre des obligations qui rémunèrent apparemment entre 2,25 % (février 2011) et 3,25 % (janvier 2014). Or les banques ont remboursé avant le terme de telles obligations. Cela signifie que l'Etat, en attendant de rembourser de telles obligations (à l'échéance ? c'est à vérifier) paye des intérêts aux détenteurs de telles obligations. Donc il faudrait faire les comptes totaux pour savoir exactement si l'Etat en s'endettant par la SFEF a tant gagné que cela Le comble, ce serait que des banques qui ont bénéficié du soutien de l'Etat en aient détenu à un moment ou à un autre. Pour ces 400 millions d'euros, c'est Carmignac Patrimoine qui les détient actuellement. Mais qui est le propriétaire d'origine ? Je vois mal comment Carmignac pourrait avoir des interlocuteurs différents des banques elles-mêmes sur ce sujet. Il y a également 321 millions d'euros en disponibilités et un volume gigantesque de soldes d'opérateurs débiteurs et autres créances (3,5 milliards d'euros) et d'opérateurs créditeurs et autres dettes (-3,8 milliards d'euros). Le hors-bilan du 30 juin 2009 n'est pas publié. Voilà ce que l'on peut dire sur les résultats et compositions de portefeuille de Carmignac Investissement et Carmignac Patrimoine depuis fin 2005. Il y aurait sûrement davantage à faire, mais c'est un début. A suivre dans le troisième volet : 5) Revue de presse à la recherche d'éventuelles polémiques ou problématiques 6) Qui investit dans Carmignac Gestion ?
07 décembre 2009
Partie I Carmignac Gestion. To be or not to be ? Too big or not too big ? Etude et analyse d'une société de gestion qui grossit.
Créée en 1989, Carmignac Gestion se présente comme une des principales sociétés de gestion indépendantes en Europe. Son niveau de collecte est particulièrement impressionnant en 2008 et 2009. Ce que l'Agefi remarque récemment dans un article du 22 octobre 2009 intitulé OPCVM Carmignac décroche la première place en septembre http://www.agefi.fr/articles/OPCVM-Carmignac-decroche-place-septembre-1111530.html, "très loin devant ses compétiteurs". Dans un autre article http://www.agefi.fr/search/default2.aspx?search=carmignac&id_article=1113465&page=&themes=&societes=&personnes=&publications=&tri= , les encours de Carmignac Gestion sont passés de 12,6 milliards d'euros fin 2008 à 30 milliards d'euros fin septembre 2009 ! Régulièrement, depuis plusieurs années, des publicités vantent le fonds phare Carmignac Patrimoine, dont la performance cumulée du compartiment A s'élève au 30 septembre 2009 à 528,27 % ! Soit 9,63 % par an en moyenne ! Comment Carmignac Gestion parvient-il à afficher un tel niveau de performance ? Quels décryptages l'étude de l'ensemble des données disponibles (notamment à leur adresse http://www.carmignac.fr) sur la société de gestion peuvent-ils être apportés ? C'est ce que vous pourrez découvrir dans cet article. Partie I 1) Les fonds de Carmignac Gestion 2) Des performances cumulées annoncées à relativiser 3) Comparaison des performances annuelles avec les indices de référence Partie II 4) Comment les gérants de Carmignac Patrimoine et Carmignac Investissement parviennent-ils à afficher de très bonnes performances sur la durée ? Partie III 5) Revue de presse à la recherche d'éventuelles polémiques ou problématiques 6) Qui investit dans Carmignac Gestion ? 1) Les fonds de Carmignac Gestion A l'origine, en 1989, quatre fonds ont été créés : - Carmignac Investissement (fonds 100 % actions internationales) ; - Carmignac Patrimoine (fonds mixte actions - exposition maximale à 50 % - et obligations) ; - Carmignac Sécurité (fonds prudent obligations libellées en euros) ; - Carmignac Court Terme (fonds monétaire). Au 30 septembre 2009, d'après mes calculs, 19 fonds totalisaient 29,0 milliards d'euros d'encours, dont 5,4 pour Carmignac Investissement (19 % du total) et 14,5 pour Carmignac Patrimoine (50 % du total). Carmignac Investissement et Carmignac Patrimoine sont donc les fonds vedettes de la société de gestion, et leurs performances cumulées, les plus élevées (logique en partie en raison de l'ancienneté de ces deux fonds), sont mises en avant par la société de gestion : Le compartiment A de Carmignac Investissement (5 milliards en encours) présente une performance cumulée au 30 septembre 2009 de + 887 % depuis l'origine, soit + 11,66 % par an en moyenne. Impressionnant ! Pour le compartiment E (frais d'entrée moins élevés mais frais de gestion plus importants), depuis sa création en juillet 2006, c'est + 4,81 % en moyenne par an seulement. Pour chaque fonds, Carmignac Gestion compare les performances réalisées avec l'indice de référence correspondant. Au 30 septembre 2009, 2 fonds (aux encours faibles) présentent des performances cumulées négatives : - Carmignac Emerging Discovery (créé en décembre 2007, 100 % actions internationales petites et moyennes capitalisations des pays émergents), performance cumulée de -17,8 %, encours de 127 millions d'euros ; - Carmignac Global Bond (créé en décembre 2007, fonds obligataire international), performance cumulée de -6,7 %, encours de 80 millions d'euros. 2) Des performances cumulées annoncées à relativiser + 887 % au 30 septembre 2009 pour Carmignac Investissement Part A depuis 1989 ! + 528 % pour Carmignac Patrimoine Part A depuis 1989. De tels chiffres peuvent donner le tournis. Sans considération de performance annualisée ou de benchmark (comparaison) avec leur indice de référence respectif, il convient de les relativiser pour ce qui concerne la réalité des performances réalisées par les parts souscrites. Voici pourquoi. Tout d'abord l'horizon d'investissement préconisé pour ces 2 fonds est de 5 ans. Quel est le montant de l'investissement qui a réellement connu une performance cumulée de + 887 % pour Carmignac Investissement + 528 % pour Carmignac Patrimoine ? En réalité quasiment aucun euro. J'ai pu remonter jusqu'à fin 2001 pour obtenir le montant des encours : 188,6 millions d'euros pour Carmignac Patrimoine et 191,1 millions d'euros pour Carmignac Investissement. Soit respectivement 1,3 % et 3,5 % du niveau des encours au 30 septembre 2009. Parmi les souscriptions qui composent ces niveaux d'encours fin 2001, combien de parts souscrites à l'origine, alors que l'horizon d'investissement est de 5 ans et que des rachats surviennent régulièrement ? Les performances passées ne présument pas des performances futures, certes, mais pourquoi autoriser l'affichage de performances cumulées absolues qui relèvent plus de la théorie que de la réalité des parts souscrites ? Combien de parts souscrites à l'origine ont connu réellement la performance cumulée affichée dans les publicités ? Très très peu ! Alors on peut tenter d'estimer, pour le total des encours au 30 juin 2009 (dernier rapport semestriel disponible), une performance moyenne cumulée par tranche d'encours. La connaissance des souscriptions et des rachats depuis 2006 permet d'affiner l'estimation en fournissant une idée sur l'importance du renouvellement des parts. Le raisonnement est le suivant pour Carmignac Patrimoine. Au 30 juin 2009, le nombre de parts A s'élève à 2 millions de parts pour Carmignac Patrimoine. Ne connaissant pas le nombre de parts souscrites ou rachetées de 2001 à 2005, effectuons les hypothèses simplificatrices suivantes : - le nombre de parts fin 2001 a connu au maximum la performance cumulée de 1989 au 30 juin 2009, soit + 606 %. - pas de rachats entre 2002 et fin 2005, ce qui permet d'estimer les performances des parts supplémentaires de fin 2002 à fin 2005 ; - le nombre des rachats est connu en 2006, 2007, et 2008 mais par souci de simplification dans notre calcul on fait comme s'il n'y en avait pas eus ; en 2007 les rachats sont supérieurs aux souscriptions, par conséquent on ne calcule pas de rendement pour des parts en 2007, mais on applique à l'augmentation nette des parts entre fin 2006 et fin 2008 la performance cumulée depuis début 2007 ; - les rachats du premier semestre 2009 ne sont pas connus. Par simplification encore, les souscriptions sont considérées comme effectuées le 1er janvier afin de leur appliquer la performance de l'année complète. Les performances cumulées par tranches de parts affichées ci-dessous sont donc forcément supérieures à la réalité qui n'est pas publiée. Affectation des performances cumulées par tranche de parts au 30 juin 2009 pour Carmignac Patrimoine :
Date de référence |
Nombre de parts |
Performance cumulée |
De début Année au 30 juin 2009 |
Fin 2001 |
77 000 |
606 % |
De 1989 au 30 juin 2009 |
Fin 2002 |
18 000 |
89 % |
De 2002 au 30 juin 2009 |
Fin 2003 |
144 000 |
80 % |
De 2003 au 30 juin 2009 |
Fin 2004 |
111 000 |
58 % |
De 2004 au 30 juin 2009 |
Fin 2005 |
155 000 |
53 % |
De 2005 au 30 juin 2009 |
Fin 2006 |
237 000 |
26 % |
De 2006 au 30 juin 2009 |
Fin 2007 |
|||
Fin 2008 |
400 000 |
21 % |
De 2007 au 30 juin 2009 |
30 juin 2009 |
876 000 |
11 % |
De 2009 au 30 juin 2009 |
TOTAL |
2 018 000 |
606 % |
Performance cumulée |
Ce tableau permet de se rendre compte que la performance cumulée annoncée ne concerne potentiellement et effectivement qu'une faible partie des parts existantes (et même par analogie de raisonnement pour les parts rachetées depuis l'origine). On observe (source rapports annuels des fonds) que les taux de rotation (ratio nombre de parts rachetées de l'année divisé par le nombre de parts en début de période) pour les années 2005 2006 et 2007 s'élèvent à : 45 %, 41 %, 44 %, ce qui est élevé et ne confirme pas l'horizon préconisé de 5 années pour l'investissement. Affectation des performances cumulées par tranche de parts au 30 juin 2009 pour Carmignac Investissement :
Date de référence |
Nombre de parts |
Performance cumulée |
De début Année au 30 juin 2009 |
Fin 2001 |
63 000 |
878 % |
De 1989 au 30 juin 2009 |
Fin 2002 |
13 000 |
120 % |
De 2002 au 30 juin 2009 |
Fin 2003 |
59 000 |
112 % |
De 2003 au 30 juin 2009 |
Fin 2004 |
40 000 |
73 % |
De 2004 au 30 juin 2009 |
Fin 2005 |
56 000 |
69 % |
De 2005 au 30 juin 2009 |
Fin 2006 |
44 000 |
14 % |
De 2006 au 30 juin 2009 |
Fin 2007 |
3 000 |
De 2007 au 30 juin 2009 | |
Fin 2008 |
137 000 |
3 % |
De 2008 au 30 juin 2009 |
30 juin 2009 |
165 000 |
-14 % |
De 2009 au 30 juin 2009 |
TOTAL |
580 000 |
878 % |
Performance cumulée |
Sachant que la valeur de la part n'a cessé d'augmenter, la proportion des investissements concernés par la performance absolue communiquée par la société de gestion est encore plus réduite. On observe que les taux de rotation (ratio nombre de parts rachetées de l'année divisé par le nombre de parts en début de période) pour les années 2005 2006 et 2007 s'élèvent à : 61 %, 52 %, 65 %, ce qui est élevé et confirme encore moins pour ce fonds l'horizon préconisé de 5 années pour l'investissement. 3) Comparaison des performances annuelles avec les indices de référence L'indice de référence du fonds Carmignac Patrimoine est 50 % MSCI ACW (Eur) + 50 % Citigroup WGBI All Maturities (Eur). Depuis 1989, Carmignac Patrimoine a sous performé son indicateur de référence 6 années : 1991, 1994, 1995, 1997, 1998 et 2004. L'indice de référence du fonds Carmignac Investissement est MSCI World Index Free (Eur). Depuis 1989, Carmignac Investissement a sous performé son indicateur de référence 6 années également : 1991, 1994, 1995, 1997, 2001 et 2004. L'année 2002 a été exceptionnelle pour les deux fonds relativement à leur indice de référence respectifs, puisque Carmignac Patrimoine et Carmignac Investissement sont parvenus a afficher une performance positive (4,95 % et 3,72 %) alors que les indices de référence chutaient lourdement (-15,58 % et -32,56 %). Je n'ai pu récupérer aucune information qui puisse expliquer cette surperformance en 2002, mais manifestement les gestionnaires de Carmignac Gestion ont su traverser au mieux la crise de la bulle des années internet. A noter qu'en 2008, Carmignac Gestion a décidé de supprimer les commissions de surperformance dans Carmignac Patrimoine afin de présenter une performance positive de 0,01 %, bien que surperformant facilement l'indice de référence (-11,99 %). http://www.votreargent.fr/sicav-fcp/carmignac-renonce-au-bonus-sur-sa-gestion_96757.html C'est un point que j'ai vérifié dans le rapport annuel du fonds, c'est d'ailleurs également le cas dans Carmignac Investissement en 2008. La suite dans la partie II ...
02 décembre 2009
Polémique Dosière Fillon sur la hausse des effectifs et des salaires dans les ministères. Qui a raison, qui a tort ?
Ce qu'il faut retenir La démarche du député socialiste René Dosière est intéressante. Elle permet de mettre en lumière une augmentation très significative des rémunérations brutes et des primes entre 2008 et 2009 dans les cabinets ministériels. Sans considération de retraitement, le total des rémunérations annuelles brutes passe de 27,6 millions d'euros en 2008 à 37,8 millions d'euros en 2009 soit + 37 % ! Alors que (sans retraitement, 771 personnes concernées selon les données de 2009) les effectifs n'augmentent que de 6 % environ ! Les dotations annuelles de primes augmentent de 2,3 millions d'euros (+ 7,7 %), atteignant 31,7 millions d'euros, qui concernent 3 465 personnes en 2009 (3 520 en 2008). René Dosière a raison d'écrire que le gouvernement ne connaît pas la crise. Les médias et hommes politiques de tous bords devraient réclamer des explications au gouvernement. En revanche, concernant les effectifs, la hausse initiale de 17 % a été revue à 1 %, car la base 2008 avait été minorée par le député. Le document officiel du PLF 2010 attirait pourtant l'attention sur la difficile comparabilité (périmètres et attributions ministériels différents) entre 2008 et 2009, ce qui aurait dû conduire dès le départ le député à exploiter le document officiel de l'année précédente. Le document du PLF 2010 fournissait d'ailleurs le lien vers le document de l'année précédente. Le député a donc tort lorsqu'il souligne que la sous estimation des données provient du document officiel lui-même et qu'il avait confiance en ce document en toute bonne foi. J'ai en outre procédé, par curiosité, à la même démarche pour les données 2007 disponibles dans le PLF 2008. Article complet Le député PS de l'Aisne René Dosière a publié sur son blog le 26 novembre 2009 un dossier montrant une augmentation significative des effectifs et rémunérations des ministères et secrétariats d'Etat, ce qui lui fait dire que le gouvernement ne connaît pas la crise. http://renedosiere.over-blog.com/ Le service de presse du Premier Ministre a réagi dans un communiqué daté du 27 novembre 2009 : René Dosière aurait effectué des erreurs dans les calculs publiés, la base de référence 2008 retenue par le député socialiste étant minorée concernant le calcul sur les effectifs des cabinets et l'enveloppe consacrée aux rémunérations complémentaires des membres de cabinets (ISP). Les effectifs globaux des cabinets auraient augmenté de 1,1 % et non de 17,2 %. L'augmentation de l'enveloppe des ISP serait de 8,4 % et non de 20,6 %. Ce qui a obligé René Dosière a revoir sa copie et modifier ses calculs, tout en maintenant ses analyses qualitatives. Qu'en est-il très exactement ? Pour le savoir, j'ai tout simplement tenté de reconstituer le travail effectué par le député socialiste (travail dont j'approuve le principe) à partir de l'annexe Personnels affectés dans les cabinets ministériels au projet de loi de finances pour 2010 (jaune PLF 2010), ainsi que celui de l'année précédente. 1) Sur la minoration initiale de la base de référence 2008 René Dosière prétend que la sous-estimation des données 2008 provient du document officiel lui-même, ce serait en toute bonne foi que le député aurait eu confiance en ce document. Pourtant, en page 6 du document officiel de 87 pages, on peut lire très clairement : "Les périmètres et attributions ministériels sont donc différents de ceux retenus dans la version précédente de ce document (annexée au projet de loi de finances pour 2009 et consultable sur le site www.performancepublique.gouv.fr). Pour la première fois cette année et afin d'assurer une plus grande cohérence de l attributions rendent toute comparaison entre 2008 et 2009 inopérante)." 3 pages de Note de Présentation pour 78 pages de tableaux pour les cabinets ministériels. René Dosière a donc tort d'affirmer que la sous-estimation des données provient du document officiel alors que ce même document met en garde sur ce sujet ! Et se réfère explicitement au document de l'exercice précédent ! Il paraît logique qu'avec de telles remarques dans le jaune du PLF 2010, le minimum aurait consisté à jeter un oeil dans le jaune du PLF 2009 ! Qui permet bien de majorer la base 2008 du PLF 2010 ! 2) Sur l'évolution des effectifs J'ai pu reconstituer les données chiffrées 2008 et 2009 du député, excepté les chiffres 2009 suivants : - chauffeurs : René Dosière 354 Mon calcul 361, écart -7 - assistance : René Dosière 1 626 Mon calcul 1 616, écart + 10 - sécurité : René Dosière 368 Mon calcul 371, écart -3 L'écart provient du Ministère de l'Industrie, pour lequel il semble que René Dosière a mis tous les effectifs supports en assistance, alors que la page 46 du PLF 2010 montre bien 4 + 2 + 1 dans la ligne logistique (chauffeur), même si en total aucun chiffre n'est indiqué, car le tableau a mal été rempli. Il est par conséquent logique de retenir mon calcul. Le communiqué de Matignon a raison de préciser que la comparaison de l'évolution des effectifs est effectuée entre le 1er juillet 2008 et le 1er août 2009, alors que le document de René Dosière ne précise que 2008 et 2009. Le recoupement avec les chiffres du député fonctionne si on ne tient pas compte des cabinets militaires du Premier Ministre et de la Défense. J'estime qu'il aurait fallu en tenir compte. On observe par exemple que les effectifs du cabinet du Premier Ministre diminuent de 4 personnes (64 à 60) alors les effectifs du Cabinet militaire augmentent de 4 personnes (6 à 10). Je ne comprends pas pourquoi pour l'ensemble une augmentation de 19 personnes pour une base de 3258 personnes donne + 1,1 %, alors que cela fait 0,6 % ! Je recommande par conséquent une mise à jour des données chiffrées. Le total des effectifs du PLF 2008 (données au 1er septembre 2007) s'élève hors cabinets militaires à 2 863 personnes, ce qui implique une augmentation entre le 1er septembre 2007 et le 1er juillet 2008 de 13,8 %. L'analyse cabinet par cabinet est n'est pas immédiate en raison des changements de périmètre. René Dosière estime (peut-être à raison) la déclaration d'un seul chauffeur au Ministère de l'Intérieur en 2009 comme inexacte, mais l'interprète (à tort) ainsi : la diminution en 2009 du nombre de chauffeurs ne serait pas significative. Sauf que selon le PLF 2009 le Ministère de l'Intérieur déclare également un seul chauffeur. Alors peut-être que les 2 chiffres sont faux, mais cela ne permet pas d'en déduire quelque chose sur l'évolution du nombre de chauffeurs entre 2008 et 2009. Enfin, j'ai repéré une anomalie dans le PLF 2009. Sur les 11 personnes chargées de la protection au Secrétariat d'Etat chargé des affaires étrangères et des droits de l'homme (à l'époque Rama Yade), il y aurait 8 femmes, ce qui semble étonnant ! 3) Sur l'évolution des rémunérations brutes dans les cabinets ministériels Tout d'abord il convient de préciser que les données chiffrées fournies ne présentent pas les rémunérations annuelles brutes de tous les personnels des cabinets, puisqu'elles ne concernent pas les agents mis à disposition ou détachés dans un corps de la fonction publique d'Etat. Indépendamment de la remarque précédente, le recoupement avec les données du dossier de René Dosière est plus compliqué que pour les effectifs. Je l'ai tenté pour l'ensemble, ce qui ne me permet pas de tester l'évolution des rémunérations par personne, puisque les chiffres publiés par René Dosière le sont selon les membres de cabinet ou les fonctions support. René Dosière a raison de remarquer que le communiqué de Matignon demeure silencieux, alors qu'il calcule une rémunération moyenne par personne en augmentation de 23,6 % pour les membres de cabinet et de 34,8 % pour les fonctions support ! Ce qui nécessite des éclaircissements ! Alors que les effectifs n'ont pas augmenté dans les mêmes proportions. Entre l'augmentation significative du périmètre de l'Etat (création de cabinets) et les augmentations individuelles de rémunération le travail intéressant de René Dosière mériterait que les médias et les hommes politiques mettent un peu plus la pression sur le gouvernement pour qu'il s'explique ! René Dosière a donc raison lorsqu'il écrit que le gouvernement ne connaît pas la crise. De fait, l'augmentation en valeur entre 2008 et 2009 est très conséquente : - Brut annuel 2008 : René Dosière 27 956 000 Mon calcul 28 079 068 écart - 123 068 - Brut annuel 2009 : René Dosière 37 231 000 Mon calcul 36 417 604 écart + 813 396 Concernant les chiffres de 2009, René Dosière précise dans son document : Afin de rendre exact le rapprochement avec l'année précédente les données 2009 concernant le secrétariat d'état à l'écologie (2009 : 628 994 euros) ainsi que le secrétariat d'état chargé du développement de la région capitale (2009 : 707 653 euros) n'ont pas été prise en compte. Contrairement à celui de l'année précédente, le document 2010 fait apparaître le montant de la rémunération annuelle. Je ne comprends donc pas pourquoi il reste un écart de + 813 396 euros. Concernant les chiffres de 2008, René Dosière précise dans son document : En 2008 ne figurent pas les chiffres des cabinets du secrétaire d'état à l'écologie (2008 dans PLF 2009 : 28 194 euros)et du secrétaire d'état chargé du développement de la région capitale (2008 dans PLF 2009 : 46 500 euros) qui ne sont pas connus. Pour les six cabinets qui ont, ensuite, disparu, le document PLF 2009 indique seulement les rémunérations payées au 1er juillet 2008. Afin d'obtenir un chiffre annuel on a donc multiplié par deux le chiffre indiqué. Lesquels ? Ministère du logement et de la ville (Christine Boutin 2008 dans PLF 2009 : 382 740 euros) ? Secrétariat d'Etat chargé de l'industrie et de la consommation, porte-parole du gouvernement (Luc Chatel, 2008 dans PLF 2009 : 413 768 euros) ? Secrétariat d'Etat chargé de la solidarité (Valérie Létard, 2008 dans PLF 2009 : 518 508 euros) ? Sauf qu'un tel montant semble devoir ne pas être pris en compte (cas de mon calcul) en fait puisque dans le PLF 2010 le Secrétariat d'Etat chargé de la famille et de la solidarité (Nadine Morano) montre 414 391 euros en 2008 et 387 078 euros en 2009. Et si on regarde les effectifs, c'était 50 pour Valérie Létard en 2008 à comparer avec 29 et 32 pour Nadine Morano en 2008 et 2009. Il faudrait en faire de même pour les effectifs, et alors en sens inverse avec les effectifs 2009 du Ministère en charge du plan de relance ? Secrétariat d'Etat chargé de la fonction publique (André Santini, 2008 dans PLF 2009 : 176 234 euros) ? Secrétariat d'Etat chargé des affaires étrangères (Rama Yade, 2008 dans PLF 2009 : 154 204 euros) ? Secrétariat d'Etat chargé de l'aménagement du territoire (Hubert Falco, 2008 dans PLF 2009 : 37 844 euros) ? Le total des rémunérations brutes annuelles 2007 (PLF 2008) s'élève à 7,7 millions d'euros seulement contre 27,6 millions d'euros en 2008, trop peu pour considérer que ces données soient comparables. 4) Sur l'évolution de la dotation annuelle des ISP (primes de cabinet) J'ai pu à peu près reconstituer les données chiffrées de René Dosière : - effectifs 2008 : René Dosière 3 442 Mon calcul 3 444 écart - 2 non expliqué - effectifs 2009 : René Dosière 3 443 Mon calcul 3 443 pas d'écart - dotation annuelle 2008 : René Dosière 28 772 000 Mon calcul 28 778 743 écart -6 743 ; sans doute écart d'arrondi, le faible écart est obtenu si on ne tient pas compte de la dotation 2008 dans le PLF 2009 du Secrétaire d'Etat chargé de l'aménagement du territoire (Hubert Falco à l'époque) et du Secrétaire d'Etat chargé de l'Outre Mer ; en se référant uniquement aux indications fournies dans le document de René Dosière, l'écart est de - 616 743. - dotation annuelle 2009 : René Dosière 31 440 000 Mon calcul 31 443 833 écart - 3 833 ; sans doute écart d'arrondi. L'évolution en valeur est bien de 9,2 % (9,3 % selon mon calcul). Rappelons qu'il s'agit de dotation budgétaire, ce qui ne fournit pas la réalité de ce qui a été consommé en 2008 et de ce qui sera consommé en 2009. Je recommande d'ailleurs que de telles données soient publiées. Le total des dotations annuelles 2007 (PLF 2008) s'élève à 24,3 millions d'euros contre 29,5 millions d'euros en 2008, ce qui mnotre une augmentation conséquente de 21,5 % ! Je tiens à remercier Monsieur le député René Dosière pour la nature du travail effectué, afin qu'il n'y ait pas une France d'en bas condamnée au dégraissage alors qu'une partie de la France d'en haut rajoute de l'huile superflue dans ses rouages bien peu efficaces et trop huilés. Le lien renvoyant à cet article lui a été adressé par mail.
25 novembre 2009
III Décryptage du grand emprunt (suite). Actions 10 à 17. Le grand emprunt ne sera pas rentable économiquement !
Le rapport de 128 pages sur le grand emprunt par Alain Juppé et Michel Rocard a été publié. Rapport disponible sur le site suivant http://www.minefe.gouv.fr/actus/grand-emprunt.html
Une deuxième partie est citée dans les 128 pages, mais ce document ne semble pas disponible sur le site officiel du grand emprunt http://www.emprunt-national-2010.fr/.
Le rapport fournit des précisions sur l'utilisation prévue des 35 milliards d'euros de grand emprunt, qui sont classés en 7 axes puis déclinés en 17 actions.
Dans une première partie http://investigationfin.canalblog.com/archives/2009/11/20/15870223.html avait été commentée l'action la plus importante en dotation, l'action 1 (10 milliards d'euros) de l'axe 1 (16 milliards d'euros).
10 milliards d'euros pour en quelques années créer des campus de type Yale et concurrencer les campus américains de première division (2 dans le top 20), au vu des moyens et de la méthode, cela ne semble pas sérieux. Des phrases du rapport suggèrent le pire : une sorte de chèque en blanc pour une action sans rentabilité financière attendue.
Dans une deuxième partie, le décryptage des actions 2 à 9.
http://investigationfin.canalblog.com/archives/2009/11/24/15911312.html
Dans cette troisième et dernière partie, le décryptage des actions 10 à 17.
On peut résumer les 17 actions du grand emprunt selon la décomposition suivante :
1) 14,5 MdE pour le développement de campus ou regroupements de moyens de recherche dans différents secteurs : recherche généraliste (action 1, 10 milliards d'euros), innovation (action 3, 3,5 milliards d'euros), énergies décarbonées (action 10, 1 milliard d'euros) ;
2) 7,5 MdE pour le financement ou le cofinancement de projets de démonstration dans différents secteurs : agricole et agroalimentaire (action 7, 1 milliard d'euros), énergies décarbonées et du recyclage (action 9, 1,5 milliards d'euros), véhicules du futur (action 14, 1 milliard d'euros), aéronautique et spatial (action 15, 2 milliards d'euros), numérique (action 17, 2 milliards d'euros) ;
3) 4 MdE pour le soutien à la recherche dans différents secteurs : généraliste (action 2, 2 milliards d'euros), biomédicale (action 8, 1 milliard d'euros), nucléaire (action 11, 1 milliard d'euros) ;
4) 7 MdE pour l'atténuation des inégalités sociales : éducation (action 4, 0,5 milliards d'euros), urbanisme (action 12; 2,5 milliards d'euros), logements sociaux (action 13, 2 milliards d'euros), très haut débit pour les zones à faibles densité (action 16, 2 milliards d'euros) ;
5) 2 MdE pour des PME innovantes : création (action 5, 0,5 milliards d'euros), développement (action 6, 1,5 milliards d'euros).
Certaines actions sont totalement identifiées, comme l'action 13 qui consiste à accélérer la rénovation thermique de logements sociaux, et pour laquelle il s'agit par définition, pour un programme déjà existant générant des dépenses participant au déficit de l'Etat, d'accroissement de la dette purement et simplement.
Pour de nombreuses actions, c'est l'incertitude la plus totale. On nous demande donc de faire confiance aux agences étatiques qui existent ou qui vont être créées (dépenses de structure supplémentaires) pour démontrer l'efficacité de la dépense à venir. On peut toujours rêver.
Comment croire qu'en quelques mois on puisse lancer des projets à vocation mondiale pour certaines actions ou sur des créneaux totalement innovants au succès technologique aléatoire, sans qu'un coefficient élevé de déperdition dans les dépenses n'accompagne une telle démarche ?
Combien d'euros pour la gouvernance des différends fonds à mettre en place ? Combien d'euros rien que pour la communication des différents projets ?
Emprunter sur les marchés (et encore à quelle échéance, 5 ans, 10 ans ? difficile de l'appréhender) coûte entre 3 et 4 % actuellement environ.
Le grand emprunt va alourdir purement et simplement la dette de l'Etat.
De plus, de nombreuses actions exigent le financement (en plus des 35 milliards d'euros du grand emprunt) de collectivités territoriales, ce qui viendra alourdir la dette totale des administrations publiques (APU). La comptabilisation en immobilisations ou en créances d'une partie des dépenses permettra sans doute néanmoins une moindre dégradation du bilan de l'Etat.
Ensuite, comment ne pas comparer l'utilité éventuelle de ces 35 milliards d'euros avec les chiffres suivants :
- en 2008 les charges nettes de l'Etat (source Cour des Comptes états financiers 2008) s'élevaient à 347,9 milliards d'euros ; si on estime que les différentes actions du grand emprunt s'étalent pour les dépenses sur 5 ans (10 ans), cela fait 7 milliards d'euros (3,5) par an, soit 2 % (1 %), une goutte d'eau.
Alors il ne s'agit pas de proposer un plus grand grand emprunt, mais plutôt de crier qu'il vaudrait peut-être mieux améliorer l'efficacité des dépenses déjà existantes. Si les dépenses du grand emprunt sont justifiées, qu'elle ne fassent que remplacer d'autres qui ne le sont pas.
Il faut s'attaquer aux milliers de bouts de chandelle, et il y en a partout. A l'Elysée, dans les Ministères, dans les administrations diverses. Comme les millions d'euros de dépenses de sondage de l'Elysée, les dépenses somptueuses de réception, les déplacements intempestifs à grand frais et en grande pompe.
Certaines dépenses sont à réduire soit par nature soit en quantité.
Nommez-moi responsable de la pertinence des dépenses (contrôleur financier quoi) ici ou là et je vous les trouverai les économies. Mais je ne donne pas cher de ma pérennité à un tel poste. Même dans le privé d'ailleurs.
- au 30 septembre 2009, la contribution des dépenses du plan de relance de février 2009 au doublement du déficit du budget de l'Etat était de 29,9 milliards d'euros. Et encore le plan de relance ne comprenait-il pas le manque à gagner pour l'Etat de la baisse de la TVA à 5,5 % dans la restauration, estimé selon un article de l'Expansion du 8 octobre 2009 http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/baisse-de-la-tva-dans-la-restauration-l-arnaque_203221.html à 1,5 milliards d'euros en 2009.
En moins d'un an, nous ne sommes donc pas loin des 35 milliards d'euros du grand emprunt, et pour quel résultat ? La France est sortie de la récession ? La belle affaire ! Pour envisager une réduction du déficit et de la dette, la croissance nécessaire doit être bien plus élevée que la faible croissance actuelle. Les déficits et la dette se creusent.
Alors quel sera l'impact du grand emprunt sur la croissance ? Très certainement insuffisant. Et sur la dette de l'Etat ? Très certainement un accroissement irréversible !
Enfin, je suis étonné qu'une polémique (sans parler de scandale) ne soit pas soulevée ici ou là sur le contenu même des projets du grand emprunt. Notamment le premier, le plus coûteux.
La revue du rapport permet de soulever de nombreuses problématiques :
- doublon (actions 2 et 3 par rapport à 1) ou lot de consolation ? ;
- gouvernance (action 2) ;
- chiffrage (action 13) ;
- échéancier (actions 3, 4, 5, 6, 8, 10, 11, 12, 15, 17) ;
- répartition des dépenses dans les sous-actions (action 4) ;
- frais d'investissement ou frais de fonctionnement futurs (toutes actions) ;
- absence de référence à l'échelle européenne pour des projets à ambition mondiale (sauf actions 4, 5, 15).
La répartition cumulée des dépenses entre retour attendu socio-économique (estimation 21 milliards d'euros des dépenses) ou économique et financier (estimation 14 milliards d'euros des dépenses et encore cela suppose notamment le pari réussi de succès technologiques aléatoires) montre bien que la notion de la mesure chiffrée de la rentabilité du grand emprunt est un voeu pieu.
Détail des 21 milliards d'euros estimés de retour attendu de type socio-économique : action 1 (10) + action 2 (2) + action 3 (2,5) + action 4 (0,5) + action 5 (0,25) + action 8 (0,7) + action 10 (1) + action 11 (0;75) + action 12 (1,25) + action 13 (2)
Détail des 14 milliards d'euros estimés de retour attendu de type économique ou financier : action 3 (1 ; 30 %) + action 5 (0,25 ; 50 %) + action 6 (1,5) + action 7 (1) + action 8 (0,3 ; 30 %) + action 9 (1,5) + action 11 (0,25 ; 25 %) + action 12 (1,25 ; 50 %) + action 14 (1) + action 15 (2) + action 16 (2) + action 17 (2).
Suite et fin de la revue des différentes actions (10 à 17) :
Action 10 Concentrer des moyens sur le développement de cinq à dix instituts de recherche technologique dans le secteur des énergies décarbonées, selon la logique des campus d’innovation thématiques. 1 milliard d'euros.
structure de portage : Agence pour les énergies renouvelables, création d'un fonds dédié.
Intuitivement, on pense à l'action 9 qui consiste à expérimenter de nouvelles technologies dans les énergies décarbonées. Et alors on se dit que peut-être l'existence d'instituts dans le secteur des énergies décarbonées pourrait conduire à l'expérimentation de nouvelles technologies dans ce domaine.
Bref, les deux actions devraient être intimement liées. Le retour sur dépenses semble plus court-terme pour l'action 9 que pour l'action 10.
Concentrer des moyens de compétences dans des lieux délimités : c'est l'effet cafétéria.
Je ne sais pas quel contributeur est à l'origine de l'expression « effet cafétéria », mais je dois admettre qu'elle est fameuse. Fumeuse ?
Après Caméra Café, voici Emprunt Café. Sans doute de nombreuses blagues de dépenses à venir.
Ou après l'effet Impulse, voilà l'effet Cafétéria ! Le déo dégageait une irrésistible attraction, la cafét dégagera (avant que certains se fassent dégager) une irrésistible éruption (que dis-je démangeaison) d'idées mondialement lumineuses.
Ah, s'il suffisait d'une cafétéria ...
Le sujet est sérieux, et je m'excuse de m'égarer. Mais la danse de tant de milliards finit par étourdir. A la fin du bal on risque de retrouver le silence, les plateaux de petits fours et les bouteilles vides, l'orchestre aura disparu, et une certaine gueule de bois.
Tant que la notation triple AAA de la France le permet, et bien allons-y gaiement ! L'effet cafétéria !
Des cofinancements privés seraient exigés.
Le retour attendu serait de type socio-économique et indirect.
Pas d'indication du nombre d'années nécessaires pour que l'action soit accomplie.
Action 11 Permettre au CEA de développer rapidement une capacité de recherche et de production de radionucléides à finalité médicale et de lancer la quatrième génération de réacteurs. Soutenir les activités de recherche dans le traitement des déchets radioactifs. 1 milliard d'euros.
La première partie est dotée de 900 millions d'euros dans un fonds dédié géré par le CEA.
La deuxième partie, dotée de 100 millions d'euros dans un fonds dédié géré par l'Andra, vise à soutenir le plan national en cours de finalisation 2009 de gestion des matières et déchets radioactifs en cours de finalisation.
Des cofinancements privés seraient recherchés systématiquement.
Le retour attendu serait à la fois socio-économique et financier (partie production de radioéléments à usage médical).
Absence d'indication de durée dans les dépenses effectuées.
5) Axe 5 Faire émerger la ville de demain.
Action 12 Cofinancer dix programmes urbains intégrés, qui portent à la fois sur le transport collectif décarboné, le développement expérimental d’infrastructures de recharge électrique des véhicules propres et l’expérimentation de solutions nouvelles de rénovation urbaine durable, de réseaux intelligents, de gestion durable des déchets et de maîtrise de la mobilité. 2,5 milliards d'euros.
Structure de portage : Fonds d'Etat géré par la Caisse des dépôts.
La moitié au moins du fonds devrait financer des projets pilotes innovants avec exigence de retour économique, si le succès technologique est au rendez-vous (royalties, redevances ou activité commerciale).
Pardonnez-moi, mais le mot pilote ne laisse pas présager d'un retour d'ordre économique.
Le cofinancement des collectivités territoriales (avec quel argent ? un endettement supplémentaire au sens Maastricht par conséquent), des opérateurs privés et de l'Union européenne devra être majoritaire.
Le retour attendu serait socio-économique, économique direct, économique indirect.
Absence d'indication de durée dans les dépenses effectuées.
Action 13 Accélérer la rénovation thermique des logements sociaux les plus énergivores sur la période 2010-2015. 2 milliards d'euros.
Et améliorer le pouvoir d'achat des ménages modestes.
L'action consiste à accélérer (doublement) la rénovation thermique des logements sociaux les plus énergivores (dans le cadre de programmes existants suite au Grenelle de l'environnement), en finançant des prêts à taux zéro sur 15 ans.
Un fonds créé et géré par la Caisse des dépôts serait doté de 2 milliards d'euros couvrirait la totalité de la bonification pour la rénovation de 140 000 logements pendant 5 ans.
Le premier programme suite au Grenelle prévoyait 800 000 logements sociaux (catégories E, F et G) rénovés sur 2008-2020, soit 65 000 par an environ. Sans le grand emprunt, cela fait sur 5 ans environ 325 000. L'action 13 du grand emprunt ne permet donc pas de doubler la vitesse du programme (+100 %), elle l'accélère de 43 % environ.
Un autre problème de chiffrage détecté ?
Un bilan serait réalisé après 2 années d'activité. Pourquoi pas après une année ?
Le retour attendu serait socio-économique et économique indirect (rentrées fiscales, conséquences du développement de l'activité économique).
Au regard du niveau d'endettement abyssal de la France, accélérer l'endettement pour accélérer la rénovation thermique de logements sociaux déjà envisagés ne me semble pas justifié.
6) Axe 6 Inventer la mobilité du futur.
Action 14 Cofinancer des projets de démonstrateurs et de plateformes expérimentales dans tous les domaines de la mobilité durable et des véhicules du futur. 1 milliard d'euros.
Structure de portage : agence pour les énergies renouvelables.
Dotation d'un fonds consommé à hauteur de 10 % par an pour cofinancer (avec le privé et l'union européenne) des projets de démonstrateurs et de plateformes expérimentales dans les secteurs de la mobilité (voiture, camion, navire ...).
Le retour attendu serait économique (en cas de succès technologique) et socio-économique (réduction des émissions de gaz à effet de serre).
Action 15 Conserver à la France ses avantages comparatifs et son avance technologique dans le secteur aéronautique et spatial en investissant dans un programme européen de démonstration aéronautique et spatiale. 2 milliards d'euros.
Structure de portage : Oséo.
L'enjeu consiste à contribuer au financement de projets de démonstrations pour préparer la nouvelle génération d'aéronefs, de lanceurs, de satellites Le niveau européen est pris comme référence. Des cofinancements européens et privés sont exigés.
Le retour attendu est socio-économique, économique direct (en cas de succès technologique) et indirect.
En terme d'échéancier, l'effort à porter est jugé conséquent sur une courte période avec des temps de retour longs. Sans plus de détail.
Même en cas de succès technologique, on peut se poser la question dès aujourd'hui de la pérennité d'une éventuelle rentabilité économique, puisque l'obtention éventuelle de contrats commerciaux à l'export est susceptible d'entraîner des transferts de technologie, on l'a vu récemment avec les Rafale au Brésil.
7) Axe 7 Investir dans la société numérique
Action 16. Accélérer la transition de la France vers le très haut débit en développant les infrastructures les plus pertinentes économiquement et techniquement pour les zones les moins denses (zones 2 et 3). 2 milliards d'euros.
Structure de portage : Agence pour le numérique, qui sera créée, afin de servir de principal outil de la future délégation nationale au numérique.
Cette action justifie-telle que la France s'endette davantage aujourd'hui ?
Les 3 grands réseaux de téléphonie mobile ont bien progressé dans la couverture de la population, et des outils (clé 3 G) existent par ce biais pour avoir accès au numérique en haut débit. Le très haut débit est-il si urgent que cela ?
Recherche systématique de cofinancements privés, des collectivités territoriales et de l'Union européenne.
Le retour attendu est socio-économique et sur investissement.
Absence d'indication de la durée de consommation des 2 milliards d'euros.
Action 17. Financer des projets partenariaux publics-privés de recherche et de démonstration visant la conception de logiciels, d’usages et de contenus numériques. 2 milliards d'euros.
Structure de portage : Agence pour le numérique
L'action consiste à créer un fonds de numérisation de la société. L'usage dans les entreprises est particulièrement visé.
Les projets seraient cofinancés avec le privé.
Le retour attendu est économique et socio-économique (développement économique).
Absence d'indication de la durée de consommation des 2 milliards d'euros.
24 novembre 2009
II Décryptage du grand emprunt (suite). Les actions 2 à 9. Les problématiques soulevées. Faiblesse du retour économique escompté
Le rapport de 128 pages sur le grand emprunt par Alain Juppé et Michel Rocard a été publié. Rapport disponible sur le site suivant http://www.minefe.gouv.fr/actus/grand-emprunt.html
Il fournit des précisions sur l'utilisation prévue des 35 milliards d'euros de grand emprunt, qui sont classés en 7 axes puis déclinés en 17 actions.
Dans une première partie http://investigationfin.canalblog.com/archives/2009/11/20/15870223.html avait été commentée l'action la plus importante en dotation, l'action 1 (10 milliards d'euros) de l'axe 1 (16 milliards d'euros).
Dans cette deuxième partie, le décryptage des actions 2 à 9.
Les problématiques soulevées :
- doublon (action 2 et 3 par rapport à 1) ou lot de consolation ? ;
- gouvernance (action 2) ;
- échéancier (action 3, action 4, action 5, action 6, action 8) ;
- répartition des dépenses dans les sous-actions (action 4) ;
- frais d'investissement ou frais de fonctionnement futurs (toutes actions) ;
- absence de référence à l'échelle européenne pour des projets à ambition mondiale (sauf action 4, 5).
La répartition cumulée pour les actions 1 à 9 (21,5 milliards d'euros des dépenses prévues) des dépenses entre retour attendu socio-économique (estimation 16 milliards d'euros des dépenses) ou économique et financier (estimation 5,5 milliards d'euros des dépenses et encore cela suppose notamment le pari réussi de succès technologiques aléatoires) montre que la notion de la mesure chiffrée de la rentabilité du grand emprunt est un voeu pieu.
Détail des 16 milliards d'euros estimés de retour attendu de type socio-économique : action 1 (10) + action 2 (2) + action 3 (2,5) + action 4 (0,5) + action 5 (0,25) + action 8 (0,7)
Détail des 5,5 milliards d'euros estimés de retour attendu de type économique ou financier : action 3 (1 ; 30 %), action 5 (0,25 ; 50 %), action 6 (1,5), action 7 (1), action 8 (0,3 ; 30 %), action 9 (1,5).
Et emprunter sur les marchés (et encore à quelle échéance, 5 ans, 10 ans ? difficile de l'appréhender) coûte entre 3 et 4 % actuellement environ.
Le grand emprunt va alourdir purement et simplement la dette de l'Etat. La comptabilisation en immobilisations ou en créances d'une partie des dépenses permettra sans doute néanmoins une moindre dégradation du bilan de l'Etat.
A confirmer avec le décryptage des actions 10 à 17 dans l'article suivant.
1) Axe 1 Soutenir l'enseignement supérieur, la recherche et l'innovation 16 milliards d'euros
Action 2 Financer, sur appels à projets, des équipements de recherche, des projets pédagogiques innovants dans l'enseignement supérieur. Financer des bourses visant à attirer ou faire revenir en France des chercheurs de renommée internationale ou post-doctorants 2 milliards d'euros
Structure de portage : Agence Nationale de la Recherche http://www.agence-nationale-recherche.fr/ créée en 2005/
La première remarque qui vient à l'esprit est de se poser la question si cette action ne fait pas doublon avec la première. D'après le rapport Juppé Rocard, les établissements bénéficiaires de l'action 1 ne pourraient pas se porter candidats aux procédures de l'action 2.
On peut interpréter ce qui précède comme une sorte de lot de consolation pour les établissements recalés de la première action.
Les deux sous-actions du descriptif se verraient attribuer chacun au sein d'un fonds 1 milliard d'euros.
Selon le site de l'ANR, sa capacité d'engagement s'élevait en 2008 à 955 millions d'euros. Le grand emprunt va accroître sa capacité d'engagement de 6,5 milliards d'euros (total des actions 2, 3 et 8) brutalement.
Selon le rapport annuel de l'ANR, 50 appels à projet ont été lancés en 2008 représentant près de 645 millions d'euros, dont 158 pour les universités, 155 pour le CNRS, 53 pour les autres établissements d'enseignement supérieur, 128 à destination du secteur privé.
D'après le rapport sur le grand emprunt, les moyens actuels de l'ANR ne permettent pas de répondre favorablement aux nombreuses candidatures. De fait, selon le rapport annuel 2008 de l'ANR, 5 856 dossiers ont été examinés et 1 334 retenus, soit 23 %.
Comme pour l'action 1, la rapport Juccard met en avant une plus grande souplesse : une plus grande réactivité qui passerait par une autonomie accrue accordée aux institutions bénéficiaires.
Les procédures actuelles de l'ANR seraient-elles donc simplifiées, libérées de carcans ? Est-bien le gage de l'efficacité de la dépense à venir, qui dépendrait en partie de l'équilibre entre le contrôle et l'autonomie ?
Une évaluation annuelle serait tout de même effectuée, mais à posteriori.
Le rapport Juppé Rocard prétend que le fonds de 1 milliard d'euros finançant des bourses d'attractivité ferait doubler les moyens consacrés à cet objectif.
Pourtant, dans le rapport annuel 2008 de l'ANR, ce montant est bien plus que 2 fois supérieur aux données chiffrées de 2008 liées à cet objectif.
Démonstration.
Dans le rapport annuel de l'ANR, le mot clé attractivité renvoie au Département Non-thématique, qui a vocation à lancer des programmes favorisant la production de connaissances et le progrès scientifique dans toutes les disciplines.
Ainsi, parmi les 3 appels à projets lancés en 2008, le programme Chaires d'excellence a pour objectif de renforcer l'attractivité du territoire national pour des scientifiques de haut niveau, en offrant un financement sur 3 à 4 ans ciblé sur un projet de recherche. Le montant total attribué en 2008 était de 11,5 millions d'euros.
Le rapport sur le grand emprunt indique également que les sommes pour cette sous-action seraient libres d'emploi pour une durée maximale de 4 ans.
Pour le programme Jeunes chercheuses et Jeunes chercheurs (sujet original, pas de thématique imposée), environ 30 millions d'euros. Pour le programme Blanc (promouvoir la place des équipes françaises dans la compétition internationale), 124 millions d'euros.
Le total 2008 d'environ 165 millions d'euros est bien inférieur aux 1 000 millions d'euros du grand emprunt, dans une échelle de 1 à 7 environ. A moins que ce ne soit sur 5 ans, auquel cas le doublement est cohérent.
Le programme Carnot est cité une première fois dans le rapport sur le grand emprunt dans le cadre de l'action 2. Selon l'ANR, il a pour objectif de rapprocher les acteurs de la recherche publique du monde socio-économique et faciliter le passage de la recherche à l'innovation. Une enveloppe budgétaire de 60 millions d'euros lui a été allouée en 2008. Cela ne modifie pas la problématique de chiffrage soulevée dans cet article.
L'aspect abondement par le privé ne semble pas concerner cette action, dont les retombées seraient, comme l'action 1, d'ordre socio-économiques.
L'absence de volonté d'aboutir à un retour sur investissement chiffrable (même si les projets financés prêtent peu à cet effort) n'est pas un argument en faveur de la rentabilité de cette action au sein du grand emprunt.
Action 3 Développer 4 à 6 campus d'innovation technologique. Professionnaliser la protection et la valorisation des résultats de la recherche publique. Soutenir les Instituts Carnot dans leur démarche de recherche partenariale dans un cadre européen. 3,5 milliards d'euros
Structure de portage : Agence Nationale de la Recherche http://www.agence-nationale-recherche.fr/
Là encore, intuitivement, on se demande si la première sous-action (pour 2 milliards d'euros, campus d'innovation) de cette action ne fait pas doublon avec la première (campus). L'accent est mis sur l'innovation. La part de financement de l'Etat serait inférieure à 50 % pour chaque projet. Les autres financements proviendraient du privé, de l'Union Européenne, et des collectivités locales (ce qui alourdirait le déficit de la France au sens de Maastricht).
La deuxième sous-action (1 milliard d'euros dans un fonds national de valorisation des projets innovants) revient à apporter des moyens importants aux sociétés de valorisation existantes (aussi citées en structures de valorisation existant au niveau des universités) ou en cours de création en France. Les objectifs me semblent pertinents : protéger et valoriser les résultats de la recherche publique (brevets), accélérer les transferts de technologie entre la recherche fondamentale et les entreprises.
La troisième sous-action (500 millions d'euros dans un fonds doté au sein de l'ANR) vise à soutenir les Instituts Carnot. Rappel, en 2008 l'ANR les finançait à hauteur de 60 millions d'euros. On change de dimension.
Le retour attendu est d'ordre socio-économique mais indirectement également financier dans les 3 cas.
Contrairement aux deux premières actions, la durée de mise en place de telles actions manque de repères. Combien d'années seront-elles nécessaires et suffisantes pour développer 4 à 6 campus d'innovation de type Leti (qui ne s'est pas fait en 2 ans !). Pour quelle durée le fonds national de valorisation des projets innovants est-il doté, autrement dit quelle est la consommation annuelle de dotation prévue ? 5, 10, 20 ans ? Aucune idée. Seules les participations dans des structures de valorisation et jeunes pousses se voient créditées d'une durée, qui consiste à ce que les structures en question atteignent l'équilibre financier après une dizaine d'années.
Sauf qu'emprunter coûte des intérêts, l'équilibre financier suggéré tient-il compte de tels intérêts ?
Action 4 Accélérer la création d'internats d'excellence pour le lycée et les filières sélectives du supérieur. Contrer la désaffection des jeunes pour les études scientifiques et mathématiques et rapprocher la science du citoyen. 500 millions d'euros.
La première sous-action (250 millions d'euros) se réfère à un dispositif existant, le dispositif « Internats d’excellence », lancé dans le cadre du plan Espoir Banlieues, qui a fourni 1 653 places dans 259 établissements en 2008-2009.
La plaquette Ensemble la Ville d'octobre 2009 évoque 2 900 places dans 444 établissements, l'objectif étant d'en labelliser 1 000 (établissements ?) de plus.
L'offre d'internats (220 000 places) est jugée insuffisante. L'objectif est de créer 5 000 places dans une dizaine d'internats d'excellence dits de projet, 15 000 places d'internat pour des élèves de classes préparatoires aux grandes écoles (ce n'est pas pour autant que le nombre de grandes écoles ou d'admis va-t-il augmenter ?), 5 000 places d'internats de ville sous-équipées.
La répartition des dépenses entre les 3 objectifs n'est pas connue.
Structure de portage : ANRU Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (200 millions d'euros) http://www.anru.fr, ACSE (Agence Nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances, 50 pour la mise à disposition d'animateurs).
Précisons que le plan de relance de février 2009 a permis à l'ANRU (source ANRU) de se voir octroyée par l'Etat 350 millions d'euros s'ajoutant aux 12 milliards d'euros. En septembre 2009 116 millions d'euros ont été payés au titre du plan de relance. Mais cela concerne d'autres projets.
Un premier « Internat d’excellence » dédié avait été inauguré pour la rentrée 2009 à Sourdun en Seine et Marne. Un article du Figaro http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/08/31/01016-20090831ARTFIG00462-ouverture-du-premier-internat-d-excellence-.php évoque 1,5 millions d'euros de tranche d'argent public pour 128 élèves. Enveloppe (faut-il la comprendre comme des frais de fonctionnement ?) qui augmentera en pleine capacité, 500 élèves.
Se qui pose la question de la répartition dans le grand emprunt des dépenses pour créer les places et celles pour les faire fonctionner. Bien entendu cette question ne semble pas intéresser le rapport Juppé Rocard. De futures contributions permanentes au déficit de l'Etat.
La deuxième sous-action (250 millions d'euros) propose 3 sous-sous-actions pour développer le goût et l'intérêt pour les sciences, dont 150 pour un futur musée du 21 ème siècle et 75 pour une vingtaine de centres de culture scientifique destinés à un public familial.
Leurs recettes propres et mécénat couvriraient par la suite leurs besoins de fonctionnement. On peut toujours y croire. Et vérifier si les musées existants le sont ou pas.
Enfin, 25 millions d'euros pour créer un ensemble d'outil d'autoformation et de ressources pédagogiques disponibles sur internet.
La rentabilité des sous-actions est d'ordre socio-économique. Là encore la période d'implémentation prévue des sommes à dépenser n'est pas fournie.
Structure de portage des deux sous-sous-actions : futur Musée M21.
2) Axe 2 Favoriser le développement des PME innovantes 2 milliards d'euros
Action 5 Mettre en place un ou plusieurs fonds d’amorçage pour accompagner la création de PME innovantes dans des secteurs prioritaires. Instituer un ou plusieurs fonds pour l’innovation sociale. 500 millions d'euros
Des fonds transversaux seraient créés, la part publique se monterait à 450 millions d'euros. Les secteurs prioritaires : santé, alimentation, biotechnologies, information, communication, nanotechnologies, urgence environnementale, écotechnologies.
Un ou plusieurs fonds pour l'innovation sociale (favoriser l'entrepreneuriat social) sont proposés, pour un total de 50 millions d'euros.
Le Ministère de l'Economie organiserait les appels à candidature pour la gestion des fonds à des opérateurs publics ou privés.
Le retour attendu serait à la fois financier et socio-économique.
Encore une fois, absence d'échéancier.
Action 6 Permettre aux PME et entreprises de taille intermédiaire (jusqu’à 5 000 salariés) innovantes de trouver les sources de financement nécessaires à leur développement. 1,5 milliards d'euros.
Structure de portage : Oséo.
Oséo manquerait de moyens pour faire monter en puissance ses activités de financement dans l'innovation.
Les 1,5 milliards d'euros se décomposent en un apport de fonds propres de 500 millions d'euros et un prêt complémentaire de 1 milliards d'euros.
La part d'Oséo dans le financement bancaire total ne devrait jamais dépasser 50 %.
Le retour attendu est financier. Absence d'échéancier de dépense sur la durée.
Dans le plan de relance de février 2009, le coût budgétaire prévu pour garantir 4 milliards d'euros de prêt supplémentaire était de 575 millions d'euros.
La gouvernance est la même que celle mise en place dans le cadre du plan de relance. L'objectif de l'action dans le cadre du grand emprunt est très comparable. Difficile dans ces conditions de faire passer le grand emprunt en dehors des déficits publics traditionnels.
3) Axe 3 Accélérer le développement des sciences du vivant. 2 milliards d'euros
Action 7 Développer des projets et équipements scientifiques, ainsi que des plateformes technologiques de démonstration ouvertes dans les secteurs agricole et agroalimentaire. 1 milliard d'euros
Structure de portage : Ademe.
La dotation est consommable sur 10 ans, ce qui fait 100 millions d'euros par an. La participation du secteur privée est envisagée.
Les secteurs d'activité visés : biotechnologies vertes, biotechnologies blanches, bioinformatique.
Le retour attendu serait financier et socio-économique.
La grande faiblesse dans l'exposé de ce type d'action (et pour des objectifs ambitieux la remarque s'applique également à d'autres actions), c'est l'absence de référence à l'échelle européenne. La France fait son grand emprunt pour ses projets à elle.
Où est l'Europe ? S'agissant de projets d'ambition mondiale, une union européenne sur de tels sujets n'est-elle pas indispensable ? La France se la joue solo.
Un rapide passage sur le site de l'Ademe http://www2.ademe.fr permet d'apprendre que c'est plutôt au niveau européen que cela se passe :
- ERA NET IB : les applications industrielles des biotechnologies ; 2006 - 2011 ; l’ERA NET IB vise à harmoniser à l’échelle européenne les programmes nationaux et régionaux de recherche en matière de biotechnologies industrielles ;
- ERA NET BIOENERGY ; 2004-2010 ; ERA-NET Bioenergy est un programme européen dédié au développement d’une coopération structurée d’actions de recherche dans le domaine des bioénergies. Il rassemble aujourd’hui des agences gouvernementales et ministères en charge de la coopération et du financement de la recherche de 10 pays européens.
Action 8 Soutenir la recherche biomédicale d’excellence, en donnant les moyens aux meilleures équipes de continuer à rivaliser au niveau international. 1 milliard d'euros.
Structure de portage : ANR Agence Nationale de la Recherche
Deux sous-actions de 500 millions d'euros chacune sont proposées :
- créer un nombre limité (5 au maximum) de centres biomédicaux d'excellence ; dans un fonds dédié ; pas de durée indiquée ;
- mettre en place un fonds dédié à la pérennité du financement de cohortes en alimentation et santé ; il s'agit d'observer l'évolution d'une population de volontaires pour mieux appréhender les interactions entre mode de vie, soins médicaux et état de santé ; durée de 10 jusqu'à 20 ans. Cela fait rêver ?
Le retour attendu est socio-économique et financier éventuellement, dans le cas de redevances sur le recours aux cohortes.
4) Axe 4 Développer les énergies décarbonées et l'efficacité dans la gestion des ressources
Action 9 Expérimenter de nouvelles technologies dans les énergies décarbonées et l’économie du recyclage en développant des démonstrateurs et des plateformes coopératives expérimentales. 1,5 milliard d'euros.
Une première sous-action : 1,25 milliards d'euros sur 10 ans pour développer, avec le secteur privé, des démonstrateurs dans les technologies décarbonées.
Structure de portage : Agence pour les énergies renouvelables.
Une deuxième sous-action de 250 millions d'euros sur 10 ans pour cofinancer, avec le secteur privé, des projets dans le recyclage.
Structure de portage : Ademe.
Les retours attendus sont d'ordre financier et socio-économiques. Oséo est associé au processus, dans le comité de pilotage.
20 novembre 2009
I Décryptage du grand emprunt. Sur les 35 milliards, déjà 10 de chèque en blanc pour progresser dans les classements des campus
Le rapport de 128 pages sur le grand emprunt par Alain Juppé et Michel Rocard a été publié. Rapport disponible sur le site suivant http://www.minefe.gouv.fr/actus/grand-emprunt.html
Il fournit des précisions sur l'utilisation prévue des 35 milliards d'euros de grand emprunt, qui sont classés en 7 axes puis déclinés en 17 actions.
Dans cette première partie va être commentée l'action la plus importante en dotation, l'action 1 (10 milliards d'euros) de l'axe 1 (16 milliards d'euros).
Axe 1 Soutenir l'enseignement supérieur, la recherche et l'innovation 16 milliards d'euros
Action 1 Soutenir la transformation d'un nombre réduit (5 à 10) de groupements d'établissements supérieur et de recherche en institutions de dimension et de réputation mondiales. 10 milliards d'euros
Structure de portage : Agence nationale des campus d'excellence.
C'est l'action la plus importante en terme de financement.
L'objectif ? Les faire figurer dans les 50 premiers des différents classements mondiaux et 2 dans les vingt premiers.
La structure de portage sera créée pour l'occasion. On parle de défi.
Les sommes allouées seraient versées annuellement, sur 5 ans.
Pour 10 bénéficiaires, cela donne 200 millions d'euros par an établissement et pour 5 le double, soit 400 millions d'euros.
"Une grande souplesse devrait être accordée aux institutions bénéficiaires quant au type de dépenses financées par ce biais ... Seule l’atteinte des objectifs du campus serait mesurée périodiquement par l’Agence, qui ne serait pas sollicitée pour donner son aval avant chaque opération menée."
En quelque sorte, un chèque en blanc pour une opération commando. Cela va être la poule aux oeufs d'or pour quelques élus.
S'il suffisait de quelques centaines de millions d'euros annuellement pour faire un Harvard ou un Cambridge, nul doute que les excédents budgétaires des pays du Golfe et de la Chine auraient déjà fait prospérer des dizaines d'établissements lauréats dans les classements de référence.
De qui se moque-t-on ?
La rentabilité de cet investissement serait d'ordre socio-économique.
Cela fait penser à un milliardaire qui achète un club de football et tente par des dépenses hors marché de joueurs d'en faire un grand club très vite.
Sauf qu'il s'agit de quelqu'un qui a les moyens, pas d'un Etat qui croule déjà sous le poids de sa dette toujours grandissante.
Il ne s'agit pas de prôner l'immobilisme. Mais les dépenses de l'Etat sont suffisamment élevées. Qu'elles soient déjà mieux employées.
Le rapport nous informe qu'au terme de la période de 5 ans l'agence créée ferait une évaluation précise des résultats obtenus.
A l'issue des 5 ans, un jury international serait à nouveau créé pour attribuer de nouvelles dotations, sans que le rapport précise si les 10 milliards d'euros auront alors été dépensés ou pas.
L'incertitude est de taille.
L'agence Moody's s'était déjà inquiétée de l'existence même de ce grand emprunt, et le montant retenu avait finalement été limité à 35 milliards d'euros. Pour ce qui est du détail des dépenses prévues, l'inquiétude a de quoi monter d'un cran.
Le rapport Juccard (ou Roppé comme vous voulez) se réfère à des prestations actullement médiocres dans le classement de Shanghai (http://www.arwu.org/ARWU2009.jsp), seulement 3 universités françaises dans les 100 premières. Je rejoins le rapport qui estime le classement critiquable. Par exemple l'Ecole Polytechnique se trouve très loin derrière (au-delà de la 200 ème place) l'Université de Paris Sud (43 ème position sur 500). Faut quand même pas pousser.
Néanmoins, le classement ne semble pas trop se tromper sur les 10 premiers : Harvard, Stanford, Berkeley, Cambridge, MIT, California Institute of Technology, Columbia, Princeton, Chicago, Oxford.
Objectif 2 dans les 20 premiers ?
De 11 à 20, on trouve 9 universités américaines, dont Yale par exemple.
L'Université Paris Sud (plus grand campus de France avec 270 hectares), 43 ème du classement, annonce sur son site 450 millions d'euros de budget annuel consolidé dont 150 millions d'euros hors salaires d'état.
L'Université de Yale annonce un budget 2008 2009 de 2,3 milliards de dollars (1,5 milliards d'euros), soit plus que 3 fois celui de Paris Sud.
Alors comment en moyenne 200 ou 400 millions d'euros annuels dépensés à la va-vite, avec souplesse (chèque en blanc) et sans véritable suivi de contrôle (on fait les comptes à la fin) par le donneur de fonds vont-ils permettre de rattraper le déficit de taille ?
Quelle idée saugrenue de vouloir aussi rapidement placer un enseignement supérieur en première division à coups de quelques centaines de millions d'euros.
L'argent dépensé deviendrait efficace ? Pourquoi ne pas appliquer la même recette miracle aux centaines de milliards du budget de l'Etat ?
A suivre le décryptage des 16 autres actions. Cela commence sur les chapeaux de roue ce grand emprunt ...
17 novembre 2009
L'indice des prix à la consommation est insuffisant et doit être remplacé. Exemple Baisse de la fiabilité de certains produits.
L'indicateur de référence de l'activité d'un pays est le PIB, Produit Intérieur Brut. Son évolution est décomposée en deux effets, l'effet volume et l'effet prix. L'effet prix est autrement appelé inflation. Parmi les indicateurs de mesure de l'inflation figure l'IPC, l'Indice des Prix à la Consommation. D'après les dernières données de l'Insee publiées le 13 novembre 2009, les prix à la consommation augmentent de 0,1 % en octobre 2009. Sur un an les prix afficheraient même une décroissance de 0,2 %. Très bien ! Mais ! Après plus de quinze années d'utilisation, mon ex-frigidaire m'a lâché en plein été. Je le remplace par un réfrigérateur dont le vendeur m'annonce que la durée de vie moyenne d'un tel produit est de 5 ans environ. Début d'année 2009, parmi les bonnes résolutions prises, j'ai fini par remplacer ma télévision à tube cathodique qui marchait depuis près de 10 ans par un téléviseur LCD écran plat. Il y a quelques semaines, brutalement, plus d'image. C'est la dalle m'annoncent les techniciens venus constater les dégâts. Résultat, ils vont en commander une et me la changer. Hors période de garantie (2 ans), le coût prohibitif de la réparation m'aurait obligé à racheter un téléviseur. Cette panne serait aléatoire et aurait pu tout aussi bien survenir au bout de 2 ans et demi. Heureusement en attendant ma bonne vieille TV à écran cathodique a repris du service. Apparemment avancée technologique peut rimer en pratique avec diminution de la fiabilité. A coût égal, une durée de vie moindre signifie que le produit en question coûte plus cher au consommateur. L'indice des prix à la consommation prend-il cet aspect en considération ? J'en doute. Auquel cas l'inflation ressentie est plus élevée que l'inflation mesurée par l'Insee. Le site de l'Insee confirme cette intuition. Sur une page consacrée à l'IPC http://www.insee.fr/fr/themes/indicateur.asp?id=29&page=info_ipc.htm, l'Insee tente de répondre à la question suivante : je trouve que les prix augmentent plus vite que ce que dit l'indice. Parmi les raisons mises en avant : la perception des prix en tant que consommateur est différente de la mesure objective traduite par l'indice, la focalisation du consommateur sur les prix des biens qu'il achète au quotidien, la part croissante des contrats d'abonnement qui réduisent le reste à dépenser, le passage à l'euro, la modification rapide des prix. L'Insee indique clairement qu'elle ne suit pas la variation des quantités achetées d'un mois à l'autre. Alors que j'estime que des achats sont liés à la diminution de la fiabilité de certains produits. L'exemple des produits rarement achetés comme une télévision est cité, les prix de ces biens durables auraient eu tendance à baisser. Les ménages n'auraient pas enregistré ces baisses dans leur appréciation de l'inflation, mais les auraient mises à profit pour augmenter leur consommation de ces produits ou pour monter en gamme. C'est vrai, sauf que l'aspect fiabilité et durée de vie n'est pas du tout appréciée. Et la montée en gamme d'un téléviseur qui ne marche pas et n'est pas fiable n'est plus du tout vécue comme une montée en gamme. En conclusion, il serait temps que l'indice du coût de la vie devienne davantage une référence que l'indice des prix à la consommation, trop éloignée de la réalité vécue des citoyens. Evolution qui est du ressort des politiques. Mais les hommes et femmes politiques ont-ils vraiment intérêt à suivre ce mouvement ? Définition Insee de l'indice des prix à la consommation (IPC) L'indice des prix à la consommation (IPC) est l'instrument de mesure, entre deux périodes données, de la variation du niveau général des prix sur le territoire français. Il s'agit des prix des biens et des services proposés aux consommateurs sur l'ensemble du territoire. L'Insee suit les prix affichés toutes taxes comprises (TTC). Cela comprend les soldes et les promotions, mais exclut les réductions privées (cartes de fidélité) et les remises en caisse. Une faible part, moins de 5 %, des biens et services ne sont pas couverts par l'indice : il s'agit principalement des services hospitaliers privés, de l'assurance vie et des jeux de hasard. D'après l'Insee, l'indice tous produits pour l'ensemble des ménages est l'indice synthétique qui permet de mesurer l'inflation. C'est celui qui est généralement repris dans les médias. Poids des deux exemples cités dans l'IPC L'indice mensuel des prix à la consommation de l'ensemble des ménages, comporte, sur une base 10 000, une composante 0531 Gros appareils ménagers électriques ou non (-0,5 % sur un an) de pondération 71 et une composante 0911 Equipements audio-visuels photographiques (-16,1 % sur un an) de pondération 68. C'est dans ces composantes que mon réfrigérateur et mon téléviseur sont concernés. La problématique de la fiabilité des produits ne concerne pas seulement ces deux exemples : voiture, ordinateur, ...
13 novembre 2009
Le Produit Net Bancaire en France. Quel équivalent à l'international ? Application au cas CitiGroup puis SGAM AI pour les bonus.
Le cas des 100 millions de dollars réclamés par un trader à la City. Le cas des traders de SGAM AI qui tentent de voler par leurs propres ailes. Pour une entreprise du secteur non financier, la notion de chiffres d'affaires traduit bien l'activité. Il en est autrement pour une entreprise du secteur financier, et la difficulté est amplifiée au niveau international. En France, le compte de résultat des banques ne fournit pas un équivalent du chiffre d'affaires. Le premier chiffre communiqué est déjà un solde, il s'agit du Produit Net Bancaire, équivalent de la valeur ajoutée pour une entreprise du secteur non financier. La définition selon l'Insee est la suivante : http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/produit-net-bancaire.htm Le produit net bancaire est la différence entre les produits et les charges d'exploitation bancaires hors intérêts sur créances douteuses mais y compris les dotations et reprises de provisions pour dépréciation des titres de placement. Il mesure la contribution spécifique des banques à l'augmentation de la richesse nationale et peut en cela être rapproché de la valeur ajoutée dégagée par les entreprises non financières. Dans mes articles portant sur les résultats des banques, j'ai tenté de fournir les données chiffrées équivalentes pour les banques internationales étudiées. Non sans mal. Le tableau suivant permet de mieux apprécier la comparabilité entre les banques :
Banques |
Equivalent PNB dans mes articles |
Commentaires |
BNP Paribas |
PNB |
|
Société Générale |
PNB |
|
Bank of America |
Total revenue, net of interest expense |
opinion : équivalent du PNB |
Citi |
Total revenue, net of interest expense |
opinion : équivalent du PNB |
Goldman Sachs |
Net revenues, including net interest income |
opinion : équivalent du PNB |
JP Morgan |
Total net Revenue |
net of interest expense également ; opinion : équivalent du PNB |
Morgan Stanley |
Net Revenues |
net of interest expense également ; opinion : équivalent du PNB |
Crédit Suisse |
Net Revenues |
opinion : équivalent du PNB |
UBS |
Operating Income |
opinion : équivalent de Net interest income + Non interest income |
Deutsche Bank |
Net Revenues Q3 2009 7,2 milliards d'€ |
selon le Consolidated Statement of Income : Total noninterest income Q3 2009 4,1 milliards d'€ ; opinion : se rapproche plus du PNB |
Barclays |
Top line income selon Q3 |
Net income selon le rapport annuel 2008 ; Net income = Total income + Net claims and benefits incurredon insurance contracts + Impairment charges and other credit provisions |
HSBC |
Net operating income before loan impairment charges excluding FVO |
selon le rapport annuel total operating income = net interest income + net fee income + net trading income + net income from financial instruments designated at fair value + other income ; ensuite Total operating income - net insurance claims incurred and movement in liabilities to policyholders = net operating income before loan impairment charges and other credit risk provisions ; opinion : se rapproche de RBS Operating profit before impairment losses |
Royal Bank of Scotland |
Total income |
N'inclue pas les Insurance net claims ; Total income - Operating Expenses = Profit before other operating charges - Insurance net claims = Operating profit before impairment losses |
La comparabilité est difficile notamment pour HSBC et Deutsche Bank. HSBC : une communication trimestrielle bien insuffisante et portant à confusion Les chiffres trimestriels 2009 reportés pour HSBC dans leur Interim Management Statement semblent complètement déconnectés de ceux (mêmes annuels) issus du rapport annuel 2008 : HSBC Finance Corporation Net operating income before loan impairment charges excluding FVO Q3 2009 2,9 milliards de $ Net operating income Q3 2009 -1,5 milliards de $ source Interim Management Statement Q3 2009 HSBC Holding Plc Total operating income 2008 88,6 milliards de $ Net operating income 2008 56,7 milliards de $ source rapport annuel 2008 Le rapport annuel 2008 précise que HSBC Finance Corporation représente uniquement la société acquise aux Etats-Unis en mars 2003 (anciennement Household International Inc), ce qui explique les rapports SEC 10 Q. Le reporting trimestriel du troisième trimestre 2009 fournit des analyses qualitatives sur les résultats de HSBC Holdings Plc, mais pas de données chiffrées sur le Groupe ! Les données chiffrées fournies ne concernent qu'uniquement HSBC Finance Corporation. La communication financière trimestrielle d'HSBC est donc très limitée comparativement aux autres banques internationales étudiées. L'analyse trimestrielle pour HSBC est par conséquent très difficile. Au niveau semestriel, l'analyse est possible en raison du rapport semestriel de 256 pages fin juin 2009. Citi : un trader réclame 100 millions de dollars en 2009 CitiGroup, banque américaine soutenue par le gouvernement fédéral, a été mise en difficulté l'été dernier lorsqu'il a fallu expliquer qu'Andrew Hall, un trader de Phibro, une filiale de trading énergie, réclamait environ 100 millions de dollars de rémunération en 2009. Cette histoire avait participé à la polémique sur le sujet, un peu avant BNP Paribas, et un peu après Goldman Sachs. Pour plus de détails, lire l'article du Wall Street Journal du 25 juillet 2009 http://online.wsj.com/article/SB124848894204180877.html Les auteurs de l'article ont identifié dans le rapport annuel 2008 de CitiGroup la contribution de Phibro dans les comptes de CitiGroup : en Principal Transactions, qui consistent en des gains et pertes réalisés ou non d'activités de trading. La partie Commodities (matières premières) représente 667 millions de dollars en 2008, et une note indique que cela concerne principalement les résultats de Phibro LLC. Ce qui m'importe ici c'est de savoir à quel niveau les 100 millions de dollars du trader sont comptabilisés. Sont-ils inclus dans les 667 millions de dollars ou bien apparaissent-ils dans les charges de personnel après les Total net revenues ? Pourquoi cette question ? Parce que le sujet concerne la traçabilité de telles rémunérations variables ? Si elles sont inclues dans les revenus déclarés au titre de la spéculation dans les activités de matières premières, alors elles sont moins visibles dans les comptes. Cette problématique va être appliquée au sujet suivant. Société Générale : essaimage de traders à SGAM AI En avril 2009, la presse raconte qu'une quinzaine de personnes qui travaillaient jusque-là dans l'activité des hedge funds de SGAM AI (SGAM Alternative Investments) voleraient de leurs propres ailes. Arié Assayag, d'après La Tribune du 7 avril 2009, responsable des hedge funds de SGAM AI, aurait déposé le 19 mars les statuts de Premium Asset Management qui alors ne serait pas agréée par l'AMF. Nulle trace d'agrément à ce jour sur le site de l'AMF. Dans l'Expansion du 16 septembre 2009 http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/vague-de-departs-chez-les-financiers-alternatifs-de-la-societe-generale_200122.html, le fonds nouvellement créée s'appellerait Nexar Capital. Pas d'agrément à ce jour non plus par l'AMF pour Nexar. Toutefois j'ai vérifié, les statuts sont officiellement déposés au Tribunal de Commerce de Paris le 19 mars 2009, RCS Paris B 511 254 427. Arié Assayag en est bien le PDG, et Bernard Kalfon le Directeur Général. D'après l'Expansion, la démission collective d'une vingtaine de cadres serait motivée par la pression en France sur les bonus et les rémunérations. L'article de La Tribune d'avril dernier affirmait que des clients de la Société Générale allaient être récupérés, et même qu'un contrat de managed account (délégation de gestion à un tiers) allait être fourni à la nouvelle structure alors appelée PAM. L'article site un investisseur du Moyen-Orient qui retirerait ses 600 millions d'euros des hedge funds de SGAM AI. Première remarque, les contrats de travail ne comportent même pas de vulgaires clauses de non-concurrence ? Deuxième remarque, si la Société Générale contracte avec les fuyards, que penser de son niveau de complicité envers le phénomène ? Si finalement un tel fonds contracte essentiellement avec la Société Générale, n'est-ce pas un moyen d'externaliser les bonus des traders en dehors des charges de rémunération ? Les bonus se voient-ils dans les comptes de la SG parce que les traders en question sont des salariés ? La solution est toute simple, créons des boîtes de consultants ou des fonds externes, mais contractons-toujours avec la Société Générale. Les salaires deviennent alors des prestations de conseil. Ce phénomène ne concerne pas seulement les banques. Combien de sociétés de consulting se sont créées à partir d'anciens salariés qui n'ont pu développer leur business que par leur ancien employeur, avec ou sans la complicité de ce dernier, pour des raisons parfois différentes, mais qui aboutissent au même effet : le consultant est plus cher à l'entreprise que le salarié ? J'ai pu le mesure dans le cadre de mon expérience professionnelle passée. Même si ce n'est pas systématique. En conclusion, les pressions exercées sur les rémunérations des traders risquent de se traduire non seulement par des départs à l'étranger mais également de solutions d'externalisation.
12 novembre 2009
Un point sur les résultats du troisième trimestre 2009 des principales banques (suite et fin)
Un point sur les résultats du troisième trimestre 2009 des principales banques (suite et fin) Un premier point avait été effectué le 22 octobre 2009 sur les résultats du troisième trimestre 2009 des principales banques américaines : Goldman Sachs, JP Morgan, Citi, Bank of America, Morgan Stanley. http://investigationfin.canalblog.com/archives/2009/10/22/15528133.html Un deuxième point avait été effectué le 5 novembre 2009 (mise à jour le 12 novembre) pour les banques européennes suivantes : Crédit Suisse, Deutsche Bank, BNP Paribas, UBS et Société Générale. http://investigationfin.canalblog.com/archives/2009/11/12/15773301.html Dans ce dernier article les publications de Royal Bank of Scotland, Barclays et HSBC ont été revues et commentées. La lecture des publications SEC 10 Q des banques américaines et des documents de référence des banques françaises publiés depuis les 2 derniers articles permettent une mise à jour dans les rubriques 3 et 4 de cet article. Pour rappel, les aspects suivants sont abordés : 1) évolution des résultats relativement au deuxième trimestre 2009 ; 2) analyse spécifique sur les activités de Fixed Income ; 3) impact de l'évolution des spreads des banques sur la valorisation de leurs dettes propres ; 4) suivi des assouplissements comptables permis récemment par les normes comptables internationales IASB ou FASB. 1) HSBC et Royal Bank of Scotland sont toujours en perte et Barclays voit ses profits légèrement diminuer. Les tendances s'expliquent essentiellement par les évolutions sur les dépréciations d'actifs toxiques ou la réévaluation des dettes propres. Pour rappel, les résultats cumulés au troisième trimestre 2009 des 5 grandes banques américaines s'élèvent à 6,7 milliards de dollars (principalement JP Morgan et Goldman Sachs) contre 13,6 au deuxième trimestre 2009. La tendance semble plus positive pour les banques européennes (excepté RBS surtout) mais l'analyse détaillée tempère cette impression. A apprécier au cas par cas dans les analyses fournies plus bas. Pour élever le débat, les plans de relance et les politiques accommodantes des banques centrales tentent de maintenir sous perfusion le système (et donc les banques), mais la nouvelle bulle des déficits publics et des niveaux de dette a été trop rapidement créée pour qu'un dégonflement n'arrive tôt ou pas trop tard. Il y a trop d'écart entre l'argent facile des banques centrales (0 à 0,25 % auprès de la FED, 1 % auprès de la BCE) et des Etats (déficits de x points de PIB) et la croissance générée, qui semble bien fragile. Et semble surtout avoir profité aux grandes banques internationales. Enfin, le pseudo retour de la confiance sur les marchés entraîne le retour de la commercialisation au grand public de produits miracles de toutes sortes : tel type d'assurance vie, tel type de fonds action ou autre. Tant qu'il est temps d'empocher des commissions ... 2) Les commentaires sur le niveau d'activité en Fixed Income de RBS HSBC et Barclays confirment ce qui a été observé dans les autres banques : revenus moins élevés qu'aux deux premiers trimestres 2009, en raison de l'effet saisonnalité et de la baisse des Bid Offer Spreads. Au premier semestre 2009 les banques ont offert des services sans risque à leurs clients (institutionnels, corporate, fortunes) sur des produits de flux (exemples couvertures de change, dépôts à terme) en se prenant des marges surréalistes entre l'offre et la demande (d'où l'absence de risques pris). Sous prétexte d'une crise financière qui a eu bon dos. Les flux étaient très importants parce qu'à l'époque l'aversion du risque a précipité les clients qui se tournaient vers des produits simples, mais que les banques d'investissement ont fourni avec une marge énorme. Alors que ce sont les banques qui étaient à l'origine de ce marasme ! Des bonus indécents en ont découlé. Au premier trimestre 2009, certaines banques ont en outre fait de la spéculation gagnante, que JP Morgan a qualifié d'évidente, sur des produits probablement fortement décotés (des obligations à haut rendement ?) dont les banques savaient qu'ils reprendraient de la valeur. Depuis mars 2009 les marchés actions se redressent et les spreads se tassent, les conditions de marché redeviennent habituelles, les marges des banques de financement et d'investissement sont moins élevées qu'avant dorénavant. 3) L'impact défavorable du resserrement des spreads de crédit sur la réévaluation de la dette propre des banques a été important au deuxième et au troisième trimestre 2009. En comparaison des gains comptabilisés jusque là en 2007 2008 et début 2009, de telles charges devraient être maintenant limitées. Exceptions faites encore de HSBC, Morgan Stanley et Crédit Suisse, qui par une transaction hors bilan a souhaité amortir les gains restant sur plus de 5 ans, avec un impact théorique de 300 millions de francs suisses par trimestre au lieu de 6,8 milliards de francs suisses sur 3 ou 4 trimestres. 4) Les assouplissements comptables des normes américaines (FAS 157-4 et FAS 115-2) effectives le 1er avril 2009 n'ont pas eu d'impact significatif sur les comptes des banques américaines, excepté Citi (impact positif de 0,6 milliards de dollars avant impôt au premier trimestre 2009 et 1,6 au deuxième), mais au premier semestre 2009 uniquement. Les amendements d'octobre 2008 à la norme IAS 39 ont moins eu d'incidence sur les comptes des banques européennes étudiées en 2009 qu'en 2008. Au troisième trimestre 2009, seule Royal Bank of Scotland a été impactée significativement, mais de manière défavorable, puisque en l'absence de reclassement RBS aurait enregistré un gain avant impôt de 2,1 milliards de livres sterling (contre -3,5 fin 2008 et -0,2 fin juin 2009). 1) Comparaison des résultats par rapport au deuxième trimestre 2009
PNB T1 2009 |
PNB T2 2009 |
PNB T3 2009 |
RN T1 2009 |
RN T2 2009 |
RN T3 2009 | |
Goldman Sachs $ |
9,4 |
13,8 |
12,4 |
1,8 |
3,4 |
3,2 |
JP Morgan $ |
26,9 |
27,7 |
28,8 |
2,1 |
2,7 |
3,6 |
Citi $ |
24,5 |
30,0 |
20,4 |
1,6 |
4,3 |
0,1 |
Bank of America $ |
36,1 |
33,1 |
26,4 |
-1,0 |
3,2 |
-1,0 |
Morgan Stanley $ |
2,9 |
5,4 |
8,7 |
-0,2 |
+ns |
0,8 |
Crédit Suisse CHF |
9,6 |
8,6 |
8,9 |
2,0 |
1,6 |
2,4 |
Santander € |
9,2 |
10,1 |
10,0 |
2,1 |
2,5 |
2,3 |
Deutsche Bank € |
7,2 |
7,9 |
7,2 |
1,2 |
1,1 |
1,4 |
Barclays £ |
9,7 |
10,9 |
8,7 |
1,1 |
1,3 |
1,1 |
RBS £ |
8,7 |
6,1 |
7,1 |
-0,3 |
0,6 |
-1,5 |
UBS CHF |
5,0 |
5,8 |
5,8 |
-1,8 |
-1,1 |
-0,5 |
HSBC $ |
2,2 |
3,3 |
3,0 |
-0,1 |
-6,0 |
-1,1 |
BNP Paribas € |
9,5 |
10,0 |
10,7 |
1,6 |
1,6 |
1,3 |
Société Générale € |
4,9 |
5,7 |
6,0 |
-0,2 |
0,4 |
0,5 |
PNB Produit Net Bancaire (Revenues en anglais, Gross income pour Santander, Operating Income pour UBS, Total income pour RBS en pro forma, Top line income pour Barclays) RN Résultat net (Net Income ou Profit after Tax en anglais) NI Non identifié Données chiffrées en milliards de devises. Se référer à l'article du 22 octobre 2009 pour les remarques concernant les données chiffrées de certaines banques américaines. Pour RBS les chiffres sont différents selon les publications. Ainsi au 31 mars 2009, Total income = 8 905 M £ Loss for the period (272) M£. Au 30 juin 2009, Total income (semestre) = 14 791 M£ et Profit for the period (semestre) = 369 M£. Par déduction Total income Q2 2009 = 5 886 M£ et Profit for the period Q2 2009 = 641 M£. Sauf qu'au 30 septembre 2009, Total income Q2 2009 = 6 121 M£ et Profit for the period Q2 2009 = 686 M£. Allez comprendre ... Pour HSBC, les données chiffrées sont issues des publications HSBC Finance Corporation 10 Q (US GAAP). En PNB il s'agit en fait de Finance and other interest income + Total other Revenues - Gain (loss) on debt designated at fair value and related derivatives. Fin juin 2009 et fin septembre 2009, HSBC fournit dans ses présentations les données chiffrées suivantes (IFRS) : Net operating income before loan impairment charges excluding FVO Q2 2009 3 450 Q3 2009 2 943 (ces deux chiffres peu éloignés de ceux issus de HSBC Finance Corporation 10 Q) Profit before tax Q2 2009 (6 910) Q3 2009 (2 309) En US GAAP selon le 10 Q de HSBC Finance Corporation, Profit before tax Q1 2009 (48) Q2 2009 (7 474) Q3 2009 (2309) Pour Barclays, les chiffres présentés jusque-là étaient (ce qui n'était pas justifié) le Net Income, Total income net des charges liées aux contrats d'assurance et net des charges de dépréciations et autres provisions de crédit. Il est plus pertinent d'afficher le Total income pour une meilleure comparabilité bien entendu. Barclays Le résultat net a diminué de 207 millions de £ entre le deuxième (1 282 M£) et le troisième ( 1 075 M£) trimestre 2008 en raison de la baisse des revenus d'activité (-2,2) compensée par de moindres dépréciations sur actifs toxiques (+ 0,9 Md£ Q3 -744 M£ Q2 - 1 648 M£), sur crédit propre (+ 0,8 Md£ Q3 - 405 M£ Q2 - 1 172 M£), et sur les coûts du crédit et autres titres de crédit (+ 0,6 Md£). Les dépenses opérationnelles ont augmenté de près de 200 millions de £. Remarquons le faible niveau de détail des publications en comparaison d'autres banques, notamment françaises comme Société Générale et BNP Paribas. Royal Bank of Scotland Le Produit net Bancaire a augmenté de 1 milliards de £ dans la partie Non-interest du Non Core (hors coeur de métier) : + 0,7 dans les revenus de trading (Q3 1 051 M£ Q2 384 M£) en raison de moindres dépréciations dans la valorisations des CDOs super seniors (+ 0,3) et sur les couvertures CDS (+ 0,4) ; + 0,5 en autres revenus opérationnels (Q3 107 M£ Q2 -416 M£), ce qui s'explique par la réévaluation plus importante de la dette propre de RBS au deuxième trimestre 2009 ; - 0,2 baisse des commissions. Le résultat net se dégrade de 2,2 milliards de livres sterling (Q3 -1,5 Q2 0,6) : + 1,0 augmentation des revenus ; - 0,2 augmentation des demandes d'indemnisation en assurance ; + 1,5 moindres dépréciations (Q3 - 2066 M£ Q2 - 3 516 M£) - 0,4 sur les cessions stratégiques (Q3 - 155 M£ Q2 212 M£), principalement sur les activités de détail et commerciales en Asie ; - 3,8 un gain de 3,8 Md£ sur la cession des propres dettes de RBS (gain on redemption of own debt) avait été comptabilisé au deuxième trimestre 2009. HSBC La perte diminue de 4,9 milliards de dollars entre le deuxième (-6,0) et le troisième trimestre 2009 (-1,1), ce qui s'explique ainsi : - 0,1 baisse des Net interest income (Q3 2009 1 463 M$ Q2 2009 1 532 M$) ; + 0,3 baisse de la provision pour coût du crédit (Q3 2009 2 171 M$ Q2 2009 2 436 M$) aux US notamment ; -0,2 baisse des autres revenus ; stabilité des dépenses opérationnelles ; -0,9 charge plus élevée sur la réévaluation de la dette propre d'HSBC par resserrement des spreads de crédit (Q3 2009 3,5 Md$ Q2 2009 2,6 Md$) ; + 4,5 perte moins élevée sur la réévaluation de la dette hors dette propre (Q3 2009 +2,3 Md$ Q2 2009 -2,2 Md$) ; + 1,6 goodwill du deuxième trimestre 2009 (test d'impairment charge ou de dépréciation sur l'activité Card and Retail Services) ; - 0,3 moindre gain d'impôt sur les bénéfices (Q3 2009 + 1 180 M$ Q2 2009 + 1 515 M$). Les commentaires d'HSBC sur les différentes activités concordent avec les évolutions observées. Ce qui est inexpliqué est l'impact positif de 2,3 milliards de dollars au troisième trimestre 2009 (-2,2 milliards de dollars au deuxième trimestre 2009) sur la réévaluation de la dette en juste valeur hors l'effet des spreads de crédit. Un commentaire sera apporté sur le sujet (s'il est abordé) en attendant la publication par HSBC de la retranscription de la conference call avec les analystes. 2) Comparaison des PNB des activités de Fixed Income par rapport au deuxième trimestre 2009
PNB T2 2008 |
PNB T3 2008 |
PNB T4 2008 |
PNB T1 2009 |
PNB T2 2009 |
PNB T3 2009 | |
Goldman Sachs $ |
2,4 |
1,6 |
-3,4 |
6,6 |
6,8 |
6,0 |
JP Morgan $ |
2,3 |
0,8 |
-1,7 |
4,9 |
4,9 |
5,0 |
Citi $ |
-0,6 |
-2,4 |
-13,4 |
4,7 |
5,6 |
3,9 |
Bank of America $ |
0,7 |
-0,7 |
-5,8 |
4,8 |
2,7 |
4,0 |
Morgan Stanley $ |
0,7 |
8,8 |
-9,9 |
1,3 |
1,0 |
2,1 |
Crédit Suisse CHF |
0,3 |
-1,1 |
-2,9 |
3,9 |
3,1 |
2,5 |
Deutsche Bank € |
0,6 |
0,9 |
-2,5 |
3,7 |
2,6 |
2,2 |
Barclays £ |
NI |
NI |
NI |
NI |
NI |
3,7 |
RBS £ |
1,6 |
1,7 |
-1,8 |
5,4 |
2,4 |
1,9 |
UBS CHF |
-4,6 |
-4,5 |
-3,1 |
-2,0 |
-0,1 |
+ 1,0 |
HSBC $ |
NI |
NI |
NI |
NI |
NI |
NI |
BNP Paribas € |
0,4 |
0,9 |
0,8 |
2,9 |
1,9 |
1,6 |
Société Générale € |
0,7 |
0,8 |
0,3 |
1,6 |
1,4 |
1,0 |
Se référer à l'article du 22 octobre 2009 pour les remarques concernant les données chiffrées de certaines banques américaines. Crédit Suisse : Fixed income trading UBS : Sales and trading Fixed income currencies and commodities Société Générale Taux changes et matières premières hors éléments non récurrents BNP Paribas Fixed Income inclue ce qui concerne les émissions obligataires, qui se trouvent dans la partie Financement et Conseil de la Société Générale Royal Bank of Scotland GBM Global Banking & Markets qui incluent d'autres activités que le FICC (Fixed Income Currencies Commodities), comme les Equities, Fair Value of own debt, Portfolio management and origination Barclays : Barclays Capital qui inclue la partie FICC et la partie Equities and Prime Services Businesses. Barclays Les revenus sont en baisse par rapport au deuxième trimestre 2009 en raison de l'effet habituel de saisonnalité et de spreads moins importants (traduire on fait moins de marges). Royal Bank of Scotland L'activité de flux dans les taux s'est maintenue à un très bon niveau, avec des revenus en hausse de 29 % par rapport au deuxième trimestre 2009 (Q3 694 M£ Q2 536 M£ Q1 1 297 M£). Les revenus de change ont diminué (Q3 141 M£ Q2 383 M£), les conditions favorables du premier semestre seraient terminées. Il en est de même dans les matières premières (Q3 120 M£ Q2 239 M£), le marché du crédit (-31% Q3 475 M£ Q2 690 M£) et le trading sur les taux (Q3 287 M£ Q2 466 M£ Q1 853 M£). L'environnement de trading s'est amélioré quant à la liquidité de produits hypothécaires US. HSBC Pour HSBC, seuls les chiffres du premier semestre 2009 étaient disponibles. Néanmoins, les commentaires du premier trimestre faisaient état de profits records dans la branche d'activité Global Banking and Markets, surtout dans le trading de changes et de taux. En ordre de grandeur, le chiffre d'affaires opérationnel au premier semestre 2009 de la partie Global Markets s'est élevé à 6,3 milliards de dollars, dont 2,0 pour les taux, 1,8 sur les changes et 1,0 sur la partie "Credit". Pas de donnée chiffrée pour le troisième trimestre 2009 mais des commentaires qualitatifs d'HSBC. Les revenus dans Global Banking and Markets ont été moins élevés que les deux premiers trimestres de 2009. Le trading de crédit a été particulièrement soutenu (moindres niveaux de dépréciation). L'activité de taux a été bonne. Nonobstant des volumes plus faibles, les marchés de change se sont bien comportés, soutenus par la force d'HSBC dans les marchés émergents. 3) Impact de l'évolution des spreads des banques sur la valorisation de leurs propres dettes (propre risque de crédit, own credit spread)
Impact sur le résultat avant impôt |
2007 |
2008 |
Q1 2009 |
Q2 2009 |
Q3 2009 |
Goldman Sachs $ |
0,2 |
1,1 |
-0,2 |
-0,3 |
-0,3 |
JP Morgan $ |
1,3 |
2,0 |
1,1 |
-1,9 |
-1,0 |
Citi $ |
NI |
3,3 |
0,2 |
-1,6 |
-1,0 |
Bank of America $ |
NI |
0,4 |
-1,6 |
0,1 |
- 1,8 |
Morgan Stanley $ |
0,8 |
5,6 |
-1,6 |
-2,3 |
-0,9 |
Crédit Suisse CHF (1) |
1,1 |
5,0 |
0,7 |
-1,1 |
-0,1 |
Deutsche Bank € |
NI |
NI |
NI |
NI |
NI |
Barclays £ |
+0,7 |
+1,7 |
+0,3 |
-1,2 |
-0,4 |
RBS £ |
NI |
+0,9 |
+0,6 |
-1,0 |
-0,5 |
UBS CHF |
+0,7 |
+2,0 |
+0,7 |
-1,2 |
-1,4 |
HSBC $ |
+3,1 |
+6,6 |
+0,1 |
-2,6 |
-3,5 |
BNP Paribas € |
+0,1 |
+0,7 |
NI |
-0,2 |
-0,3 |
Société Générale € |
+0,2 |
+0,5 |
+0,1 |
-0,5 |
-0,3 |
Se référer à l'article du 22 octobre 2009 pour les remarques concernant les données chiffrées de certaines banques américaines. Se référer à l'article du 5 novembre 2009 pour les remarques concernant Crédit Suisse et UBS. Goldman Sachs : net gains/(losses) attributable to the impact of changes in the own credit spreads of the firm on borrowings for which the fair value option was elected JP Morgan : from the tightening of the credit spread of the Firm on certain structured liabilities and derivatives ; le chiffre du 3 ème trimestre issu du rapport SEC est de -1,0 Md$, alors que selon la présentation du 14 octobre 2009 il convenait d'agréger les 343 M$ de l'Equity Markets et les 497 M$ du Fixed Income Market ce qui fournissait -0,8 milliards de dollars affichés dans les 2 premières parties. Citi : The fair value of debt liabilities for which the fair-value option was elected (other than non-recourse and similar liabilities) was impacted by the narrowing of the credit spread of the Company (source 10 Q) Bank of America : change in the fair value of liabilities for which the fair value option was elected that was attributable to changes in the Corporation's credit spreads (source 10 Q) Morgan Stanley : tightening of the credit spreads of the Company on certain long-term and short-term borrowings accounted for at fair value Pour RBS, les chiffres indiqués dans les articles précédents pour Q2 2009 ne concernaient que Global Banking and Markets (-0,5). HSBC annonce que le gain cumulé à fin septembre 2009 de 1,9 milliards de dollars sera inversé sur la durée de vie de la dette. Cela signifie-t-il qu'HSBC a pris des dispositions similaires à Crédit Suisse, en externalisant dans un conduit hors-bilan la volatilité sur la valorisation de la dette propre de HSBC liée à l 'évolution des spreads ? Autre remarque sur HSBC, le cumul en dollars des gains s'élève selon mon tableau à + 3,7 milliards de dollars et pas de 1,9 milliards de dollars. Peut-être la combinaison d'un effet de change et de la cession d'une partie de cette dette propre (auquel cas une partie du gain a dû être amortie, effet négatif non observé dans les publications). BNP Paribas : dans son rapport annuel 2008, le Groupe parle d'impact de la valeur de la dette évaluée en valeur de marché ou de modèle compte tenu de l'évolution du spread de crédit propre de la banque ET du coût de la liquidité observée ; l'expression utilisée dans les documents de référence actualisés trimestriels est plus générale : au titre de la réévaluation de la dette propre. Société Générale : en éléments non récurrents, réévaluation des passifs financiers et actions propres (en raison notamment des spreads de crédit) 4) Suivi des assouplissements comptables permis récemment pour certaines normes comptables internationales IASB ou FASB 1) Amendements FASB avril 2009 Les médias avaient dénoncé début avril 2009 l'assouplissement des normes comptables américaines (3 normes en jeu selon mon article du 6 mai 2009 sur le sujet, FSP FAS 157-4, FAS 115-2 et FAS 107-2 qui devait permettre aux banques américaines de minorer des pertes comptables sur certains actifs toxiques. Qu'en est-il exactement ? La revue des rapports 10-Q publiés à la SEC pour les 5 grandes banques américaines montre qu'elles ont adopté effectivement ces règles dès le premier trimestre 2009 pour la plupart, mais avec une obligation de communication des informations effective pour les comptes du 30 juin 2009. Seul l'amendement FAS 115-2 Recognition and Presentation of Other-Than-Temporary Impairments a donné lieu à des ajustements comptables. Goldman Sachs : pas d'impact. JP Morgan : impact sur le résultat avant impôt de -5 M$ au Q1 2009, -186 M$ au Q2 2009, - 18 M$ au Q3 2009. Citi : impact sur le résultat avant impôt de 631 M$ au Q1 2009 et 1 634 M$ au Q2 2009. Bizarrement le rapport SEC du troisième trimestre 2009 confirme le chiffre du premier trimestre 2009 mais ne fournit aucun chiffre pour les 2 ème et 3 ème trimestres. Bank of America : impact de -71 millions de dollars sur le résultat à fin juin 2009, pas d'impact supplémentaire au troisième trimestre 2009. Morgan Stanley : absence d'impact affiché. Crédit Suisse : absence d'impact affiché. Seul Citi a ainsi bénéficié significativement de la mise en place de ces amendements au premier semestre 2009. 2) Amendements IAS 39 de fin 2008 Barclays : pas de nouveaux reclassements, les paiements et échéance des titres reclassés ont fait passer le total en valeur de marché de 4 à 3 milliards de £, impact en l'absence de reclassement sur le résultat au premier semestre 2009 est une perte de 42 millions de £. Royal Bank of Scotland : 32,6 Md£ avaient été reclassés en 2008. 1,9 milliards de £ ont été reclassés au premier semestre 2009 ; l'impact en l'absence de reclassement sur le résultat avant impôt au troisième trimestre 2009 aurait été un gain de 2,1 milliards de £, après -3,5 fin 2008 et -0,2 fin juin 2009. Le total reclassé en valeur de marché est de 21 milliards de livres sterling fin septembre 2009. HSBC : 17,9 Md$ avaient été reclassés en 2008, aucun reclassement supplémentaire en 2009. L'impact de l'absence de reclassement aurait été une perte avant impôt de 0,3 Md$ au premier semestre 2009. Pas d'information relevée concernant le 3ème trimestre 2009.
Un point sur les résultats du troisième trimestre 2009 des principales banques (suite)
Un premier point avait été effectué le 22 octobre 2009 sur les résultats du troisième trimestre 2009 des principales banques américaines : Goldman Sachs, JP Morgan, Citi, Bank of America, Morgan Stanley. http://investigationfin.canalblog.com/archives/2009/10/22/15528133.html Dans cette seconde partie les résultats des banques suivantes sont commentés : Crédit Suisse, Deutsche Bank, RBS, Barclays, HSBC, BNP Paribas, UBS et Société Générale. La troisième et dernière partie traitera des résultats de Royal Bank of Scotland, HSBC et Barclays, les publications de ces deux dernières n'étant annoncées que le 10 novembre 2009. Dans une démarche analogue à celle appliquée aux publications du deuxième trimestre 2009, les aspects suivants sont abordés : - évolution des résultats relativement au deuxième trimestre 2009 ; - analyse spécifique sur les activités de Fixed Income ; - impact de réévaluation de la dette propre ; - suivi des assouplissements comptables permis récemment par les normes comptables internationales IASB ou FASB. Les remarques effectuées dans la première partie sur les banques américaines s'appliquent aux banques européennes étudiées dans cette deuxième partie : des performances inférieures à celles du deuxième trimestre 2009, situation économique en banque de détail et normalisation des conditions de marché en fixed income en banque de financement et d'investissement. L'amélioration du résultat net de Crédit Suisse repose en fait sur une moindre réévaluation de la dette propre, ce que les présentations et les commentaires de presse n'ont pas mentionné. Pour Deutsche Bank, c'est l'évolution favorable de l'impôt sur les bénéfices. UBS en avait profité au deuxième trimestre 2009, l'effet défavorable sur le troisième trimestre est plus que compensé par l'absence de dépréciation de 492 millions de francs suisses liée à la cession de UBS Pactual. A l'inverse, BNP Paribas voit son résultat diminuer en raison d'un impôt sur les bénéfices plus importants, sans lequel son résultat aurait augmenté du montant de la baisse. Le Produit net Bancaire est en hausse en raison de la contribution pleine de Fortis, mais qui a un impact limité sur le résultat avant impôt. En revanche, les revenus de Fixed Income sont en diminution, ils représentent la moitié du niveau du premier trimestre 2009. Enfin, la Société générale voit son cours de bourse plébiscité le jour de l'annonce de ses résultats alors que la diminution des charges non récurrentes sur les actifs toxiques et le mark to market des CDS masque la baisse des revenus, notamment dans les Taux Changes et Matières Premières. La faible hausse du résultat net incombe principalement à la moindre contribution négative de l'impôt sur les bénéfices. Certes le troisième trimestre contient un effet de saisonnalité défavorable. Mais la fin des effets des éléments non récurrents (cessions d'actifs, dépréciations des actifs toxiques ou des CDS) et le retour à la normalisation des conditions de marché (bid offer spreads) pourrait cesser d'offrir les opportunités aux banques de publier des résultats qui en apparence semblent résister à la crise économique. En revanche, la moindre concurrence qui existe depuis la crise financière entre les banques devrait continuer à jouer en leur faveur. J'ai étudié les documents de publication des résultats (rapport annuel, communiqué de presse, rapport financier trimestriel, présentation) de la banque espagnole Santander. Les chiffres de Santander ont été inclus dans le tableau d'activité et de résultat. Toutefois les publications ne fournissent pas ou peu d'information sur les problématiques de Fixed Income, de spread de crédit. Les informations sont souvent présentées de manière cumulée sur l'année en cours (exemple 9 mois à fin septembre 2009) et l'accent est mis sur la répartition géographique. Aucun commentaire qualitatif n'accompagne donc pour l'instant les données chiffrées de Santander. 1) Comparaison des résultats par rapport au deuxième trimestre 2009
PNB T1 2009 |
PNB T2 2009 |
PNB T3 2009 |
RN T1 2009 |
RN T2 2009 |
RN T3 2009 | |
Goldman Sachs $ |
9,4 |
13,8 |
12,4 |
1,8 |
3,4 |
3,2 |
JP Morgan $ |
26,9 |
27,7 |
28,8 |
2,1 |
2,7 |
3,6 |
Citi $ |
24,5 |
30,0 |
20,4 |
1,6 |
4,3 |
0,1 |
Bank of America $ |
36,1 |
33,1 |
26,4 |
-1,0 |
3,2 |
-1,0 |
Morgan Stanley $ |
2,9 |
5,4 |
8,7 |
-0,2 |
+ns |
0,8 |
Crédit Suisse CHF |
9,6 |
8,6 |
8,9 |
2,0 |
1,6 |
2,4 |
Santander € |
9,2 |
10,1 |
10,0 |
2,1 |
2,5 |
2,3 |
Deutsche Bank € |
7,2 |
7,9 |
7,2 |
1,2 |
1,1 |
1,4 |
Barclays £ |
5,8 |
5,9 |
1,1 |
1,3 |
||
RBS £ |
8,7 |
6,1 |
-0,3 |
0,4 |
||
UBS CHF |
5,0 |
5,8 |
5,8 |
-1,8 |
-1,1 |
-0,5 |
HSBC $ |
NI |
NI |
NI |
NI |
||
BNP Paribas € |
9,5 |
10,0 |
10,7 |
1,6 |
1,6 |
1,3 |
Société Générale € |
4,9 |
5,7 |
6,0 |
-0,2 |
0,4 |
0,5 |
PNB Produit Net Bancaire (Revenues en anglais, Gross income pour Santander, Operating Income pour UBS) RN Résultat net (Net Income en anglais) NI Non identifié Se référer à l'article du 22 octobre 2009 pour les remarques concernant les données chiffrées de certaines banques américaines. Crédit Suisse L'augmentation des revenus nets (PNB) entre le deuxième et le troisième trimestre 2009 de 0,3 milliards de francs suisses s'explique ainsi : - 1,0 en Investment Banking (5,0 contre 6,0 au T2); dont -0,6 en Fixed Income Trading (activité réduite des marchés, effet saisonnier dans beaucoup d'activités de flux, malgré des revenus plus élevés dans le trading de RMBS US hors agences), -0,5 sur Equity trading (effet de saisonnalité sur les volumes) ; - 0,1 en Private Banking ; + 0,3 en Asset Management ; + 1,1 en Corporate Center (0,3 contre -0,8 au T2) ; dont + 1,0 lié à l'impact des spreads sur la dette de Crédit Suisse (-0,1 au Q3 en raison de l'externalisation de cet impact en hors-bilan et -1,1 au Q2). De quoi s'agit-il (plus de détails dans la partie 3 sur les spreads et l'article sur le sujet http://investigationfin.canalblog.com/archives/2009/10/22/15531208.html) ? Crédit Suisse a créé une entité hors-bilan lui permettant en théorie d'amortir sur près de 6 ans, à hauteur de 300 millions de francs suisses par trimestre, les gains jusque-là comptabilisés par revalorisation de la dette de Crédit Suisse suite à la dégradation des spreads de crédit. Les spreads de crédit faisant le mouvement inverse depuis le premier trimestre 2009, ce sont maintenant des charges que doivent comptabiliser les banques à ce titre. La transaction a pour nom FVOD et le conduit commercial Alpine, administré par Crédit Suisse bien évidemment. Sans la transaction FVOD avec Alpine (gains de 553 millions de francs suisses au troisième trimestre venant compenser la revalorisation de 646 millions de francs suisses de la dette de Crédit Suisse), les revenus nets (PNB) du troisième trimestre 2009 auraient été diminués de 646 millions de francs suisses, ils auraient donc au total présenté une baisse d'environ 0,3 milliards de francs suisses par rapport au deuxième trimestre 2009. Ce qui n'est pas la même musique. Le résultat net s'améliore de 0,8 milliards de francs suisses, se décomposant ainsi : + 0,1 Investment Banking, la baisse des rémunérations (-0,6) compense les moindres revenus, - 0,1 Private Banking + 0,2 Asset Management, dont 0,2 vente d'une partie des activités de stratégies d'investissement à Aberdeen Asset Management + 0,8 Corporate Center (-0,3 contre -1,1 au T2) + 0,2 opérations non poursuivies - 0,4 effet négatif impôt sur les sociétés (charge de 0,4 contre ns au T3) La progression du résultat net est sans contexte associée à cette histoire d'externalisation dans un conduit Alpine. La banque claironne un rendement sur fonds propres de 25,1 % sur le trimestre. Prêtez leur de l'argent (institutionnels, entreprises, individuels fortunés) à 3 mois, ils vont vous le rémunérer moins de 1 % et vous devrez leur dire merci en plus ! Deutsche Bank L'amélioration du résultat net entre le deuxième trimestre (1,1 milliards d'euros) et le troisième trimestre 2009 (1,4 milliards d'euros) s'explique par l'évolution positive de l'impôt sur les sociétés provisionné, qui ressort en bénéfice de 78 millions d'euros au troisième trimestre contre une charge de 242 millions d'euros au trimestre précédent. Cette évolution positive provient de l'effet de résultats d'audit fiscaux compensés par la réévaluation des positions d'impôt différé. Les revenus nets (PNB) diminuent de 0,7 milliards d'euros relativement au deuxième trimestre 2009 : - 0,2 en Corporate Banking & Securities, dont - 350 millions d'euros sur l'entité (commercial paper) Ocala Funding LLC ; +0,2 en Asset and Wealth Management ; -0,4 en Corporate Investments (242 ME au Q3 09 contre 660 ME au Q2 2009), le deuxième trimestre avait été marqué par des gains relatifs à Deutsche Postbank AG shares ; -0,2 en Consolidation and adjustments (- 263 au Q3 2009 contre - 50 ME au Q2 2009) ; effets négatifs de méthodes comptables sur des couvertures de positions à court terme en raison de l'évolution des taux d'intérêt euro et dollars. Le résultat avant impôt sur les sociétés est stable : + 0,2 Corporate Banking & Securities (988 ME contre 828 ME au Q2 2009) ; + 0,2 Asset and Wealth Management (134 contre -85 ME au Q2 2009) ; - 0,2 Corporate Investments ; - 0,2 Consolidation and adjustments. C'est à nouveau la Banque de Financement et d'Investissement qui contribue le plus aux résultats de Deutsche Bank. Barclays A suivre. Royal Bank of Scotland A suivre. UBS UBS demeure en perte, toutefois à nouveau diminuée par rapport au trimestre précédent de 0,6 milliards de francs suisses. Au deuxième trimestre 2009, l'évolution positive s'expliquait entre autre par une contribution positive de l'impôt sur les sociétés (mécanisme des impôts différés) de 0,5 milliards de francs suisses. Ce sont les revenus de FICC (Fixed Income Currencies and Commodities), en augmentation de 1,1 milliards de CHF relativement au deuxième trimestre 2009 qui sont à étudier de près. Voir en deuxième partie pour des analyses plus détaillées sur le FICC, parce que le contenu du rapport financier et une revue analytique ne permettent pas à première vue de comprendre une telle amélioration. Le revenu opérationnel d'activité par Division est stable à 5,8 milliards de francs suisses : - 0,1 Wealth Management & Swiss Bank (Q3 2 814 MCHF) ; + ns Wealth Management Americas (Q3 1 378 MCHF) ; + ns Global Asset Management (Q3 567 MCHF) ; + 0,6 Investment Bank (Q3 1 167 MCHF Q2 532 MCHF) dont Sales and trading FICC + 1,0 (Q3 985 MCHF contre Q2 -59 MCHF), dont Sales and trading Equities -0,3 (Q3 1 162 MCHF), dont Investment Banking ns (Q3 698 MCHF) ; l'impact du propre crédit sur la dette d'UBS a été une charge de 1,4 milliards de francs suisses contre une charge de 1,2 au deuxième trimestre 2009 ; -0,6 Corporate Center (Q3 -160 MCHF contre Q2 425 MCHF), en raison notamment de - 409 MCHF de l'achèvement le 18 septembre 2009 de la cession de UBS Pactual (filiale au Brésil de services financiers) et de - 305 MCHF de la réévaluation en août 2009 des MCNs (Mandatory Convertible Notes) émises en décembre 2008. La performance avant impôt de ces mêmes divisions s'améliore de 0,8 milliards de francs suisses (Q3 - 593 MCHF Q2 - 1 323 MCHF) dont : - 0,1 Wealth Management & Swiss Bank (Q3 792 MCHF contre Q2 932 MCHF) ; + 0,3 Wealth Management Americas (baisse des dépenses surtout de personnel, charges de restructuration de 152 M CHF au Q2) ; + 0,1 Global Asset Management ; + 0,5 Investment Bank (Q3 - 1 370 MCHF contre Q2 - 1 846 MCHF) dont propre crédit -0,2 ; stable Corporate Center : l'impact de la cession de UBS Pactual a été compensé par un gain de change sur le dollar US de 156 MCHF. La perte diminue de 0,6 milliards de francs suisses entre le deuxième et le troisième trimestre 2009, ce qui s'explique ainsi : Operating income stable ; + 0,3 baisse des dépenses générales et administratives (Q3 1 367 MCHF Q2 1 699 MCHF), le second trimestre incorporait 230 millions de francs suisses de charges de restructuration dans l'immobilier ; + 0,5 dépréciation du goodwill au deuxième trimestre 2009 (Q3 0 Q2 -492) liée à la cession de UBS Pactual ; - 0,2 de moindre contribution positive de l'impôt sur les sociétés (Q3 +49 MCHF Q2 + 208 MCHF), le deuxième trimestre incluait un gain d'impôt différé de 371 millions de francs suisses. UBS explique l'augmentation de ses dépenses de personnel de 4 578 MCHF à 4 678 MCHF par des rémunérations variables liées à la performance (bonus étant le gros mot) plus importantes, reflétant un changement dans la politique de rémunération consistant à rémunérer davantage en cash. La Division Wealth Management & Swiss Banks serait la plus affectée. A contre-courant du dernier G20 par conséquent. Autre modification trimestrielle que je n'ai pas laissé passer, le changement de méthode de calcul de la DVA (Debit Valuation Adjustment, c'est-à-dire l'impact du propre spread d'UBS sur la juste valeur de ses dettes), afin d'aligner la méthode avec celle utilisée pour déterminer la CVA (Credit Valuation Adjustment). Sans ce changement de méthode, la perte après impôt aurait été augmentée de 260 millions de francs suisses. HSBC A suivre. BNP PARIBAS Le Produit Net Bancaire s'améliore de 0,7 milliards d'euros entre le deuxième et le troisième trimestre 2009 principalement en raison de la contribution pleine de Fortis (elle était partielle au 2 ème trimestre) : + 0,7 Fortis (Q3 2 233 ME Q2 1 441 ME) ; - 0,4 Fixed Income (Q3 1 551 ME Q2 1 931 ME) effet saisonnalité et retour à la normale des Bid offer spreads ; + 0,3 Autres activités (Q3 -201 Q2 -492), principalement en raison des dépréciations de participations au 2 ème trimestre 2009, compensée par davantage d'impact négatif au titre de la réévaluation de la dette propre (Q3 - 308 ME Q2 - 237 ME). Le résultat net est pourtant en diminution de 0,3 milliards d'euros, l'évolution positive du résultat avant impôt (+ 0,3) étant compensée par l'évolution très défavorable de l'impôt sur les bénéfices (Q3 -918 ME Q2 -376 ME), là où d'autres banques ont elles bénéficié d'effet des mécanismes d'impôts différés. De plus, alors que Fortis était pour beaucoup dans l'amélioration du PNB, il n'en est pas de même pour le résultat avant impôt (Q3 575 ME Q2 474 ME) en raison notamment, effet pleine contribution, de l'augmentation des frais de gestion d'environ 0,5 milliards d'euros (Q3 - 1 290 ME Q2 - 693 ME). Parallèlement, la baisse de PNB en Fixed Income est compensée par 345 millions d'euros de moindres frais de gestion en Conseil et marchés de capitaux, sans doute en bonne partie attribuables à la partie Fixed Income. BNP Paribas sous-tend que les conséquences comptables de la mise en oeuvre du G20 sur la partie différée payable en action des rémunérations variables (application de la norme IFRS 2) sont le corollaire d'une taille baisse. Pour être précis, BNP Paribas explique la moindre augmentation des frais de gestion comparativement au troisième trimestre 2008 par ce qui précède. De mon côté, j'en déduis que la même explication s'appliquerait à justifier la diminution plus importante des frais de gestion entre le deuxième et le troisième trimestre 2009. Le PNB de Conseil et marchés de capitaux (dont Fixed Income est la principale composante) diminue de 17,8 % entre le 2ème et le 3ème trimestre 2009 alors que les frais de gestion diminuent de 29 %. C'est donc principalement la baisse du PNB de Fixed Income qui entraîne celle des frais de gestion. De plus, le terme différé indique que les bonus seront bien réglés à un moment ou à un autre. Je le répète, les niveaux d'activité exceptionnels de Fixed Income au premier trimestre 2009 n'ont pas été le fait de talents, mais selon mes recherches de conditions de marché favorables et d'imposition par les banques de marges (bid offer spread) abusives à leurs clients (institutionnels, entreprises, clients fortunés) dans les taux notamment sous prétexte que cela n'allait pas bien. Alors que c'était pire au quatrième trimestre 2008 sans que l'on observe de tels niveaux de revenu dans le Fixed income au quatrième trimestre 2008. Les banques d'investissement ont fait le marché et se sont servies tant qu'il était temps. De tels bonus devraient être purement annulés, c'est ce que le dernier G20 aurait dû prôner, ou au minimum proscrire à de tels niveaux à l'avenir. Il n'en a rien été. Revenons à la compréhension de l'évolution défavorable du résultat net. Le coût du risque est stable à 2,3 milliards d'euros entre le deuxième et le troisième trimestre 2009. La conjugaison de la hausse du PNB (+0,7), des frais de gestion (-0,2) et dans les autres activités des effets positifs passés des goodwill et badwill du 2 ème trimestre 2009 (-0,2) fournit l'amélioration du résultat avant impôt (+0,3). SOCIETE GENERALE Le Produit Net Bancaire s'améliore de 0,3 milliards d'euros entre le deuxième et le troisième trimestre 2009 : + 0,5 MdE d'évolution favorable sur la BFI qu'il est utile de développer : + 0,6 en Financement et conseil et - 0,2 en Taux Changes Matières Premières ; - 0,3 MdE d'évolution défavorable sur la gestion propre (Q3 - 294 ME Q2 - 125 ME). Hors éléments non récurrents, le PNB de l'activité Financement et conseil est en fait stable, c'est la moindre dépréciation du mark to market des CDS (Q3 - 240 ME Q2 - 840), élément non récurrent, qui explique l'évolution favorable. La baisse saisonnière des volumes sur les marchés de capitaux est compensée par l'excellente contribution des financements structurés (ressources naturelles et export). Quant au PNB de Taux changes et matières premières, l'activité hors éléments récurrents est en baisse de 0,5 milliards d'euros (Q3 965 ME Q2 1 427 ME) et partiellement compensée par 0,3 milliards d'euros d'évolution favorable sur les éléments non récurrents (moindre pertes sur les dérivés de crédit exotiques Q3 -441 ME Q2 -718 ME). La Société Générale indique un ralentissement des revenus commerciaux sur les activités de flux en raison de la baisse des marges et une baisse des revenus de trading de taux dans un environnement en voie de normalisation. Dans son communiqué de presse, la Société Générale détaille l'impact des éléments non récurrents du troisième trimestre 2009 (-751 millions d'euros sur la BFI), sans fournir les impacts plus conséquents du deuxième trimestre 2009 (- 1 696 millions d'euros) ou du troisième trimestre 2008 (- 1 118 millions d'euros). Le Résultat Net s'améliore de 116 millions d'euros entre le deuxième et le troisième trimestre 2009, à 559 millions d'euros. L'augmentation du PNB est compensée par 334 millions d'euros de coût net du risque comptabilisés au troisième trimestre 2009 (rien au deuxième trimestre) sur les titres reclassés au 1er octobre 2008 (au titre amendements IAS 39). C'est finalement une moindre charge fiscale (- 40 millions d'euros au 3ème trimestre 2009 contre - 122 au 2ème) qui contribue principalement à l'évolution du résultat net. Avec de tels résultats, je ne comprends pas bien la réaction des marchés, le titre gagnait encore près de 5 % en début d'après-midi le jour de l'annonce, 4 novembre 2009. 2) Comparaison des PNB des activités de Fixed Income par rapport au deuxième trimestre 2009
PNB T2 2008 |
PNB T3 2008 |
PNB T4 2008 |
PNB T1 2009 |
PNB T2 2009 |
PNB T3 2009 | |
Goldman Sachs $ |
2,4 |
1,6 |
-3,4 |
6,6 |
6,8 |
6,0 |
JP Morgan $ |
2,3 |
0,8 |
-1,7 |
4,9 |
4,9 |
5,0 |
Citi $ |
-0,6 |
-2,4 |
-13,4 |
4,7 |
5,6 |
3,9 |
Bank of America $ |
0,7 |
-0,7 |
-5,8 |
4,8 |
2,7 |
4,0 |
Morgan Stanley $ |
0,7 |
8,8 |
-9,9 |
1,3 |
1,0 |
2,1 |
Crédit Suisse CHF |
0,3 |
-1,1 |
-2,9 |
3,9 |
3,1 |
2,5 |
Deutsche Bank € |
0,6 |
0,9 |
-2,5 |
3,7 |
2,6 |
2,2 |
Barclays £ |
NI |
NI |
NI |
|||
RBS £ |
1,6 |
5,4 |
2,4 |
|||
UBS CHF |
-4,6 |
-4,5 |
-3,1 |
-2,0 |
-0,1 |
+ 1,0 |
HSBC $ |
NI |
NI |
NI |
|||
BNP Paribas € |
0,4 |
0,9 |
0,8 |
2,9 |
1,9 |
1,6 |
Société Générale € |
0,7 |
0,8 |
0,3 |
1,6 |
1,4 |
1,0 |
Se référer à l'article du 22 octobre 2009 pour les remarques concernant les données chiffrées de certaines banques américaines. Crédit Suisse : Fixed income trading UBS : Sales and trading Fixed income currencies and commodities Société Générale Taux changes et matières premières hors éléments non récurrents BNP Paribas Fixed Income inclue ce qui concerne les émissions obligataires, qui se trouvent dans la partie Financement et Conseil de la Société Générale Crédit Suisse Les revenus nets en Fixed Income trading ont diminué de 0,6 milliards de francs suisses du 2 ème trimestre 3 ème au trimestre, en raison d'un effet de saisonnalité sur les volumes et d'une baisse de la volatilité dans les taux, les changes et les dettes à haut rendement. Néanmoins, les revenus de trading de RMBS US hors agences ont été soutenus. Dans un des slides de la présentation, la tendance comparative entre le 2ème et le 3ème trimestre montre que toutes les tendances dans le Fixed Income sont à la baisse : taux, changes, trading de RMBS US, trading de la dette à haut rendement. Deutsche Bank Pour Deutsche Bank (Sales and Trading debt and other products), les volumes et les marges sur d'importants produits de flux comme les changes et les taux d'intérêt ont été plus faibles qu'aux deux premiers trimestres 2009. Ce que compensent des gains de part de marché dans le Fixed income sur le marché US, la poursuite du niveau élevé en trading de crédit. Les revenus ont été impactés défavorablement par 350 millions d'euros de charges sur l'entité (commercial paper) Ocala Funding LLC. Les revenus d'origination (création et distribution de produits de dettes) de 542 millions d'euros sont en baisse par rapport au deuxième trimestre 2009 (654 millions d'euros). Barclays A suivre. UBS Avec 985 millions de francs suisses de revenus, c'est la première fois depuis neufs trimestres que l'activité de FICC est bénéficiaire. Par rapport au deuxième trimestre, l'évolution est positive de 1,1 milliards de francs suisses. Les résultats de trading se seraient nettement améliorés dans le domaine du crédit, compensés par une activité moindre dans les changes les taux et les marchés monétaires (ceux-là qui contribuaient aux résultats exceptionnels des autres banques au premier trimestre 2009 notamment). Rappelons que le rapport financier du deuxième trimestre 2009 martelait que l'amélioration de FICC relativement au premier trimestre 2009 s'expliquait principalement par de moindres pertes sur des positions non considérées comme faisant partie du coeur de l'activité. N'ayant pas identifié cette information dans les documents du troisième trimestre 2009, j'en déduis que c'est sans doute de ce côté que l'amélioration des revenus de FICC continuent de s'améliorer. En effet, je ne vois pas trop qu'est-ce qui dans le domaine du crédit (excepté de moindres dévaluations sur les actifs dits toxiques) aurait pu permettre une évolution favorable si significative. Un changement de méthode dans la détermination des DVA (Debit Valuation Adjustment) a tout de même également permis d'éviter une charge après impôt de 260 millions de CHF au troisième trimestre 2009. HSBC A suivre. BNP Paribas Les revenus ont diminué de 20 % à 1 551 millions d'euros par rapport au deuxième trimestre 2009. Que dire encore des 2,9 milliards d'euros de PNB au premier trimestre 2009 ! L'effet de saisonnalité serait compensé par la demande soutenue de la clientèle (sur les produits de flux en dérivés), une bonne activité sur les taux et la reprise de l'activité sur les produits de crédit (les titres dérivés du marché hypothécaire US ? le retour). BNP Paribas confirme la poursuite de la réduction des bid-offer spreads, surtout sur les produits simples. Société Générale Hors éléments non récurrents, l'activité Taux Changes et Matières Premières est en baisse du 2ème (1 427 millions d'euros) au 3ème trimestre 2009 (965 millions d'euros). La présentation de la Société Générale ne fournit plus le détail entre PNB clients et PNB trading. Néanmoins, le communiqué de presse avance le chiffre de 375 millions d'euros de revenus clients pour le trimestre. Le trading continue donc de représenter une proportion des deux tiers environ. La baisse des revenus est liée à la normalisation des spreads de cotation (que ce soit sur le trading de taux ou l'activité de flux clients), qui se situent néanmoins nettement au-dessus des niveaux observés avant la crise. 3) Impact de l'évolution des spreads des banques sur la valorisation de leurs propres dettes (propre risque de crédit, own credit spread)
Impact sur le résultat avant impôt |
2007 |
2008 |
Q1 2009 |
Q2 2009 |
Q3 2009 |
Goldman Sachs $ |
0,2 |
1,1 |
-0,2 |
-0,3 |
NI |
JP Morgan $ |
1,3 |
2,0 |
1,1 |
-1,9 |
-0,8 |
Citi $ |
NI |
3,3 |
0,2 |
-1,6 |
-1,0 |
Bank of America $ |
NI |
0,4 |
-1,6 |
0,1 |
NI |
Morgan Stanley $ |
0,8 |
5,6 |
-1,6 |
-2,3 |
-0,9 |
Crédit Suisse CHF (1) |
1,1 |
5,0 |
0,7 |
-1,1 |
-0,1 |
Deutsche Bank € |
NI |
NI |
NI |
NI |
NI |
Barclays £ |
+0,7 |
+1,7 |
+0,3 |
-1,2 |
|
RBS £ |
NI |
+0,9 |
+0,6 |
-0,5 |
|
UBS CHF |
+0,7 |
+2,0 |
+0,7 |
-1,2 |
-1,4 |
HSBC $ |
+3,1 |
+6,6 |
+0,1 |
-2,6 |
|
BNP Paribas € |
+0,1 |
+0,7 |
NI |
-0,2 |
-0,3 |
Société Générale € |
+0,2 |
+0,5 |
+0,1 |
-0,5 |
NI |
Se référer à l'article du 22 octobre 2009 pour les remarques concernant les données chiffrées de certaines banques américaines. (1) Crédit Suisse : les chiffres des articles du 29 juillet et du 18 septembre 2009 représentent en fait l'impact de l'ensemble des spreads (pas seulement ceux de Crédit Suisse) sur la dette de Crédit Suisse. Au troisième trimestre 2009, Crédit Suisse a effectué une transaction (du nom de FVOD) avec un conduit -multi seller commercial conduit- (du nom de Alpine Sécuritization Corp.) qu'elle administre, créé pour réduire la volatilité liée aux spreads de crédit sur la dette de Crédit Suisse. L'impact négatif au 3ème trimestre de 646 millions de francs suisses sur la valorisation de la dette de Crédit Suisse a été compensé par des gains de 553 millions de francs suisses issus de la transaction avec FVOD. Le rapport de Crédit Suisse indique que les gains cumulés à la fin du 1er trimestre (6,8 milliards de francs suisses selon mes calculs) seront reversés selon une base d'amortissement, et la différence entre cet amortissement et l'impact trimestriel sur la dette de Crédit Suisse viendra contribuer aux résultats de Crédit Suisse. D'après la présentation du deuxième trimestre 2009, ce lissage s'effectue à coup de 300 millions de francs suisses par trimestre, soit selon mes calculs sur un peu moins de 6 ans (5,8 précisément). voir mon article sur le sujet http://investigationfin.canalblog.com/archives/2009/10/22/15531208.html Ce n'est qu'à partir du deuxième trimestre 2009 que la notion de DVA (Debit Valuation Adjustment), qui mesure l'impact des propres risques de crédit (own credit spreads) de Crédit Suisse est évoquée, sans toutefois fournir de donnée chiffrée. La situation est identique dans le rapport financier du troisième trimestre 2009. Les données chiffrées fournies pour Credit Suisse ne sont par conséquent pas comparables aux données chiffrées des autres banques. UBS annonce dans ses présentations un impact sur le dernier trimestre 2009 qui, selon mon estimation et grâce aux données du tableau, devrait être inférieur à 800 millions de francs suisses. Néanmoins, dans son rapport financier du troisième trimestre 2009, UBS chiffe à 1,3 milliards de francs suisses le résultat cumulé pour risque de crédit propre sur sa dette en juste valeur. 4) Suivi des assouplissements comptables permis récemment pour certaines normes comptables internationales IASB ou FASB 1) Amendements FASB avril 2009 A suivre dans la troisième partie la revue des rapports SEC trimestriels. 2) Amendements IAS 39 de fin 2008 Deutsche Bank : 35 milliards d'euro avaient été reclassés en 2008 et 3 milliards d'euros au premier trimestre 2009 ; pas de nouveau reclassement au deuxième et au troisième trimestre 2009, impact positif en l'absence de reclassement sur le résultat avant impôt au troisième trimestre de - 0,6 milliards d'euros (-0,8 MdE sur les neufs premiers mois de 2009). UBS : 26 MdCHF avaient été reclassés fin 2008, 0,6 supplémentaires au premier trimestre 2009, aucun au deuxième et au troisième trimestre 2009. L'impact de l'absence de reclassement avait été un bénéfice avant impôt de 1,3 MdCHF au premier trimestre 2009 et une perte de -1,2 MdCHF au deuxième trimestre 2009. Le rapport financier du troisième trimestre 2009 ne fournit pas l'information correspondante. BNP Paribas : 7,8 milliards d'euros avaient été reclassés fin 2008 ; 2,8 milliards d'euros supplémentaires ont été reclassés au premier semestre 2009 ; pas de reclassement supplémentaire au 3 ème trimestre 2009.L'impact sur le résultat avant impôt au troisième trimestre 2009 en l'absence de reclassement aurait été favorable de 195 millions d'euros. Société Générale : 28,6 milliards d'euros avaient été reclassés fin 2008 ; pas de reclassement supplémentaire en 2009 ; l'impact sur le produit net bancaire des reclassements en l'absence de reclassement aurait été positif de 0,6 milliards d'euros au troisième trimestre 2009 (négatif de -1,5 au premier semestre 2009 et de -1,5 au quatrième trimestre 2008).