Investigation Financière Economique et Boursière

26 janvier 2012

Surprise ! Le sujet de la baisse des bonus en partie en raison de la chute des cours de Bourse devient un sujet médiatique ...

plusieurs mois après qu'Investigationfin ait écrit sur ce sujet !

La Tribune a publié en exclusivité les résultats d'une étude du cabinet Sia Conseil, lequel estimerait entre 25 % et 47 % la chute de la rémunération variable des traders des banques françaises au titre de 2011.

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20120126trib000680530/les-bonus-des-traders-francais-pourraient-chuter-de-pres-de-50-.html

Dans l'article de La Tribune, il est fait mention du paramètre du cours de Bourse des banques françaises " A ces hypothèses de départ, Sia Conseil ajoute le plongeon des cours de Bourse des banques françaises depuis la fin 2010 (- 40 % en moyenne) ..."

La chute des cours de Bourse d'une banque joue sur les rémunérations variables différées indexées sur le cours des actions de cette banque, en l'occurrence la chute ne peut jouer que pour celles déjà émises, notamment au titre de 2010 !

Avec plusieurs mois d'avance, dès le 22 septembre 2011, InvestigationFin vous avait alerté sur l'importance de la baisse des cours de Bourse sur la partie différée des bonus au titre de 2010.

http://investigationfin.canalblog.com/archives/2011/09/22/22123683.html

Manifestement le sujet est devenu d'actualité, il faudra attendre les publications détaillées des principales banques françaises, BNP Paribas et Société Générale notamment, pour vérifier si des informations détaillées sont fournies sur le sujet.

Un tableau des rémunérations fixes et variables pour les 4 principaux établissements financiers concernés est également publié, de source Sia Conseil. Ce tableau figure d'ailleurs également dans un article de L'Agefi :

bonus Agefi

http://www.agefi.fr/articles/Des-parts-reduites-gateau-bonus-1207774.html

Problème pour le tableau dans L'Agefi, le titre est le suivant : Rémunérations variables versées en 2011 (au titre de 2010)

Or, les montants de part variable qui figurent dans le tableau ne sont pas seulement versés en 2011, il s'agit donc d'une erreur de l'Agefi.

Comme le montre le rapport sur les rémunérations 2010 de BNP Paribas, le montant différé conditionnel de 735 millions d'euros (sur le total variable de 1 009 millions d'euros) est réparti sur sept échéances, entre septembre 2011 et septembre 2014, dont 270 millions d'euros à l'échéance septembre 2011 :

copie écran BNP professionnels de marché 2010

http://media-cms.bnpparibas.com/file/42/2/remuneration_des_professionnels_de_marche_en_2010.14422.pdf

Précision, précision ...

Posté par Olivier Fluke à 18:40 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


25 janvier 2012

Lettre ouverte à Pierre Henri de Menthon de Challenges pour une information soi-disant exclusive ...

de 3 milliards d'euros versés en 2011 par la Banque de France à l'Etat.

Cher Monsieur,

c'est avec intérêt que j'ai découvert votre article publié dans Challenges "La Banque de France a rapporté plus de 3 milliards à l'Etat."

http://www.challenges.fr/finance-et-marche/20120125.CHA9656/la-banque-de-france-a-rapporte-plus-de-3-milliards-a-l-etat.html

En lettres capitales, EXCLUSIF !

La Banque de France aurait versé plus de 3 milliards d'euros d'impôts et de dividendes à l'Etat en 2011. De telles précisions auraient été apportées dans un courrier adressé par le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer à Jacques Attali, courrier que Challenges se serait procuré.

Bizarrement, InvestigationFin, sans se procurer de courrier adressé à Attali, est même en mesure de vous détailler ces 3 milliards, 1 555 millions d'euros de dividendes et 1 563 millions d'impôt sur les sociétés.

Qu'est-ce qu'il est fort cet InvestigationFin, il mériterait d'être publié sur Challenges ! Mais comment fait-il donc ?

Halte-là, pas de magie journalistique des sources, pas d'ami ami avec Jacques Attali !

Investigationfin a juste lu la page 95 du rapport annuel 2010 de la Banque de France, rapport publié en ... juin 2011 :

page95 RA BdF 2010

page 95 que vous trouverez dans le chapitre 4 du rapport annuel 2010 téléchargeable ici

http://www.banque-france.fr/fileadmin/user_upload/banque_de_france/publications/RA2010_Chapitre_4.pdf

Versements au titre de 2010 .. mais en 2011 de manière indubitable pour les dividendes puisque la décision de verser 1 555 millions d'euros a été prise le 4 avril 2011 ...

C'est donc en EXCLUSIVITE qu'InvestigationFin démontre publiquement que votre EXCLUSIVITE n'en est pas une !

A méditer ...

Olivier Fluke

Challenges a mis à jour à 20h47 la version de l'article et fait disparaître en catimini le mot EXCLUSIF.

Voilà la copie écran de la version de 16h05 afin de prouver qu'il y avait bien le mot EXCLUSIF :

article Challenges 1605

Posté par Olivier Fluke à 17:22 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Comparaison politiquement incorrecte entre dette publique et patrimoine des ménages. Taxer assurance vie et immobilier

Investigationfin compare l'évolution de la dette publique de la France avec celle du patrimoine des ménages, définit l'effort à accomplir pour revenir au ratio dette sur PIB 60 % et propose les solutions pour y parvenir TOUT DE SUITE.

Des solutions d'urgence de bon sens pour régler le problème gravissime de la dette de la France.

Les chiffres de l'Insee sont implacables. L'Etat, l'ensemble des administrations publiques ont trop dépensé et pas assez imposé (ce dont profitent directement ou indirectement les ménages français) alors que dans le même temps le patrimoine des ménages français s'est accru bien plus vite. La France, les Français en fait, ont vécu au-dessus de leurs moyens ces dernières années.

I. Le patrimoine des ménages a davantage augmenté que la dette publique en valeur

A quelle date le ratio dette sur PIB des administrations publiques a-t-il été pour la dernière fois inférieur à 60 %, qui est la limite théoriquement infranchissable du traité de Maastricht ?

Réponse : fin décembre 2002, avec un ratio de 59,1 % et une dette de 912 milliards d'euros.

Les derniers chiffres disponibles, à fin septembre 2011, montrent un ratio de 85,3 % du PIB, à 1 688,9 milliards d'euros.

Soit une augmentation en valeur de la dette de 777 milliards d'euros.

source : http://www.insee.fr/fr/indicateurs/ind40/20111228/dette%20trimestrielle.xls

Quelle a été l'augmentation de la valeur nette du patrimoine des ménages sur la même période ?

Réponse : 4 513 milliards d'euros, puisque la valeur nette fin 2002 était de 5 591 milliards d'euros et fin 2010 (dernière date disponible) de 10 103,6 milliards d'euros.

source : http://www.insee.fr/fr/indicateurs/cnat_annu/base_2005/donnees/xls/t_8210.xls

La dette publique s'est accrue de 777 milliards d'euros depuis la dernière fois où le ratio dette sur PIB de 60 % était respecté, alors que le patrimoine des ménages s'est accru de 4 513 milliards d'euros, soit presque 6 fois plus !

Graphe comparaison dette patrimoine

Quand je vous assure que ce sont les Français qui ont vécu et vivent au-dessus des moyens ... de la France !

II. Objectif Revenir tout de suite à un ratio dette sur PIB de 60 %. Propositions pour trouver 500 milliards d'euros

Pour respecter le ratio dette sur PIB de 60 % à fin 2011, le niveau de la dette publique devrait s'élever à 1 188,0 milliards d'euros, ce qui implique de diminuer cette dette publique de 500 milliards d'euros environ

Dans le détail des comptes de patrimoine des ménages, deux postes attirent l'attention pour expliquer la hausse de 4,5 trillions d'euros de la valeur nette entre fin 2002 et fin 2010 :

+ 0,7 trillion d'euros pour les provisions techniques d'assurance

+ 3,5 trillions d'euros pour l'immobilier (logements + terrains bâtis)

Solution n°1 Taxation exceptionnelle sur l'assurance-vie des plus aisés 130 milliards d'euros

D'après le dernier rapport thématique de la Cour des comptes sur l'assurance-vie, citant l'enquête Patrimoine 2010 de l'Insee, 2,7 millions de ménages possèdent 64,8 % des encours d'assurance-vie.

http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPT/Rapport_thematique_politique_publique_assurance_vie.pdf

Pour des encours fin 2010 d'environ 1 317,5 milliards d'euros, cela représente un stock à taxer de 854 milliards d'euros.

A 10 %, cela rapporte 85 milliards d'euros, à 15 % 128 milliards d'euros, à 20 % 171 milliards d'euros.

Pour ceux qui pourraient être choqués, je rappelle que 15 % représente 4 années environ d'intérêts moyens sur les fonds en euros dont trois à 4 % et la dernière, 2011, à 3 % : 1,04 x 1,04 x 1,04 x 1,03 = 1,1586 ....

L'assurance vie ayant un horizon de placement supérieur à 4 années, le capital initial ne serait en moyenne pas rogné par une taxation exceptionnelle de 15 %.

Solution n°2 Taxation exceptionnelle sur l'immobilier 370 milliards d'euros

Supposons que 2,7 millions de ménages (pas forcément les mêmes pris individuellement) possèdent 35 % du patrimoine immobilier (AN.1111 logements + AN.2111 Terrains bâtis 2010 3 262,5 + 3 544,8 = 6 807,3), cela représente, fin 2010, 35 % x 6 807,3 = 2 382,6 milliards d'euros.

Pourquoi 35 % ? Chiffre arbitrairement inférieur à 64,8 % pour tenir compte, dans l'immobilier, de la moindre concentration des richesses par les plus aisés relativement à l'assurance vie.

A fin 2002, 35 % du total logements et terrains bâtis (3 280,7 MdE) représentaient 1 148,2 MdE.

L'augmentation du patrimoine immobilier entre fin 2002 et fin 2010 peut donc être estimée à 1 234,4 milliards d'euros, estimation minorée par le fait que les biens de forte valeur initiale ont probablement surperformé relativement au marché national, comme sur Paris ou des stations balnéaires huppées.

Si une taxation de 30 % de l'augmentation est mise en place, elle rapporterait 0,3 x 1 234,4 = 370,3 milliards d'euros, chiffre qui représente 15,5 % du stock valorisé fin 2010.

Combien d'années la valeur d'un bien immobilier plutôt haut de gamme dans Paris a pris 15 % ou 30 % ? Un an, deux ans, trois ans ? Autant dire qu'une taxation permettrait sans doute de revenir les pieds sur terre, dans un jeu de mot douteux.

La totalisation d'une taxation exceptionnelle pour les ménages les plus aisés de 15 % des encours d'assurance vie et d'une taxation exceptionnelle de 30 % de l'accroissement de valeur depuis fin 2002 des logements et terrains bâtis atteindrait bien 500 milliards d'euros.

Encore faut-il également que le déficit des administrations publiques de 2012 maintienne le niveau de la dette publique à 60 % du PIB !

III. Objectif Niveau de déficit 2012 permettant de maintenir le ratio dette sur PIB à 60 %

L'équation à respecter est la suivante : dette 2011 / PIB 2011 = dette 2012 / PIB 2012 = 60 %.

Par hypothèse, dette 2012 = dette 2011 + déficit 2012

D'où déficit 2012 = taux de croissance en valeur du PIB 2012 x dette 2011

Compte tenu d'une inflation d'environ 2 % et du taux de croissance prévu pour 2012, le taux de croissance en valeur du PIB pourrait être de 3 % ou de 4 %.

Avec une dette fin 2011 diminuée de 500 milliards d'euros, donc de 1 200 milliards environ, cela donne un déficit 2012 de 36 milliards d'euros (à 3 %) et de 48 milliards d'euros (à 4 %).

Que prévoit le programme de stabilité 2011 - 2014 d'avril 2011 ?

Un déficit de 4,6 % du PIB en 2012, ce qui, pour un PIB d'environ 2 059 milliards d'euros (1 980 x 1,04) donne un déficit de 94,7 milliards d'euros.

http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/fileadmin/medias/documents/enjeux_fipu/prog_annuel_fipu/Programme_de_stabilite_2011-2014_VF.pdf

La diminution de la dette publique de 500 milliards d'euros permettrait le rachat d'une partie de la dette la plus coûteuse, on pourrait estimer la diminution de la charge d'intérêts à 18 milliards d'euros, en raisonnant sur les intérêts de l'Etat :

500 x (48,8 intérêts budget 2012) / (1 350 dette de l'Etat fin septembre 2011) = 18 MdE

L'effort à accomplir sur le budget 2012 (baisse des dépenses notamment et recettes fiscales) devrait donc être de 94,7- 48 (à 4 %) - 18 = 28,7 milliards.

Posté par Olivier Fluke à 15:12 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
24 janvier 2012

Autre méthode d'estimation du recours par les banques françaises à l'opération à 3 ans de la BCE, résultat 84 milliards d'euros

... les banques françaises et les filiales françaises des banques étrangères !

Les analystes de Deutsche Bank ont estimé le recours par les banques françaises à l'opération à 3 ans de la BCE à 44 milliards d'euros.

Investigationfin vous a montré qu'il fallait tenir compte, dans cette méthode d'estimation sommaire, du fait que l'opération à 3 ans a eu lieu en cours de période, ce qui, par pondération, donne 60 milliards d'euros.
http://investigationfin.canalblog.com/archives/2012/01/23/23318422.html

En exclusivité (selon mes dernières recherches sur la toile), Investigationfin va vous montrer, à partir d'une méthode d'estimation qui raisonne à partir des chiffres de la BCE, que ce montant est sans doute bien plus élevé.

Chaque semaine, la BCE publie la situation financière consolidée de l'Eurosystème, la dernière étant celle du 13 janvier 2012. http://www.ecb.int/press/pr/wfs/2012/html/fs120117.fr.html

Ce qui permet de connaître en fin de période le solde des opérations principales de refinancement et celui des opérations de refinancement à plus long terme. Des informations sont fournies sur les nouvelles opérations. Ainsi, pour la fameuse opération à 3 ans, le jeudi 22 décembre, 489,2 milliards d'euros ont été alloués pour 1 134 jours, incluant 45,7 milliards reportés qui avaient fait l'objet d'une adjudication à 12 mois en octobre 2011.

Les différentes informations hebdomadaires permettent de reconstituer le montant quotidien des opérations de refinancement à plus long terme sur les deux périodes de référence des statistiques de la Banque de France, celles du 8 novembre au 13 décembre 2011 et du 13 décembre 2011 au 17 janvier 2012, les deux périodes comportant 36 jours.

Les informations détaillées publiées sur le site de la Banque Centrale d'Italie permettent d'affiner les montants.

http://www.bancaditalia.it/banca_centrale/polmon/infop/tassi_polmon/2011/Monetary%20policy%20operations%20rates%20-%202011.pdf

Période 1
Du 8 novembre au 9 novembre 2011 : 396,0 milliards d'euros
Du 10 novembre au 30 novembre 2011 : 392,5 milliards d'euros
Du 1 décembre au 8 décembre 2011 : 383,1 milliards d'euros
Du 9 décembre au 13 décembre 2011 : 383,0 milliards d'euros
Soit une moyenne de 389,3 milliards d'euros sur la période.

Période 2
13 décembre 2011 : 383,0 milliards d'euros
Du 14 décembre au 21 décembre 2011 : 368,6 milliards d'euros
Du 22 décembre 2011 au 17 janvier 2012 : 703,9 milliards d'euros
Soit une moyenne de 620,5 milliards d'euros sur la période.

Or, les statistiques de la Banque de France indiquent que sur la période 1 les banques françaises (et les filiales françaises des banques étrangères) présentent une moyenne de refinancement à plus long terme auprès de la BCE de 63,4 milliards d'euros et de 107 milliards d'euros pour la période 2.
http://www.banque-france.fr/fileadmin/user_upload/banque_de_france/Politique_Monetaire/Instruments_et_statistiques/LiqPosition_FR.pdf

Chiffres qui représentent respectivement 16,3 % et 17,2 % des moyennes BCE que j'ai reconstituées.

Première remarque, cette augmentation serait le signe que les établissements bancaires en France auraient davantage profité de l'opération à 3 ans que le reste en Europe.

Deuxième remarque, si on applique ce 17,2 % au total de 489,2 milliards d'euros alloués à 3 ans par la BCE .. on obtient 84,4 milliards d'euros !

Chiffre bien plus élevé que l'estimation des analystes de Deutsche Bank.

Investigationfin vous démontre par conséquent par cette méthode que l'estimation à 84 milliards d'euros du recours par les banques françaises à l'opération à 3 ans de la BCE donne un chiffre bien plus élevé que celui qui circule actuellement dans les médias.

Les banques françaises publieront-elles les chiffres exacts qui rendront compte à quel point la BCE leur vient en aide ?

Alors même que certains réclament une participation de la BCE dans l'échange volontaire avec la Grèce.

La BCE a sauvé les banques de la problématique de liquidité et ces mêmes banques réclament la participation de la BCE dans l'échange volontaire avec la Grèce, ce qui est proprement scandaleux !

Posté par Olivier Fluke à 14:09 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
23 janvier 2012

Investigationfin estime à 60 milliards d'euros le recours par les banques françaises à l'opération à 3 ans de la BCE.

Article mis à jour le 24 janvier 2011, car pour estimer le recours à l'opération à 3 ans de la BCE, il n'est pas pertinent de retrancher la baisse du financement moyen par les opérations principales de refinancement.

Contre 44 milliards d'euros par les analystes de la Deutsche Bank.

Reuters a sorti une dépêche sur l'augmentation par les banques françaises de leurs financements auprès de la BCE.

http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE80M04I20120123

On y apprend que les banques françaises auraient augmenté de 43,6 milliards d'euros leurs emprunts (à plus long terme) auprès de l'Eurosystème entre le 13 décembre 2011 et le 17 janvier 2012, le chiffre sur la période s'élevant à 107 milliards d'euros. Une note de recherche d'analystes de Deutsche Bank indiquerait que les banques françaises auraient emprunté près de 44 milliards d'euros auprès de la BCE lors de son opération inédite de prêts à 3 ans.

Investigation a eu bien des difficultés à trouver précisément l'endroit où la Banque de France publie de tels chiffres.

On les trouve ici http://www.banque-france.fr/politique-monetaire/instruments-et-statistiques/statistiques-sur-les-operations-de-politique-monetaire.html#c1 dans la partie "Position de liquidité du système bancaire" dans un fichier pdf.

http://www.banque-france.fr/fileadmin/user_upload/banque_de_france/Politique_Monetaire/Instruments_et_statistiques/LiqPosition_FR.pdf

Le fichier pdf date du 20 janvier 2012, a-t-il été mis en ligne avant le 23 janvier 2012 ?

On y retrouve bien les chiffres pour la période du 13 décembre 2011 au 17 janvier 2012 de 11,5 milliards d'euros (période précédente 31,6 MdE) pour les opérations principales de refinancement et de 107 milliards d'euros (période précédente 63,4 MdE) pour les opérations de refinancement à plus long terme.

Première remarque, qui ne contredit par la dépêche Reuters mais qui précise si certains n'ont pas bien saisi, il ne s'agit pas de chiffres de fin de période mais d'une moyenne sur la période.

Deuxième remarque, qui tend à montrer que la dépêche Reuters manque de précision lorsqu'elle parle des "banques françaises", les chiffres publiés par la Banque de France concernent les établissements français ET des filiales de banques étrangères ! Les chiffres peuvent donc très bien concerner la filiale française de JP Morgan ou de Deutsche Bank !

Troisième remarque, qui tend à nuancer la note de recherche de Deutsche Bank. Comme le souligne un article de L'Agefi sur le même sujet "Les banques françaises ont largement puisé à la BCE", la moyenne des opérations principales de refinancement ayant diminué de 20 milliards d'euros et celle des opérations à plus long terme ayant augmenté de 43,6 milliards d'euros.

http://www.agefi.fr/articles/Les-banques-francaises-largement-puise-BCE-1208267.html

Ne serait-il donc pas plus logique d'estimer l'augmentation des financements auprès de la BCE des banques françaises fin décembre de la différence seulement, soit environ 24 milliards d'euros et non pas 44 milliards d'euros ?

Quatrième remarque, qui tend elle aussi à remettre en question le chiffre estimé par la note de recherche de Deutsche Bank citée dans la dépêche Reuters du recours par les banques françaises à l'opération à 3 ans de la BCE.

Cette opération ayant eu lieu le 22 décembre 2011, et les derniers chiffres de la Banque de France couvrant la période du 13 décembre au 17 janvier, il me semble anormal de procéder au calcul des analystes de Deutsche Bank sans effectuer de prorata qui a pour effet d'accroître le montant estimé auquel ont recouru les banques françaises pour l'opération à 3 ans.

Soit X le recours par les banques françaises Et les filiales françaises de banques étrangères à l'opération à 3 ans de la BCE du 23 décembre.

Les analyste de Deutsche Bank semblent avoir calculé sommairement X ainsi :

X = 107,0 (période 13 décembre 17 janvier) - 63,4 (période 8 novembre 13 décembre) opérations de refinancement à plus long terme = 43,6 MdE

La période du 13 décembre au 17 janvier inclus compte 36 jours, puis celle du 13 décembre au 22 décembre inclus 10 jours.

Si l'opération à 3 ans avait eu lieu le 13 décembre, la moyenne aurait été plus élevée. L'écart observé sur les moyennes doit donc être pondéré à la hausse pour tenir compte de la date du 23 décembre, avec une pondération de 36 / 26.

D'où X = [36 / 26] x ([107,0 - 63,4] delta sur les opérations de refinancement à plus long terme = 36 x 43,6 /26 = 60,4.

Investigation fin estime donc plutôt à 60 milliards d'euros (par cette méthode) le recours par les banques françaises et les filiales françaises des banques étrangères à l'opération à 3 ans de la BCE, contre l'estimation des analystes de Deutsche Bank de 44 milliards d'euros.

Posté par Olivier Fluke à 18:11 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]




20 janvier 2012

Un point sur les résultats du quatrième trimestre 2011 de JP Morgan, Citi, Goldman Sachs, Morgan Stanley et Bank of America.

Une revue des résultats est effectuée comparativement aux résultats du troisième trimestre 2011, avec une importance particulière accordée à la partie Fixed Income de la Banque de Financement et d'Investissement.

Doivent suivre dans une deuxième partie les banques suivantes : Crédit Suisse Deutsche Bank, RBS, Barclays, HSBC, BNP Paribas, UBS et Société Générale.

Les aspects suivants vont être abordés :

- évolution des résultats relativement au troisième trimestre 2011;

- analyse spécifique sur les activités de Fixed Income.

Je précise que mon approche de revue analytique des résultats n'aborde pas ou très peu la problématique de la liquidité et du bilan. N'hésitez pas à recouper le contenu de cet article pour y détecter des anomalies ou pour l'améliorer, merci d'avance.

Revue des résultats du troisième trimestre 2011 partie 1 :

http://investigationfin.canalblog.com/archives/2011/10/20/22415680.html

Revue des résultats du troisième trimestre 2011 partie 2 :

http://investigationfin.canalblog.com/archives/2011/11/09/22627517.html

Synthèse

Le troisième trimestre 2011 avait été marqué par l'effet comptable sur la dette propre de l'élargissement des spreads. Les spreads ne se sont globalement pas normalisés mais le différentiel de trimestre à trimestre explique globalement l'amélioration des résultats.

JP Morgan 13 janvier 2012 Résultat net 3,7 milliards de dollars (- 0,6 / Q3 2011)

Hausse dans le Corporate Private Equity (+ 0,9) compensée par baisses en banque d'investissement (-0,9), dont effet comptable DVA de resserrement des spreads de crédit de - 2,5 Md$ avant impôt donc pas si mal et baisse en Retail Financial Services (-0,6).

Citi 17 janvier 2012 Résultat net 1,2 milliard de dollars (- 2,5 / Q3 2011)

Baisse due principalement à l'effet positif purement comptable non renouvelé CVA/DVA du 3 ème trimestre de 2 milliards de dollars. L'impact comptable est légèrement négatif au Q4, ce qui signifie que si les spreads de Citi reviennent à la normale il faudra passer environ 2 milliards de dollars de charge.

Bank of America 19 janvier 2012 Résultat net 2,0 milliards de dollars (- 4,2 / Q3 2011)

Fort effet différentiel comptable lié au resserrement des spreads, effets (avant impôt) DVA en Fixed Income de - 2,2 et structured notes en All Other de - 5,3, compensés par des gains liés à des opérations sur des actions de la dette et du capital + 3,3

Goldman Sachs 18 janvier 2012 Résultat net 1,0 milliard de dollars (+ 1,4 / Q3 2011)

Effet inverse du trimestre précédent de mark-to-market sur ICBC et autres actions. Rappel très peu d'effet DVA (450 M$ au Q3) comparé au autres banques US, en raison de couvertures sur leurs propres spreads de crédit.

Morgan Stanley 19 janvier 2012 Résultat net - 0,2 milliard de dollars (- 2,5 / Q3 2011)

Effet différentiel massif inverse de l'élargissement des spreads de - 3,2 Md$ avant impôt, auquel il faut ajouter la perte de 1,7 Md$ sur l'accord MBIA. Revenus élevés en Fixed Income et taux d'IS en baisse.

Cumul des profits : Q3 2011 16,1 Md$ Q2 2011 2,5 Md$ Q1 2011 14,5 Md$ Q4 2010 8,6 Md$ Q2 2010 13,2 Md$ Q1 2010 16,5 Md$

Cumul annuel des profits : 2011 40,4 Md$ 2010 40,0 Md$ dont JPM 2011 19,0 2010 17,4 Citi 2011 11,4 2010 10,9 Goldman Sachs 2011 4,4 2010 8,4 BoA 2011 1,4 2010 -2,2 MS 2011 4,6 2010 5,5

Cumul des revenus nets en fixed income : Q4 2011 5,9 Md$ Q3 2011 14,5 Md$ Q2 2011 13,7 Md$ Q1 2011 18,7 Md$ Q4 2010 7,8 Md$ Q2 2010 16,3 Md$ Q1 2010 26,5 Md$

1) Comparaison des résultats par rapport au troisième trimestre 2011

 

PNB T4 2010

PNB T1 2011

PNB T2 2011

PNB T3 2011

PNB T4 2011

RN T4 2010 

RN T1 2011

RN T2 2011 

RN T3 2011

RN T4 2011

GS

8,6

11,9

7,3

3,6

6,0

2,4 

2,7 

1,1

-0,4

1,0 

JPM

26,7

25,8

27,4

24,4

22,2

4,8 

5,6

5,4 

4,3 

3,7

Citi

18,4

19,7

20,6

20,8

17,2

1,5 

3,1

3,4

3,7

1,2 

BoA

22,7

27,1 

13,5

28,7

25,1

-1,2 

2,0

- 8,8 

6,2 

2,0 

MS

7,8 

7,6

9,3

9,9

5,7

1,1

1,1 

1,4 

2,3

-0,2

GS (Net Revenues, including net interest income) JPM (Total net Revenue Managed Basis) Citi (Total Revenues, net of interest expense) BoA (Total revenue, net of interest expense Managed Basis) MS (Net revenues)

ns non significatif, inférieur à 0,05.

Normes comptables : FASB

Données chiffrées en milliards de dollars

T pour Trimestre et Q pour Quarter (trimestre en anglais)

Pour les profits ou pertes : attention aux chiffres différents entre résultat net du Groupe et résultat net après attribution des intérêts minoritaires

JP Morgan (publication le 13 janvier 2012) managed revenues Q4 2011 22,2 Md$ Q3 2011 24,4 Md$ net income Q2 2011 3,7 Md$ Q3 2011 4,3 Md$

Les Net Revenues (on a managed basis) diminuent de 2,2 milliards de dollars, à 22,2 milliards de dollars :

- 2,0 en Investment Bank (4,4 Md$) ; dont - 0,8 en Fixed Income Markets (2,5 Md$) ; - 0,65 sur les marchés actions (0,8 Md$) ; - 0,6 sur le portefeuille de crédit (-31 M$) ; effet de - 2,5 Md$ (Q3 2011 + 1,9 Md$ Q4 2011 - 567 M$) debit valuation adjustement DVA sur certains engagements structurés et dérivés, en raison du resserrement des spreads de crédit de JP Morgan ;

- 1,1 en Retail Financial Services (6,4 Md$), dont - 0,65 en mortgage fees and related income (0,7 Md$) ; - 0,3 en Credit card (0,3 Md$)

+ ns en Card Services & Auto (4,8 Md$) ;

+ 0,1 en Commercial Banking (1,7 Md$) ;

+ 0,1 en Treasury & Securities Services (2,0 Md$) ;

- 0,05 en Asset Management (2,3 Md$) ;

+ 0,7 en Corporate Private Equity dont + 0,4 Private Equity (- 113 M$) + 0,4 en Corporate (811 M$)

Le résultat net diminue de 0,6 milliard de dollars, ce qui s'explique ainsi :

- 2,3 baisse des net revenues (reported basis) ;

+ 0,2 baisse des dotations aux provisions de pertes sur crédits (2,2 Md$) ;

+ 0,6 baisse des charges de rémunération (6,3 Md$) ; dont baisse de 0,7 en Investment Bank (compensation ratio en baisse de 29 % à 27 %, soit 34 % pour 2011 contre 37 % pour 2010) ;

- 0,1 hausse des occupency expenses (1,05 Md$) ;

- 0,05 hausse dans les technology communications equipment expenses, professional and outside services, marketing (4,1 Md$) ;

+ 0,6 baisse des autres charges (2,9 Md$) ; dont - 0,5 Md$ litiges (Q4 2011 0,5 Md$)

+ 0,55 baisse de l'imposition sur les bénéfices (1,0 Md$).

L'évolution du résultat net par activité est la suivante :

- 0,9 Investment Bank (0,7 Md$) ;

- 0,6 Retail Financial Services (+ 0,5 Md$) ;

+ 0,2 Card services (1,05 Md$) ;

+ 0,1 Commercial Banking (0,6 Md$) ;

- 0,05 Treasury & Securities Services (0,25 Md$) ;

- 0,1 Asset Management (0,3 Md$) ;

+ 0,9 Corporate Private Equiy (0,2 Md$).

En conf call, l'analyste Najarian de ISI Group s'est littéralement fait bâcher par le toujours truculent et assoiffé Jamie Dimon en posant une question sur la réindustrialisation de Chine ou du Mexique vers les US. Réponse cinglante "As I said, we're not macroeconomists, okay? If you want to know about that you should seek that out yourself." Au bout du téléphone j'imagine l'analyste avec un bon coup de chaud.

Exposition à l'Europe non communiquée dans les documents publiés. En conf call, Dimon indique que le niveau serait du même ordre qu'à fin septembre 2011.

Bank of America (publication le 19 janvier 2012) Revenues net of interest expense managed basis Q4 2011 25,1 Md$ Q3 2011 28,7 Md$ net income Q4 2011 2,0 Md$ Q3 2011 6,2 Md$

Les revenus d'activité du quatrième trimestre 2011 ont diminué de 3,6 milliards de dollars par rapport au troisième trimestre 2011 :

- ns en Deposits (Q4 2011 3,1 Md$) ;

- 0,45 en Card Services (Q4 2011 4,1 Md$) ;

+ 0,45 en Consumer Real Estate Services (Q4 2011 3,3 Md$) ; dont + 0,55 en Mortgage banking

+ ns en Global Commercial Banking (Q4 2011 2,6 Md$) ;

- 1,5 en Global Banking & Markets (Q4 2011 3,7 Md$), dont - 1,1 Md$ en FICC (0,7 Md$) ; effet DVA on trading liabilities - 2,2 (Q4 2011 - 0,5 Md$ Q3 2011 1,7 Md$) ;

- 0,1 en GWIM gestion de fortune et d'actifs (Q4 2011 4,2 Md$) ;

- 2,0 en All Other (Q4 2011 4,3 Md$) ; - 5,3 différentiel de valorisation des structured notes de Merrill Lynch (Q4 2011 - 0,8 Md$ Q3 2011 4,5 Md$); + 0,4 en revenus d'intérêt (0,4 Md$) ; + 1,2 gains sur échanges de titres préférentiels sur le capital (Q4 2011 1,2 Md$) ; + 1,7 gains sur equity (Q4 2011 3,1 Md$) dont cession de titres CCB (Q4 2011 2,9 Md$) ; + 0,4 gains sur cession de titres de dettes (Q4 2011 1,1 Md$).

Le résultat net diminue de 4,2 milliards de dollars :

1) par nature de charge

- 3,6 baisse des Revenues net of interest expense ; dont + 1,8 en equity ; - 4,4 en autres revenus ; - 1,3 en trading ;

+ 0,5 baisse dotation aux provisions pour pertes de crédit (2,9 Md$) ; dont - 0,6 en All Other principalement sur Countrywide

+ 0,1 baisse des charges de personnel (Q4 2011 8,8 Md$) ;

- 1,3 hausse des autres charges (Q4 2011 10,2 Md$ dont - 1,5 dans Other general operating (Q4 2011 5,4 Md$) niveau litiges Q4 de 1,8 Md$ dont 1,5 Md$ ;

- 0,6 goodwill impairment (Q4 2011 581 M$ Q3 2011 0 Md$) ; en all Other sur l'activité européenne de carte de consommation

+ 0,8 effet de l'impôt sur les bénéfices (Q4 2011 0,4 Md$ Q3 2011 1,2 Md$) ; effet - 782?? M$ réévaluation des impôts actifs différés UK (baisse de 2 % du taux UK).

2) par Business Segment

- 0,1 en Deposits (Q4 2011 0,1 Md$) ;

- 0,25 en Card Services (Q4 2011 1,0 Md$) ;

- 0,3 Consumer Real Estate Services (Q4 2011 - 1,5 Md$) ; forte augmentation des frais de litiges en mortgage banking probablement (niveau Q4 1,5 Md$)

ns en Global Commercial Banking (Q4 2011 1,05 Md$) ;

- 0,1 en Global Banking & Markets (Q4 2011 - 0,4 Md$) ; effet - 774 M$ sur les actifs différés d'impôt en raison de changement dans le taux d'imposition UK ;

- 0,1 en GWIM (Q4 2011 0,25 Md$) ;

- 3,3 en All Other (Q4 2011 1,4 Md$).

Exposition nette (de collatéral et de couverture) Grèce Italie Irlande Portugal Espagne Q4 14,4 Md$ Q3 14,6 Md$ (dont Q3 1,7 Q4 1,8 Md$ de risque souverain seulement).

Citi US GAAP revenues Q4 2011 17,2 Md$ Q3 2011 20,8 Md$ net income Q4 2011 1,2 Md$ Q3 2011 3,7 Md$

La baisse des « revenues » de 3,6 milliards de dollars entre le troisième et quatrième trimestre 2011 s'explique ainsi :

- 0,05 Regional Consumer Banking (8,2 Md$) ;

- 3,5 Securities and Banking (3,2 Md$) ) ; dont - 2,2 Md$ en Fixed Income Markets (1,6 Md$) ; - 0,9 en lending (0,2 Md$) -0,4 en Equity markets (0,25 Md$) ; effet DVA/CVA - 1,95 Md$ (Q3 2011 1,9 Md$ Q4 2011 - 74 M$) ; également effet de - 0,95 Md$ en lending sur les couvertures (Q3 2011 + 650 M$ Q4 2011 - 300 M$) en raison des spreads sur les contreparties ;

- 0,1 en Transaction Services (2,6 Md$) ;

- 0,05 en Citi Holdings (2,8 Md$) ; le total en SAP passe de 45,3 Md$ à 41,3 Md$ de Q3 à Q4 ;

+ 0,1 autres en Corporate (+ 384 M$).

Effet total DVA/CVA - 2,0 Md$ (Q3 2011 1 938 M$ Q4 2011 - 40 M$).

La baisse du résultat net de 2,5 milliards de dollars se décompose ainsi :

- 0,15 Regional Consumer Banking (1,45 Md$),

- 2,35 Securities and Banking (- 0,15 Md$);

- 0,1 en Transaction Services (0,8 Md$) ;

ns en Citi Holdings (-0,8 Md$) ;

+ ns en Corporate (- 0,1 Md$).

Autre décomposition pour comprendre l'évolution de - 2,5 Md$ :

- 3,6 baisse des « revenues » ;

+ 0,5 baisse des provisions pour pertes sur liées au crédit (2,9 Md$) ; pertes moindres sur le trimestre

- 0,4 hausse des dépenses opérationnelles (12,9 Md$) dont hausse de 0,15 des rémunérations (6,4 Md$) ; hausse de 0,3 Md$ dans les autres dépenses opérationnelles (litiges).

+ 1,1 effet favorable de l'évolution de l'impôt sur les bénéfices (Q3 2011 1,3 Md$ Q4 2011 0,15 Md$) ;

Exposition nette (de collatéral et de couverture) Grèce Italie Irlande Portugal Espagne (Etats, institutions financières, entreprises) 7,8 milliards de dollars (collatéral supplémentaire reçu non déduit 4,2 Md$) France et Belgique : 2,4 Md$ (collatéral supplémentaire reçu non déduit 4,7 Md$)

Goldman Sachs (publication le 18 janvier 2011) Net revenues including net interest income Q4 2011 6,0 Md$ Q3 2011 3,6 Md$ Net earnings Q4 2011 1,0 Md$ Q3 2011 -0,4 Md$

La hausse des Net Revenues de 2,4 milliards de dollars entre le troisième et quatrième trimestre 2011 s'explique ainsi :

+ 0,1 banque d'investissement (0,85 Md$) ;

+ 0,05 Investment management (1,2 Md$) ;

- 0,25 Commissions and fees (0,8 Md$) ;

- 0,5 market making (1,3 Md$) ;

+ 3,35 other principal transactions (0,8 Md$) ; ICBC + 1,4 perte de 1 045 M$ au Q3 2011 gain de 388 M$ au Q4 2011; + 1,4 Md$ sur les autres actions (Q3 -1,0 Md$ Q4 + 0,4 Md$) ; + 0,7 Md$ sur les titres de dettes (Q3 -0,9 Md$ Q4 - 221 M$) ; effet DVA de 450 M$ (300 en FICC et 150 en Equities) ;

- 0,3 revenus d'intérêts nets (1,1 Md$).

Les profits ont augmenté de 1,4 milliard de dollars par rapport au troisième trimestre 2011 :

+ 2,4 hausse des Net revenues ;

- 0,6 hausse des rémunération (2,2 Md$) ; ratio de rémunération 2011 à 42,4 % ;

+ 0,1 baisse des dépenses hors rémunération (2,6 Md$) ;

- 0,6 hausse de la charge d'impôt sur les bénéfices (charge de 234 M$), taux effectif de 28 % sur 2011 (contre 35,2 % pour 2010).

Exposition nette (de collatéral et de couverture) risque souverain, institutions financières entreprises en Grèce Italie Irlande Portugal Espagne estimée à 2,5 Md$ à fin Q3 2011 (1,5 à 2 milliards de dollars fin Q2 2011). Brut 4,2 Md$.

Morgan Stanley (publication le 19 janvier 2012) Net Revenues Q4 2011 5,7 Md$ Q3 2011 9,9 Md$ net income Q4 2011 - 0,2 Md$ Q3 2011 2,3 Md$

La baisse des Net Revenues de 4,2 milliards de dollars entre le troisième et quatrième trimestre 2011 s'explique ainsi :

par nature de revenus d'une part

+ ns banque d'investissement (1,05 Md$)

- 4,0 revenus du trading (1,0 Md$) ; perte de 1 742 M$ sur l'accord MBIA ;

+ 0,45 transactions dans les investissements (0,15 Md$) ;

- 0,3 hausse des commissions (1,2 Md$) ;

- 0,15 asset management (2,0 Md$) ;

- 0,25 autres revenus ne provenant pas des intérêts (0,1 Md$) ;

+ 0,1 revenus des intérêts nets (0,3 Md$).

par division d'autre part

- 4,3 en Institutional Securities (2,1 Md$), dont - 4,15 en Fixed income de Sales & Trading (- 0,25 Md$) ; - 0,7 en Equity sales & trading (1,25 Md$) + 0,5 en other sales & trading (83 M$) gain sur des couvertures sur la dette long terme de MS que compensent des coûts de financement sur la liquidité assurée par les filiales bancaires US

- ns en Global Wealth Management Group (3,3 Md$) ;

+ 0,2 en Asset Management (0,4 Md$).

Effet total DVA (spreads crédit sur dette propre) sur MS - 3,2 Md$ : Q4 2011 0,2 Md$ Q3 2011 3,4 Md$ Q2 2011 + 244 M$ Q1 2011 - 189 M$

Le résultat net diminue de 2,5 milliards de dollars :

- 4,2 baisse des Net Revenues ;

- 0,15 hausse des rémunérations (3,8 Md$) ; ratio de 67 % sur Q4 et 51 % sur 2011 comme 2010 ; hors DVA 57 % au Q3 contre 52 % au Q2, élevé ;

+ 0,15 baisse des autres dépenses opérationnelles (2,4 Md$) ; surtout dans les autres dépenses ;

+ 1,7 évolution de la charge d'imposition sur les sociétés (produit de 0,3 Md$) ; taux d'impôt effectif de 23,2 % sur 2011.

Exposition nette de couverture Grèce Italie Irlande Portugal Espagne 2 milliards de dollars (brute 5,7 Md$), hors prêts non financés et dépôts overnignt. France brut 1,5 Md$ net - 0,3 Md$

2) Comparaison des PNB des activités de Fixed Income par rapport au troisième trimestre 2011

 

PNB T4 2009

PNB T1 2010

PNB T2 2010

PNB T3 2010

PNB T4 2010

PNB T1 2011

PNB T2 2011

PNB T3 2011

PNB T4 2011

Goldman Sachs

4,0

7,4

4,4

3,8

1,6

4,3

1,6

1,7

1,4

JP Morgan

2,7

5,5

3,6

3,1

2,9

5,2

4,3

3,3

2,5

Citi

1,8

5,4

3,7

3,5

1,5

3,8

3,0

3,8

1,6 

Bank of America

1,3

5,5

2,3

3,5

1,8 

3,6

2,7

1,8

0,7

Morgan Stanley

0,7

2,7

2,3

0,8

-ns

1,8

2,1

3,9

- 0,3

JP Morgan Q4 2011 2,5 Md$ Q3 2011 3,3 Md$

Effet DVA - 0,65 (Q4 2011 - 135 M$ Q3 2011 529 M$). Revenus clients solides.

Citi Q4 2011 1,6 Md$ Q3 2011 3,8 Md$

Effet CVA/DVA -1,6 Q4 2011 - 84 M$ Q3 2011 1,5 Md$

Revenus plus faibles sur les produits liés au crédit et structurés, ainsi que les taux et change.

Bank of America en Sales & Trading Revenue Q4 2011 0,7 Md$ Q3 2011 1,8 Md$

Effet DVA de - 2,2 Md$ (Q3 2011 + 1,7 Q4 2011 - 474 M$) pas seulement en Sales & Trading mais aussi en Equities certes. Amélioration principalement dans le trading de crédit structuré en taux et changes.

Goldman Sachs Q4 2011 1,4 Md$ Q3 2011 1,7 Md$

Effet de l'élargissement des spreads de crédit sur la propre dette de GS de 300 M$ (Q3 2011), ns au Q4 2011. Gains dans les matières premières et le change, malgré activité client qui demeure à un niveau faible. Baisse sur les taux.

Morgan Stanley en Sales & Trading Revenue Q4 2011 - 0,3 Md$ Q3 2011 3,9 Md$

Dont + 2,6 impact DVA Q4 2011 + 239 M$ Q3 2011 2,8 Md$. Hors DVA en baisse de 1,1 environ ! Car inclue la perte MBIA pour 1 742 M$. Bons résultats sinon dans les taux et le change. Le crédit s'est repris relativement au Q3 2011 mais demeure à un niveau jugé bas.

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19 janvier 2012

Eurosystème ou BCE ? Le matelas de sécurité n'est pas le même.

Une partie de l'entretien aux Echos de José Manuel Gonzalez-Paramo, membre du directoire de la Banque centrale européenne, en charge des opérations de marchés, m'a surpris.

En réponse à la question suivante " Le bilan de la BCE a fortement augmenté : y-a-t-il une limite? " :

"Actuellement, notre matelas de sécurité s'élève à un peu plus de 500 milliards d'euros -en intégrant le capital de l'Eurosystème, les réserves et les comptes de réévaluation."

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/interview/0201849076333-gonzalez-paramo-un-defaut-de-la-grece-n-est-pas-necessaire-et-est-peu-probable-276713.php

La question porte sur la BCE, la réponse porte sur l'Eurosystème, attention au tour de passe-passe.

Quelle est la différence entre BCE et Eurosystème ?

L'Eurosystème, qui regroupe la BCE et les banques centrales nationales des Etats membres de l'Union européenne qui ont adopté l'euro, est l'autorité monétaire de la zone euro.
http://www.ecb.int/ecb/orga/escb/html/mission_eurosys.fr.html

Ainsi, le bilan de la BCE est inclus dans celui de l'Eurosystème.

L'ordre de grandeur de 500 milliards d'euros n'a rien à voir avec les comptes de la BCE, mais bien avec ceux de l'Eurosystème.

A la lecture du dernier communiqué de la BCE sur la situation financière consolidée de l'Eurosystème au 13 janvier 2012, les soldes capital et réserves (81,6 MdE) et comptes de réévaluation (394,0 MdE) totalisent environ 476 milliards d'euros.
http://www.ecb.int/press/pr/wfs/2012/html/fs120117.fr.html

A la lecture de la page 237 du rapport annuel 2010 de la BCE, les soldes fin 2010 capital et réserves (5,3 MdE) et comptes de réévaluation (19,6 MdE) totalisent environ 25 milliards d'euros :

RA BCE page 237

25 milliards côté BCE, ce n'est pas la même histoire que 500 milliards côté Eurosystème.

Sauf que derrière la question dans Les Echos de l'augmentation du bilan de la BCE figurait implicitement la problématique du rachat par la BCE de dettes publiques souveraines européennes, dont la Grèce.

Les achats de dette publique souveraine n'ont pas été effectués par l'Eurosystème, mais par la BCE.

Or, l'hypothèse selon laquelle la BCE devra prendre des pertes sur ses titres grecs prend de plus en plus de poids : que ce soit par participation à l'échange volontaire ou pire par défaut de la Grèce sur sa prochaine échéance de remboursement le 20 mars. En cas de participation à l'échange volontaire, j'estime les pertes de la BCE à 16 milliards d'euros.

La calcul est le suivant avec une décote en VAN dans l'échange de 65 % et 45 milliards de titres grecs acquis par la BCE à 70 % de leur valeur nominale : (70 % - 35 %)x 45 MdE = 16 MdE

Relativement aux 5,3 milliards d'euros de capital et réserves du bilan de la BCE fin 2010, bonjour le matelas de sécurité !

Ce n'est pas, à mon sens, le "matelas de sécurité" de l'Eurosystème qui peut protéger de pertes sur les titres acquis par la BCE.

A moins d'être passé à côté du sujet.

Posté par Olivier Fluke à 17:18 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
18 janvier 2012

Grèce. Echange volontaire appelé aussi PSI. Le point à quelques jours du dénouement.

Le feuilleton loufoque de l'échange volontaire se poursuit jour après jour. Remake inversé de La Guerre de Troie n'aura pas lieu, le film a pour bande-annonce L'échange volontaire aura bien lieu.

Que ce soit bien clair, si échange il y a in fine mais avec menace mise en oeuvre ou non de clause d'action collective qui va bien, pour moi, l'échange volontaire n'aura pas eu lieu. Un échange forcé oui. L'échange volontaire aura échoué.

Récapitulons.

Le 21 juillet 2011, annonce en fanfare du second plan d'aide à la Grèce, dont un pan consiste en un échange volontaire.

L'IIF, organisme jusque-là méconnu, est à la manoeuvre et est censé représenter les principales institutions financières.

Les titres concernés par l'échange sont ceux qui arrivent à maturité avant fin 2020 et qui ne sont pas détenus par la BCE. L'IIF estime le montant en jeu à 150 milliards d'euros. Un objectif de participation de 90 % est fixé, ce qui induit 135 milliards d'euros de nominal de dette grecque concerné. Les instruments reçus en échange sont au nombre de 4 et sont censés être répartis à part égale. Bonjour l'usine à gaz. Ils ont été construits de telle sorte, qu'avec un taux d'actualisation de 9 % leur valeur actuelle nette s'élève à 79 %, ce qui signifie théoriquement une décote de 21 %. Décote que les banques françaises notamment se sont empressées d'appliquer dans leurs comptes au 30 juin 2011. Sauf que parmi les 4 instruments d'échange, deux s'échangent au même nominal, deux avec une diminution de 20 % du nominal. Ce qui implique une décote d'environ seulement 10 % du nominal concerné de, rappelez-vous, 135 milliards d'euros, soit un maigrelet 13,5 milliards d'euros.

Bien entendu, la plupart des médias ont été enfumés par ces 21 % et n'ont pas bien saisi qu'en fait ce fameux plan d'échange, s'il réussissait, ne permettrait à la Grèce de diminuer sa dette publique de seulement 13,5 milliards pour environ 350 d'encours. Une vaste plaisanterie vous avais-je dit !

Premier amateurisme de l'IIF Le voeu pieux d'une répartition à part égale entre les 4 instruments

Les analystes se sont précipités pour déterminer lequel des quatre instruments était le plus avantageux. Exit par définition l'objectif d'une répartition à part égale des 4 instruments. L'information selon laquelle effectivement un instrument serait privilégié a fini par filtrer.

Deuxième amateurisme de l'IIF Une échéance le 20 août 2011

L'IIF s'est bien gardé, comme tout le monde d'ailleurs, de signaler qu'une première échéance concernée par l'échéance devait avoir lieu un mois après l'annonce du plan, le 20 août 2011. 6,8 milliards d'euros tout de même. Mais comme ces 6,8 milliards faisaient bien partie des 150 milliards prévus, cela signifiait de facto que l'échange volontaire aurait dû être réalisé dans le mois. Mais bien entendu les jours se sont écoulés, l'échéance du 20 août 2011 est tombée, les détenteurs de cette obligation ont été remboursés à plein, et avec le coupon s'il vous plaît, et puis les jours ont passé comme s'il ne s'était rien passé. Ah, si, courant septembre, l'IIF a mis à jour le chiffre de 135 milliards qui est passé à 130, vous comprenez bien pourquoi.

Troisième amateurisme de l'IIF Une liste de participants dont certains fictifs

C'est un peu comme si vous organisez une soirée et vous faites croire qu'il y aura du monde en gonflant la liste. Depuis le 21 juillet 2011, l'IIF fournit une liste de participants à l'offre d'échange, qu'elle a mis à jour de temps à autre.

J'avais inventorié institution par institution les titres grecs concernés par l'échange. Qu'elle ne fut pas ma surprise de constater que non seulement certaines institutions ne détenaient aucun titre grec concerné par l'échange volontaire, mais qu'au moins une contestait publiquement sa présence dans la liste, la banque turque AK Banque. Magnifique !

Je demande que la liste des détenteurs de CDS sur la Grèce soit dévoilée et que l'on vérifie que des soi-disant participants à l'échange volontaire ne jouent pas double jeu.

Courant août, j'ai été l'un des premiers, sinon le premier, chiffres à l'appui, à montrer qu'il y avait un problème dans l'atteinte de l'objectif de 135 milliards d'euros d'échange volontaire. La totalisation des titres grecs détenus par les institutions financières de la liste IIF était loin du compte. J'ai fini par comprendre qu'il y avait une somme non négligeable entre les mains d'acteurs financiers qu'il est beaucoup moins aisé d'orienter vers une action volontaire, notamment les hedge funds.

Les jours passaient, des articles laissaient croire que l'objectif de participation de 90 % allait être atteint, et puis, la situation de la Grèce se détériorant, la première mouture du second plan d'aide à la Grèce, celle du 21 juillet 2011, allait vite être déclarée morte.

C'est alors que le sommet du 26 27 octobre 2011 a accouché d'une version moins légère de l'échange volontaire. Maintenant, toutes les maturités sont concernées, une décote de 50 % du nominal est visée, devant permettre 100 milliards de diminution de l'encours de la dette publique de la Grèce.

Problème numéro 1. 100 milliards dedécote sur un total d'encours cible de 206 milliards représente près de 95 % de participation, alors qu'en trois mois, avec une décote bien moindre un taux de participation de 90 % n'a même pas pu être réalisé. Je vous l'ai signalé dès le 27 octobre, je ne suis pas le seul, mais pas dans la presse spécialisée française.

Problème numéro 2. Le ou les instruments d'échange et leur valeur actuelle nette ne sont alors pas précisés, et ils ne le sont toujours pas, au bout de presque 3 mois Alors que le 21 juillet 2011 les instruments d'échange étaient connus ainsi que leur valeur actuelle nette. Belle progression !

Problème numéro 3. Les échéances. Là où août 2011 et décembre 2011 n'ont manifestement pas défrayé la chronique alors qu'elle faisaient tout de même diminuer la cible d'échange , celle du 20 mars 2012, avec ses 14,5 milliards d'euros, représente une sorte de deadline.

Plus le temps a passé, et plus finalement on s'est rendu compte que des acteurs comme les hedge funds posaient réellement problème dans le processus.

Alors la problématique des clauses d'actions collectives a pris son envol. De pair avec la législation nationale ou non des titres grecs.

Forcer les récalcitrants à échanger.

Problème numéro 4. La BCE. Sauf que la BCE a acquis plusieurs dizaines (voir focus en fin d'article) de milliards d'euros de titres grecs. La BCE ne veut en aucun cas être concernée par l'échange. Exit par conséquent la possibilité juridique de forcer les récalcitrants à l'échange.

Retournement de situation annoncé par Les Echos mercredi 18 janvier 2012, un accord serait imminent, la BCE apporterait ses titres pour permettre l'activation de clauses d'actions collectives.

http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201848798071-grece-l-accord-avec-les-creanciers-serait-conclu-cette-semaine-276687.php

Exclusivité à prendre avec prudence, car le nombre d'annonces optimistes désavouées par la suite ne manque pas sur la Grèce.

Néanmoins si cela se réalisait ainsi, l'objectif de 100 milliards de diminution de la dette publique grecque serait même dépassé et pourrait atteindre, en incluant les titres détenus par la BCE, entre 120 et 130 milliards d'euros. Pas illogique finalement pour satisfaire le FMI qui risquait d'émettre une opinion défavorable sur la soutenabilité de la dette grecque, même avec les 100 milliards en moins.

Toutefois :

1) l'échange n'aurait rien de volontaire et entérinerait l'échec de ce processus annoncé dès le 21 juillet 2011 et qui n'aboutira que sous la contrainte de clauses CAC

2) une fois de plus la BCE aurait mangé son chapeau !

Sauf que certaines conséquences graves devraient enrayer la mécanique :

1) le déclenchement probable des CDS. On rentre dans une zone inconnue qui risque d'apporter son lot de surprises : quelles contreparties ont vendu des protections, qui va se faire payer.

2) La BCE. La perte que devra prendre la BCE sur ses achats grecs donne raison aux détracteurs de l'achat par la BCE de dette souveraine. J'estime cette perte à 16 milliards d'euros environ avec une décote en VAN dans l'échange de 65 % et 45 milliards de titres grecs acquis par la BCE à 70 % de leur valeur nominale : (70 % - 35 %)x 45 MdE = 16 MdE

Comme je l'ai déjà signalé, avec un tel niveau de perte, la BCE devra être recapitalisée par les Etats à raison de leur quote-part.

Ce n'est pas un hasard si Stark avait quitté la barque, il connaissait probablement l'enjeu et avait compris que la BCE, en détenant des obligations grecques, finirait pas être prise au piège dans le processus d'échange.

Dans tous les cas ces titres allaient devoir subir une décote dans le bilan de la BCE. Pourquoi ? Pas d'échange ? C'était le défaut de la Grèce. Avec en sus des conséquences lourdes, telles que les histoires de collatéral grec accepté, la sortie de la Grèce de l'Eurosystème rendant nécessaire un détricotage sulfureux de TARGET2, enfin bref le cauchemar. Echange ? Mais je vous l'avais dit qu'il échouerait dans sa version proposée de volontaire, il n'y avait donc plus qu'une possibilité, l'activation de clause CAC, mais, comme je vous l'avais déjà également signalé, cela mettait la BCE dans le même panier.

Focus sur les titres grecs détenus par la BCE

Point sur les différents chiffres qui circulent sur le sujet. 36 par ci, 40 par là, 50 encore, ou même 60.

Il est important de savoir si on parle en nominal ou en coût d'acquisition par la BCE. Différentes sources estiment que la BCE a pu acquérir des titres grecs sur le marché secondaire avec une décote de 70 %.

- D'abord une soustraction simple, celle qui consiste à retrancher du total des encours à fin août 2011 (260,7 milliards d'euros) le montant cible publié un peu partout à l'issue du sommet du 26 27 octobre (206 milliards d'euros), soit 55 milliards d'euros environ.

Un blog du wsj trouve plutôt 45 milliards selon la même méthode, en se référant à 251 milliards d'euros d'encours de titres grecs négociables.
http://blogs.wsj.com/brussels/2012/01/12/euro-checkers-guide-to-greek-psi/

- 36 milliards d'euros selon Barclays au prix d'achat et 40 milliards d'euros en nominal. Bien évidemment les articles presse même spécialisés ne font pas la distinction pourtant fondamentale entre les deux, puisque seul le chiffre de 36 est cité sans que l'on sache s'il s'agisse de nominal ou pas !
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201842733548-athenes-menace-par-un-defaut-de-paiement-275384.php
http://www.ekathimerini.com/4dcgi/_w_articles_wsite2_1_12/01/2012_422204
http://www.teinteresa.es/dinero/Informe-Barclays-Capital-compra-BCE_TINFIL20120109_0007.pdf

- 40 milliards d'euros
http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/01/17/la-laborieuse-negociation-des-creanciers-de-la-grece-pour-eviter-le-defaut-de-paiement_1630096_1581613.html

- 55 milliards d'euros
http://www.spiegel.de/international/europe/0,1518,808998,00.html

- 60 milliards d'euros selon médias grecs, cités par AFP
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp_00416859-grece-pimco-plaide-pour-une-implication-de-la-bce-dans-le-desendettement-276067.php

- entre 40 et 60
http://www.ekathimerini.com/4dcgi/_w_articles_wsite2_1_15/01/

Posté par Olivier Fluke à 17:27 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
06 janvier 2012

Article 0105 Contributions de FMS dans la dette publique de l'Allemagne. L'analyse progresse.

J'ai interrogé l'équivalent allemand de l'Insee, l'organisme Destatis, afin de connaître la contribution de FMS Wertmanagement dans la dette publique de l'Allemagne pour les derniers trimestres. Je connaissais déjà le chiffre de 216,4 milliards d'euros à fin 2010.

Destatis m'a renseigné de manière tout à fait satisfaisante, comme en témoigne la copie écran du tableau joint, lire la partie I pour les commentaires :

réponse Destatis

Récapitulons :

- la presse s'est fait l'écho fin octobre 2011 d'une erreur comptable dans FMS Wertmanagement qui induirait une diminution de la dette publique de l'Allemagne de 55,5 milliards d'euros au 30 juin 2011 (24,5 milliards d'euros au 31 décembre 2010) ; l'erreur comptable concerne une compensation de collatéral en espèces jusque-là non effectuée ;

- Destatis confirme récemment que la diminution de la dette publique de l'Allemagne suite à l'ajustement dans FMS est de 55,1 milliards d'euros au 30 juin 2011

InvestigationFin prétend depuis plusieurs articles que la baisse de la dette publique allemande d'environ 30 milliards d'euros donc entre le 31 décembre 2010 après ajustement et le 30 juin 2011 n'est pas seulement due à la compensation de collatéral en espèces jusque-là non effectuée.

Je suis parvenu à décomposer très précisément la contribution de FMS Wertmanagement dans la dette publique de l'Allemagne à fin 2010 et à fin juin 2011. Lire la partie II.

En partie III, pour rappel, la revue analytique des deux postes comptables de FMS, un à l'actif, un au passif, concernés par l'ajustement comptable. Revue analytique qui montre des lacunes dans les commentaires du rapport semestriel 2011 de FMS.

De nouveaux éléments trouvés dans le rapport annuel 2010 et le rapport semestriel 2011 de HRE permettent de progresser dans l'analyse. Lire la partie IV.

Les dérivés back-to-back et opérations de refinancement effectuées par HRE pour FMS ont diminué de 27 milliards d'euros entre fin 2010 et fin juin 2011 (chiffre HRE), ce qui, additionné à l'ajustement théorique de compensation de collatéral en espèces de 30 milliards d'euros (chiffre FMS), pourrait recouper avec la baisse de 57 milliards (chiffre FMS) du poste de dettes de FMS envers HRE.

Argument qui me donnerait tort.

Le rapport semestriel de HRE indique qu'il y bien un lien entre baisse des opérations entre HRE et FMS de dérivés back-to-back et de mises en pension avec le besoin en collatéral.

La baisse de 30 milliards de collatéral du premier semestre 2011 dans les comptes de FMS pourrait donc être expliquée autrement que par la compensation comptable jusque-là non effectuée.

Le sujet n'est donc pas clos.

Enfin en partie V une opinion sur la responsabilité de HRE de FMS et de leurs commissaires aux comptes, KPMG pour HRE et PWC pour fMS

I. Commentaires sur les chiffres trimestriels Destatis de contribution de FMS à la dette publique de l'Allemagne

Les comptes publiés de FMS sont au 31 décembre 2010 et au 30 juin 2011 mais on remarque que la contribution de FMS évolue de trimestre en trimestre. J'avais un doute et je me demandais si la premier chiffre de dette publique au 30 juin 2011 communiqué fin septembre 2011 incluait une contribution de FMS inchangée par rapport au 31 décembre 2010. J'ai la réponse. Il y a même, avant ajustement, une augmentation de 11,5 milliards d'euros sur 6 mois.

Au 30 juin 2011, l'écart entre la contribution de FMS après ajustement (227,9 MdE) et avant ajustement (172,8 MdE) est bien de - 55,1 MdE comme me l'avais annoncé Destatis dans un mail avant qu'un récent communiqué du 27 décembre 2011 ne le confirme.

http://www.destatis.de/jetspeed/portal/cms/Sites/destatis/Internet/DE/Presse/pm/2011/12/PD11__485__713,templateId=renderPrint.psml

Je rappelle que l'ajustement est censé consister en une réduction d'égal montant à l'actif et au passif de FMS Wertmanagement de collatéral en espèces jusque-là non compensé pour 24,5 milliards d'euros fin 2010 et 55,5 milliards d'euros fin juin 2011 (j'ai déjà remarqué l'écart avec le 55,1 dans un précédent article).

Le tableau Destatis confirme bien l'écart de 24,5 milliards d'euros à fin 2010 avant puis après ajustement.

II. Rappel de la tentative de décomposition de la contribution de FMS à la dette publique de l'Allemagne On touche au but !

Je rappelle la démarche que j'avais effectuée dans mon article du 15 novembre 2011 qui consistait à tenter de comprendre le détail de la contribution de FMS Wertmanagement à la dette publique :

Liabilities to Banks + Securitised Liabilities hors les bought back + Irrevocable Loan Commitments

- au 31 décembre 2010 : 190,1 + 139,7 - 115,7 + 2,2 = 216,1 MdE proche des 216,4 MdE cible

- par application de la même méthode au 30 juin 2011 : 110,0 + 148,7 - 105,7 + 2,1 = 155,1 MdE à comparer au chiffre cible Destatis de 172,8 MdE, soit 17,7 milliards d'euros d'écart !

J'ai pu comprendre d'où pouvait provenir cet écart à partir de certaines informations relevées dans la partie III : en 2011, FMS a procédé autrement que de passer par HRE pour certains financements (dont les mises en pension réversibles, les reverse repos).

Or qu'observe-t-on pour le poste Liabilities to customers ? Le solde augmente fortement de 17,3 milliards d'euros (31 décembre 2010 2,5 MdE 30 juin 2011 19,8 MdE) en raison de + 15,8 MdE de mises en pensions (31 décembre 2010 1,9 MdE 30 juin 2011 17,6 MdE).

"The increase in liabilities to customers essentially results from obligations under repo transactions in the amount of EUR 17,627 million (previous year: EUR 1,857 million)."

Peut-être que le poste Liabilities to customers que je ne considérais jusque-là pas comme une composante de la contribution de FMS dans la dette publique doit l'être en fait.

Du coup, remplacer le poste hors-bilan Irrevocable Loan Commitments par le poste du passif Liabilities to customers

Liabilities to Banks + Securitised Liabilities hors les bought back + Liabilities to customers

- au 31 décembre 2010 : 190,1 + 139,7 - 115,7 + 2,4 = 216 434 836 euros très exactement soit le bon résultat de 216 435 KE

- au 30 juin 2011 : 110,0 + 148,7 - 105,7 + 19,8 = 172 788 KE qui est le chiffre Destatis !

Et ça marche !

Pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt me direz-vous ? Parce que dès le départ j'avais exclu ce poste dans mon raisonnement, par analogie avec le bilan de l'Etat Français, pour lequel les dettes fournisseurs ne viennent pas gonfler la dette au sens de Maastricht, qui est une dette financière. Sauf erreur de ma part.

III. Revue analytique des postes d'actif et de passif concernés par l'ajustement

III.a) Actif

Le poste Loans and advances to banks est valorisé ainsi :

au 31 décembre 2010 avant ajustement 67,8 MdE

au 31 décembre 2010 après ajustement 43,3 MdE (impact de l'ajustement - 24,5 MdE)

au 30 juin 2011 après ajustement 33,7 MdE (impact théorique de l'ajustement 55,1-24,5=29,6 MdE ou 55,5-24,5= 30,0 MdE)

Analytiquement, le poste Loans and advances to banks après ajustement diminue de 9,6 milliards d'euros sur 6 mois. Sans l'ajustement de compensation de collatéral en espèces, il aurait donc augmenté d'environ 20 milliards d'euros !

Commentaire dans les comptes semestriels du 30 juin 2011 :

"The decline in loans and advances to banks that are due on a daily basis largely stems from the reduction in the net position of the cash collateral provided and received."

Donc la baisse du poste de 10 milliards environ provient de la réduction de la position nette de collatéral fournie et reçue qui est censée avoir un impact à la baisse de 30 milliards d'euros ! Est-ce une explication suffisante ? Il devrait y avoir une explication à la hausse de 20 milliards d'euros inverse, explication qui manque !

III.b) Passif

Le poste Liabilities to banks est valorisé ainsi :

au 31 décembre 2010 avant ajustement 190,1 MdE

au 31 décembre 2010 après ajustement 165,6 MdE (impact de l'ajustement - 24,5 MdE)

au 30 juin 2011 après ajustement 110,0 MdE (impact théorique de l'ajustement 55,1-24,5=29,6 MdE ou 55,5-24,5= 30,0 MdE)

Analytiquement, le poste Liabilities to banks après ajustement diminue de 55,5 milliards d'euros sur 6 mois. Sans l'ajustement de compensation de collatéral en espèces, il aurait donc diminué d'environ 25 milliards d'euros !

Commentaire dans les comptes semestriels du 30 juin 2011 :

"The decline in liabilities to banks is related to FMS Wertmanagement’s changed funding structure and largely concerns the reduction in liabilities to HRE Group companies (EUR 48.9 billion) and the reduction in repo funding (EUR 8.4 billion). The reduction in the liabilities to the HRE Group largely stems from the decline in indirect funding through the central banks that FMS Wertmanagement had obtained through the HRE Group."

Donc pas un mot directement sur la compensation de collatéral en espèces.

Alors si c'est une baisse du financement indirect auprès de banques centrales en passant par HRE qui explique largement la baisse du poste de dettes envers les banques, COMMENT l'ajustement comptable de compensation de collatéral en espèces pourrait représenter 30 milliards d'euros environ sur le total de 55,5 milliards de diminution du poste ?

Ensuite, deux interprétations différentes des deux chiffres (48,9 et 8,4) du commentaire est possible : 1) s'agit-il des positions en fin de période 2) ou bien des écarts sur la période, le total faisant 57,3 milliards d'euros ?

Le chiffre de dettes envers les sociétés du Groupe HRE n'est pas fourni dans le comptes annuels au 31 décembre 2010, ce qui n'aide pas pour comprendre l'évolution.

IV Nouveaux éléments exploités des rapports HRE

IV.1 Rapport annuel 2010 HRE

http://www.hyporealestate.com/eng/pdf/Konzernabschluss_HRE_11_04_13_final_englisch_GL.pdf

- page 35 sur le fait que FMS et HRE ont contracté des dérivés pour transférer vers FMS le risque de marché d'instruments dérivés détenus par HRE ne pouvant être dénoués :

"Furthermore, in the case of derivatives, so called bak-to-back transactions were used to transfer the market price risks of the derivative to FMS Wertmanagement by way of taking out a derivative with identical conditions, whereas the counterparty risks were retained by HRE. This meant that it was not possible for the original position to be derecognised. Instead, the back-to-back transaction resulted in an extension of the balance sheet."

Chiffrage en EaD (Exposure At Default) de ces transactions back-to-back à fin décembre 2010, 30,5 milliards d'euros (page 58).

- page 35 sur le fait que du collatéral a été fourni symétriquement par FMS et HRE en lien avec ces dérivés :

"FMS Wertmanagement had to provide collaterals for the new derivatives which were taken out between FMS Wertmanagement and HRE (back-to-back transactions) : in turn, these had to be refinanced in full by HRE."

- page 35 sur le fait que HRE assume des fonctions de refinancement pour FMS :

"Furthermore, because FMS Wertmanagement does not have a banking status, HRE currently handles certain refinancing functions for FMS Wertmanagement, for instance with the ECB or in bilateral repo transactions. The refinancing funds are passed on to FMS Wertmanagement, HRE receives a claim agaisnt FMS Wertmanagement, which increases the balance sheet total."

Chiffrage en EaD de ces opérations de refinancement à fin décembre 2010, 22,8 milliards d'euros (page 58).

- page 36 sur le fait qu'avant même la fin de l'année 2010, les transactions de dérivés back-to-back ont commencé à être remplacées par des contrats directs entre FMS et des clients externes, ce qui a eu un impact significatif sur le collatéral fourni et reçu pour ces dérivés :

"Some of these compensating effects were reduced by the end of 2010. Work started on replacing back-to-back transactions by way of direct business relations between FMS Wertmanagement and the external customers (novation of derivatives). As a result of this novation of back-to-back transactions, the effect of back-to-back business extending the balance-sheet was no longer applicable, and the balance sheet total was also reduced by the novation of the customer derivative. Moreover, the termination and novation had a significant effect on the collaterals provided and received for these derivatives."

Oui mais quel impact ? A la hausse, à la baisse ? Pour combien ?

- page 146, sur le collatéral transféré à FMS, 99,1 milliards d'euros, mais combien en espèces ?

"The majority of collaterals which can be sold or repledged in the absence of default results from collaterals of FMS Wertmanagement which are pledged for funding at central banks or in bilateral repo. The funding is transferred to FMS Wertmanagement which does not have direct access to ECB funding due to its missing banking status. The fair value of the transferred collaterals amounts to € 99.1 billion (2009 0 million)."

IV.2. Rapport semestriel 2011 HRE

http://www.hyporealestate.com/eng/pdf/HREG_ZB11_11_08_31_englisch_GL.pdf

- en page 34, il est possible d'additionner les évolutions entre fin 2010 et fin juin 2011des EaD pour les transactions back-to-back (31.12.2010 30,5 30.06.2011 12,3 soit - 18,2 MdE) et les refinancing functions with ECB or bilateral repo transactions (31.12.2010 22,8 30.06.2011 13,8 soit - 9,0 MdE chiffre annoncé à -8,4 MdE dans le rapport semestriel FMS) : total de - 27,2 milliards d'euros

Or, si on additionne les deux chiffres dans le commentaire du rapport semestriel de FMS (-48,9 et - 8,4) soit - 57,3 milliards d'euros, l'écart entre les deux chiffres (source FMS source HRE), de 30 milliards d'euros, correspondant, coïncidence frappante, avec l'ajustement théorique de compensation de collatéral en espèces de 30 milliards d'euros !

Argument qui me donne tort !

- HRE fait bien le LIEN ENTRE baisse des dérivés (due au fait que les dérivés anciens de FMS passant par HRE ont été remplacés par des dérivés directs entre FMS et ses clients externes), ET baisse des mises en pensions avec FMS AVEC le besoin en collatéral HRE (donc FMS) PUIS AVEC la baisse du total du bilan HRE (incidemment FMS) !

"The lower derivatives and reverse repos with FMS Wertmanagement has meant that there has also been a decline in the need for collateral, which has resulted in a further decline in the balance sheet total."

La baisse du collatéral proviendrait-elle non seulement d'une compensation comptable jusque-là non effectuée mais également d'une baisse tout court des besoins de collatéral ?

Comment dans le rapport semestriel de HRE une baisse de 30 milliards d'euros environ sur le premier semestre 2011 de collatéral en espèces avec FMS tant dû que reçu peut-elle ne pas être indiquée ?

V. Qui est responsable de la dissymétrie comptable entre HRE et FMS ?

Les comptes semestriels 2011 de FMS Wertmanagement concèdent une modification des règles comptables pour les comptes du 31 décembre 2010.

Mais aucune modification n'a eu lieu dans les comptes de HRE.

Avec ce qui a été écrit en partie IV, il est clair que l'histoire de la compensation de collatéral en espèces liée à des instruments dérivés concerne des transactions entre HRE et FMS Wertmanagement.

Ainsi, une analyse croisée des soldes de bilan intercos entre FMS et HRE au 31 décembre 2010 aurait permis de montrer des écarts sur les postes Liabilities to Banks et Loans and advances to banks chez FMS Wertmanagement.

Comment est-il possible que de telles analyses n'aient pas été menées au niveau HRE et FMS Wertmanagement d'une part, au niveau de leurs commissaires aux comptes respectifs KPMG et PWC ? Et si de telles analyses ont été menées comment de tels écarts ont pu subsister dans la publication des comptes annuels 2010 ?

Posté par Olivier Fluke à 13:53 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
05 janvier 2012

Revue du rapport de la FSA sur Royal Bank of Scotland. Curieuses coïncidences journalistiques.

L'équivalent britannique de l'AMF, la FSA (Financial Services Authority) a publié en décembre 2011 un rapport de 452 pages sur l'échec de la Royal Bank of Scotland : The failure of the Royal Bank of Scotland. http://www.fsa.gov.uk/pubs/other/rbs.pdf

Quelques compte-rendus de la presse plus ou moins spécialisée :

1) Agefi par Florent Le Quintrec 13 décembre 2011 La FSA fait son mea culpa au sujet de la chute de RBS

http://www.agefi.fr/articles/La-FSA-mea-culpa-sujet-chute-RBS-1203714.html

2) Le Monde par Eric Albert 12 décembre 2011 Dirigeants, régulateur et Etat britannique, tous coupables de la chute de Royal Bank of Scotland

http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/12/12/dirigeants-regulateur-et-etat-britannique-tous-coupables-de-la-chute-de-royal-bank-of-scotland_1617318_3234.html

3) AFP sur news-banques 12 décembre 2011 GB: le gendarme des marchés détaille les « multiples » erreurs de la RBS

http://www.news-banques.com/gb-le-gendarme-des-marches-detaille-les-multiples-erreurs-de-la-rbs/012191021/

I. Gordon Brown qualifié par erreur de Premier ministre au moment des faits cités et Tony Blair épargné. Curieuses coïncidences

Les passages des articles de presse sur Gordon Brown m'ont interpellé :

1) Agefi

"La FSA ... précise toutefois avoir suivi les consignes du Premier ministre de lépoque, Gordon Brown, qui prônait une supervision «light touch» (légère) pour préserver la compétitivité de la City."

2) Le Monde

"Enfin, Gordon Brown, le premier ministre à l'époque, est lui aussi attaqué par le rapport, qui rappelle qu'en 2005, il se vantait d'avoir créé une régulation "non seulement 'light touch' ['qui intervient délicatement'], mais aussi 'limited touch' ['de manière limitée']."

3) AFP

"Son président Adair Turner accuse le gouvernement travailliste du Premier ministre Gordon Brown davoir alors encouragé un certain laisser-faire, en évoquant « un contexte de pression politique pour un régime réglementaire +léger+ »."

Gordon Brown est devenu premier ministre en juin 2007 et le rapport couvre la période (Review Period) début 2005 - 7 octobre 2008 (page 18).

Les faits en question reprochés à Gordon Brown remontent à 2005 et 2006, il était alors Chancellor. Le chancelier de l'échiquier est le titre du ministre en charge de l'économie et des finances.

Page 261 du rapport :

"The then Chancellor, Gordon Brown, on several occasions in 2005 and 2006, made it clear that there was a strong public policy focus on fostering the competitivenessof the UK financial services sector, and a belief that unnecessarily restrictive and intrusive regulation could impair that competitiveness."

Ne trouvez-vous pas curieux que deux journalistes différents prennent l'option de qualifier Gordon Brown de premier ministre au moment de faits relatifs à une période où il n'était que ministre de l'économie et des finances, surtout que la dépêche AFP en fait de même ?

Gordon Brown n'est pas le seul épinglé dans cette histoire de préférer une supervision moins serrée. Le rapport de la FSA cite le Premier Ministre de l'époque, Tony Blair (et non Gordon Brown) :

page 262

"Thus, for instance, in response to a speech by Prime Minister Tony Blair, also in May 2005, which expressed concerns that heavy-handed supervision by the FSA was impeding innovation and business expansion, the then Chairman of the FSA sought to correct this view by replying in a letter that the FSA was efficient and proportionate and, by way of example, noted that the FSA devoted only six staff to the supervision team responsible for HSBC. This allocation was similar to that for RBS (see Section 3.3) and a level of resource that we now consider severely deficient."

Et pourtant, Tony Blair n'est cité dans aucun des 3 articles de presse principaux lus sur le sujet.

II. Revue InvestigationFin du rapport FSA

Le rapport est difficile à lire, j'ai néanmoins relevé une anecdote (II.c) qui est révélatrice des difficultés à informer dans le détail, me laissant l'impression que c'est bien "cadenassé" si vous me permettez l'expression.

II.a)

Dans le même ton, quelques graphiques comparent des données de RBS à celles de 4 autres banques britanniques (Barclays, HBOS, Lloyds TSB, Standard Chartered), mais sans que les noms de ces dernières ne soient directement associés aux différentes données.

Exemple en page 47 Graph 1.6 Overnight wholesale funding as a proportion of the short-term wholesale funding gap at September 2007 Part dans le financement court-terme du financement overnight

II.b)

Je me suis également demandé si j'allais pouvoir recouper le dossier Goldman Sachs Abacus avec le rapport FSA sur RBS.

Vous ne voyez pas le lien ? Mais si, le produit Abacus pour lequel Goldman Sachs a finalement transigé avec la SEC avait fait un heureux gagnant, le fonds Paulson, et deux perdants, dont un très gros ... Royal Bank of Scotland (841 millions de dollars) et à un degré moindre IKB (150 millions de dollars).

http://investigationfin.canalblog.com/archives/2010/04/20/17637540.html

"Par le jeu de divers CDS entre ABN Amro et Goldman Sachs et entre ABN Amro et ACA, ABN AMRO s'est retrouvée exposée à hauteur de ces 909 millions de dollars lorsque ACA Capital s'est retrouvée incapable d'honorer sa dette, début 2008 apparemment.

Au final, c'est Royal Bank of Scotland, qui faisait partie du consortium de banques ayant acquis ABN Amro fin 2007, qui a dû débourser à Goldman Sachs 841 millions de dollars, reversés au hedge fund de Paulson.

Le deal ABACUS 2007-AC1 avait été clôturé le 26 avril 2007."

En page 384 du rapport (la seule une donnée ACA est fournie), l'exposition aux monolines de la Division GBM Global Banking & Markets de RBS en date du 29 février 2008 est fournie :

Rapport RSA page 384

Exposition en valeur de marché de 831 millions de dollars avec ACA, ce qui n'est pas loin des 841 millions de dollars du rapport de plainte de la SEC contre Goldman Sachs.

II.c)

L'anecdote promise concerne les due diligence lors de l'acquisition d'ABN AMRO.

En page 418, le rapport raconte les deux possibilités pour le consortium (RBS, Santander, Fortis) de se retirer du processus d'acquisition d'ABN AMRO après le 20 juillet 2007 :

a) exercer la clause de survenance d'événement négatif majeur (MAC Material Adverse Change)

b) si un des membres du consortium ne parvenait pas à obtenir l'approbation des actionnaires.

D'après le rapport, le consortium a cherché conseil en août et septembre 2007 pour exercer ces clauses. Le Board de RBS a considéré brandir la clause MAC en vue de réduire le prix offert. Le cabinet Linklaters a conseillé des Directeurs de RBS lors d'une réunion portant sur l'existence d'un événement négatif majeur.

"Enforcement Division established in interviews with former RBS Directors that the RBS Board was advised by Linklaters at a meeting as to whether there had been a material adverse change.91

91 The substance of the legal advice is subject to legal professional privilege and cannot be referred to in this Report.

Enforcement Division took account of the fact that legal advice had been sought as well as the content of the advice."

Impossible par conséquent d'en savoir plus sur le sujet (le contenu du conseil), pour des raisons de confidentialité ! Alors que ce n'est pas sans importance sur l'acquisition finale (ou son prix) par le consortium d'ABN AMRO !

II.d)

Pour des détails croustillants, se référer plutôt à l'article du 5 mars 2011 du Sunday Telegraph et du Daily Telegraph, une enquête en profondeur : Royal Bank of Scotland investigation: the full story of how the 'world's biggest bank' went bust

http://www.telegraph.co.uk/finance/newsbysector/banksandfinance/8363417/Royal-Bank-of-Scotland-investigation-the-full-story-of-how-the-worlds-biggest-bank-went-bust.html

D'après l'article, le conseil de Linklaters se résumerait ainsi : une débâcle générale des marchés financiers ne justifie pas l'activation de la clause MAC, surtout que ABN a publié une mise à jour de publication de ses résultats annonçant que le consensus serait amélioré.

L'article rappelle qu'à l'époque de l'annonce de la fin des investigations menées par le FSA, en décembre 2010, seul un communiqué de 304 mots avait été publié, le président du FSA déclarant qu'il n'y avait pas de rapport à proprement parler, après 19 mois de travail et un coût de 7,7 millions de livres sterling ! Le rapport de décembre 2011 vient de loin !

L'article indique que Barclays a eu accès à toutes les informations comptables d'ABN AMRO, à l'inverse de RBS Fortis et Santander.

"RBS, Fortis and Santander were prevented from performing full due diligence on the bankunlike Barclays, which had full access to the books."

Ce qui me surprend puisqu'on lit l'inverse dans le rapport de la FSA en page 162 puis 177 :

"On 11 April 2007, the RBS Chairman’s Committee unanimously approved a proposal that the consortium should notify ABN AMRO of its intention to make an offer and request the same due diligence material as had been made available to Barclays."

"The FSA was made aware that the materials available to the RBS bid team comprised two lever arch files and information contained on a CD. This material was in addition to information on LaSalle which was provided via an online data room. ABN AMRO confirmed that this was the same information that had been provided to Barclays."

Posté par Olivier Fluke à 12:12 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]