Investigation Financière Economique et Boursière

16 mai 2013

Reinhart et Rogoff refont leurs chiffres ? InvestigationFin traque les erreurs dans leur nouveau fichier de calcul Excel.

Retour sur la polémique de l'étude de janvier 2010 des économistes Reinhart et Rogoff (RR) de l'Université de Harvard.

Le 25 avril 2013, InvestigationFin publiait un article décrivant le travail effectué pour contrôler si les travaux critiques d'avril 2013 des économistes Thomas Herndon, Michael Ash et Robert Pollin (HAP) de l'Université de Massachussets, Amherst, étaient pertinents.

Scandale des calculs des économistes Reinhart et Rogoff. Mais qui a vérifié ce qu'ont pondu les nouveaux ? http://investigationfin.canalblog.com/archives/2013/04/25/27009278.html

Que les erreurs sur les données et leur traitement commises par les économistes aient un impact sur le résultat ou non, leur existence même remet en question la fiabilité des économistes notamment en ce qui concerne l'exigence de rigueur supposée à de tels niveaux de respectabilité affichée !

Depuis, cela a bougé.

- 29 avril Couche rajoutée par Michael Ash et Robert Pollin dans un supplément technique de 8 pages
http://www.peri.umass.edu/fileadmin/pdf/working_papers/working_papers_301-350/PERI_TechnicalAppendix_April2013.pdf

- 5 mai Publication par Reinhart et Rogoff d'une correction à leur étude initiale, relayée par le Financial Times le 8 mai

Errata: “Growth in A Time of Debt” Carmen M. Reinhart and Kenneth S. Rogoff Harvard University
http://www.carmenreinhart.com/user_uploads/data/36_data.pdf

Financial Times, par Robin Harding, 8 mai 2013, Reinhart and Rogoff publish formal correction
http://www.ft.com/intl/cms/s/0/433778c4-b7e8-11e2-9f1a-00144feabdc0.html#axzz2TAlY8BjL

Comme l'écrit le Financial Times, cette histoire démontre la nécessité de répliquer le travail effectué de même que la difficulté à tirer des conclusions de simples échantillons de données économiques.

Pourtant, qui a relayé les travaux d'InvestigationFin publiés le 25 avril permettant d'apporter des critiques précises notamment sur la base de données de référence RR.xls ?

Dans leur Errata, RR indiquent avoir remplacé les séries de croissance du PIB.

Cela tombe bien, puisque justement InvestigationFin avait justement observé de nombreux écarts avec les données connues du FMI ou d'Eurostat !

Sur la Nouvelle Zélande, RR ne sont pas très clairs en parlant du recours aux séries Maddison et aux séries de l'Institut Statistique de la Nouvelle Zélande.

Surtout, RR mettent en ligne un nouveau fichier Excel JEP_Debt_overhangs_4_22.xls, l'occasion de mettre le nez dedans.
http://www.aeaweb.org/jep/app/2603_Reinhart_Rogoff_data.zip

Bizarrement, 13 pays y figurent seulement au lieu de 20 : exit l'Autriche, le Danemark, la Finlande, la Norvège, le Portugal, la Suède ! Et l'Allemagne !!!

Pour ce qui concerne le calcul des moyennes et des médianes par seuils de dette sur PIB, exit toutes les colonnes Debt, Debt1, Debt2, GDP1, GDP2, RealGDP, RealGDP1, ... seules figurent les deux colonnes General government debt / GDP et Real GDP growth.

Comme InvestigationFin l'avait remarqué, ce n'était pas la dette publique de l'ensemble des administrations publiques (données disponibles en général depuis 1980) qui était prise en considération dans le fichier initial RR.xls mais la seule dette de l'Etat !

Et bien dans la nouvelle mouture RR, c'est General Government debt qui est présentée (alors que les données ne sont pas disponibles souvent antérieurement à 1980, ce qui peut provoquer une cassure entre 1979 Central et 1980 General) sauf pour les Etats-Unis !

Pourquoi un tel traitement différenciant pour les Etats-Unis ?

Voilà ce que donne la comparaison entre le nouveau fichier RR et ce qui pouvait être déterminé à partir du fichier RR initial (OK si identique à 3 chiffres après la virgule ! exemple 90,000 % ou 2,000 %)

A noter :

- Pays Bas : Une grossière erreur de retranscription des données FMI pour General government debt/GDP !
- Espagne : Une grossière erreur de données de dette publique sur PIB présentées à partir de 1980 comme "General" alors que les chiffres sont "Central"

Concernant les données de croissance du PIB, de nombreux chiffres demeurent inchangés mais demeurent surtout en écart avec les données FMI disponibles.

1) Australie :

- General government debt/GDP : de 1946 à 1948 OK avec Debt/GDP1 ; de 1949 à 1979 OK avec Debt/GDP2 ; de 1980 à 2009 écart normal car dans RR.xls c'était le dette de l'Etat seulement
- Real GDP growth : de 1946 à 1979 OK avec EvolRGDP1 ; 1980 chiffre non retrouvé en écart avec les données FMI ; de 1981 à 1988 OK avec EvolRGDP2 ; de 1989 à 2009 chiffres non retrouvés en écart avec les données FMI

2) Belgique

- General government debt/GDP : de 1946 à 1979 OK avec Debt/GDP ; de 1980 à 2009 écart normal car dans RR.xls c'était le dette de l'Etat seulement
- Real GDP growth : pas de chiffre pour 1947 alors que EvolRGDP1 disponible (+15,2 %) ; de 1948 à 1979 OK avec EvolRGDP1 ; 1980 écart avec EvolRGDP1 ; de 1981 à 1995 et 2000 OK avec EvolRGDP2 ; de 1996 à 2009 sauf 2000 chiffres non retrouvés en écart avec les données FMI

3) Canada

- General government debt/GDP : de 1946 à 1948 OK avec Debt/GDP1 ; de 1949 à 1961 OK avec Debt/GDP2 ; de 1962 à 2009 chiffres non retrouvés écart normal à partir de 1980 ? car dans RR.xls c'était le dette de l'Etat seulement
- Real GDP growth : de 1946 à 1979 OK avec EvolRGDP1 ; de 1980 à 1994 OK avec données FMI ; de 1995 à 2009 écarts faibles avec données FMI

4) France

- General government debt/GDP : pas de correspondance avec Debt/GDP1 ou Debt/GDP2 ; de 1949 à 1979 OK avec le fichier donnant Total (domestic plus external) gross central government debt /GDP) ; de 1980 à 2009 légers écarts avec fichier FMI
- Real GDP growth : de 1950 à 1979 OK avec EvolRGDP1 ; 1980 OK avec données FMI ; de 1981 à 2009 légers écarts avec données FMI

5) Grèce

- General government debt/GDP : 1948 absence de chiffre alors que Debt/GDP1 disponible (11,6 %) ; de 1950 à 1979 OK avec Debt/GDP1 ; de 1980 à 1994 et 2000 2001 OK avec données FMI ; de 1995 à 2009 sauf 2000 2001 légers écarts avec données FMI
- Real GDP growth : de 1948 à 1979 OK avec EvolRGDP ; de 1980 à 2002 OK avec dRGDP écart avec données FMI 1995 (3,0 %) et 2000 (3,5 %) ; de 2003 à 2005 ok données FMI ; de 2006 à 2009 chiffres non retrouvés en écart avec les données FMI

6) Irlande

- General government debt/GDP : de 1947 à 1989 OK avec Debt/GDP2 ; de 1990 à 2009 légers écarts avec données FMI
- Real GDP growth : de 1946 à 1979 OK avec EvolRGDP1 ; de 1980 à 1994 OK avec dRGDP et données FMI ; de 1995 à 2009 chiffres non retrouvés en écart avec les données FMI

7) Italie

- General government debt/GDP : de 1946 à 1987 chiffres non retrouvés ; de 1988 à 2009 légers écarts avec données FMI
- Real GDP growth : de 1947 à 1979 OK avec EvolRGDP1 ; de 1980 à 2006 OK avec DRGDP OK de 1980 à 1990 et 1994 avec données FMI sinon écarts ; de 2007 à 2009 chiffres non retrouvés en écart avec les données FMI

8) Japon

- General government debt/GDP : 1952 et 1953 absence de chiffre alors que Debt/GDP2 disponible ; de 1954 à 1979 OK avec Debt/GDP2 ; de 1980 à 2009 écarts avec données FMI ;
- Real GDP growth : de 1956 à 1979 OK avec EvolRGDP1 ; 1980 chiffre non retrouvé mais OK donnée FMI ; de 1981 à 2006 OK avec EvolRGDP2 de 1981 à 1994 OK avec FMI sinon écarts ; de 2007 à 2009 chiffres non retrouvés en écart avec les données FMI

9) Pays Bas
Une grossière erreur de retranscription des données FMI pour General government debt/GDP !

- General government debt/GDP : de 1956 à 2009 données non retrouvées avec Debt/GDP2, données de General Debt à partir de 1979 ! MAIS justement normalement c'est à partir de 1980 et quand on peut comparer avec les données FMI à partir de 1995, on s'aperçoit que RR prend les données FMI en leur attribuant une année de retard ! Exemple FMI 1995 76,1 % en 1994 dans RR ! FMI 2007 45,295 % en 2006 dans RR ! ; de 2007 à 2009 en écart avec les données FMI ;

- Real GDP growth : de 1956 à 1979 : OK avec EvolRGDP1 ; 1980 OK avec Eurostat ; de 1981 à 2009 OK avec EvolRGDP2 ; de 1981 à 1999 OK avec données FMI légers écarts de 2000 à 2009

10) Nouvelle Zélande

- General government debt/GDP : 1946 et 1947 OK avec Debt/GDP1 ; de 1948 à 1979 OK avec Debt/GDP2 sauf 1950 (RR new 90,2 % Debt/GDP2 87,653 %) ; de 1980 à 2009 données non retrouvées
- Real GDP growth : 1946 absence de donnée alors que EvolRGDP1 disponible ; de 1947 à 1979 données non retrouvées ; de 1980 à 1986 et 1990 OK avec dRGDP ; de 1987 à 2009 sauf 1990 données non retrouvées ; de 1980 à 1986 OK avec données FMI de 1987 à 2009 écarts avec données FMI

11) Espagne
Une grossière erreur de données de dette publique sur PIB présentées à partir de 1980 comme "General" alors que les chiffres sont "Central"

- General government debt/GDP : de 1946 à 1957 OK avec Debt/GDP1 ; de 1958 à 2006 OK avec Debt/GDP2 ce qui est bizarre depuis 1980 puisque Debt/GDP2 c'est l'Etat seulement alors que dans le nouveau fichier RR c'est la sphère publique totale ! ; de 2007 à 2009 données non retrouvées ; de 1980 à 2009 écart avec les données FMI

- Real GDP growth : de 1946 à 1953 OK avec EvolRGDP1 ; de 1954 à 1958 données non retrouvées ; de 1981 à 2006 OK avec EvolRGDP2 ; de 2007 à 2009 données non retrouvées ; de 1980 à 2000 OK avec données FMI ; de 2001 à 2009 légers écarts avec données FMI

12) UK

- General government debt/GDP : de 1946 à 1979 OK avec Debt/GDP ; de 1980 à 2009 légers écarts avec données FMI sauf 1980 1985 1986
- Real GDP growth : de 1946 à 2003 OK avec EvolRGDP sauf légers écarts 1980 à 1985 et 1995 à 1996 ; de 2004 à 2009 données non retrouvées ; de 1980 à 2009 écarts avec données FMI

13) US

- Central government debt/GDP : de 1946 à 2003 OK avec Debt/GDP ; de 2004 à 2009 légers écarts avec Debt/GDP
- Real GDP growth : de 1946 à 2002 OK avec EvolRGDP ; de 2003 à 2009 données non retrouvées ; de 1980 à 2008 OK avec données FMI écart pour 2009

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15 mai 2013

Revue des rapports Société Générale 2009 à 2012 sur la rémunération des salariés dits régulés. Les chiffres.

Cet article ne traite pas de la mise en relief de l'augmentation ou de la diminution des bonus octroyés d'une année sur l'autre.

A noter en partie III le non-respect par BNP Paribas (banque évoquée également !) d'une des normes de la Fédération des Banques Française de mars 2011.

I. Les chiffres des rémunérations variables au titre des années 2009 à 2012
II. Revue des encours des rémunérations différées conditionnelles
III. Conditionnels actions ou équivalents. Comparaison entre les valeurs attribuées et les valeurs payées

I. Les chiffres des rémunérations variables au titre des années 2009 à 2012

Tableau InvestigationFin recensant les différents chiffres (en millions d'euros) :

Tableau SG 2009 2012
Deux remarques :

1) Une erreur d'année figure dans le rapport 2011. Dans la part non acquise de la rémunération variable, le rapport indique que 33 % de part différée en actions de performance ou équivalents seront versé dans la période :
        Octobre 2014 / Mars 2016

Il ne s'agit pas de mars 2016 mais de mars 2015 !

2) Le rapport 2010 ne permet pas d'identifier correctement les montants prévisionnels. Les deux équations comportent 4 inconnues :

478,1 = S (310,8 ?) + 40,2 + A/2 + C
250,5 = 40,2 + A/2 + B

II. Revue des encours des rémunérations différées conditionnelles

Ces rémunérations différées conditionnelles peuvent aussi concerner des espèces.

L'encours est exprimé en valeur au moment de l'attribution.

II.1 2009

Versements prévus dans le rapport 2009 :
- en conditionnels actions ou équivalents 2011 114 ME 2012 114 ME 2013 114 ME

Encours des rémunérations :
- à fin 2010 (rapport 2010) encours des rémunérations 2009 à 217,2 ME au lieu de 342 ME selon interprétation du rapport 2009 !
- à fin 2011 (rapport 2011) encours des rémunérations 2009 à 113 ME au lieu de 228 ME selon interprétation du rapport 2009 !
- à fin 2012 (rapport 2012) encours des rémunérations 2009 comprises dans la période 2009 2011 à 208 ME

A moins que les versements 2009 aient été prévus en mars et que l'encours du rapport de l'année n ne soit pas à fin n mais fin mars de l'année n+1 !

C'est curieux car le rapport 2012 montre bien que le Plan 2009 prévoit des versements en actions ou équivalents actions de 2011 à 2013.

Autre bizarrerie, si à fin 2010 l'encours est bien de 217,2 ME alors que deux exercices à 114 ME font 228 ME, d'où proviendrait la diminution de plus de 10 millions d'euros alors qu'aucune réduction (conditions de performance non atteintes) n'est affichée au titre de 2009 dans les rapports 2009 et 2010.

Peut-être en raison de départs de certains collaborateurs régulés !

II.2 2010

Versements prévus dans le rapport 2010 :
- en conditionnels actions ou équivalents 2011 40,2 ME (octobre) 2012 non identifié 2013 non identifié
- en conditionnels espèces 2011 40,2 ME (octobre) 2012 non identifié (mars ?) 2014 non identifié (mars)

Encours des rémunérations :
- à fin 2011 ou fin mars 2012 ? (rapport 2011) encours des rémunérations 2010 à 216 ME au lieu de 337,3 ME (fin 2011) ou non identifiable (fin mars 2012) selon interprétation du rapport 2010 !
- à fin 2012 ou fin mars 2013 ? (rapport 2012) encours des rémunérations 2010 comprises dans la période 2009 2011 à 208 ME

II.3 2011

Versements prévus dans le rapport 2011 :
- en conditionnels actions ou équivalents 2012 44 ME (octobre) 2014 26 ME (octobre) 2015 26 ME (mars) 52 ME (octobre)
- en conditionnels espèces 2013 52 ME

Encours des rémunérations :
- à fin 2012 ou fin mars 2013 ? (rapport 2012) encours des rémunérations 2010 comprises dans la période 2009 2011 à 208 ME

Au titre de 2009 à 2011, l'encours des rémunérations différées conditionnelles à fin 2012 devrait être de :
- au titre de 2009 114 ME (mais tout se passe comme si d'après les rapports précédents les versements 2013 avaient déjà eu lieu)
- au titre de 2010 non identifié
- au titre de 2011 157 ME

Au titre de 2009 à 2011, l'encours des rémunérations différées conditionnelles à fin mars 2013 pourrait être de :
- au titre de 2009 0 ME
- au titre de 2010 non identifié
- au titre de 2011 105 ME

III. Conditionnels actions ou équivalents. Comparaison entre les valeurs attribuées et les valeurs payées

Le rapport 2012 indique bien que le solde des réductions (écart entre les rémunérations différées acquises valeur paiement - valeur attribution) proviendrait "d'ajustements implicites (baisse du cours de l'action)."

Vérifions cela !

Mais pour 2009 seulement (différé en actions ou équivalents) parce que pour les autres années les versements différés sont en espèces et actions ou équivalents !

III.1 2009

Selon le rapport 2010 :
- ?  en valeur d'attribution (mars 2010 ?)
- 103,2 ME en valeur de paiement (mars 2011 ?)
- donc ? ME de réduction au titre de la baisse du cours de l'action

Selon le rapport 2011 :
- 102 ME en valeur d'attribution (mars 2010 ?)
- 59 ME en valeur de paiement (mars 2012 ?)
- donc 43 ME de réduction au titre de la baisse du cours de l'action soit -42,2 %

mars 2010 : cours plus haut 47,9 E plus bas 40,47 E
mars 2012 : cours plus haut 25,97 E plus bas 21,43 E
écarts extrêmes entre - 8,7 % et - 55,3 % ok cohérence


Selon le rapport 2012 :
- 88 ME en valeur d'attribution (mars 2010 ?)
- 2,4 ME de réduction au titre de conditions de performance non atteintes
- 63 ME en valeur de paiement (mars 2013 ?)
- donc 22,4 ME de réduction au titre de la baisse du cours de l'action soit - 25,5 %

mars 2010 : cours plus haut 47,9 E plus bas 40,47 E
mars 2013 : cours plus haut 31,14 E plus bas 24,88 E
écarts extrêmes entre - 23,1 % et - 48,1 % ok cohérence mais à la limite basse

III.2 2010

Selon le rapport 2011 :
- 185 ME en valeur d'attribution (mars 2011 ?)
- 111 ME en valeur de paiement (octobre 2011 pour 40,2 ME ? octobre 2012 et 2013 ?)
- donc 74 ME de réduction au titre de la baisse du cours de l'action

Selon le rapport 2012 :
- 112 ME en valeur d'attribution (mars 2011 ?)
- 6,3 ME de réduction au titre de conditions de performance non atteintes
- 67 ME en valeur de paiement (octobre 2012 et 2013 ?)
- donc 38,7 ME de réduction au titre de la baisse du cours de l'action

III.3 2011

Selon le rapport 2012 :
- 90 ME en valeur d'attribution (mars 2012 ?)
- 89 ME en valeur de paiement (octobre 2012 pour 44 ME ? octobre 2014 pour 26 ME ? mars 2015 pour 26 ME ? octobre 2015 pour 52 ME ?)
- donc 1 ME de réduction au titre de la baisse du cours de l'action

Relevons que si la Société Générale respecte bien la norme professionnelle FBF de mars 2011 en la matière ("Ces informations sont fournies pour chaque exercice antérieur à l’exercice considéré et à partir de 2009"), il n'en est pas de même pour BNP Paribas, qui se contente par exemple dans son rapport 2012 de communiquer les rémunérations différées versées au cours (et non au titre de) de l'exercice 2011 et 2012, les données 2011 incluant une partie au titre du plan 2010 et les données 2012 une partie au titre du plan 2011. Pourtant, le plan 2010 prévoit bien aussi de verser des rémunérations différées en 2012 !

http://www.fbf.fr/fr/files/8F7L8K/20110325_NP_Remunerations.pdf
MARS 2011
Normes professionnelles concernant la gouvernance et les rémunérations variables des personnels dont les activités professionnelles ont une incidence significative sur le profil de risque de l’entreprise ainsi que des membres de l’organe exécutif

source des rapports BNP Paribas
http://invest.bnpparibas.com/fr/pid5863/information-reglementee.html

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07 mai 2013

Revue analytique des résultats du premier trimestre 2013 des principales banques européennes.

Un premier point avait été effectué le 19 avril 2013 sur les résultats du premier trimestre 2013 des principales banques américaines : JP Morgan, Citi, Bank of America, Goldman Sachs, Morgan Stanley.
http://investigationfin.canalblog.com/archives/2013/04/19/26962001.html

Dans cette seconde partie les résultats des banques suivantes sont commentés : Crédit Suisse, Deutsche Bank, Barclays, UBS, Société Générale, BNP Paribas, Royal Bank of Scotland, HSBC.

Les aspects suivants vont être abordés :

- évolution des résultats relativement au quatrième trimestre 2012 ;
- analyse spécifique sur les activités de Fixed Income.

Je précise que mon approche de revue analytique des résultats n'aborde pas ou très peu la problématique de la liquidité et du bilan.

Revue des résultats du quatrième trimestre 2012 partie 1 :
http://investigationfin.canalblog.com/archives/2013/01/21/26210216.html
Revue des résultats du quatrième trimestre 2012 partie 2 :
http://investigationfin.canalblog.com/archives/2013/03/08/26597347.html

Crédit Suisse 24 avril 2013 Résultat net + 1,4 milliard de francs suisses (+ 1,1 / Q4 2012)

Effets avant impôt. Hausse en Fixed income (+ 1,1) et baisse des dépenses administratives (+ 0,35) malgré légère hausse des litiges (0,05).

Barclays 24 avril 2013 Résultat net 1,0 milliard de livres sterling (1,4 / Q4 2012)

Hausse des revenus en fixed income (+ 0,75), non récurrence de provisions du quatrième trimestre PPI (+ 0,6) restructuration (+0,4) et surtaxe bancaire (+ 0,35), effet du crédit propre (+ 0,3) compensés par davantage de dépenses opérationnelles (-0,45) et coûts de transformation (-0,5).

Deutsche Bank 29 avril 2013 Résultat net 1,7 milliard d'euros (+ 4,2 / Q4 2012)

Hausse des revenus de trading (+1,5) non récurrence dépréciation d'actifs du 4ème trimestre (+1,85) diminution des dépenses administratives (+ 2,5 dont litiges + 1,6 ?) compensé par effet impôt (-1,4)

UBS 30 avril  2013 Résultat net 1,0 milliard de francs suisses (+ 2,9 / Q4 2012)

Revenus de trading en hausse (+ 1,8) et non récurrence des charges de litiges sur le Libor du 4ème trimestre (+1,5).

BNP Paribas 3 mai 2013 Résultat net + 1,6 milliard d’euros (+ 1,1 / Q4 2012)

Hausse des revenus en Fixed income (+ 0,45) et effet comptable introduction DVA (+ 0,35), baisse des frais de gestion (+ 0,3) notamment en banque de détail et non récurrence dépréciation hors exploitation du quatrième trimestre 2012 dont survaleur BNL (0,3 MdE)

RBS 3 mai 2013 Résultat net 0,6 milliard de livres sterling (+ 3,2 / Q4 2012)

Impact de diverses charges non récurrentes du quatrième trimestre 2012 (2,8) effet de la juste valeur sur la dette propre (+ 0,45) baisse des charges pour dépréciation (+0,4) et hausse des rémunérations (-0,4)

Société Générale 7 mai 2013 Résultat net 0,5 milliard d’euros (+ 0,9 / Q4 2012)

Revenus stables la hausse en BFI (0,45) plutôt sur les actions étant compensée par l'effet réévaluation sur la dette propre (-0,45), baisse du coût net du risque (+ 0,4) en lien avec une provision pour litiges de 300 ME au Q4, gain sur cessions d'actifs (+ 0,4) dont cession filiale égyptienne NSGB et non récurrence de pertes de valeur des écarts d'acquisition au Q4  (+0,4).

HSBC 7 mai 2013 Résultat net 7,1 milliards de dollars (+ 3,7 / Q4 2012)

Hausse des revenus de trading (+ 3,0) baisse des dépenses opérationnelles (+ 2,1) gains nets investissements financiers (+ 1,6) compensés par la non récurrence de la cession de Ping An (-3,0)

1) Comparaison des résultats par rapport au quatrième trimestre 2012

Md

PNB T1 2012

PNB T2 2012

PNB T3 2012

PNB T4 2012 

PNB T1 2013

RN T1 2012

RN T2 2012

RN T3 2012

RN T4 2012 

RN T1 2013

GS $

9,9 

6,6 

8,4

9,2

10,1

2,1

1,0

1,5

2,9

2,3

JPM

27,4

22,9 

25,9

24,4

25,8

5,4

5,0

5,7

5,7 

6,5

Citi

19,4

18,6

14,0

18,2 

20,5 

3,1

3,0

0,5

1,2 

3,8

BoA

22,5

22,2 

20,7

18,9 

23,7 

0,7

2,5

0,3 

0,7 

2,6 

MS

6,9

7,0

5,3

7,0 

8,2

0,1

0,75

-1,0

0,8 

1,3

CS

6,0

6,3

5,8

5,8 

7,2 

0,2

0,8

0,3

0,3

1,4 

Sant

11,3

11,1

10,7

10,3

10,3 

1,9

1,7 

1,5

1,3

1,5

DB

9,2

8,0

8,7 

7,9

9,4 

1,4

0,7 

0,8

-2,5 

1,7 

Bar

8,1 

7,4 

7,0 

6,9 

7,7 

-0,4

0,9

-ns

-0,4

1,0

RBS

7,1 

6,4

6,5

5,8

5,9

- 1,5

- 0,4

-1,3

-2,6 

0,6

UBS

6,5

6,4

6,3

6,2

7,8

0,8

0,7

-2,1

-1,9

1,0 

HSBC

17,3

14,9

15,0

14,0 

17,1

2,9

6,2 

2,8

3,4 

7,1 

BNP

9,9

10,1

9,7

9,4 

10,1 

2,9 

1,8 

1,3

0,5

1,6 

SG

6,3 

6,3

5,4

5,1

5,1 

0,8

0,6

0,2

-0,4 

0,5 

 $ GS JPM Citi BoA MS HSBC
CHF CS UBS
€ Santander Barclays RBS BNP SG DB

PNB Produit Net Bancaire (Net revenues pour Deutsche Bank et Crédit Suisse, Gross income pour Santander, Total operating income pour UBS, total income net of insurance claims excluding own credit pour Barclays, Total income pour RBS, Net Interest income + Net Fee income + Net trading income pour HSBC)
RN Résultat net (Net Income pour Deutsche Bank ; Consolidated profit w/o capital gains pour Santander (sauf Q2 et Q3 2012 attributable profit to the Group), Net profit pour UBS, Profit after tax pour Barclays, Résultat net part du Groupe pour BNP, Résultat net pour Société Générale, Loss Profit for the period pour RBS, Profit after tax pour HSBC)
NI Non identifié

Les revenus (gross income) de Santander ont subi des modifications à la baisse pour 2011 Q1 Q2 Q3 et Q4 entre les publications de 2011 Q4 et 2012 Q1.

Le Net profit d'UBS du Q4 20011 a été modifié : 395 MCHF remplacé par 321 MCHF. Idem pour le Total operating income : 5 967 MCHF remplacé par 5 862 MCHF
Modifications également pour le Total income de RBS des trimestres 2011.

UBS Total operating income Q1 2013 7,8 MdCHF Q4 2012 6,2 MdCHF Net profit Q1 2013 1,0 MdCHF Q4 2012 - 1,9 MdCHF

Les revenus opérationnels augmentent de 1,55 milliard de francs suisses entre le quatrième trimestre 2012 et le premier trimestre 2013 :

+ 0,15 Wealth Management (Q1 2013 1,9 MdCHF) ;
- ns Retail & Corporate (Q1 2013 0,9 MdCHF)
- ns Wealth Management Americas (Q1 2013 1,7 MdCHF) ;
+ 0,05 Global Asset Management (Q1 2013 0,5 MdCHF) ;
+ 1,2 Investment Bank (Q1 2013 2,8 MdCHF) ; dont + 0,3 en Foreign Exchange Rates and Credit (Q1 2013 0,6 MdCHF) ; + 0,6 en Equities Client Services (Q1 2013 1,2 MdCHF) dont + 0,4 dans les dérivés (414 MCHF) ; + 0,3 en Equity Capital Markets (0,5 MdCHF)
+ 0,15 Corporate Center (Q1 2013 24 MCHF) ; dont + 0,25 en crédit propre (Q1 2013 - 181 MCHF Q4 2012 - 414 MCHF) ; + 0,15 différentiel de gains de valorisation dans l'option pour acquérir le fonds SNB StabFund (Q4 2012 + 91 MCHF Q1 2013 + 240 MCHF ) ; - 0,1 gains sur couvertures modèle macro du cash flow (Q1 - 60 MCHF Q4 + 37 MCHF) ; - 0,1 lié au rachat de dette (Q1 -92 MCHF) ;- 0,1 rappel Q4 cession immobilier (Q4 112 MCHF)

La performance avant impôt de ces mêmes divisions augmente de 3,3 milliards de francs suisses dont :

+ 0,25 Wealth Management (Q1 2013 0,7 MdCHF) ;
- ns Retail & Corporate (Q1 2013 0,35 MdCHF) ;
+ 0,05 Wealth Management Americas (Q1 2013 0,2 MdCHF) ;
+ 0,05 Global Asset Management (Q1 2013 0,2 MdCHF) ;
+ 1,25 Investment Bank (Q1 2013 1,0 MdCHF) ;
+ 1,65 Corporate Center (Q1 2013 -1,0 MdCHF) dont 1,5 dépenses administratives (litiges 2013Q1 346 MCHF) rappel Q4 2012 1 470 MCHF Libor

Le résultat net augmente de 2,9 milliards de francs suisses au premier trimestre 2013 :

+ 1,55 Operating income (dont + 1,8 en trading Q1 2,2 MdCHF - 0,35 autres revenus (Q1 - 37 MCHF);
- 0,1 hausse des dépenses de personnel (Q1 2013 4,1 MdCHF) ;
+ 1,85 baisse des dépenses générales et administratives (Q1 2013 2,0 MdCHF) ; dont + 1,7 ? baisse des provisions pour litiges (Q1 ? Q4 2,1 MdCHF) dont 1 470 MCHF Libor
- 0,05 charges de dépréciation d'actifs (Q1 2013 0,2 MdCHF) ;
- 0,4 effet de l'évolution de la charge d'impôt (Q1 2013 0,45 MdCHF).

Crédit Suisse Net revenues Q1 2013 7,2 MdCHF Q4 2012 5,8 MdCHF Net income Q3 2012 0,3 MdCHF Q4 2012 0,5 MdCHF

Décomposition de la hausse de 1,4 milliard de francs suisses des Net revenues (Produits Nets) entre le quatrième trimestre 2012 et le premier trimestre 2013 :

- 0,05 en Private Banking & Wealth Management (3,3) ;
+ 1,3 en Investment Banking (3,9); dont + 1,1 en Fixed income sales and trading (Q1 1,3 MdCHF) ; dont + 0,4 en Equity Sales and trading (Q1 1,3 MdCHF) ;
+ 0,25 en Corporate Center (- 0,1 MdCHF) dont + 0,3 effet relatif des spreads CS sur la dette propre de CS total (Q1 2013 - 80 MCHF Q4 2012 - 376 MCHF) dont dette CS + 0,15 (Q1 2013 - 37 MCHF Q4 2012 - 197 MCHF) ; dont gains DVA sur des dettes structurées + 0,1 (Q1 2013 - 41 MCHF Q4 2012 - 120 MCHF) ; dont sur les dérivés individuels + 0,05 (Q1 2013 - 2 MCHF Q4 2012 - 59 MCHF) ; dont - 0,2 gains de cession (Q1 - 80 MCHF Q4 151 MCHF) ; + 0,2 charges de restructuration (Q1 92 MCHF Q4 285 MCHF) ;

Le résultat net augmente de 1,05 milliard de francs suisses de trimestre à trimestre pour les raisons suivantes :

+ 1,4 hausse des Net revenues ;
- 0,3 hausse des rémunérations (3,0 MdCHF) en IB (bonus différés moins élevés que 2012Q1 par le PAF 2011 (2013Q1 - 7 MCHF 2012Q1 534 MCHF))
+ 0,35 baisse des dépenses administratives (1,8 MdCHF) ; dont + 0,2 provisions et pertes (Q1 170 MCHF) litiges 2013Q1 164 MCHF Q4 2012 134 MCHF
- 0,05 hausse des commissions (0,5 MdCHF) ;
- 0,4 effet impôts (charge de 0,5 MdCHF). ; au 31 décembre 2012, 7,3 milliards de francs suisses de profits de filiales étrangères non distribués considérés comme réinvestis indéfiniment.

Evolution du résultat net (avant impôt par Division) + 1,45 :

- 0,05 Private Banking 1 Wealth Management (Q1 0,9 MdCFH) ;
+ 1,0 Investment Banking (Q1 + 1,3 MdCHF) ;
+ 0,5 Corporate Center (Q1 - 0,35 MdCHF) effet 0,3 baisse dépenses administratives

Barclays Total income (excluding own credit) Q1 2013 7,7 Md£ Q4 2012 6,9 Md£ Profit after tax Q3 2012 -0,1 Md£ Q4 2012 -0,6 Md£

Les revenus hors crédit propre augmentent de 0,8 milliard de livres sterling entre le quatrième trimestre 2012 et le premier trimestre 2013 :

-ns UK RBB (2013 Q1 1,1 Md£) ; + ns Europe RBB (2013 Q1 0,2 Md£) ; - 0,05 Africa RBB (2013 Q1 0,7 Md£) + ns Barclay Card (2013 Q1 1,15 Md£)
+ 0,85 Investment Bank  (2013 Q1 3,5 Md£) dont + 0,75 Fixed Income + 0,25 Equities
+ ns  Corporate Banking (2013 Q1 0,8 Md£)
- ns Wealth and Investment Management (2013 Q1 0,5 Md£)
- ns Head office Functions and Other Operations (2013 Q1 - 34 M£).

Le bénéfice augmente de 1,4 milliard de livres sterling pour les raisons suivantes :

+ 0,8 hausse des revenus ;
+ 0,3 impact du crédit propre (Q1 2013 - 251 M£ Q4 2012 - 560 M£) ;
+ 0,1 coût du risque (Q1 2013 - 0,7 Md£) ;
- 0,45 dépenses opérationnelles (Q1 2013 4,8 Md£) ; ratio de rémunération en IB 2013 Q1 41 % 2012 38 %
+ 0,6 provision PPI redress (Q4 2012 - 600 M£)
+ 0,4 charges de restructuration (Q4 2012 - 400 M£) en corporate banking
+ 0,35 surtaxe bancaire UK (Q4 2012 345 M£) en head office
- 0,5 coûts de transformation (Q1 2013 514 M£)
- 0,3 effet charge d'impôts (Q3 2012 charge de 491 M£ Q4 2012 charge de 199 M£).

Par Division, on peut exploiter l'information trimestrielle au niveau du résultat ajusté avant impôt (Q1 2013 1,8 Md£ Q4 2012 1,4 Md£) :

- 0,3 Retail and Business Banking (2013 Q1 720 M£) ;
+ 0,7 Investment Bank (2013 Q1 0,9 Md£) ;
- 0,1 Corporate Banking (2013 Q1 37 M£) ;
- 0,05 Wealth and Investment Management (2013 Q1 34 M£) ;
+ 0,1 Head Office Functions and Other Operations (2013 Q1 15 M£).

Deutsche Bank Net revenues Q1 2013 9,4 Q4 2012 7,9 MdE Net income Q1 2013 1,7 MdE Q4 2012 - 2,5 MdE

Les revenus nets augmentent de 1,5 milliard d'euros entre le quatrième trimestre 2012 et le premier trimestre 2013 :

+ 1,2 en Corporate Banking & Securities (Q1 2013 4,6 MdE), dont + 1,5 en Sales & Trading (Q4 2012 3,5 MdE) ; dont - 0,4 en autres (Q1 2013 0,15 MdE) rappel Q4 gains DVA de 516 ME sur des dérivés non collatéralisés.
- 0,1 en Global Transaction Banking (Q1 2013 1,0 MdE)
+ 0,15 en Asset and Wealth Management (Q1 2013 1,25 MdE) ;
- ns en Private & Business Clients (Q1 2013 2,4 MdE)
- 0,15 en Consolidation & adjustments (Q1 2013 - 0,25 MdE), dont dette propre (Q1 2013 +122 ME Q4 ?) ; autres différences temporelles de méthodes comptables entre reporting pour la management et IFRS (Q1 2013 - 159 ME Q4 2012 ?)
+ 0,4 en hors exploitation (Q1 2013 0,4 MdE).

Le résultat net augmente de 4,2 milliards d'euros en raison :

- 0,45 baisse des revenus nets d'intérêt (3,7 MdE) ;
+ 1,95 baisse des revenus hors intérêts (5,7 MdE) ;
+ 0,1 baisse de la dotation de provision pour pertes de crédit (0,35 MdE) ;
- 0,4 hausse des rémunérations (3,5 MdE) ; en CBS ; compensation ratio de 40,0 % en 2012 37,8 % au Q1 2013 ;
+ 2,5 dépenses administratives (2,8 MdE) ; dont + 1,6 litiges ? (Q4 1,6 MdE)
- 0,1 hausse des sinistres assurés (0,2 MdE) ;
+ 1,85 dépréciation d'actifs incorporels (rappel Q4 1,85 MdE)
+ 0,05 charges de restructuration (0,05 MdE)
- 1,4 effet défavorable charge d'impôt (charge de 0,75 MdE).

Décomposition par activité de l'évolution de résultat net (avant impôt pour les divisions) + 5,6 MdE :

+ 2,45 en Corporate Banking & Securities (Q1 2013 1,9 MdE), rappel Q4 1,2 dépréciation actifs incorporels
+ 0,55 en Global Transaction Banking (Q1 2013 0,3 MdE) ;rappel Q4 - 0,6 hausse des dépenses, retour à la normale
+ 0,5 en Asset and Wealth Management (Q1 2013 0,2 MdE) ; rappel Q4 - 0,2 dépréciation actifs incorporels
+ 0,2 en Private & Business Clients (Q1 2013 0,5 MdE) ; effet + 0,1 moindre frais de restructuration (51 ME)
+ 0,45 en Consolidation & adjustments (Q1 2013 - 0,25 MdE) ; rappel Q4 - 0,65 hausse des dépenses (litiges, taxe UK et Allemagne sur les banques de 133 ME)
+ 1,45 en hors exploitation (Q1 2013 - 0,2 MdE) ; rappel Q4 - 0,4 dépréciation actifs incorporels.

BNP PARIBAS Produit Net bancaire Q1 2013 10,1 MdE Q4 2012 9,4 MdE Résultat net part du groupe Q1 2013 1,6 MdE Q4 2012 0,5 MdE

Le Produit Net Bancaire augmente de 0,65 milliard d'euros entre le quatrième trimestre 2012 et le premier trimestre 2013 pour les raisons suivantes :

- 0,1 Retail Banking (Q1 2013 6,1 MdE) ;
- 0,05 Investment solutions (Q1 2013 1,6 MdE) ;
+ 0,5 Corporate and Investment Banking (Q1 2013 2,5 MdE) ; + 0,5 en conseil et marchés de capitaux  (dont Fixed income 0,45) ;
+ 0,3 Autres activités (Q1 2013 - 0,05 MdE), + 0,05 MdE effet réévaluation dette émise par le Groupe (Q1 2013 - 215 ME Q4 2012 - 286 ME) ; - 0,1 amortissement du PPA courant de Fortis et Cardif Vita (2013 Q1 ? 2012 Q4 124 ME) ; + 0,35 introduction de la DVA Debit Valuation Adjustment en application de la norme IFRS 13 (2013 Q1 + 364 ME)

PPA Purchase Price Allocation : imputer le prix payé pour une acquisition entre ses actifs et ses passifs, valorisation en juste valeur selon IFRS3.

La baisse du résultat avant impôt de 1,45 MdE (Q1 2013 2,6 MdE) se décompose par activité de la manière suivante :

+ 0,2 Retail Banking (Q1 2013 1,7 MdE) ; dont + 0,2 frais de gestion
- 0,05 Investment solutions (Q1 2013 0,5 MdE) ;
+ 0,55 Corporate and Investment Banking (Q1 2013 0,8 MdE) ;
+ 0,75 autres activités (Q1 2013 - 0,4 MdE) ; rappel Q4 0,35 dépréciation exceptionnelle (Q4 2012 - 345 ME) dont 298 ME survaleur BNL ; - 0,15 coûts de transformation (2013 Q1 - 155 ME)

Le résultat net part du groupe augmente de 1,05 milliard d'euros :

+ 0,65 hausse du PNB ;
+ 0,3 baisse des frais de gestion (6,5 MdE) ;
+ 0,2 baisse du coût du risque (1,0 MdE)
- 0,1 quote-part des sociétés mises en équivalence (35 ME)
+ 0,4 hors exploitation (17 ME) ;
- 0,35 effet impôts (0,8 MdE) ;
- 0,05 intérêts minoritaires (– 0,2 MdE).

Ratio de frais de gestion / PNB en BFI : 2013 Q1 64,6 % 2012 64,6 % 2011 61,9 %
Ratio pour la partie Conseil et Marchés de Capitaux : 2013 Q1 70,1 % 2012 74,0 % 2011 77,3 %

Société Générale PNB Q1 2013 5,1 MdE Q4 2012 5,1 MdE Résultat net Q1 2013 0,5 MdE Q4 2012 - 0,4 MdE

Le Produit Net Bancaire diminue de 0,05 MdE entre le quatrième trimestre 2012 et le premier trimestre 2013 :

- 0,05 Réseaux France (Q1 2013 2,0 MdE)
- 0,1 Réseaux internationaux (Q1 2013 1,1 MdE)
- ns Services financiers spécialisés et assurances (Q1 2013 0,9 MdE)
- 0,1 Banque Privée Gestion d’actifs services aux investisseurs (Q1 2013 0,45 MdE)
+ 0,45 Banque de financement et d’investissement (Q1 2013 1,9 MdE) ; dont + 0,45 sur les activités pérennes (Q1 2013 1,9 MdE) dont + 0,3 sur les Actions
- 0,2 Hors Pôles (Q1 2013 - 1,3 MdE), dont - 0,35 effet réévaluation des dettes liées au risque de crédit propre du Groupe (Q4 2012 - 686 ME Q1 2013 - 1 045 ME).

Le résultat net augmente de 0,85 milliard d’euros :

- 0,05 baisse du PNB ;
+ 0,05 frais de gestion (Q1 2013 4,1 MdE) ;
+ 0,4 coût net du risque (Q1 2013 0,9 MdE) ; rappel Q4 300 ME de provisions pour litiges
+ 0,45 gains ou pertes sur autres actifs (Q1 2013 0,45 MdE) ;
+ 0,4 pertes de valeur des écarts d'acquisition (Q1 2013 0 Q4 2012 - 0,4 MdE) ;
- 0,4 effet charge fiscale (Q1 2013 0,1 MdE).

Par métier, la compréhension de l’évolution du résultat net est la suivante :

ns Réseaux France (Q1 2013 0,25 MdE) ; baisse frais de gestion 0,1
+ 0,1 Réseaux internationaux (Q1 2013 0,15 MdE) ; baisse frais de gestion 0,1
+ 0,05 Financements spécialisés et assurance (Q1 2013 0,2 MdE) ;
+ 0,4 Banque Privée Gestion d’actifs services aux investisseurs (Q1 2013 0,1 MdE) ; rappel Q4 - 380 ME en pertes de valeur des écarts d'acquisition dans le courtage (variation défavorable des taux d'actualisation et de croissance à l'infini de 50 points de base par rapport au cas central) ;
+ 0,25 BFI (Q1 2013 0,5 MdE) ; taux de frais de gestion / PNB en activités pérennes Q1 2013 60 % 2012 64 % 2011 73 %
+ 0,1 Hors pôles (Q1 2013 - 0,7 MdE), + 0,45 gains autres actifs (Q1 442 ME) cession de la filiale égyptienne NSGB + 417 ME

L’exposition nette des actifs de la Bad Bank est passée de 8,9 MdE fin décembre 2012 à 8,3 MdE fin mars 2013.

Royal Bank of Scotland Total income Q3 2012 6,5 Md£ Q4 2012 5,8 Md£ Profit Loss for the period Q1 2013 0,6 Md£ Q4 2012 – 2,6 Md£

Les revenus augmentent de 0,1 Md£ entre Q4 2012 et Q1 2013 pour les raisons suivantes :

- 0,05 UK Retail (Q1 2013 1,2 Md£) ;
- 0,1 UK Corporate (Q1 2013 1,1 Md£) ;
- ns Wealth (Q1 2013 0,3 Md£) ;
ns International Banking (Q1 2013 0,5 Md£) ;
ns Ulster Bank (Q1 2013 0,2 Md£) ;
+ ns en US Retail & Commercial (Q1 2013 0,8 Md£) ;
+ 0,4 Markets (Q1 2013 1,0 Md£) ; + 0,35 en fixed income (+ 0,3 en ABP)
- 0,2 Direct Line Group (Q1 2013 0,7 Md£) dont - 0,2 en primes nettes
+ 0,1 en Non Core (2013 Q1 0,1 Md£)
- 0,15 central items not allocated ? (Q1 -43 M£).

Le résultat net augmente de 3,2 milliards de livres sterling :

+ 0,1 hausse des revenus ; dont + 0,55 trading (- 0,25 taux + 0,45 credit + 0,15 autres + 0,1 changes) - 0,2 revenus d'assurance
- 0,4 hausse des dépenses opérationnelles (Q1 2013 3,5 Md£) ; rappel Q4 0,45 rémunérations en lien avec les accords sur les procédures Libor (clawbacks) ; dont - 0,4 hausse rémunérations (bonus)
+ 0,15 baisse des insurance net claims remboursements d’assurance nets (Q1 2013 0,45 Md£) ;
+ 0,4 baisse des charges pour dépréciation (Q1 2013 1,0 Md£) ; dont + 0,3 non core
+ 0,45 effet juste valeur sur dette propre (Q1 2013 0,25 Md£ Q4 2012 - 0,2 Md£) ;
+ 2,8 effet des éléments non opérationnels (Q1 2013 – 0,1 Md£ Q4 2012 - 2,9 Md£) ; dont + 0,45 plaintes PPI (Q4 - 0,45 Md£) ; dont + 0,65 produits liés à des couvertures de taux (Q1 2013 50 M£ Q4 2012 700 M£) ; dont + 0,4 amendes (Q4 381 M£) ; dont + 0,5 coûts de restructuration (Q1 0,1 Md£) ; + 0,5 dépréciation goodwill (Q4 518 M£) lié à l'IPO de Direct Line Group ; + 0,2 surtaxe bancaire (Q4 175 M£)
- 0,3 effet impôts (Q1 0,35 Md£).

HSBC Net Interest income + Net Fee income + Net trading income Q1 2013 17,1 Md$ Q4 2012 14,0 Md$ Profit after tax Q1 2013 7,1 Md$ Q4 2012 3,4 Md$

Hausse de 3,0 Md$ des revenus (Net Interest income + Net Fee income + Net trading income (Q1 2013 17 056 M$ Q4 14 028 M$) :
- 0,2 net interest income (Q1 9,0 Md$ Q4 9,2 Md$)
+ 0,2 net fee income (Q1 4,2 Md$ Q4 4,1 Md$)
+ 3,05 net trading income (Q1 3,85 Md$ Q4 0,8 Md$) hausse dans les taux (Q1 814 M$ Q4 - 397 M$)

Le résultat net augmente de 3,7 Md$ :

3,0 hausse des revenus ;
- 0,3 effet juste valeur sur la dette propre (Q1 - 1,5 Md$ Q4 - 1,1 Md$)
- 0,1 effet autres instruments financiers en juste valeur (Q1 0,55 Md$ Q4 0,65 Md$)
+ 1,6 gains nets des investissements financiers (Q1 1,6 Md$ Q4 0) dont + 0,6 complémentaire suiteà cession Ping An ?
- 0,05 dividendes (Q1 34 M$ Q4 87 M$)
+ 0,15 primes nets d’assurance (Q1 3,2 Md$ Q4 3,0 Md$)
- 3,0 gain cession Ping An ; (Q1 0 Q4 3,0 Md$)
+ 0,25 autres revenus opérationnels (Q1 1,0 Md$ Q4 0,75 Md$) ;
+ ns sinistres assurances (Q1 -3,55 Md$ Q4 -3,55 Md$) ;
+ 0,6 coût du crédit (Q1 - 1,2 Md$ Q4 - 1,8 Md$) ;
+ 2,1 baisse des dépenses opérationnelles (Q1 9,3 Md$ Q4 11,45 Md$) ; UK customer redress 5Q1 164 M$ Q4 640 M$) amendes anti blanchiment (Q1 0 Q4 421 M$)
- 0,25 part des profits dans les filiales et JV (Q1 0,55 Md$ Q4 0,8 Md$)
- 0,3 effet impôts (Q1 1,3 Md$ Q4 1,0 Md$)

2) Comparaison des PNB des activités de Fixed Income par rapport au quatrième trimestre 2012

Fixed Income

PNB T1 2011 

PNB T2 2011 

PNB T3 2011 

PNB T4 2011

PNB T1 2012

PNB T2 2012

PNB T3 2012 

PNB T4 2012 

PNB T1 2013

GoldmanSachs $

4,3

1,6

1,7

1,4 

3,5 

2,2 

2,2 

2,0

3,2

JP Morgan $

5,2 

4,3 

3,3 

2,5

4,7

3,7

3,7

3,2

4,8 

Citi $

3,8 

3,0 

2,3

1,6

3,6 

3,0 

2,9

2,7

4,6

Bank of America $

3,6

2,7

1,8

0,7 

2,8 

2,4

2,0

1,6 

3,2

Morgan Stanley $

1,8

2,1

3,9 

-0,3

1,0 

1,0 

2,0

0,5 

1,3

Crédit Sui. CHF

2,5

0,5

0,5 

-0,1 

1,9 

1,1 

1,4 

0,9 

2,0

Deutsche Bank €

3,7 

2,3 

1,5 

1,0

3,2

2,1 

2,5 

1,4

2,7

Barclays £

2,1

1,7

1,4

1,0

2,4

2,0

1,6 

1,5 

2,2 

RBS £

1,8

0,9

0,4

0,6 

1,6

1,0 

1,0 

0,7 

1,1 

UBS CHF

1,8 

1,2 

0,7

1,0

1,5

1,1

1,1

0,3

0,6

HSBC $

NI

NI

NI

NI 

NI 

NI

NI

NI

NI

BNP Paribas €

1,6

1,1

0,8

0,9

1,8

0,8

1,1

0,8

1,3

Soc Gen €

0,7 

0,5

0,2 

0,4 

1,0 

0,5 

0,7

0,6 

0,8 

 Crédit Suisse : Fixed income trading (chiffre Q4 2011 changé car l'effet DVA est maintenant en Corporate à partir de 2012 Q1)
Deutsche Bank : Sales & Trading (Debt and other products) hors dépréciations (mark-downs)
UBS : Sales and trading (Securities) Fixed income currencies and commodities
Société Générale Nouveaux chiffres Activités pérennes Activités de marché (anciennement Global Markets) Taux changes et matières premières
BNP Paribas Fixed Income inclue ce qui concerne les émissions obligataires, qui se trouvent dans la partie Financement et Conseil de la Société Générale
RBS total fixed income and currencies

*UBS non comparabilité avant 2012 Q4 ; à partir de 2012 Q4 Investor Client Services : Foreign Exchange, Rates and Credit (les dérivés n'y sont plus)

Deutsche Bank Sales & Trading (Debt and other products) Q1 2013 2,7 MdE Q4 2012 1,4 MdE

UBS Foreign Exchange Rates and Credit Q3 2012 619 MCHF Q4 2012 304 MCHF

Amélioration taux et crédit. DVA (2013Q1 + 3MCHF 2012Q4 - 80 MCHF)

Crédit Suisse Fixed income sales & trading Q1 2013 1 987 MCHF Q4 2012 887 MCHF

Gains Pertes sur activités cédées (Q1 + 4 MCHF Q4 -130 MCHF). Hausse dans le crédit et les marchés émergents. Hausse dans les taux (Europe et Japon).

Barclays FICC Top income excluding own credit Q1 2013 2 190 M£ Q4 2012 1 458 M£

BNP Paribas Fixed income Q1 2013 1 287 ME Q4 2012 828 ME

Bonne performance en Asie et sur le change. Des opérations sur le yen ?

Société Générale Taux changes et matières premières Q1 2013 754 ME Q4 2012 644 ME

Royal Bank of Scotland Total fixed income and currencies Q1 2013 1 068 M£ Q4 2012 729 M£

Hausse en Asset Backed Products (+ 0,3)

Posté par Olivier Fluke à 14:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 mai 2013

Comparaison politiquement incorrecte entre dette publique et patrimoine des ménages. Mise à jour à fin 2011

Le 25 janvier 2012 InvestigationFin publiait un article polémique titré ainsi : Comparaison politiquement incorrecte entre dette publique et patrimoine des ménages. Taxer assurance vie et immobilier
http://investigationfin.canalblog.com/archives/2012/01/25/23333407.html

A partir des données de l'Insee, Investigationfin avait comparé l'évolution de la dette publique de la France avec celle du patrimoine des ménages entre fin 2002 et fin 2010, constatant une hausse de la dette publique de 777 milliards d'euros bien inférieure à celle du patrimoine des ménages, de 4,5 trillions d'euros. Soit presque 6 fois plus !

InvestigationFin avait alors calculé l'effort à accomplir pour revenir au ratio dette sur PIB 60 %, 500 milliards d'euros, puis proposé les solutions pour y parvenir TOUT DE SUITE. Forcément elles consistaient en une taxe exceptionnelle sur le patrimoine des ménages, assurance vie et immobilier !

De telles mesures exceptionnelles permettant à l'Etat de dégager des marges de manoeuvre pour proposer une relance par l'investissement, et non une relance par de nouvelles dépenses publiques non productives et non génératrices de compétitivité ou de production française). Mesures qui n'empêchent pas de mener des réformes indispensables, dont la fin des 35 heures, retraites, la sphère publique etc ...

Oui mais voilà bien entendu de telles propositions n'ont pas été mises en oeuvre et le ratio dette sur PIB a poursuivi sa hausse inéluctable pour atteindre 90,2 % fin 2012 !

Et comment a donc évolué le patrimoine des ménages entre 2010 et 2011 alors que la dette publique a augmenté de 122 milliards d'euros entre fin 2010 et fin 2011 ?

I. Entre 2010 et 2011, la hausse du patrimoine net des ménages a été 3,3 fois plus élevée que celle de la dette publique

Les derniers chiffres disponibles, à fin mars 2013, montrent une dette publique à 1 833,8 milliards d'euros, soit 90,2 % du PIB.

Entre fin 2010 et fin 2011, la dette publique a augmenté de 122 milliards d'euros.

source : http://www.insee.fr/fr/indicateurs/ind40/20111228/dette%20trimestrielle.xls

Quelle a été l'augmentation de la valeur nette du patrimoine des ménages sur la même période ?

Réponse : 407 milliards d'euros, comparaison entre 10 307 milliards d'euros fin 2011 et 9 900 fin 2010

Hausse se décomposant ainsi :

+ 431,5 hausse des actifs non financiers dont + 299,5 logements + 115,9 terrains
+ 24,7 actifs financiers
- 48,9 hausse des passifs financiers (crédits)

source : http://www.insee.fr/fr/indicateurs/cnat_annu/base_2005/donnees/xls/t_8210.xls
données mises à jour de décembre 2012

Entre 2010 et 2011, la hausse de la valeur nette du patrimoine des ménages a été 3,3 fois plus élevée que la hausse de la dette publique !

En données macroéconomiques, une baisse substantielle des prestations sociales versées aux Français n'aurait pour conséquence qu'une moindre hausse de leur patrimoine.

Surtout en raisonnant depuis 2002 !

De fin 2002 à fin 2011 :

- la dette publique a augmenté de 805 milliards d'euros
- la valeur nette du patrimoine des ménages a augmenté de 4 754 milliards d'euros, dont 1 452 en actifs financiers (dont 711 en provisions techniques d'assurance !)

II. Comparaison des publications de l'Insee dans le temps

II.1 Dette trimestrielle

La comparaison entre la version Insee de décembre 2011 et celle de mars 2013 montre un écart à la hausse de :
+ 3,8 MdE à fin 2010 dont + 3,9 MdE Administrations de Sécurité Sociale
+ 0,7 MdE à fin 2009 dont + 0,6 MdE Etat

Comparons avec les notifications Eurostat pour tenter d'expliquer ces évolutions :

La première notification Eurostat d'avril 2013 montre des chiffres identiques de fin 2009 à fin 2012 au fichier Insee de mars 2013.
http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-22042013-AP/FR/2-22042013-AP-FR.PDF

La deuxième notification Eurostat d'octobre 2011 montre des chiffres identiques de fin 2009 à fin 2010 au fichier Insee de décembre 2011.
http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-21102011-AP/FR/2-21102011-AP-FR.PDF

Et entre les deux ? La lecture des notifications d'avril 2012 et octobre 2012 montre que la modification provient de la notification d'octobre 2011. Et pourtant, Eurostat considère qu'il ne s'agit pas d'une révision importante de la dette, seuls l'Allemagne et la Grèce font l'objet d'un commentaire.

Etonnant puisque les écarts entre les notifications Eurostat d'avril 2011 et d'octobre 2011sur la dette de la Grèce pour 2008 2009 et 2010 sont inférieurs au milliard d'euros alors que l'écart sur la dette de la France s'élevait à 3,8 milliards d'euros pour 2010 !

II.2 Patrimoine des ménages

La comparaison entre la version Insee de décembre 2011 et celle de décembre 2012 montre des écarts conséquents à la baisse :

- de 1996 à 2008 entre 28,7 MdE et 53,6 MdE sur les actifs non financiers (terrains et bâtiments non résidentiels et génie civil)
- 98,7 MdE pour 2009 dont -13,9 actifs financiers et + 14,5 passifs financiers
- 204,2 MdE pour 2010 !

En un an, l'Insee a donc revu à la baisse la valeur nette du patrimoine des ménages pour 204 milliards d'euros se décomposant ainsi :

- 29 MdE baisse valeur des bâtiments non résidentiels et autres ouvrages de génie civil (-31,4 en 2009)
- 161 MdE baisse valeur des terrains (soit 4,3 % de la valeur estimée en décembre 2011 !)
+ 12 MdE hausse des actifs financiers
- 32 MdE hausse des passifs financiers
+ 6 divers autres

NB : lire ou relire mon article du 9 février 2011 Dossier PIB 5. PIB et Immobilier. Patrimoine : les logements des ménages sont-ils correctement valorisés fin 2009 par l'Insee ?
http://investigationfin.canalblog.com/archives/2011/02/09/20344947.html
Article dans lequel j'étudiais en partie II l'évolution dans les comptes de patrimoine des logements puis des terrains.

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30 avril 2013

Fausse austérité en France car les dépenses publiques augmentent en valeur. Contrairement à une idée répandue, en Espagne ...

Encore un exemple qui montre qu'il conviendrait de mettre en place un contrôle indépendant et en temps réel des arguments balancés dans des émissions radios et télés.

Dans Mots Croisés sur France 2 le 29 avril 2013 "Rigueur : encore quatre ans ?", Geoffroy Roux de Bézieux, candidat à la présidence du Medef, prétend :

"La France n'est pas dans l'austérité, regardez ce qui se passe en Espagne en Italie les baisses de dépenses publiques sont beaucoup plus impressionnantes, en France on a simplement ralenti la hausse on est très loin des efforts des autres l'Espagne le Portugal ... ça n'est pas l'austérité".

http://pluzz.francetv.fr/videos/mots_croises_,81335119.html

Quand j'ai entendu cela, je me suis dit, il sous-entend que contrairement à la France où il y a seulement un ralentissement de la hausse des dépenses publiques (mais une hausse en valeur), en Espagne et au Portugal il y aurait une baisse des dépenses publiques en valeur.

C'est vrai pour le Portugal, mais pas du tout pour l'Espagne en 2012 !

A partir de la récente publication par Eurostat de la première notification des données de déficit et de dette pour 2012 :

Dépenses publiques

2010

en valeur MdE 

2011

en valeur MdE

2012

en valeur MdE

évolution 2011/2010

évolution 2012/2011 

France

1 096

1 119

1 151

+ 2,1 % 

+ 2,9 % 

Espagne

486 

481 

493 

- 1,0 % 

+ 2,6 % 

Italie

782 

788 

792 

+ 0,7 % 

+ 0,6 % 

Allemagne

1 196

1 174

1 190

- 1,4 % 

+ 1,3 % 

Portugal

89 

85 

78 

- 5,1 % 

- 7,2 % 


calculs InvestigationFin dépenses publiques en valeur PIB année n x % dépenses publiques année n

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-22042013-AP/FR/2-22042013-AP-FR.PDF

Les dépenses publiques en valeur ont augmenté en Espagne entre 2011 et 2012 de 2,6 % ! Situation bien plus proche à celle de la France (+ 2,9 %) entre 2011 et 2012.

Entre 2010 et 2011 l'Espagne avait vu en revanche ses dépenses publiques diminuer en valeur de 1,0 %. Baisse bien enrayée en 2012 !

En revanche, au Portugal, les dépenses publiques diminuent bien en valeur, - 7,2 % entre 2011 et 2012 après - 5,1 % entre 2010 et 2011 !

Se référer à l'Espagne comme un exemple de pays qui appliquerait véritablement l'austérité sur les dépenses publiques paraît donc usurpé au vu des dernières statistiques macroéconomiques disponibles !

Posté par Olivier Fluke à 18:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]



29 avril 2013

Aides à la Grèce. Le FMI encore plus en retard que les pays de la zone euro dans le calendrier de versement prévu fin 2012

Les médias (La Tribune avec AFP, Reuters) relaient l'information selon laquelle le vote dimanche 28 avril 2013 par le parlement grec d'une loi sur de nouvelles mesures de rigueur, dont le renvoi d'ici fin 2014 de 15 000 fonctionnaires, dont 4 000 en 2013, était nécessaire pour obtenir le versement de 8,8 milliards d'euros d'aide par les pays de la zone euro et le FMI.

- latribune.fr avec AFP, 29 avril 2013, La Grèce renvoie 15.000 fonctionnaires
http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20130429trib000762185/la-grece-renvoie-15.000-fonctionnaires.html

- Reuters, Greece passes reform law to unlock more EU/IMF rescue loans, 28 avril 2013
http://www.reuters.com/article/2013/04/28/us-greece-bailout-idUSBRE93R0DY20130428

Notons dès le départ que les deux articles issus d'AFP et Reuters ne s'embarrassent pas de préciser que pour la part Union Européenne ce ne sont que les pays de la zone euro qui participent. Les britanniques qui lisent ces dépêchent doivent arborer un sourire, eux qui font partie de l'Union Européenne mais pas de la zone euro.

Quelle est la décomposition de ces 8,8 milliards d'euros ?

- FMI 1,8
- pays de la zone euro 2,8 et 4,2

Reuters précise qu'une réunion des ministres de l'eurozone doit se tenir lundi 29 avril pour approuver une tranche de 2,8 milliards d'euros, une nouvelle réunion devant se tenir le 13 mai pour une tranche supplémentaire de 6 milliards d'euros. D'après citation du ministre des finances Yannis Stournaras.

Ben voyons !

Et le FMI alors ? Si dans ces 8,8 il y a du FMI cela m'étonnerait que les seules réunions des ministres des finances de l'eurozone valident la totalité.

Car jusqu'à présent le FMI n'a versé que 3,24 milliards d'euros le 16 janvier 2013 (contre 3,3 annoncés dans le rapport de décembre 2012 de la Commission Européenne en page 60).

http://www.imf.org/external/np/sec/pr/2013/pr1313.htm

La tranche FMI de 1,8 milliard d'euros qui devait être décidée fin février 2013 au titre du respect de critères de performance à fin décembre 2012 n'a toujours pas été versée !

http://www.imf.org/external/pubs/ft/scr/2013/cr1320.pdf

Côté pays de la zone euro, les deux tranches liées aux points d'étape mensuels de janvier (2,0) et février (2,8) ont été versées, mais pas celle de mars 2013 (2,8). Justement la page 59 du rapport CE de décembre 2012 montre que l'un des deux critères de déboursement de la tranche de mars 2013 est l'identification d'objectifs de diminutions de fonctionnaires d'ici fin 2014, selon un Memorandum of Understanding de février 2013.

D'après la page 24 de ce même rapport, ce sont 27 000 fonctionnaires qui devront être placés dans le schéma de mobilité d'ici novembre 2013. La page 179 qui parle des mesures fiscales indique une mesure de placement de 2000 fonctionnaires dans le schéma de mobilité et de sortie.

Il manque également le versement au titre du premier trimestre 2013 (4,2). Les critères de versement de cette tranche n'apparaissent pas clairement dans le rapport CE de décembre 2012.

http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/occasional_paper/2012/pdf/ocp123_en.pdf
http://ec.europa.eu/economy_finance/assistance_eu_ms/greek_loan_facility/index_en.htm

2,8 + 4,2 + 1,8 = 8,8 !

Posté par Olivier Fluke à 17:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

25 avril 2013

Scandale des calculs des économistes Reinhart et Rogoff. Mais qui a vérifié ce qu'ont pondu les nouveaux ?

La polémique fait rage sur le débat de la relation entre niveau de dette publique et croissance, consécutivement au fait que l'étude publiée en janvier 2010 par les économistes de renom Reinhart et Rogoff se soit avérée pleine d'erreurs.

C'est ce qu'on voulu démontrer trois autres économistes, Thomas Herndon, Michael Ash et Robert Pollin, dans une étude publiée le 15 avril 2013, plus de trois ans après.

Les calculs publiés en janvier 2010 montraient une moyenne de croissance de - 0,1 % pour les pays développés qui présentaient des périodes de ratio de dette publique sur PIB supérieurs à 90 %.

Sauf que certains tris effectués dans le tableur des données se sont révélés erronés (notamment le tri concernant la Nouvelle Zélande), l'étude d'avril 2013 estimant le chiffre de croissance moyenne à + 2,2 % au lieu de - 0,1 % !

Ce qui n'est pas la même histoire, et ce qui surtout décrédibilise les travaux des économistes Reinhart et Rogoff, pourtant abondamment cités depuis 2010.

Mais qui a contrôlé les travaux publiés en avril 2013 par ceux-là mêmes qui critiquent ?

De manière aussi incroyable que cela puisse paraître, InvestigationFin va démontrer que les travaux de Thomas Herndon, Michael Ash et Robert Pollin sont loin d'être exempts de critiques.

Bienvenue dans une plongée sous-marine à haute profondeur dans un océan de chiffres !

Les travaux de contrôle InvestigationFin ont porté sur le fameux fichier RR.xls à partir duquel les moyennes sont calculées :

- Partie I un premier contrôle pour vérifier pays par pays la répartition du nombre d'années dette sur PIB par seuils ainsi que la croissance moyenne par seuils ;

- Partie II un deuxième contrôle pour vérifier pays par pays et année par année la pertinence des données de dette, de PIB de PIB réel et de croissance annuelle du PIB

A vous de me vérifier maintenant !

Sources principales :

- étude de janvier 2010 : Growth in a time of debt par Carmen M. Reinhart et Kenneth S. Rogoff
http://www.nber.org/papers/w15639

- étude d'avril 2013 : Does High Public Debt Consistently Stifle Economic Growth? A Critique of Reinhart and Rogoff par Thomas Herndon Michael Ash Robert Pollin
http://www.peri.umass.edu/fileadmin/pdf/working_papers/working_papers_301-350/WP322.pdf

- fichier de données RR.xls
http://www.peri.umass.edu/fileadmin/pdf/working_papers/working_papers_301-350/HAP-RR-GITD-code.zip

Synthèse des constats

I. Contrôle pays par pays du nombre d'années dette sur PIB par seuil et de la croissance moyenne par seuils

Trois pays pour lesquels le recensement du nombre d'années par seuil de dette sur PIB et la croissance moyenne associée présentent des écarts, certes non singificatifs : Pays-Bas, France, Grèce
Pour les 17 autres, pas d'écarts relevés.

Alors que l'étude d'avril 2012 dénonce une grossière erreur de report dans l'étude Reinhart Rogoff concernant la Nouvelle Zélande, en plus d'autres erreurs sur ce pays, (la moyenne de croissance du seuil supérieur à 90 % de -7,6 % a en fait été reprise à - 7,9 % !), ils commettent également une erreur de report dans la Table A1 de la page 24 sur la Grèce puisqu'ils indiquent 3,1 % alors que le chiffre correct est de 2,9 %, d'ailleurs indiqué dans la Table 2 de la page 20 !

erreur report Grèce 2,9 3,1

Erreur qui néanmoins ne modifie pas le résultat pour le seuil supérieur à 90 % (ils ont bien pris 2,9 dans le calcul de la moyenne) mais qui démontre bien que ces trois économistes Zorro ne sont pas infaillibles ! Mais qui vérifie ?

II. Contrôle par pays année par année de la pertinence des données de dette, de PIB de PIB réel et de croissance annuelle du PIB
II.1. Cas de la France

De manière générale, les données RR.xls de dette sont centrales (Etat), par générales (Etat plus collectivités plus sécurité sociale).

Si on se réfère, pour la France aux données FMI Eurostat 18_data.xls (General Government) et 18_data.xls (Central Government), ce ne sont pas 10 années dans le seuil entre 60 et 90 % mais 7 !

II.2 Etats-Unis. Erreurs dans la base de données RR.xls

Résultat du rapprochement avec les données Bea.gov :
- dette, écart sur 2008
- PIB, écarts de 2004 à 2010

II.3. Nouvelle Zélande. Beaucoup de questions

Décalage d'une année entre la série colonne GDP1 dans RR.xls et dans une série de l'institut statistique néo-zélandais ! Exemple ! le chiffre 799 correspond à GDP1 dans RR.xls pour 1945 et à 1946 dans E1.1 Nominal gross domestic product.xls !

Idem pour GDP2.

Pour le seuil de ratio dette sur PIB supérieur à 90 % cela entraînerait la prise en compte de l'année 1950, ce qui ferait passer la moyenne de croissance pour la Nouvelle Zélande de 2,6 % à 4,6 % ! Avec 10 pays concernés, l'impact sur le résultat est de + 0,2 % !

Les données RGDP1 n'ont pu être rapprochées des tables statistiques néo zélandaises.

Les données RR.xls mériteraient d'être revues plus en profondeur par d'autres chercheurs qu'InvestigationFin.

II.4. Les croissances en volume du PIB

Pour la comparaison de 2001 à 2009 avec les données FMI WEO d'octobre 2009 seuls trois pays présentent des écarts : le Portugal, la France et le Canada.

Les données FMI WEO d'octobre 2010 montrent que les chiffres de croissance ont pu évoluer parfois sensiblement dès 2002.

Les données FMI disponibles parfois jusqu'en 1980 permettent parfois de recouper avec le fichier RR.xls, parfois non.

De nouvelles moyennes de croissance par seuil ont pu être calculées à partir des données FMI :

- Portugal pour les 7 années du seuil entre 60 et 90 % cela donne 2,7 % au lieu de 1,9 % dans l'étude d'avril 2013 ; pour les 9 années du seuil entre 30 et 60 % cela donne 2,55 % au lieu de 3,5 % dans l'étude d'avril 2013
- France pour les 10 années du seuil entre 60 et 90 % cela donne 1,38 % au lieu de 3,0 % dans l'étude d'avril 2013
- Canada pour les 3 années du seuil > 30 % (2006 à 2008) cela donne 1,93 % (données WEO octobre 2009) au lieu de 2,5 % dans l'étude d'avril 2013

Pour la Nouvelle Zélande, effectuer le calcul par seuil avec les croissances de PIB réel du fichier E1.2 Real gross domestic product.xls entraîne des résultats sensiblement différents :

9 années seuil < 30 % : économistes avril 2013 2,5 % autre calcul 3,0 %
33 années seuil entre 30 et 60 % : économistes avril 2013 2,9 % autre calcul 2,8 %
17 années seuil entre 60 et 90 % : économistes avril 2013 3,9 % autre calcul 2,5 %
5 années seuil > 90 % : économistes avril 2013 2,6 % autre calcul 3,4 %

I. Contrôle pays par pays du nombre d'années dette sur PIB par seuil et de la croissance moyenne par seuils

L'objectif est de vérifier si les données publiées dans la Table A-1 Average real GDP growth and years by country and debt/GDP category en pages 25 et 26 de l'étude d'avril 2013 sont correctes :

extrait étude avril 2013 p 25 26

C'est à partir de ce tableau que les résultats principaux de l'étude (table 3 en page 21) ont été obtenues, concernant la moyenne de croissance du PIB selon la catégorie de ratio dette sur PIB :
- inférieur à 30 % : 4,2 % (calcul InvestigationFin à partir des données arrondis au dixième 4,0)
- entre 30 et 60 % : 3,1 % (calcul InvestigationFin à partir des données arrondis au dixième 3,0)
- entre 60 et 90 % : 3,2 % (calcul InvestigationFin à partir des données arrondis au dixième 3,1)
- supérieur à 90 % : 2,2 % (calcul InvestigationFin à partir des données arrondis au dixième 2,0)

La vérification du correct calcul des moyennes à six chiffres après la virgule a pu être effectuée lundi 6 mai 2013 à partir de la page web Reinhart-Rogoff replication :
http://nbviewer.ipython.org/urls/raw.github.com/vincentarelbundock/Reinhart-Rogoff/master/reinhart-rogoff.ipynb

Il y a un certain nombre de pays (17) pour lesquels le recensement du nombre d'années par seuil de dette sur PIB et la croissance moyenne associée semblent corrects :

UK, US, Sweden, Spain, Portugal, Norway, New Zealand, Finland, Japan, Italy, Ireland, Germany, Denmark, Canada, Belgium, Austria, Australia

Pour d'autres (3), il y a des écarts pas significatifs, mais des écarts tout de même :

- Netherlands seuil entre 30 et 60 % nombre d'années selon économistes 34 nombre d'années selon InvestigationFin 35 moyennes de croissance sur PIB correctement retrouvées avec 34, tout se passe comme si l'année 1956 n'avait pas été prise en considération alors que les données (Debt, GDP2, RGDP1) sont disponibles dans RR.xls !

- France :
seuil entre 30 et 60 % nombre d'années selon économistes 20 nombre d'années selon InvestigationFin 21. Bizarrement il semble que l'année 1978 n'ait pas été prise en considération, car sans 1978 la moyenne des évolutions RGDP1 puis RGDP2 donne bien 2,616159 %. Dans leur rapport les économistes écrivent en effet "For example, public debt/GDP is unavailable for France for 1973-1978". Pourtant, le fichier RR.xls indique bien des données Debt2 (1978 : 72 800) et GDP2 (241 225,0) induisant un ratio Debt2/GDP2 de 30,2 % avec une évolution RGDP1 de + 3,79 %. Avec 1978, la moyenne du seuil devient 2,67 % au lieu de 2,62 %.

- Greece :
seuil inférieur à 30 % nombre d'années selon économistes 13 (en démarrant depuis 1970 seulement la moyenne du seuil 4,001282 % est retrouvée) nombre d'années selon InvestigationFin 34 en démarrant de 1948 (pas de donnée Debt/GDP1 pour 1949). En démarrant en 1948 la moyenne du seuil serait de 5,46 % et non de 4,00 % !
seuil supérieur à 90 % nombre d'années 19 identique entre économistes et InvestigationFin mais moyennes de croissances 2,91 % selon InvestigationFin ok page 20 table 2 (2,9 %) mais erreur de report dans la table A1 (3,1 %)

Les auteurs de l'étude critique d'avril 2013 n'ont pas détaillé comment ils étaient parvenus à leurs chiffres de la Table A-1, ce qu'ils reprochaient d'ailleurs à l'étude de janvier 2010 :

"On their website, Reinhart and Rogo provide public access to country historical data for public debt and GDP growth in spreadsheets with complete source documentation.3 However, the spreadsheets do not include guidance on the exact data series, years, and methods used in RR."

II. Contrôle par pays année par année de la pertinence des données de dette, de PIB de PIB réel et de croissance annuelle du PIB

On aurait pu s'attendre à ce que les auteurs de l'étude critique d'avril 2013 vérifient également les données historiques à l'origine des erreurs de tri.

Pourtant, page 5 de leur rapport :

"We largely accept the RR data on debt/GDP and real GDP growth as given and do not pursue the implications of data gaps."

C'est un peu léger !

II.1. Cas de la France

Données RR de 1946 à 2009 :

- Debt1 de 1946 à 1972
- Debt2 de 1978 à 2009
- Debtalt (identique à Debt2) de 1978 à 2009
- GDP1 de 1950 à 2008
- GDP2alt de 1949 à 2008
- GDP2 de 1949 à 2009
- RGDP1 de 1949 à 1982
- RGDP2 de 1980 à 2009
- Infl de 1946 à 2009

Les données Debt2 et Debtalt ont pu être rapprochées avec les données Insee base 2005 Dette APU Maastricht valeur de marché, mais des écarts portent sur les années 1995 à 2009.

Les données GDP2alt ont pu être rapprochées avec les données Insee base 2000 PIB courant, sauf pour 2007 et 2008.

Les ratios dette sur PIB qui permettent d'obtenir 10 années entre 60 et 90 % sont Debt2 / GDP2

Difficile par conséquent de recouper exactement.

Surtout que le chiffre Debt2 / GDP2 de 2009 est de 60,0 %.

Pou qui connaît le niveau dette sur PIB de la France, cela paraît bien peu.

Eurostat et le FMI donnent 79,2 % pour le ratio dette publique sur PIB.

Les données de dette sur PIB publiés par ailleurs par Reinhart et Rogoff (fichier 18_data.xls pour la France) montrent :
http://www.reinhartandrogoff.com/data/browse-by-topic/topics/9/
http://www.reinhartandrogoff.com/user_uploads/data/18_data.xls

- 77,245 % dette de l'Etat (Central Government)
- 78,077 % dette publique (General Government)

Or justement, la colonne Gross Central Government dans 18_data.xls correspond à debt alt/GDP2alt de 1978 à 2008.

Pourtant, la colonne Debtalt/GDP2alt ne fournit que 6 années (en l'absence de ligne pour 2009) dans le seuil entre 60 et 90 % ! Et non 10 (colonne Debt2 / GDP2).

Si on se réfère aux données FMI Eurostat 18_data.xls (General Government) et 18_data.xls (Central Government), ce ne sont pas 10 années dans le seuil entre 60 et 90 % mais 7 !

De manière générale, les fichiers Reinhart et Rogoff de dette sur PIB indiquent que dans le fichier RR.xls ce sont les données de dette de l'Etat seulement qui ont été pris en considération et pas les données de dette publique ! Ce qui pour certains pays, comme la France (administrations de sécurité sociale, administrations publiques locales), peut être conséquent !

II.2 Etats-Unis. Erreurs dans la base de données RR.xls

Les données de dette (colonne Debt dans RR.xls) ont pu être rapprochées des données 2000 2012 du BEA (http://www.bea.gov/).

Elles correspondent excepté 2008 ! 10 024,7 trillons de dollars dans BEA contre 10 699,8 dans RR.xls !

US copie écran erreur debt 2008

Autre écart, cette fois sur le PIB !

La table 1.1.5 GDP montre des chiffres identiques de 1929 à 2003, mais des écarts de 2004 à 2010 :

US copie écran erreur PIB 2004 2010

Ces écarts ne modifient pas les résultats du nombre d'années par seuil de ratio dette sur PIB.

II.3. Nouvelle Zélande. Beaucoup de questions

Le cas de la Nouvelle Zélande est important car le pays a donné lieu à un écart important entre les deux études de 2010 et 2013 concernant le seuil supérieur à 90 %.

L'étude d'avril 2013 recense 5 années de ratio dette sur PIB supérieur à 90 %, pour une moyenne de croissance de PIB de 2,6 %.

Avec Debt/GDP1, les 5 années sont : 1946 1947 1948 1949 1951
En créant une colonne d'évolution RGDP1 relativement à l'année précédente et en totalisant sur les 5 années, on trouve 2,575 %, soit 2,6 % arrondi !

Pour la colonne Debt, le fichier D4.1 Central government debt.xls permet de recouper par la colonne Consolidated Total Central Government Debt (chiffres de 1858 à 2001). Pas d'écart de 1993 à 2001. Quelques écarts assez faibles sur plusieurs années et écarts plus importants sur certaines années : 1992, 1972 à 1975, 1946 à 1949.

Exemple 1946 : fichier RR.xls Debt 1140,5 fichier fichier D4.1 Central government debt.xls 1188,0

http://www.stats.govt.nz/browse_for_stats/economic_indicators/NationalAccounts/long-term-data-series/~/media/Statistics/browse-categories/economic-indicators/national-accounts/Long-term%20data%20series/D%20Government/table-d4-1.xls

Pour la colonne GDP1, le fichier E1.1 Nominal gross domestic product.xls permet de recouper par la colonne Nominal GDP 9 NZIER Easton 90 (données de 1933 à 1960) les données GDP1 de 1933 à 1956 SAUF QU'il y a un décalage d'une année !

Exemple ! le chiffre 799 correspond à GDP1 dans RR.xls pour 1945 et à 1946 dans E1.1 Nominal gross domestic product.xls !

NZ copie écran erreur année

http://www.stats.govt.nz/browse_for_stats/economic_indicators/NationalAccounts/long-term-data-series/~/media/Statistics/browse-categories/economic-indicators/national-accounts/Long-term%20data%20series/E%20National%20Income/table-e1-1.xls

Pour les années 1957 à 1960 il y a un écart même avec le chiffre décalé. Sinon, pour les années 1961 à 2004 impossible de recouper avec le fichier E1.1 Nominal gross domestic product.xls : colonnes Consolidated, IMF, NZ System of National Accounts ou autres colonnes.

Pour la colonne GDP2, le fichier E1.1 Nominal gross domestic product.xls permet de recouper par la colonne Nominal Consolidated (données de 1860 à 200) les données GDP2 de 1948 à 1993 SAUF QU'il y a AUSSI un décalage d'une année !

Exemple ! le chiffre 990,0 correspond à GDP2 dans RR.xls pour 1948 et à 1949 dans E1.1 Nominal gross domestic product.xls !

C'est bien gentil tout cela, mais cela a une conséquence sur le ratio Debt/GDP1 qui a permis aux auteurs de l'étude de 2013 de prétendre à 5 années dans le seuil supérieur à 90 %.

Car d'après mes calculs il faut rajouter 1950 et 1952 ! C'est un total de 7 années au lieu de 5.

Or justement en 1950 l'évolution de RGDP1 donne 14,7 %. En tenir compte modifie sensiblement la moyenne du seuil, qui passe de 2,6 % à 4,6 % !

Qu'en est-il de RGDP1 plus précisément ?

Le fichier E1.2 Real gross domestic product.xls est censé aider.

http://www.stats.govt.nz/browse_for_stats/economic_indicators/NationalAccounts/long-term-data-series/~/media/Statistics/browse-categories/economic-indicators/national-accounts/Long-term%20data%20series/E%20National%20Income/table-e1-2.xls

Mais aucune colonne ne permet de rapprocher de RGDP1.

Dans le fichier Maddison des données historiques, on retrouve les chiffres RGDP1 dans GDP (1990 Int. GK$).

http://www.ggdc.net/MADDISON/Historical_Statistics/horizontal-file_02-2010.xls

En fait, les données réelles de GDP dans RGDP1 sont en dollars internationaux, convertis un coefficient dit de Geary-Khamis PPP converter.

Dans le livre The World Economy Volume 1, Table A&b :
Nouvelle Zélande 1913 5 781 (idem RGDP1) ; 1950 16 136 (idem RGDP1) ; 1973 37 177 (idem RGDP1) ; 1990 46 729 (idem RGDP1); 1998 56 322 (écart avec RGP1 57 449)

Extrait World Economy Volume p184

La page 189 permet de recouper pour 1990 avec le fichier de l'institut statistique néo-zélandais.

The World Economy Volume p189

GDP in national currency 72 776
Geary-Khamis PPP converter 1.5574
GDP in million international dollars 46 729 (RGDP1)

On a bien 72 776 / 1.5574 = 46 729.

En revanche 72 776 ne correspond pas trop à la colonne Real GDP 2000$ rebased pour 84 545 ou Consolidated 1991/1992 pour 73 607 !

Du coup, comment cela se passe pour les évolutions annuelles de croissance du PIB réel ?

Moyenne des évolutions RGDP1 sur 5 années : 1946 1947 1948 1949 1951 : 2,57 %
Moyenne des évolutions RGDP1 sur 7 années : 1946 à 1951 : 4,56 %

Moyenne des Annual Change Consolidated fichier table-e1-2.xls sur 5 années : 1946 1947 1948 1949 1951 : 3,43 %
Moyenne des Annual Change Consolidated fichier table-e1-2.xls sur 7 années : 1946 à 1951 : 2,37 %

La pertinence des données du fichier RR.xls mériterait bien plus ample intérêt !

II.4. Les croissances en volume du PIB

Pour la Nouvelle Zélande, je montrais qu'un fichier (E1.2 Real gross domestic product.xls) de l'institut statistique néo zélandais montrait des évolutions de PIB réel différentes du fichier RR.xls colonne RGDP1.

Effectuons le calcul avec les mêmes années de seuil que l'étude d'avril 2013 mais avec les croissances de PIB réel du fichier E1.2 Real gross domestic product.xls : colonne annual change de Real GDP 2000$m (rebased) de 1946 à 2003 (données non affichées de 2004 à 2009).

Les résultats diffèrent quelque peu !

9 années seuil < 30 % : économistes avril 2013 2,5 % autre calcul 3,0 %
33 années seuil entre 30 et 60 % : économistes avril 2013 2,9 % autre calcul 2,8 %
17 années seuil entre 60 et 90 % : économistes avril 2013 3,9 % autre calcul 2,5 %
5 années seuil > 90 % : économistes avril 2013 2,6 % autre calcul 3,4 %

Un autre travail de recoupement semble utile, celui qui consiste à se rapprocher des données FMI et Eurostat sur la croissance :

Eurostat : fichier nama_gdp_k.xls PIB en volumes variation en pourcentage par rapport à la période précédente
http://epp.eurostat.ec.europa.eu/portal/page/portal/statistics/search_database

FMI : fichier weoreptc.aspx World Economic Outlook Database April 2013

A la date où le fichier RR.xls avait été publié c'est le WEO d'octobre 2009 qui était disponible, une comparaison a également été effectuée avec le WEO d'octobre 2010.

http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2010/02/weodata/WEOOct2010all.xls
http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2009/02/weodata/index.aspx
http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2010/02/weodata/index.aspx

Synthèse des 20 pays :

Pour la comparaison de 2001 à 2009 avec les données FMI WEO d'octobre 2009 seuls trois pays présentent des écarts : le Portugal, la France et le Canada.

Les données FMI WEO d'octobre 2010 montrent que les chiffres de croissance ont pu évoluer parfois sensiblement dès 2002.

Les données FMI disponibles parfois jusqu'en 1980 permettent parfois de recouper avec le fichier RR.xls, parfois non.

De nouvelles moyennes de croissance par seuil ont pu être calculées à partir des données FMI :

- Portugal pour les 7 années du seuil entre 60 et 90 % cela donne 2,7 % au lieu de 1,9 % dans l'étude d'avril 2013 ; pour les 9 années du seuil entre 30 et 60 % cela donne 2,55 % au lieu de 3,5 % dans l'étude d'avril 2013
- France pour les 10 années du seuil entre 60 et 90 % cela donne 1,38 % au lieu de 3,0 % dans l'étude d'avril 2013
- Canada pour les 3 années du seuil > 30 % (2006 à 2008) cela donne 1,93 % (données WEO octobre 2009) au lieu de 2,5 % dans l'étude d'avril 2013

Les données Eurostat sont globalement en adéquation avec celles du FMI sauf quelques années : Suède, Espagne, Norvège (2008 2009), France (1980), Allemagne, Danemark (1980), Belgique (1995), Autriche

1) UK
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : 2009 ok avec dRGDP 2001 à 2008 ok avec évolRGDP (calculé par InvestigationFin)
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : données différentes à partir de 2006 notamment pour 2008 (-0,1 au lieu de 0,7) et 2009 (-4,9 au lieu de -4,4)
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : écarts récurrents moyenne de 1980 à 2009 selon RR.xls 2,17 % selon FMI 2,43 %
Eurostat de 1950 à 2009 : données arrondies au dixième identiques de 1980 à 2009 au FMI avril 2013

2) US
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec évolRGDP (calculé par InvestigationFin)
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : données différentes à partir de 2007 notamment pour 2008 (0,0 au lieu de 0,4)
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : ok de 1980 à 2002 ; écarts de 2003 à 2009 surtout 2008 (-0,34 au lieu de 0,4)
Eurostat de 1971 à 2009 : données arrondies au dixième identiques de 1980 à 2009 au FMI avril 2013 ; données de 1971 à 1979 cohérentes avec évolRGDP (calculé par InvestigationFin)

3) Suède
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin)
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : données différentes dès 2002 notamment pour 2007 (3,3 au lieu de 2,6)
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : que des écarts 1980 avec évolRGDP1 (calculé par InvestigationFin) et de 1981 à 2009 avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) moyenne de 1980 à 2009 selon RR.xls 1,98 % selon FMI 2,17 %
Eurostat de 1951 à 2009 : données arrondies au dixième parfois très différentes des données FMI dont 1980 (Eurostat 1,7 FMI 4,56) 1993 (Eurostat -2,1 FMI -0,4) 2004 (Eurostat 4,2 FMI 3,71) ; données de 1951 à 1979 en écart avec évolRGDP1 (calculé par InvestigationFin)

4) Espagne
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin)
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écart seulement pour 2009 (- 3,7au lieu de -3,8) ce qui est normal avec WEO octobre 2009
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) de 1980 à 2000 WEO octobre 2009 de 2001 à 2009
Eurostat de 1981 à 2009 : données arrondies au dixième non identiques parfois au FMI avril 2013 notamment 1981 (Eurostat -0,1 FMI -0,41) 1995 (Eurostat 5,0 FMI 4,12)

5) Portugal
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : écarts avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) ; pour les 7 années du seuil entre 60 et 90 % cela donne 2,7 % au lieu de 1,9 % dans l'étude d'avril 2013
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écarts dès 2002 avec WEO octobre 2009
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : écarts importants avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) exemple 1987 (évolRGPD2 1,78 % FMI 7,63 %) ; pour les 9 années du seuil entre 30 et 60 % cela donne 2,55 % au lieu de 3,5 % dans l'étude d'avril 2013
Eurostat de 1996 à 2009 : données arrondies au dixième identiques au FMI avril 2013

6) Norvège
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin)
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écart de 2007 à 2009 (2007 2,7 au lieu de 3,1) avec WEO octobre 2009
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : 1980 écart (4,52 pour FMI contre 4,9) avec évolRGDP1 (calculé par InvestigationFin) ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) de 1981 à 2001 ; faible écart avec WEO octobre 2010 sauf 2008
Eurostat de 1971 à 2009 : données arrondies au dixième identiques au FMI avril 2013 de 1980 à 2007, écart 2008 et notamment 2009 (FMI -1,36 Eurostat -1,6) ; de 1971 à 1979 écart avec évolRGDP1 (calculé par InvestigationFin)

7) Pays-Bas
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin)
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écart de 2007 à 2009 (2007 3,9 au lieu de 3,6) avec WEO octobre 2009
WEO fichier xls avril 2013 de 1981 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) de 1981 à 1988 et 1996 à 2006 écarts de 1989 à 1995 exemple 1989 (FMI 4,42 évolRGDP2 4,78)
Eurostat de 1970 à 2009 : données arrondies au dixième identiques au FMI avril 2013 de 1989 à 2009 et en 1984 et 1987 ; de 1970 à 1980 écart avec évolRGDP1 (calculé par InvestigationFin)

8) Nouvelle Zélande
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec dRGDP
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écarts avec WEO octobre 2009 sauf 2002 et 2003
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : ok  avec dRGDP de 1980 à 1986 écarts après

9) Finlande
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin)
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écarts avec WEO octobre 2009 exemple 2004 (4,1 contre 3,7) et 2007 (5,3 contre 4,2)
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : de 1980 à 2001 légers écarts avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) ; écart important avec WEO octobre 2010 sur 2009 (-8,54 contre -8,0) et 2008 (0,29 contre 0,9)
Eurostat de 1976 à 2009 : données arrondies au dixième identiques au FMI avril 2013 de 1980 à 2009 et en 1984 et 1987 ; de 1977 à 1979 écart avec évolRGDPalt (calculé par InvestigationFin)

10) Japon
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin)
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écart de 2007 à 2009 (2008 -1,2 au lieu de -0,7) avec WEO octobre 2009
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) de 1981 à 1999 ; écart en 1980 (FMI 3,18 contre 4,63) avec évolRGDP (calculé par InvestigationFin)
Eurostat de 1981 à 2009 : données arrondies au dixième identiques au FMI avril 2013 de 1981 à 2009

11) Italie
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec dRGDP
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écarts de 2007 à 2009 avec WEO octobre 2009
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : ok avec dRGDP de 1980 à 2000
Eurostat de 1991 à 2009 : données arrondies au dixième identiques au FMI avril 2013 de 1991 à 2009

12) Irlande
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec dRGDP
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écarts de 2005 à 2009 avec WEO octobre 2009
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : ok avec dRGDP de 1980 à 1995 et 1997 ; écarts avec dRGDP pour 1996 1998 à 2001 ; écarts avec WEO octobre 2010 de 2002 à 2009
Eurostat de 1996 à 2009 : données arrondies au dixième identiques au FMI avril 2013 de 1996 à 2009

13) France
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : écarts avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin)
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écarts en 2005 2008 et 2009 avec WEO octobre 2009
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : écarts avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) de 1981 à 2009 ; pour les 10 années du seuil entre 60 et 90 % cela donne 1,38 % au lieu de 3,0 % dans l'étude d'avril 2013
Eurostat de 1950 à 2009 : données arrondies au dixième identiques au FMI avril 2013 de 1981 à 2009 sauf 1980 (Eurostat 1,6 FMI 1,81 Insee 1,6) écarts avec évolRGDP1 (calculé par InvestigationFin) de 1950 à 1980

14) Grèce
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec dRGDP
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écarts 2003 2004 2005 2007 2008 et 2009 avec WEO octobre 2009, pas surprenant !
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : ok avec dRGDP de 1980 à 2002 sauf 1995 (FMI 3,04 dRGDP 2,1) et 2000 (FMI 3,53 dRGDP 4,48)
Eurostat de 1996 à 2009 : données arrondies au dixième identiques au FMI avril 2013 de 1996 à 2009

15) Allemagne
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin)
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écarts de 2005 à 2009 avec WEO octobre 2009
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) de 1981 à 1991 écarts de 1992 à 2009
Eurostat de 1992 à 2009 : données arrondies au dixième identiques au FMI avril 2013 uniquement en 1993 1994 1996 2002 2003 2009 sinon écarts !

16) Danemark
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin)
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écarts de 2006 à 2009 avec WEO octobre 2009
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) de 1981 à 2005 ; écart avec évolRGDP1 (calculé par InvestigationFin) en 1980 (FMI -0,37 écolRGDP1 -0,44)
Eurostat de 1967 à 2009 : données arrondies au dixième identiques au FMI avril 2013 de 1981 à 2009 écart sur 1980 ; écarts avec évolRGDP1 (calculé par InvestigationFin) de 1967 à 1975 (données évolRGDP1 pas disponibles de 1976 à 1979)

17) Canada
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : écart avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) de 2001 à 2009, écarts aussi avec évolRGDP1 (calculé par InvestigationFin) sauf 2003 et 2004
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écarts de 2006 à 2008 avec WEO octobre 2009
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : écarts avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) et évolRGDP1 (calculé par InvestigationFin)
pour les 3 années du seuil > 30 % (2006 à 2008) cela donne 1,93 % (données WEO octobre 2009) au lieu de 2,5 % dans l'étude d'avril 2013

18) Belgique
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin)
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écarts de 2002 à 2009 avec WEO octobre 2009
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : écarts avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) de 1981 à 2009 sauf cohérence à l'arrondi sur quelques années 1982 1986 1990 1991 1997
Eurostat de 1981 à 2009 : données arrondies au dixième identiques au FMI avril 2013 sauf 1995 (coquille ? Eurostat 22,9 FMI 2,39)

19) Autriche
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec dRGDP
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écarts de 2006 à 2009 avec WEO octobre 2009
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : ok avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) de 1980 à 1988 puis écarts
Eurostat de 1977 à 2009 : données arrondies au dixième identiques au FMI avril 2013 de 1989 à 2009 écarts avant

20) Australie
WEO octobre 2009 de 2001 à 2009 : ok avec dRGDP
WEO octobre 2010 de 2002 à 2009 : écarts de 2002 à 2009 avec WEO octobre 2009
WEO fichier xls avril 2013 de 1980 à 2009 : écarts avec évolRGDP2 (calculé par InvestigationFin) de 1980 à 2009

N.B :

dRGDP variation par rapport à l'année précédente du PIB réel RGDP (colonne dans RR.xls)

évolRGDP variation par rapport à l'année précédente du PIB réel RGDP (calcul InvestigationFin)

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19 avril 2013

Revue analytique des résultats du premier trimestre 2013 de JP Morgan, Citi, Goldman Sachs, Morgan Stanley et Bank of America.

Une revue des résultats est effectuée comparativement aux résultats du quatrième trimestre 2012, avec une importance particulière accordée à la partie Fixed Income de la Banque de Financement et d'Investissement.

Doivent suivre dans une deuxième partie les banques suivantes : Crédit Suisse Deutsche Bank, RBS, Barclays, HSBC, BNP Paribas, UBS et Société Générale.

Les aspects suivants vont être abordés :

- évolution des résultats relativement au quatrième trimestre 2012 ;
- analyse spécifique sur les activités de Fixed Income.

Je précise que mon approche de revue analytique des résultats n'aborde pas ou très peu la problématique de la liquidité et du bilan. N'hésitez pas à recouper le contenu de cet article pour y détecter des anomalies ou pour l'améliorer, merci d'avance.

Revue des résultats du quatrième trimestre 2012 partie 1 :
http://investigationfin.canalblog.com/archives/2013/01/21/26210216.html
Revue des résultats du quatrième trimestre 2012 partie 2 :
http://investigationfin.canalblog.com/archives/2013/03/08/26597347.html

Synthèse

Profits en hausse (notamment Citi et BoA).

JP Morgan 12 avril 2013 Résultat net 6,5 milliards de dollars (+ 0,8 / Q4 2012)

Hausse des revenus en CIB compensée par la hausse des rémunérations ; diminution des charges de litiges (0,9).

Citi 15 avril 2013 Résultat net 3,8 milliards de dollars (+ 2,6 / Q4 2012)

Hausse des revenus en Fixed Income (+ 1,6) effet DVA (+ 0,3) actions (+ 0,35), baisse des dépenses opérationnelles (effet + 1,45) dont litiges et repositionnement du 4 ème trimestre 2012 (+ 1,2) et hausse légère des rémunérations (effet - 0,2) en comparaison des revenus

Goldman Sachs 16 avril 2013 Résultat net 2,3 milliards de dollars (- 0,6/ Q4 2012)

Hausse des revenus en Fixed Income (+1,2) plus que compensée par la hausse des rémunérations (-2,3), atténuée par une baisse des charges de litiges et de dépréciations (+0,6)

Bank of America 17 avril 2013 Résultat net 2,6 milliards de dollars (+ 1,9 / Q4 2012)

Revenus en hausse (+ 4,8) notamment dans le Fixed Income (+ 1,5) et dans la Division services immobiliers par l'absence d'écritures non récurrentes du quatrième trimestre (+ 3,0) notamment garanties FNMA ; charges de litiges stable mais non récurrence d'autres écritures d'autres charges notamment FNMA et foreclosure (1,4).

Morgan Stanley 18 avril 2013 Résultat net 1,3 milliard de dollars (+ 0,5 / Q4 2012)

Revenus en trading Fixed income assez décevant.

Cumul des profits : Q1 2013 16,5 Md$ Q4 2012 11,0 Md$ Q3 2012 7,0 Md$ Q2 2012 12,2 Md$ Q1 2012 11,4 Md$ Q4 2011 7,7 Md$

Effet DVA total entre 2012 Q1 et 2012 Q2 : + 6,95 Md$ ; entre Q2 et Q3 - 6,2 Md$ ; entre Q3 et Q4 + 2,15 Md$ entre 2012 Q4 et 2013 Q1 + 1,3 Md$ d'après mes calculs

1) Comparaison des résultats par rapport au quatrième trimestre 2012

 

PNB T1 2012

PNB T2 2012 

PNB T3 2012 

PNB T4 2012

PNB T1 2013

RN T1 2012

RN T2 2012 

RN T3 2012

RN T4 2012 

RN T1 2013

GS

9,9

6,6 

8,4

9,2

10,1 

2,1 

1,0 

1,5 

2,9

2,3 

JPM

26,8

22,9 

25,9

24,4 

25,8

4,9

5,0 

5,7 

5,7 

6,5

Citi

19,4

18,6

14,0 

18,2

20,5

3,1 

3,0 

0,5

1,2 

3,8 

BoA

22,5

22,2

20,7 

18,9

23,7

0,7

2,5 

0,3 

0,7 

2,6

MS 

6,9

7,0

5,3

7,0 

8,2 

0,1

0,75

-1,0

0,8 

1,3


GS (Net Revenues, including net interest income) JPM (Total net Revenue Managed Basis) Citi (Total Revenues, net of interest expense) BoA (Total revenue, net of interest expense Managed Basis) MS (Net revenues)
ns non significatif, inférieur à 0,05.
Normes comptables : FASB
Données chiffrées en milliards de dollars
T pour Trimestre et Q pour Quarter (trimestre en anglais)
Pour les profits ou pertes : attention aux chiffres différents entre résultat net du Groupe et résultat net après attribution des intérêts minoritaires

JP Morgan managed revenues Q4 2012 24,4 Md$ Q1 2013 25,8 Md$ net income Q4 2012 5,7 Md$ Q1 2013 6,5 Md$

Les Net Revenues (on a managed basis) augmentent de 1,45 milliard de dollars :

- 0,8 en Consumer & Community Banking (11,6 Md$) en mortage fees and related income (-0,6)
+ 2,5 en Corporate & Investment Bank (10,1 Md$) ; dont + 1,6 en Fixed Income Markets (4,8 Md$) ; dont effet DVA + 0,7 (2013 Q1 0,1 Md$) ; dont + 0,45 actions (1,3 Md$)
- 0,1 en Commercial Banking (1,7 Md$) ;
- 0,1 en Asset Management (2,7 Md$) ;
- 0,1 en Corporate Private Equity (- 0,2 Md$) dont - 0,4 revenus sur transactions (- 0,25 Md$) dont + 0,4 gains sur cessions de titres (0,5 Md$).

Le résultat net s'améliore de 0,8 milliard de dollars, ce qui s'explique ainsi :

+ 1,45 hausse des net revenues (reported basis) ;
+ 0,05 baisse des dotations aux provisions de pertes sur crédits (0,6 Md$) ;
- 1,4 hausse des charges de rémunération (8,4 Md$) dont 1,15 en CIB ratio de rémunération CIB à 34 % hors DVA
+ ns baisse des occupency expenses (0,9 Md$) ;
+ 0,4 baisse dans les technology communications equipment expenses, professional and outside services (baisse de 0,3), marketing (3,65 Md$) ;
+ 1,35 baisse des autres charges (2,3 Md$) ; dont + 0,9 Md$ litiges (2012 Q1 2,7 Q2 0,3 Md$ Q3 0,8 Md$ Q4 1,2 Md$ 2013 Q1 0,3 Md$) ;
+ 0,25 amortissement des intangibles (0,15 Md$)
- 1,3 hausse de l'imposition sur les bénéfices (2,6 Md$) ; rappel Q4 2012 ajustements de 620 M$

L'évolution du résultat net par activité est la suivante :

+ 0,6 Consumer & Community Banking (2,6 Md$) ; + 0,55 baisse provision perte de crédits (0,55 Md$) + 1,2 baisse dépenses hors rémunération (3,7 Md$)
+ 0,6 Corporate & Investment Bank (2,6 Md$) ;
- 0,1 Commercial Banking (0,7 Md$) ;
ns Asset Management (0,5 Md$) ;
- 0,25 Corporate Private Equiy (0,25 Md$) dont + 0,5 moindres charges de litiges (Q1 2013 0,2 Md$)

Les pertes avant impôt du portefeuille de dérivés de crédit synthétique CIO comptabilisées :
- Q1 2012 1 378 M$ (dont ajustement à la hausse de 660 M$en raison de soupçons de manipulation de la valorisation par des traders, soit 459 M$ en net income, retraitement du Q1 2012 publié)
- Q2 2012 4 409 M$
- Q3 2012 449 M$
- total 6 236 M$

Le portefeuille de crédit synthétique en extinction a généré une perte faible (non quantifiée) au quatrième trimestre 2012. La durée restante moyenne est de 2 ans et demi.

Bank of America Revenues net of interest expense managed basis Q4 2012 18,9 Md$ Q1 2013 23,7 Md$ net income Q4 2012 0,7 Md$ Q1 2013 2,6 Md$

Les revenus d'activité du premier trimestre 2013 ont augmenté de 4,8 milliards de dollars par rapport au quatrième trimestre 2012 :

ns en Consumer & Business Banking (Q1 2013 7,2 Md$) ;
+ 1,85 en Consumer Real Estate Services (Q1 2013 2,3 Md$) ; dont 1,75 en mortgage (+ 1,5 Md$) rappel Q4 provision pour garanties FNMA (Fannie Mae) 2,5 Md$ ; provisions pour obligations liées à du mortgage insurance rescissions (0,5)
- 0,1 en Global Banking (Q1 2013 4,2 Md$) ;
+ 2,2 en Global Markets (Q1 2013 5,2 Md$), dont + 1,5 en FICC trading (3,3 Md$) ; dont + 0,4 en actions (2013 Q1 1,15 Md$) effet DVA on trading revenues + 0,2 (2013 Q1 -0,05 Md$ 2012 Q4 - 0,3 Md$) ;
+ 0,2 en GWIM gestion de fortune et d'actifs (Q1 2013 4,4 Md$) ;
+ 0,5 en All Other (Q1 2013 0,35 Md$) ; + 0,35 FVO différentiel de valorisation des structured notes de Merrill Lynch (2013 Q1 - 90 M$ 2012 Q4 - 442 M$) ; rappel Q4 provision PPI (225 M$)

Le résultat net augmente de 1,9 milliard de dollars :

1) par nature de charge

+ 4,85 hausse des Revenues net of interest expense (23,5 Md$) ; dont + 0,35 en net interest income ; + 0,8 en noninterest other income (Q1 0,2 Md$), - 0,15 en equity investment income, + 2,2 en trading (Q1 3,0 Md$), + 1,8 en mortgage (Q1 1,3 Md$) ;
+ 0,5 baisse dotation aux provisions pour pertes de crédit (1,7 Md$) ;
- 1,6 hausse des charges de personnel (9,9 Md$) ;
+ 1,8 baisse des autres charges (Q1 2013 8,3 Md$ Q4 2012 10,1 Md$) dont + 0,3 dans les commissions aux professionnels (Q1 2013 0,65 Md$) dont + 1,4 dans Other general operating (Q1 2013 4,0 Md$ Q4 2012 5,4 Md$) ; provision FNMA compensatory fees (Q4 2012 0,3 Md$) ; accélération de l'accord Independent Foreclosure Review (Q4 2012 1,1 Md$) ; niveau litiges 2012 Q4 0,9 Md$ 2013 Q1 0,7 Md$
- 3,65 effet de l'impôt sur les bénéfices (Q4 2012 - 2,6 Md$ Q1 2013 1,0 Md$) ; taux effectif 2013 Q1 de 28 % (attendu un peu plus élevé sur le reste de 2013) ; rappel Q4 produit 0,8 Md$ ajustement lié au taux d'impôt UK

2) par Business Segment

+ 0,05 en Consumer & Business Banking (Q1 2013 1,4 Md$) ;
+ 2,4 Consumer Real Estate Services (Q1 2013 - 1,3 Md$) ; rappel Q4 hausse des charges de 0,7 en Legacy Assets & Servicing
- 0,1 Global Banking (Q1 2013 1,3 Md$) ;
+ 1,15 en Global Markets (Q1 2013 1,35 Md$) ; effet impôt + 0,7 !
+ 0,15 en GWIM (Q1 2013 0,7 Md$) ;
- 1,7 en All Other (Q1 2013 - 0,85 Md$) ; hausse des dépenses - 0,75 page 18 de la présentation : "annual retirement-eligible compensation costs" page 4 0,9 Md$); contradictoire avec la page 9 de la présentation "All other expense of $13.8B in 1Q13 ... – Linked quarter increase driven by approximately $0.8B higher incentive compensation costs primarily associated with performance-based incentive compensation in our markets, banking and, to a lesser degree, wealth management businesses" ; rappel Q4 ajustement lié au taux d'impôt UK de 781 M$ !

Citi US GAAP revenues Q4 2012 18,2 Md$ Q1 2013 20,5 Md$ net income Q4 2012 1,2 Md$ Q1 2013 3,8 Md$

La hausse des « revenues » de 2,3 milliards de dollars entre quatrième trimestre 2012 et le premier trimestre 2013 s'explique ainsi :

- 0,2 Global Consumer Banking (10,0 Md$) ;
+ 2,6 Securities and Banking (7,0 Md$) ; dont effet DVA CVA de + 0,3 ; dont + 1,6 Md$ en Fixed Income Markets (4,6 Md$) ; + 0,35 en Equity (0,8 Md$)
- ns en Transaction Services (2,6 Md$) ;
- 0,15 en Citi Holdings (0,9 Md$) ;
+ 0,1 en Autres / Corporate (- ns).

Effet total DVA/CVA + 0,15 Md$ (Q1 2013 - 0,3 Md$ Q4 2012 - 0,5 Md$ Q3 2012 - 0,8 Md$ Q2 2012 0,2 Md$ Q1 2012 - 1,3 Md$).

La hausse du résultat net de 2,6 milliards de dollars se décompose ainsi :

+ 0,2 Global Consumer Banking (2,0 Md$), baisse des dépenses (- 0,6 à 5,3 Md$)
+ 1,65 Securities and Banking (2,4 Md$);
- ns en Transaction Services (0,8 Md$) ;
+ 0,25 en Citi Holdings (- 0,8 Md$) ;
+ 0,5 en Corporate (- 0,3 Md$) ; rappel Q4 2012 litiges Q4 551 M$ dont 305 M$ foreclosure settlement

Autre décomposition pour comprendre l'évolution de + 2,6 Md$ :

+ 2,3 hausse des « revenues » ;
+ 0,65 baisse des provisions pour pertes sur liées au crédit (2,5 Md$) ;
+ 1,45 baisse des dépenses opérationnelles (12,4 Md$), dont - 0,2 rémunérations (malgré hausse plus importante des revenus !) ; dont 1,2 autres charges : dont 0,85 repositioning charges (2012 Q4 1 028 M$ 2013 Q1 148 M$) et 0,6 litiges (2012 Q4 1 286 M$ 2013 Q1 666 M$) ;
- 1,8 effet défavorable de l'évolution de l'impôt sur les bénéfices (Q1 2013 1,6 Md$) ; taux effectif de 23 - 24 % attendu sur 2012 ; 29 % au Q1 2013 30 % attendu sur 2013 certains bénéfices de filiales étrangères devraient être rapatriés

En conférence de présentation aux analystes, le CEO rappelle que la banque ne fait pas de commentaire sur les revenus de rémunération.

Goldman Sachs Net revenues including net interest income Q4 2012 9,2 Md$ Q1 2013 10,1 Md$ Net earnings Q4 2012 2,9 Md$ Q1 2013 2,3 Md$

La hausse des Net Revenues de 0,85 milliard de dollars entre le quatrième trimestre 2012 et le premier trimestre 2013 s'explique ainsi :

+ 0,15 banque d'investissement (1,55 Md$) ;
- 0,2 Investment management (1,25 Md$) ;
+ 0,05 Commissions and fees (0,8 Md$) ;
+ 0,75 market making (3,4 Md$) ; rappel Q4 2012 gain de 500 M$ dans la vente de l'activité d'administration de Hedge Fund ; effet + 0,05 spreads sur dette propre (2013 Q1 - 77 M$)
+ 0,15 other principal transactions (2,1 Md$)
en Investing & Lending ICBC - 0,3 (Q4 2012 334 M$ Q1 2013 24 M$) ; + 0,3 Md$ sur les autres actions (Q1 2013 + 1 103 M$ Q4 2012 789 M$)
- 0,05 revenus d'intérêts nets (0,9 Md$).

Les profits ont diminué de 0,65 milliard de dollars par rapport au quatrième trimestre 2012 :

+ 0,85 hausse des Net revenues ;
- 2,35 hausse des rémunérations (4,3 Md$) ; ratio de rémunération 2013 Q1 à 43 % (2012 38 %) ;
+ 0,55 baisse des dépenses hors rémunération (2,4 Md$) ; en autres (effet + 0,35) en dépréciation et amortissement (effet + 0,2) ; niveau charges litiges (2013 Q1 110 M$)
+ 0,3 baisse de la charge d'impôt sur les bénéfices (charge de 1,1 Md$), taux effectif 2012 33,3 % 2013 Q1 33 %

Morgan Stanley Net Revenues Q4 2012 7,0 Md$ Q1 2013 8,2 Md$ net income Q4 2012 0,5 Md$ Q1 2013 1,3 Md$

La hausse des Net Revenues de 1,15 milliard de dollars entre le quatrième trimestre 2012 et le premier trimestre 2013 s'explique ainsi :

par nature de revenus d'une part
- 0,2 banque d'investissement (1,2 Md$)
+ 1,2 revenus du trading (2,7 Md$) ; effet DVA + 0,2 Md$
+ ns transactions dans les investissements (0,3 Md$) ;
+ 0,1 commissions (1,2 Md$) ;
+ ns asset management (2,3 Md$) ;
+ 0,05 autres revenus ne provenant pas des intérêts (0,2 Md$) ;
+ ns revenus des intérêts nets (0,2 Md$).

par division d'autre part
+ 1,0 en Institutional Securities (4,3 Md$), dont + 0,8 en Fixed income de Sales & Trading (1,3 Md$) dont effet DVA + 0,2 ; + 0,3 en Equity sales & trading (1,5 Md$) dont effet DVA + 0,1 ;
+ 0,15 en Global Wealth Management Group (3,5 Md$) ;
+ 0,05 en Asset Management (0,6 Md$).

Effet total DVA (spreads crédit sur dette propre) sur MS + 0,1 Md$ : Q1 2013 - 370 M$ Q4 2012 - 0,5 Md$ Q3 2012 -2,3 Md$ Q2 2012 350 M$ Q1 2012 - 2,0 Md$

Le résultat net augmente de 0,45 milliard de dollars :

+ 1,15 hausse des Net Revenues ;
- 0,6 hausse des rémunérations (4,2 Md$) ; ratio de 60 %sur 2012, 52 % sur Q1 2013 ;
+ 0,15 baisse des autres dépenses opérationnelles (2,3 Md$) ; commissions de courtage et frais de conseils
+ 0,05 opérations discontinues ;
- 0,35 évolution de la charge d'imposition sur les sociétés (0,35 Md$) ; taux effectif 21 % (30 hors éléments isolés)

2) Comparaison des PNB des activités de Fixed Income par rapport au quatrième trimestre 2012

 

PNB T1 2011

PNB T2 2011

PNB T3 2011

PNB T4 2011

PNB T1 2012

PNB T2 2012

PNB T3 2012

PNB T4 2012

PNB T1 2013

Goldman Sachs

4,3

1,6

1,7

1,4

3,5

2,2 

2,2 

2,0 

3,2 

JP Morgan

5,2

4,3

3,3

2,5

4,7

3,7

3,7

3,2 

4,8

Citi

3,8*

3,0*

2,3*

1,7

4,7

2,8 

3,7

2,7 

4,6

Bank of America

3,6

2,7

1,8

0,7

2,8 

2,4

2,0

1,6

3,2 

Morgan Stanley

1,8

2,1

3,9

-0,3 

1,0 

1,0 

-0,2

0,5

1,3


Citi * avec CVA DVA ; sinon sans par la suite

JP Morgan Q4 2012 3 177 M$ Q1 2013 4 752 Md$

Revenus moindres dans les taux en comparaison de l'année 2012.

Citi Q4 2012 2,7 Md$ Q1 2013 4,6 Md$

Bank of America en Sales & Trading Revenue Q4 2012 1,6 Md$ Q1 2013 3,2 Md$
chiffres hors DVA
Sinon effet DVA de + 0,15 Md$ (2013 Q1 - 65 M$ Q4 2012 - 237 M$).

Goldman Sachs Q4 2012 2,0 Md$ Q1 2013 3,2 Md$

Effet de l'élargissement des spreads de crédit sur la propre dette de GS quasi nul (2012 Q4 - 79 M$ 2013 Q1 - 42 M$).

Taux en hausse surtout au début du trimestre (comme les autres BFI). Activité client solide dans le crédit. Prix en amélioration dans le mortgage.

Morgan Stanley en Sales & Trading Revenue Q4 2012 0,5 Md$ Q1 2013 1,3 Md$

Dont + 0,1 impact DVA Q1 2013 - 238 M$ Q4 2012 - 330 M$ Q3 2012 - 1 621 M$

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18 avril 2013

Historique du coût du projet de réhabilitation de la Maison de la Radio. Silence radio sur la partie coûts de fonctionnement

Le chantier de réhabilitation de la Maison de la Radio à Paris est en cours. Mais combien coûte-t-il ?

Difficile de le savoir car aucun chiffre actualisé n'est publié.

Ce que confirmait le 11 juillet 2012 le rapport n°658 au nom de la commission des finances du Sénat au titre du règlement des comptes 2011 :

"Il est regrettable que la justification au premier euro ne soit pas plus précise sur le chantier de réhabilitation de la maison de la Radio. En effet, le RAP ne fournit aucune indication sur le respect du calendrier général des travaux, sur les conséquences des dépassements éventuels, ni sur le coût actualisé du chantier."
http://www.senat.fr/rap/l11-658-2/l11-658-2_mono.html

Le dernier chiffrage de l'ensemble du coût du projet (coûts d'investissement et de fonctionnement) date de ... fin 2008 : 470 millions d'euros (euros courants), avant le début en 2009 des travaux !

A comparer aux 238 millions d'euros (euros 2004) de l'IGF en juillet 2004

Depuis fin 2008, et malgré de nombreux problèmes qui sortent dans la presse notamment fin 2012, Radio France assure que le projet ne dérive pas financièrement.

Mais aucun chiffre n'est publié notamment sur la partie coûts de fonctionnement.

A quand un rapport de la Cour des Comptes sur le sujet !

Plan de l'article :
I. Des voix s'élèvent évoquant une dérive financière, ce que conteste Radio France
II. Historique du coût prévisionnel du projet de réhabilitation de Radio France
III. Comparaison entre les budgets annuels/réalisations annuelles d'investissement alloués au projet de réhabilitation et les coûts prévisionnels pour le projet

I. Des voix s'élèvent évoquant une dérive financière, ce que conteste Radio France

Mais, fin 2012, des voix officielles et non officielles ont commencé à évoquer une dérive des coûts :

- 22 novembre 2012, à l'occasion du Projet de Loi de Finances 2013, par la plume de Claude Belot, rapporteur spécial à la mission "Médias, livre et industries culturelles"

"Votre rapporteur spécial souhaite souligner les risques de dérive budgétaire et de calendrier du chantier de rénovation de la Maison de Radio France. En effet, d'après les réponses transmises à son questionnaire budgétaire, en septembre 2012 « un très fort risque de retard pèse sur la suite du chantier, voire une possible interruption des travaux, compte tenu du décalage du départ définitif de RFI23(*) des locaux de la Maison de Radio France et du retard pris sur les phases antérieures du chantier ».
De plus, plusieurs litiges survenus durant l'exécution des travaux, en cours de résolution, entraîneront des « surcoûts imprévus pour Radio France ».
Si le coût d'investissement prévisionnel du projet était, fin septembre 2012, stable par rapport à l'enveloppe prévue par le COM, le ministère de la Culture et de la Communication reconnaît lui-même que « le risque d'un dépassement important du budget initial est croissant »."
http://www.senat.fr/rap/l12-148-318/l12-148-31824.html

- 1 décembre 2012, article de Télérama passé inaperçu L’impossible rénovation de la Maison de la radio

"Hees ouvre le parapluie », murmurent les cassandres, persuadées que le chantier part à la dérive, tant calendaire que budgétaire. Une accusation réfutée avec la dernière énergie par Architecture Studio et par Radio France : si la facture totale est aussi élevée, ce serait à cause d'un mécanisme normal d'actualisation, lié à l'inflation et à la réévaluation des prix des matériaux – auxquels s'ajoute l'enveloppe prévue pour les honoraires, les travaux préparatoires, les imprévus, le déménagement."
http://www.telerama.fr/radio/l-impossible-renovation-de-la-maison-de-la-radio,90059.php

Dans ce ton ambiant, Radio France a cru bon de publier le 27 novembre 2012 une mise au point concernant le suivi financier du chantier de réhabilitation :

"En termes d’investissement, le budget du projet de réhabilitation de la Maison de Radio France a été arrêté à 328 M€ constants dans le COM (Contrat d’Objectifs et de Moyens) signé par l’Etat et Radio France en 2010.

L’enveloppe globale du projet est, à ce jour, maîtrisée d’autant plus que l’avancement de l’opération est à plus de 50% et que l’ensemble des marchés de travaux sont signés.

En sus de cette enveloppe relative aux dépenses d’investissements, un budget global pour couvrir les dépenses de fonctionnement sur la période 2005-2016, a été alloué pour 116 M€. Ces frais prévus dès le départ sont principalement liés à l’hébergement transitoire des équipes de la Maison de la Radio pendant les différentes phases de travaux."

Motus sur la maîtrise de l'enveloppe des frais de fonctionnement alloués au projet.

II. Historique du coût prévisionnel du projet de réhabilitation de Radio France

II.1) Juillet 2004 238 millions d'euros selon l'IGF en juillet 2004

C'est un document du PLF 2005 qui en fait référence à l'automne 2004.
http://www.senat.fr/rap/l04-074-307/l04-074-3078.html

Dès 2003 et 2004 des travaux de mise aux normes de sécurité ont été réalisés pour 13,8 millions d'euros.

Les travaux de réhabilitation sont prévus de 2005 à 2012 (durée de huit ans).

"Un audit préalable de l'inspection générale des finances conduit à l'été 2004 a évalué le besoin de financement à 238 millions d'euros sur huit ans (soit environ 30 millions d'euros par an), dont environ 60 millions d'euros au titre de surcoûts de fonctionnement liés à la location provisoire d'autres locaux."

Il est essentiel de comprendre que le coût du projet se décompose en une partie :
- coûts d'investissements environ 178 millions d'euros selon l'IGF
- coûts de fonctionnement environ 60 millions d'euros selon l'IGF

En fait, comme le raconte en février 2006 le rapport annuel 2005 de la Cour des Comptes, la première estimation du coût du projet avait été effectuée dans le schéma directeur de janvier 2004 : 176 millions d'euros de coûts et travaux en euros de 2004.

Mais l'IGF a chiffré à 238 millions d'euros 2004 le coût global du schéma directeur, la hausse provenant :
- indexation du coût des travaux sur celui de la construction
- nécessité de louer des locaux pendant la période de construction
- minoration des loyers perçus par Radio France
- charge fiscale liée à la création de nouveaux bureaux

http://www.ccomptes.fr/content/download/2347/23476/version/1/file/RadioFrance2.pdf

La Cour soulignait que le maintien dans les lieux présentait un coût supérieur à deux autres solutions. C'est pourtant celle-là qui a été choisie !

Prudente, la Cour écrit, page 636 : "Enfin, compte tenu des risques et aléas de l’opération, le budget prévisionnel sera vraisemblablement exposé à des dérives. Sans méconnaître les aléas des autres solutions, qui tenaient notamment aux conditions et délais dans lesquels la Maison de la Radio pourrait être vendue, la Cour constate que la solution retenue est la plus coûteuse et la plus difficile à mettre en oeuvre."

II. 2) Une rallonge de 10 millions d'euros évoquée dans Les Echos le 26 avril 2005

http://www.lesechos.fr/26/04/2005/LesEchos/19400-71-ECH_la-deuxieme-vie-de-la-maison-de-la-radio.htm

L'ajout d'un auditorium est évoqué, pour une rallonge de 10 millions d'euros en plus des 238 millions d'euros, que Les Echos décompose différemment du PLF 2013 :

- 145 travaux
- 93 logistique : études, opérations tiroir et hébergement provisoire

II. 3) Une première révision à la hausse en février 2007 lors de l'adoption du projet définitif 288 millions d'euros ?

Chiffre évoqué par Mme Franceschini, Directeur du développement des médias, dans le rapport annuel de performance 2007, mais non précisé.

http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/farandole/2007/rap/html/DRGPGMPRESSTRATPGM843.htm

Dans un article du filradio.com le 18 décembre 2008, ce chiffre aurait été présenté au conseil d'administration de Radio France (présidé par Jean-Paul Cluzel) en avril 2007, avant lancement de l'appel d'offres.

D'après le point 4) ci-dessous, 420 /1,46 = 288.

C'est bien 288 millions d'euros qui apparaît courant 2008 dans le PAP 2009 (projet annuel de performances), par Mme Franceschini à nouveau.

"Le COM 2006-2009 prévoyait un financement de l’investissement à hauteur de 241 millions € sur la période 2004-2013, auxquels s’ajoutaient 47 millions € au titre des coûts de fonctionnement, soit un total de 288 millions €."

Décomposition des 288 millions d'euros :

- 241 investissement
- 47 fonctionnement

http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/farandole/2009/pap/html/DBGPGMPRESSTRATPGM843.htm

II.4) Une deuxième révision à la hausse courant 2008 suite aux résultats d'appels d'offres, coût total de 420 millions d'euros courants

Sources budgétaires identiques au point 3) ci-dessus.

420 millions d'euros courants représenterait, selon le RAP 2007, 46 % de plus que les prévisions du COM 2006 - 2009, le contrat d'objectifs et de moyens entre l'Etat et Radio France signé le 21 décembre 2006.

Le fait de passer d'un calendrier de réalisation des travaux 2005-2012 à 2009-2016 n'est évidemment pas sans conséquence !

Malheureusement, le COM 2006 2009 est plutôt muet quant aux chiffres :
http://www.ddm.gouv.fr/article.php3?id_article=1247

L'information apparaît aussi courant 2008 dans le PAP 2009 (projet annuel de performances), par Mme Franceschini.

http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/farandole/2009/pap/html/DBGPGMPRESSTRATPGM843.htm

Décomposition des 420 millions d'euros courants :

- 351 investissement
- 69 fonctionnement

Mme Franceschini évoque 70 millions d'euros de dépassements identifiés l'été 2008 suite aux derniers appels d'offres pour les travaux. Une nouvelle réévaluation est attendue pour octobre 2008.

Le chiffre de 420 millions d'euros est repris par Les Echos, dans un article du 10 octobre 2008 : La crise au secours des travaux de la Maison de la radio.
http://www.lesechos.fr/10/10/2008/LesEchos/20276-73-ECH_la-crise-au-secours-des-travaux-de-la-maison-de-la-radio.htm

Les Echos indique que l'addition aurait pu approcher les 500 millions d'euros (soit 80 de plus, alors que l'article parle de surcoût de 70 millions d'euros !), mais que des discussions menées par la direction de Radio France avec les entreprises concernées devaient permettre de ramener le surcoût à 20, soit 50 millions d'euros d'économies. Les Echos suggère que le surcoût pourrait même être nul puisque la crise financière de 2008 a inversé les rapports de force au détriment des fournisseurs.

II. 5) Réévaluation de fin 2008 : 470 millions d'euros

Un article de lefilradio.com du 19 décembre 2008 évoque l'approbation par le conseil d'administration de Radio France du lancement des travaux de réhabilitation de la Maison de la Radio, "dont le coût prévisionnel en investissement s’établit à 328 M€."
http://www.lefilradio.fr/radio-france_adoption-du-budget-2009-et-lancement-des-travaux_11171.html

Le filradio.com évoque un début des travaux au premier trimestre 2009 et une terminaison fin 2015.

Dans la décomposition précédente des 420 ME, la partie investissement était affichée à 351 millions d'euros.

L'article prétend que "le dépassement sur l'enveloppe initiale de travaux étant ainsi contenu à 13% par rapport à l’estimation présentée au Conseil d’Administration en avril 2007, avant lancement de l’appel d’offres".

A tort ! Car un dépassement de 13 % pour aboutir à 351 ME c'est une base de 290 ME ! Or, à la lecture du point 3) ci-dessus, cette base concerne également les coûts de fonctionnement.

Il aurait donc fallu comparer à une base de 241 millions d'euros d'investissement. Le surcoût est donc de 46 %.

Grossière erreur ou manipulation des chiffres ?

Dans La Tribune le 23 décembre 2012, le PDG d'alors de Radio France, Jean-Paul Cluzel, récidive :

"Au final, les investissements devaient s'élever à 328 millions d'euros. C'est certes plus que les 286 millions autorisés initialement en avril 2007, avant le lancement des appels d'offres, mais les dépassements sont inférieurs à 15 %, toutes choses égales par ailleurs."

http://www.latribune.fr/journal/archives/edition-du-2312/business-techno/107553/la-publicite-est-maintenue-pour.html

Jean-Paul Cluzel comparait des choux (328 investissements seulement) avec des carottes (286 d'avril 2007 investissements et fonctionnements) !

La provision pour aléas est portée à 19,7 millions d'euros.

En réponse à une question sur les coûts de fonctionnement, le PDG d'alors les estimait à 20 millions d'euros, représentant le location des locaux pour France Inter et la direction technique. Alors qu'en avril 2008 de tels coûts de fonctionnement étaient estimés à 69 millions d'euros !

C'est évidemment un tout autre chiffre de coûts de fonctionnement que le nouveau PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, va produire le 6 octobre 2009 devant la commission des finances du Sénat :

http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20091005/fin.html

"Il s'est félicité de la nouvelle négociation des appels d'offres qui a conduit à une économie générale de 85 millions d'euros, sans modification du projet. Il a ajouté que le budget d'investissement s'élève à 328 millions d'euros (en euros 2008) pour l'ensemble du programme, dont un surcoût d'environ 5 millions d'euros pour l'introduction d'un orgue au sein de l'Auditorium et de 8 millions d'euros pour les travaux de désamiantage. Le budget de fonctionnement s'établit, quant à lui, à 115 millions d'euros (en euros courants) sur la période 2005-2015."

328 + 115 font 443 millions d'euros !

Pendant que les PDG successifs se targuent d'avoir fait soi-disant baisser les coûts (d'investissement seulement), le coût global du projet, comprenant les coûts de fonctionnement, augmentent !

Dans les travaux parlementaires de l'automne 2009 pour le PLF 2010, le rapporteur spécial Claude Belot précise les chiffres :
- investissements 355 ME en euros courants 328 ME en euros de juin 2008 !
- fonctionnement 115 ME en euros courant
total 470 ME en euros courants

np173

http://www.senat.fr/commission/fin/pjlf2010/np/np17/np1710.html

La séquence des 355 millions d'euros courants peut être chiffrée ainsi :
2005 6 ME 2006 12 ME 2007 9 ME 2008 11 ME 2009 51 ME 2010 52 ME 2011 42 ME 2012 49 ME 2013 43 ME 2014 42 ME 2015 38 ME total 355 ME

Les travaux ont débuté le 8 juin 2009 et doivent s'achever en février 2016.

Bizarrement, le 31 août 2009, le-media.fr indique "L’ensemble des travaux devrait être terminés en 2013 pour un coût estimé de 384 millions d’euros."

2013 ? 384 ?

http://www.le-media.fr/radio-france-la-renovation-du-batiment-avance.html

L'Expansion récidive le 1 décembre 2012 dans un article sobrement intitulé La Maison de la Radio.

"Ces investissements ont un coût : la facture s'élève à plus de 384 millions d'euros, un budget revu à la hausse en 2007. Auquel se sont ajoutés le projet d'un parking souterrain (27,7 millions d'euros pour 717 voitures et 40 deux-roues) et l'installation d'un orgue (5 millions d'euros). "

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/la-maison-de-la-radio_208148.html

384 + 27,7 + 5 = 416,7 ME

Cela concernerait donc les 420 ME de réévaluation de début 2008, mais pas celle de fin 2008 de 470 ME !

Les chiffres repris par ces articles Le Media et L'Expansion sont donc périmés !

Point sur les surcoûts liés à des travaux nouveaux 50,7 ME : auditorium 10 orgue 5 désamiantage 8 parking souterrain 27,7

Le 7 juillet 2010, un rapport d'information de Mme Catherine Dumas concerne le contrat d'objectifs et de moyens entre Radio France et l'Etat pour 2010-2014.

http://www.senat.fr/rap/r09-645/r09-645.html

La décomposition de la partie investissements en euros courants est fournie, 345 millions d'euros se décomposant ainsi :
- 259,5 travaux dont ceux sous maîtrise d'oeuvre Architecture Studio
- 43,8 maîtrise d'ouvrage et maîtrise d'oeuvre
- 19,7 aléas
- 5,2 divers (équipements techniques radio, taxes et redevances)

II. 6) Pas de réévaluation depuis ....

Du temps s'est écoulé.

Dans Les Echos, le 18 novembre 2011, le PDG de Radio France Jean-Luc Hees concède deux mois de retard à cause des intempéries mais affirme respecter l'enveloppe budgétaire de 328 millions d'euros (valeur juin 2008).

http://archives.lesechos.fr/archives/2011/lesechos.fr/11/18/0201751656672.htm

Motus sur les coûts de fonctionnement ! Comme lors de la mise au point du 27 novembre 2012 par Radio France citée en début d'article.

Les critiques sur les travaux réalisés commencent à sortir dans la presse :

- La Croix, 18 décembre 2011, Ronde des travaux à la Maison de la radio
http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Medias/Info-medias/Ronde-des-travaux-a-la-Maison-de-la-radio-_EP_-2011-12-18-748257

- Télérama, 1 décembre 2012, L’impossible rénovation de la Maison de la radio
http://www.telerama.fr/radio/l-impossible-renovation-de-la-maison-de-la-radio,90059.php

Le 11 juillet 2012; le rapport n°658 au nom de la commission des finances du Sénat déposé au titre du règlement des comptes 2011 (déjà cité en début d'article) évoquait un retard plus important : parking livré en août 2011, achèvement de la première phase en septembre 2011 avec 5 mois et demi de retard, travaux de l'auditorium lancés en novembre 2011.
http://www.senat.fr/rap/l11-658-2/l11-658-2_mono.html

Le 18 septembre 2012, l'Unsa Radio France évoque des dépassements au-delà de 100 millions d'euros !
http://www.unsaradiofrance.fr/5-categorie-12314373.html

Le 22 novembre 2012, une dérive budgétaire est évoquée dans un rapport général destiné au PLF 2013 par le rapporteur Claude Belot.
http://www.senat.fr/rap/l12-148-318/l12-148-31824.html

"Si le coût d'investissement prévisionnel du projet était, fin septembre 2012, stable par rapport à l'enveloppe prévue par le COM, le ministère de la Culture et de la Communication reconnaît lui-même que « le risque d'un dépassement important du budget initial est croissant »."

Combien de temps la dernière estimation de 470 millions d'euros courants établie fin 2008 va-t-elle tenir ?

Télérama, dans son article du 1 décembre 2012, cite à tort 460 millions d'euros.
http://www.telerama.fr/radio/l-impossible-renovation-de-la-maison-de-la-radio,90059.php

III. Comparaison entre les budgets annuels/réalisations annuelles d'investissement alloués au projet de réhabilitation et les coûts prévisionnels pour le projet

Côté coûts prévisionnels totaux du projet 470 millions d'euros courants 2005 2016 dont :

- investissements 355 ME en euros courants
- fonctionnement 115 ME en euros courant

La séquence des 355 millions d'euros courants peut être chiffrée ainsi :
2005 6 ME 2006 12 ME 2007 9 ME 2008 11 ME 2009 51 ME 2010 52 ME 2011 42 ME 2012 49 ME 2013 43 ME 2014 42 ME 2015 38 ME total 355 ME

2005 à 2008 sont réalisés, soit une estimation de 38 millions d'euros.

D'après les communiqués de publication d'arrêtés de comptes 2009 2010 et 2011 :

- 37,2 ME d'investissements réalisés au titre du chantier (contre une séquence de 51 ME estimée) en 2009
http://www.radiofrance.fr/espace-pro/espace-presse/communiques-de-presse/2010/04/le-conseil-d-administration-de-radio-france

- 51 ME d'investissements réalisés au titre du chantier (contre une séquence de 52 ME estimée) en 2010
http://www.radiofrance.fr/espace-pro/espace-presse/communiques-de-presse/2011/04/le-conseil-d-administration-de-radio-france

- 45 ME (différence entre 65,8 et 20,7) d'investissements réalisés au titre du chantier (contre une séquence de 42 ME estimée) en 2011
http://www.radiofrance.fr/espace-pro/espace-presse/communiques-de-presse/2012/05/le-conseil-d-administration-de-radio-france

Bizarrement le budget 2011 prévoyait 53,1 ME.
http://www.radiofrance.fr/espace-pro/espace-presse/communiques-de-presse/list_article/adoption-du-budget-2011/

- 54,6 ME budgetés pour 2012 (4,6 ME de plus que la séquence)
http://www.radioactu.com/actualites-radio/139223/radio-france-budget-2012-en-hausse-de-2-4-a-pres-de-670-millions-d-euros/

- 60,2 ME budgetés pour 2013 (17 ME de plus que la séquence)
http://www.radioactu.com/actualites-radio/143892/radio-france-adoption-du-budget-2013-en-baisse-de-1-4-par-rapport-a-2012/#.UW7uF8rm2So

Une question essentielle est la suivante : les chiffres annuels d'investissement publiés par Radio France concernent-ils uniquement les coûts d'investissement du projet ou bien également les coûts de fonctionnement (dont relocation) du projet ?

116 millions d'euros de coûts de fonctionnement (dont relocation) étant prévus principalement de 2007 à 2016, sur 10 ans. En effet, d'après le-media.fr le 31 août 2009 "la maison accueillait (jusqu’à leur fermeture pour travaux en 2007)". Soit 16 millions d'euros par an ?

Le réalisé 2009 est bien inférieur à la séquence et les chiffres 2010 et 2011 réalisés sont proches de la séquence.

Il est donc peu probable que les chiffres annuels d'investissement alloués au projet de réhabilitation publiés par Radio France incluent les coûts de fonctionnement du projet.

Qui seraient par conséquent noyés dans le budget de fonctionnement de Radio France !

Comme souligné dans la partie II, aucun chiffre lié coûts de fonctionnement liés au projet n'est publié ou commenté !

Difficile de savoir où en est le volet financier de l'ensemble du projet !

D'après la mise au point de Radio France du 27 novembre 2012 :
"L’enveloppe globale du projet est, à ce jour, maîtrisée d’autant plus que l’avancement de l’opération est à plus de 50% et que l’ensemble des marchés de travaux sont signés."

Cela ne concerne sans doute que la partie investissements du projet.

Sur la période 2009 2011, le total réalisé en investissements (133 ME) est inférieur à la séquence prévue (145 ME).

Ecart qu'il conviendrait d'ailleurs de comprendre !

L'article de Télérama laisse entendre qu'il y a eu de multiples dépenses effectuées pour pallier des défauts ou inconvénients :

- stores ajoutés
- panneaux ajoutés au sol pour absorber les sons
- cabines de montage et de réalisation fermées pour cause d'émanation de gaz de formaldéhyde dépassant la norme mise à jour à la baisse
- infiltrations de la nappe phréatique dans le parking souterrain
- dédommagement pour rupture de contrat avec le maître d'oeuvre Architecture Studio

Si le projet ne dérive pas malgré les surcoûts comment l'expliquer ?

Posté par Olivier Fluke à 17:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 avril 2013

Douteux chiffres d'une étude publiée sur le site de BCE concernant les finances des ménages de l'Eurosystème.

Plan de l'article :

I. Une étude sujette à caution sur bien des points
II. Contrôle de cohérence sur le patrimoine financier. France et Luxembourg
III. Contrôle de cohérence sur les dépenses moyennes de consommation de nourriture

C'est une étude aux résultats controversés qui a été publiée sur le site de la BCE le 9 avril 2013.

The Eurosystem Household Finance and Consumption Survey (HFCS) Results from the first wave
http://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/other/ecbsp2en.pdf?29681f2db5e63b274c8d630700fa94fb

Le patrimoine net moyen des ménages allemands s'élèverait à 195 000 euros alors que celui des chypriotes atteindrait 671 000 euros, en deuxième position ! Juste derrière celui des luxembourgeois, culminant à 710 000euros !

La moyenne du total s'élèverait à 231 000 euros.

I. Une étude sujette à caution sur bien des points

Il convient de préciser que la BCE se démarque des conclusions du rapport puisqu'en début de rapport il est bien précisé que le rapport n'engage que les auteurs et pas nécessairement la BCE.

Les auteurs ? Eurosystem Household Finance and Consumption Network, HFCN. Un projet commun des banques centrales de l'Eurosystème et de trois instituts de statistiques nationaux, dont l'Insee.

"This Statistics Paper should not be reported as representing the views of the European Central Bank (ECB). The views expressed are those of the authors and do not necessarily reflect those of the ECB."

Tous les journalistes qui dans leurs papiers ne s'embarrassent pas d'une telle précision commettent par conséquent un amalgame.

Il en est ainsi de La Tribune dans son article du 9 avril 2013 Les Chypriotes sont-ils plus riches que les Allemands ?
http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130409trib000758458/les-chypriotes-sont-ils-plus-riches-que-les-allemands-.html

Le coût de ce rapport ? Non divulgué. Les enquêtes ont été menées entre fin 2008 et mi 2011, en recourant à des entreprises privées parfois pour mener les sondages. De surcroît, au vu de la longue liste des participants au projet HFCN et du temps qu'il a fallu entre la fin des derniers sondages et la publication du rapport, le coût d'un tel rapport devrait être élevé.

Un rapport sur la méthodologie employée permet de compléter l'information donnée par le premier rapport : METHODOLOGICAL REPORT FOR THE FIRST WAVE
http://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/other/ecbsp1en.pdf?268fa417a643baad3dd93d2b1748f347
112 pages

62 558 (totalisation InvestigationFin, 62 000 selon le rapport) ménages ont été sondés dans les pays de la zone euro. On peut s'étonner de l'écart entre le nombre de sonder allemands et français, respectivement 3 565 (0,01 % du nombre de ménages) et 15 006 (0,05 % du nombre de ménages), soit un rapport de 1 à 5 sur la proportion du nombre de ménages. Comme on peutt le comprendre plus bas, c'est lié au taux de réponse.

Il est d'ailleurs curieux de constater que même si la participation à l'étude est obligatoire pour les ménages de France et du Portugal, le taux de réponse (page 41 du rapport méthodologique) est loin de 100 % pour ces deux pays : 69 % et 64 % ! Il est certes faible pour l'Allemagne (19 %) mais élevé pour les Pays-Bas (57,5 %).

Bien des limites à la pertinence de l'étude sont expliquées dans le rapport :

- années de référence différentes, anciennes (en moyenne 2010, le temps de pondre le rapport !) ;
- différences statutaires sur les système de retraite ;
- différences de coût de la vie entre les pays.

L'étude explique qu'elle a tenté de recouper les résultats issus des sondages avec les comptes nationaux.

Sauf que comme par hasard pour le Luxembourg et Chypre (qui se détachent dans les fortunes médianes et moyennes), on découvre dans la Table 10.5 de la page 96 du rapport méthodologique (Comparison between per capita HFCS and per capita National Accounts) l'absence de chiffres de richesse nette par habitant issus de comptes nationaux !

Autre frein au travail de recoupement avec des données macroéconomiques, le nombre limité de moyennes publiées !

Car ce n'est pas avec des médianes (autant de sondés au-dessus qu'en dessous) qu'on peut tenter d'extrapoler une masse totale.

II. Contrôle de cohérence sur le patrimoine financier. France et Luxembourg

Pour la France, j'aurais souhaité recouper les données d'encours d'assurance vie des ménages.

D'après le fichier Insee t_8108.xls Comptes financiers des ménages, ligne AF.61 Droits nets des ménages, assurance vie et fonds de pension : fin 2009 1 309,6 MdE fin 2010 1 408,6 MdE
http://www.insee.fr/fr/indicateurs/cnat_annu/base_2005/donnees/xls/t_8108.xls

Mais les tables statistiques HFCS ne fournissent que des médianes par pays, 10 600 euros pour la France : ligne Voluntary private pensions/whole life insurance

http://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/other/the_eurosystem_household_finance_and_consumption_survey__statistical_tablesen.pdf?69adcf8e47440c3c389bd443303bb8d7

Les tables statistiques ne fournissent pas non plus les chiffres de moyenne des actifs financiers.

Sauf que de tels chiffres peuvent être obtenus par le tableau de comparaison dans la Table 10.5 de la page 96 du rapport méthodologique !

Pour la France : Financial Assets par capita (par habitant) 22 000 euros.
On multiplie par le nombre moyen de membres d'un ménage, 2,24 pour la France (page 12 du rapport)
Puis on multiple par le nombre de ménages, pour la France 27,86 millions (page 45 du rapport méthodologique)
22 x 2,24 x 27,86 = 1 373 milliards d'euros, total des actifs financiers des ménages français en 2010 selon le rapport HFCS.

On est très loin des chiffres de l'Insee, qui annonce des actifs financiers de 3 703 milliards d'euros fin 2009 et 3 937 milliards d'euros fin 2010 !

J'ai vérifié auparavant que le chiffre de richesse nette par habitant (104 000 euros) de la Table 10.5 multiplié par 2,24 et qui donne 233 000 euros correspond bien au chiffre de moyenne publié dans le rapport : 233 400 euros !

Et que ce soit dans les chiffres Insee ou du rapport HFCS il n'est question que des actifs pour ces chiffres cités, pas des passifs.

J'ai vérifié également la cohérence d'autres chiffres INSEE, disponibles pour 2009 :
- nombre de ménages 2009 27,5 millions
http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=AMFd2
- nombre moyen d'occupants par résidence principale 2009 2,3
http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=AMFd1

Pour le Luxembourg, une étude citée par l'institut statistique national annonçait un patrimoine hors immobilier (mais net de dettes) de 58 080 euros par ménage en 2007. HFCS publie 36 000 euros de patrimoine financier brut par habitant (2010), soit d'après mes calculs 89 280 euros par ménage.

III. Contrôle de cohérence sur les dépenses moyennes de consommation de nourriture

Autre bizarrerie du rapport, qui apparaît dans le rapport, en page 102, les moyennes de consommation de nourriture par foyer :
- 6 700 euros en moyenne en France (2010) soit pour 27,9 millions de ménages un total de 186,7 milliards d'euros ;
- 9 800 euros en moyenne à Chypre (2010) !
- 11 200 euros en moyenne au Luxembourg (2010) ! soit pour 186 440 ménages un total de 2,1 milliards.

Même si le nombre de personnes par foyer est plus élevé à Chypre (2,76) et au Luxembourg (2,48) qu'en France (2,24), de tels écarts surprennent !

Cela donne par personne : France 3 000 euros Chypre 3 550 euros Luxembourg 4 500 euros

Un habitant luxembourgeois dépenserait 50 % de plus qu'un français pour s'alimenter ?

L'Insee publie un détail de la consommation des ménages en 2010 :

- alimentaires et boissons non alcoolisées 145,7 MdE
- boissons alcoolisées 16,2 MdE
- tabac 18,1 MdE
http://www.insee.fr/fr/ffc/tef/tef2012/T12F061/T12F061.pdf

Avec le tabac et les boissons alcoolisées le total atteint 180 milliards d'euros, pas si loin des 186,7 plus haut.

Mais pour se rapprocher des chiffres du Luxembourg cela se gâte !

L'institut statistique du Luxembourg publie les dépenses annuelles moyennes par ménage. D'après les données révisées du 25 septembre 2012, en 2010, c'était :

- produits alimentaires et boissons non alcoolisées 4 837,2 euros
- boissons alcoolisées et tabac 783 euros

http://www.statistiques.public.lu/stat/TableViewer/tableView.aspx?ReportId=516&IF_Language=fra&MainTheme=3&FldrName=1&RFPath=28

Lux dépenses ménages

On est loin des 11 200 euros du rapport HFCS !

De quoi aller plus loin pour émettre une opinion sur la pertinence des chiffres du rapport HFCS !

Posté par Olivier Fluke à 14:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]



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