Avec une plus-value d'environ 250 % ! Coupons non-compris de 4,3 % !

L'obligation d'etat grec venant à échéance le 20 mars 2012 totalise 14,5 milliards d'euros de nominal et n'est pas seulement détenue pas des hedge funds.

Les hedge funds qui ont racheté sur le marché secondaire des titres d'Etat grecs au cours de l'année 2011 ont ciblé celle venant à échéance le 20 mars 2012.

Nonobstant ce que vous avez pu lire dans la presse concernant l'échange volontaire : diminution de 100 milliards de dette grecque sur les 200 détenus par les créanciers privés, mise en oeuvre d'une clause d'action collective pour les récalcitrants ...

InvestigationFin prétend que les hedge funds qui détiennent des obligations grecques venant à échéance le 20 mars 2012 et qui ne les apporteront pas à l'échange seront bel et bien remboursés.

Pourquoi ? Parce que le seuil classique, 75 %, de mise en oeuvre de la clause d'action collective, qui doit être atteint obligation de loi grecque par obligation de loi grecque, ne pourra pas être atteint pour celle à échéance du 20 mars 2012

1) Les hedge funds en détiennent une part importante
2) Une partie des créanciers privés n'est pas identifiée.

Concernant le point 2), un chiffre de 25 % sur le total avait été communiqué à Reuters, ce qui est rapporté dans un article du 13 janvier 2012 :
http://www.ekathimerini.com/4dcgi/_w_articles_wsite2_1_13/01/2012_422465
"Some 206 billion euros of Greek debt is in private hands, but it is unclear how much of that is owned by hedge funds.Up to 25 percent of private creditors have not been identified, according to one source close to the talks."

Comment imaginer que le seuil classique de 75 % puisse être atteint pour la seule obligation du 20 mars 2012 ? Indépendamment de la réussite du timing serré si un accord PSI est mis en oeuvre, ce qui fera l'objet d'un autre article sur InvestigationFin.

Un économiste de Citigroup estimait même que les hedge funds en détenaient plus de la moitié :
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201849635047-dette-athenes-attend-un-accord-avec-les-banques-d-ici-a-la-fin-de-la-semaine-276972.php
"Willem Buiter, le chef économiste chez Citigroup, avance qu'ils détiendraient la majorité des 14,4 milliards d'euros de titres de la dette grecque qui arrivent à maturité le 20 mars."

Sauf défaut partiel organisé de la Grèce sur cette obligation de mars 2012 ou seuil de mise en oeuvre de clause d'action collective bien plus faible que 75 % (on finira bien par le savoir), il semble bien que les hedge funds qui ont joué à ce petit jeu puissent réaliser une plus-value énorme !

S'ils ont acheté leurs titre à 40 % du nominal et se font rembourser à 100 %, le gain sera de 250 % ! Le jackpot !

Les hedge funds le savent et l'ont même fait savoir :
http://www.ekathimerini.com/4dcgi/_w_articles_wsite2_1_12/01/2012_422204
"Trun-Tin Nguyen, a hedge fund manager at TTN NG in Zurich, said he’s been buying the bond on the expectation policy makers will fail to reach an agreement before March. “The bet is that either way, they will repay this one,” Nguyen said in an interview. “Before March, no solution should be achieved, whether it’s a haircut or a default.”"

Le défaut partiel sur l'obligation du 20 mars 2012 est une hypothèse formulée par Charles Forelle du Wall street Journal dès le 12 janvier 2012 :
http://blogs.wsj.com/brussels/2012/01/12/euro-checkers-guide-to-greek-psi/
"If the deal doesn’t happen in time, what can Greece do about the March 20 repayment? It could decide to continue paying other obligations but not that one–Greek bonds don’t have so-called cross-default clauses that throw all similar classes of bonds into default when one issue is defaulted."

Sources complémentaires :

- ciblage par les hedge funds de l'obligation échéance 20 mars 2012, achat à un cours proche de 40 %

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201842733548-athenes-menace-par-un-defaut-de-paiement-275384.php
"Sans qu'on puisse en être sûr, elles seraient peut-être un peu moins pénalisées que les fonds spéculatifs qui, semble-t-il, détiennent désormais une part importante des obligations grecques qui arrivent à maturité cette année. Ces acteurs, qui ont acheté les titres à prix cassé, ont eux intérêt à faire en sorte que les discussions actuelles s'éternisent afin d'obtenir leur remboursement à 100%, et non à 50%."

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120115trib000678108/quand-les-hedge-funds-jouent-contre-le-sauvetage-de-la-grece.html
"« Quand les titres s'échangeaient à 40 % de leur valeur, ils ont acheté des titres à échéances très courtes, remboursables en 2012, explique Olivier Kintgen, associé du fonds de fonds Eraam. Dans le même temps, ils se sont couverts en achetant des assurances contre le risque de défaut, des CDS sur les titres souverains grecs. »"

http://www.ekathimerini.com/4dcgi/_w_articles_wsite2_1_13/01/2012_422465
"Funds who have bought Greek debt in the last few months are likely to have paid anywhere between 20 and 45 cents on the euro, depending on the maturity. By signing up to the deal, which is for a 50 percent haircut, they would still make a profit."

- 75 % de seuil classique dans une clause d'action collective CAC

http://scholarship.law.duke.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=3109&context=faculty_scholarship
MAKING A VOLUNTARY GREEK DEBT EXCHANGE WORK Mitu Gulati Duke University Jeromin Zettelmeyer
"The typical English-law or New York-law governed sovereign bond requires a 75 percent vote of the bonds (in principal amount) before payment terms can be altered."