Jeudi 27 octobre, en direct sur TF1 et France 2, le Président Nicolas Sarkozy a déclaré que les prêts de la France à la Grèce (11,5 milliards d'euros) le sont à des taux d'intérêt entre 3 et 5 %.

FAUX ! Le projet de rapport de l'Union Européenne sur la Grèce montre des taux compris entre 3,173 % et 4,026 % !

copie écran taux interet pret grece

source : http://www.skai.gr/files/1/gpapav14/20oct%20fifth%20review%20compliance%20report-all.pdf

Ce 5 % n'existe que dans l'imagination des politiques, des économistes pour tenter de faire croire que la France gagne de l'argent en prêtant à la Grèce !

Ensuite, le Président Nicolas Sarkozy a déclaré que la France emprunte à 3 % à 10 ans.

IMPRECIS et ORIENTE !

D'après l'Agence France Trésor AFT, la dernière émission du 6 octobre 2011 montre un taux de 3,25 % à 10 ans, c'est 3,75 % à 5 ans et demi et 4 % à 6 ans et demi :

source http://www.aft.gouv.fr/aft_fr_23/communiques_27/communiques_2011_1597/7_498_7060.html

"06 oct. 11 : EMISSION DE L’AFT : 7,498 MILLIARDS D’EUROS D’OAT L’Agence France Trésor a procédé ce matin à l’adjudication de l’OAT 3,75 % 25 avril 2017, de l’OAT 4 % 25 avril 2018 et de l’OAT 3,25 % 25 octobre 2021. Vous trouverez ci-dessous le détail de ces adjudications."

Comprenez que si en fait jusque-là la Grèce a payé entre 3,2 et 4 % en taux d'intérêt et que la France emprunte à moyen terme entre 3,25 et 4 %, comment peut-on en déduire que la France a gagné (200 millions d'euros) dans l'opération ?

Enfin, le Président Nicolas Sarkozy compare ce 3 % à 10 ans à la Grèce, qui emprunterait selon le magicien des chiffres à 25 % !

COMPARAISON DE CHOUX ET DE CAROTTES !

Si ce 25 % existe, c'est sur la marché secondaire, pour lequel la liquidité est à très réduite depuis plus d'un an. La Grèce n'émet plus d'obligations à long terme.

Quel est le rapport entre une émission sur le marché primaire qui finance un Etat et une transaction sur le marché secondaire qui ne permet pas de financer l'Etat concerné ?

Le Président a donc comparé un taux réel (3 %) à un taux imaginaire (25 %) puisque la Grèce n'émet concrètement pas à moyen et long terme sur le marché primaire !