Et un ordre de grandeur de 0,3 milliard d'euros avant impôt pour les comptes de la Société Générale.

C'est un sujet qui passe inaperçu pour l'instant, mais qui, à l'occasion des publications des résultats du troisième trimestre 2011 des grandes banques devrait faire son petit effet.

Le rapport BNP Paribas sur la rémunération au titre de l'exercice 2010 des collaborateurs dont les activités professionnelles ont une incidence significative sur le profil de risque du Groupe est clair : que ce soit pour la partie différée ou non différée, le paiement de la rémunération variable se fait pour moitié en parts indexées sur l'action BNP Paribas, payée en numéraire, au terme d'une période d'indisponibilité.

Le paiement s'étale sur 8 échéances avec une dernière en septembre 2014 soit 3 ans et 9 mois après l'exercice de référence.

La part variable de 1 009 millions d'euros apparaît pour 507 millions en actions ou instruments équivalents. Le montant différé conditionnel s'élève à 735 millions d'euros (on en prend 50 % pour estimer la partie indexée sur les actions BNP, soit 367 millions d'euros

Les 7 échéances restant sont entre septembre 2011 et septembre 2014, dont 270 millions échéance septembre 2011.

On ne connaît pas le cours de BNP Paribas qui a servi de référence, mais que valait le cours de BNP Paribas lorsque l'enveloppe des bonus a été fixée, en février 2011 ? Entre 55 et 59 euros l'action.

Que vaut-il aujourd'hui à la clôture ? 23,06 euros ! Soit près de - 60 % par rapport à un cours de référence de 57 euros.

A ce cours là, la rémunération variable au titre de 2011 non encore versée et indexée des collaborateurs régulés de BNP Paribas pourrait être amputée (hors charges sociales patronales) de 60 %, soit 220 millions d'euros. Soit un impact positif plus important encore (effet des charges sociales patronales) sur le résultat avant impôt.

Et il ne s'agit que des rémunérations au titre de 2010.

Le rapport sur les rémunérations 2009 indique les paiements différés conditionnels en actions et parts indexées sur l'action BNP Paribas : 161 millions d'euros en 2011, 225 millions d'euros en 2012, 258 millions d'euros en 2013.

Que valait le cours de BNP Paribas lorsque l'enveloppe des bonus a été fixée, en février 2010 ? Entre 47 et 53 euros l'action.

Que vaut-il aujourd'hui (jeudi 22 septembre 2011) à la clôture ? 23,06 euros ! Soit près de - 54 % par rapport à un cours de référence de 50 euros.

Si on ne fait le calcul que sur le différé de 2012 et 2013, cela donne une baisse des bonus indexés de 260 millions d'euros environ.

L'addition s'il vous plaît ? près de 480 millions d'euros en moins pour les traders et un impact positif sur les résultats trimestriels de BNP Paribas de l'ordre du demi milliard d'euros !

Même punition pour les traders de la Société Générale et compagnie !

J'attends avec impatience d'une part les cours de clôture du 30 septembre 2011 et d'autre part les publications des grandes banques pour observer comment ils vont gérer cette problématique. Et constater si véritablement les bonus des traders étaient bien indexés et dans quelle ampleur !

Si c'est comme le second plan d'aide à la Grèce, s'attendre à des traitements hétérogènes entre les banques !

Cas de la Société Générale

cours de février 2010 : entre 38,38 et 43,55, adoptons 40 euros

cours de février 2011 : entre 46,52 et 52,04 adoptons 49 euros

cours SG de clôture jeudi 22 septembre 2011 : 15,305 euros ( -61,7 % / 40 euros ; - 68,8 % / 49 euros)

Rapport SG 2010 politique de rémunération : pour l'exercice 2010, la part en actions ou équivalents représente au moins 50 % de la rémunération variable différée.

Montant différé conditionnel au titre de l'exercice 2010 : 417,7 ME réparti en quatre échéances entre octobre 2011 et mars 2014, dont 80,4 millions d'euros à l'échéance octobre 2011.

Montant différé conditionnel au titre de l'exercice 2009 : 217,2 ME (comme pour BNP, selon le rapport 2009, la partie différée serait investie sous forme d'actions SG ou indexée sur l'action SG, donc à 100 %)

Impact positif minimal (car il convient d'ajouter l'effet non quantifié des charges sociales patronales) sur le résultat avant impôt de la Société Générale estimé par Investigationfin de 278 millions d'euros au cours de bourse du 22 septembre 2011 se décomposant ainsi :

au titre de l'exercice 2010 : 50 % de 417,7 ME = 209 millions d'euros x 68,8 % = 144 ME

au titre de l'exercice 2009 : 217,2 millions d'euros x 61,7 % = 134 ME