Le second plan d'aide à la Grèce du 21 juillet 2011. Farces et attrapes avais-je titré dès le lendemain, chiffres à l'appui.

Je n'ai cessé de dénoncer les erreurs entendues ou lues dans les médias sur le taux d'intérêt du premier plan d'aide, ou bien sur les amalgames des chiffres globaux du second plan d'aide (lire notamment le 25 juillet http://investigationfin.canalblog.com/archives/2011/07/25/21673111.html).

Un rapport fait au nom de la commission des finances par Philippe Marini a été publié le 8 septembre 2011 : http://www.senat.fr/rap/l10-787/l10-7871.pdf

Le rapport se penche précisément sur les détails connus du second plan d'aide à la Grèce.

Qu'y lit-on ? « Le montant global de 159 milliards d'euros, généralement mis en oeuvre par la presse, n'a guère de signification. Il résulte de la simple lecture de la déclaration des chefs dEtat et de gouvernement de la zone euro du 21 juillet 2011, on la vu très vague

Presse et chefs d'Etat, prenez-ça !

Qui va lire ce rapport Marini ? Qui va faire son mea culpa pour avoir été incompétent l'été durant ?

Les politiques, Nicolas Sarkozy en tête, qui a annoncé dans une posture de fanfaron le second plan d'aide du 21 juillet, vont-ils faire leur mea culpa ?

Les journalistes et économistes médiatisés, incapables d'expliquer au grand public les bons chiffres du second plan d'aide, de même que le taux d'intérêt du premier plan d'aide à la Grèce ?

Même Philippe Marini, bien que pertinent sur les autres sujets, se trompe lourdement dans son rapport sur ce sujet des taux d'intérêt du premier plan. Je précise que cette fois je ne me donnerai pas la peine de le contacter puisqu'il n'a pas pris la peine de me répondre sur un autre sujet.

Qu'écrit-il ? « Les prêts initiaux aux trois Etats sous programme ont ainsi tous été supérieurs à 5 %. Les Etats contributeurs sont ensuite progressivement convenus que les prêts devaient être consentis de manière à ne pas imposer à lEtat bénéficiaire une charge dintérêts insoutenable. Le taux des prêts bilatéraux à la Grèce a ainsi été ramené à 4,2 % le 11 mars 2011, et celui des prêts du FESF qui sera également utilisé pour la Grèce dans le cadre du nouveau plan à 3,5 % le 21 juillet 2011 ».

Vous qui avez lu mes articles savez très bien que ce taux de 5 % est FAUX !

Voilà les 4 taux d'intérêt que la Grèce a réglé sur ses échéances du 15 juin 2010, du 15 septembre 2010, du 15 décembre 2010, du 15 mars 2011 : 3,423 % ; 3,719 % ; 3,879 % ; 4,026 %.

Rappel de l'extrait du rapport CE

extrait page 52 box 7 UE juillet 2011 Grèce

Vous les voyez où ces 5 % voire ces 4,2 % ?

Le taux a même été réduit de 100 points de base en mars 2011, ce qui aurait donné 3,6 % en juillet 2011 d'après mes calculs (je me répète), proche du 3,5 % du second plan d'aide pour la part FESF.

Sur BFM Radio, dans les émissions Les Experts, Vincent Beaufils de Challenges se permet même de dire « est-ce que tout ça va être remboursé ? je pense que quand on prête de l'argent à la Grèce à 3 % on va le récupérer ... »

Dans le cadre du second plan d'aide, le FESF prêterait à 3,5 %, pas 3 % ! Quant au secteur privé, d'après l'IIF, il prêterait de 4 % à 6 % !

Qu'est-ce qui permet à Vincent Beaufils de parler de 3 % alors que ce taux ne correspond pas à la réalité, si ce n'est qu'il ne sait pas ! Alors s'il ne sait pas pourquoi est-il invité dans une émission titrée Les Experts, et pourquoi aucune des 3 autres personnes présentes ne le reprend, si ce n'est qu'elles ne savent pas non plus ?

Et si vous ne me lisez pas comment faites-vous pour savoir que ce que vous avez entendu est faux ?

Il y a une responsabilité généralisée dans l'incapacité à résoudre les problèmes.

Celle des politiques qui ne comprennent pas la portée réelle les mesures qu'ils annoncent !

Celle des économistes et des journalistes incapables de décrypter correctement les enjeux chiffrés !

Celle des banques qui ont appliqué la décote de 21 % à leurs titres de dettes publiques grecques alors qu'en comptabilité un échange de titre de nominal 100 soit en titre de nominal 100 soit en un titre de nominal 80 ne donne pas un titre de nominal 79 !

Si ce petit monde avait fait preuve de compétence, ce second plan d'aide n'aurait pas duré 2 jours et aurait été rangé au rayon des farces et attrapes comme je l'avais décrit ! Au lieu de cela, ce second plan a duré tout l'été et on se retrouve avec une panique boursière.

Pour continuer sur les journalistes; comment se fait-il d'ailleurs que la niche sociale sur l'imposition des revenus des journalistes n'ait pas été proposée à la suppression ?

Saviez-vous d'ailleurs que dans le récent rapport sur les niches fiscales les taux réduits pour les journalistes, mesure d'enjeu de 60 millions d'euros se voit attribuée la note de ... NON EVALUE !

Je ne l'ai pas écrit le premier, lu ici aussi http://www.atlantico.fr/decryptage/niches-fiscales-gouvernement-forts-faibles-rapport-ministere-finances-juin-2011-180143.html http://www.trop-libre.fr/paradoxa/niches-fiscales-ce-que-dit-le-rapport-des-finances désolé si j'en oublie.

Davantage de détail dans l'annexe K ? « L'évaluation de cette niche sociale n'a pas pu être menée. »

Extrait annexe K

Extrait niche sociale journalistes

Circulez il n'y a rien à voir ! Acteurs du monde des médias (médias, journalistes, politiques, gens médiatisés, ...) ne serait-on pas en circuit fermé là ?