Suite sur la diminution de la dette grecque par participation du secteur privé.

De combien de milliards d'euros la dette publique grecque serait-elle réduite suite à la contribution du secteur privé ? Ce même montant représentant la perte que le secteur privé prendrait.

A partir des données publiées, Investigationfin répond 26 milliards d'euros.

Point de départ, le document IIF d'offre financière du jeudi 21 juillet 2011.

http://www.iif.com/download.php?id=rPiz9R7SVQ4=

Deux actions :

1. programme d'échange volontaire de dette ; réduction de dette publique grecque de 13,5 milliards d'euros pour un stock échangé entre mi 2011 et mi 2020 de 135 milliards d'euros (à 90 % de taux de participation cela fournit le chiffre de 150 milliards d'euros) ; 4 instruments d'échange sont supposés être utilisés à 25 %, dont deux proposent un échange au nominal et deux un échange au nominal décoté de 21 % (mais avec des taux d'intérêt plus faibles), soit 135 x 50 % x 21 % = 13 ,5 MdE.

Merci à Charles Forelle du wsj pour m'avoir permis de comprendre ce dernier point.

http://blogs.wsj.com/brussels/2011/07/22/a-stab-at-greek-clarity-pt-2/

2 plan de rachat par le gouvernement grec Buyback Facility, dont la taille ne sera connue qu'après discussions avec le secteur dit officiel ; le total des deux actions permettrait une réduction significative (meaningful) du poids de la dette relativement au PIB.

Le secteur officiel, lui, s'est déjà prononcé, puisque le communiqué des présidences officielles indique un montant de 12,6 milliards d'euros.

http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ec/123978.pdf

26 milliards sur une dette de 350 milliards d'euros c'est environ 7,4 % de réduction.

Je ne vois donc pas en quoi pour l'instant le secteur privé contribue de manière significative à la réduction de la dette publique de la Grèce !

Les Echos cite un document de l'IIF du 20 juillet obtenu par Reuters, 17 milliards d'euros pour la contribution du secteur privé par échange de dette. Les mesures de privatisation rapporteraient 28 milliards d'euros (contre 50 prévues initialement).

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/reuters_00363096-l-ifi-propose-un-echange-de-dette-grecque-196790.php

CE QUI SIGNIFIE QUE LA BONNE NOUVELLE POUR LA GRECE D'UNE DIMINUTION DE SA DETTE PAR PARTICIPATION DU SECTEUR PRIVE (26 = programme d'échange 13,5 MILLIARDS + 12,6 plan de rachat) EST COMPENSEE PAR LA MAUVAISE NOUVELLE DE MOINDRES RECETTES DE PRIVATISATION (MOINS 22 MILLIARDS).

Les annonces actuelles du second plan d'aide sont donc bien à ranger au rayon des farces et attrapes !

Notez les chiffres fantaisistes de certains articles qui ont laissé penser à de tels niveaux de pertes pour le secteur privé : 50 milliard selon La Tribune, 37 et même 106 milliards selon Le Figaro ! 50 au sens de 37 + 12,6, 37 au sens d'une contribution volontaire des banques créancières et 12,6 au sens de rachat de dette sur le marché.

http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110721trib000637748/le-sommet-europeen-debouche-sur-une-aide-de-158-milliards-a-la-grece.html

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/21/04016-20110721ARTFIG00624-un-plan-a-triple-detente-pourcalmer-les-marches.php

Ce sont en fait les chiffres que le communiqué des présidences officielles avait avancés !

http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ec/123978.pdf

Il y a eu confusion entre souscription par le secteur privé selon de nouvelles conditions à des obligations publiques de l'Etat grec et perte prise par ce même secteur privé !

Tout cela est grave !

Le document de l'IIF lui-même apporte de la confusion puisque les 135 milliards d'euros sont définis comme un apport de financement futur APRES échange pour la Grèce de mi 2011 à mi 2020 alors que pour obtenir une perte de 13,5 milliards d'euros les 135 correspondent à du financement AVANT échange. L'écart étant justement de 13,5 milliards d'euros !

Enfin, les articles de presse française qui calculent des pertes pour BNP Paribas par exemple à hauteur de 21 % de leur exposition considèrent que la décote s'applique pour les 4 instruments d'échange, alors que deux s'échangent au nominal initial.

http://www.agefi.fr/articles/Le-plan-grec-devrait-couter-2-4-milliards-deuros-banques-francaises-1186996.html

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/24/04016-20110724ARTFIG00161-la-grece-coutera-moins-que-prevu-aux-banques.php