Un communiqué de Bercy du 13 mai 2011 tient à faire passer la France pour vertueuse en matière de bonus.

http://www.economie.gouv.fr/discours-presse/discours-communiques_finances.php?type=communique&id=5424&rub=1

Cette fois-ci, il n'y a plus de doute, la connivence entre grandes banques françaises et gouvernement est définitivement établie.

Les cris d'orfraie qui avaient accompagné le scandale du milliard d'euros de bonus à BNP Paribas l'été 2009 (scandale révélé dès le mois de mai 2009 sur ce site) n'étaient que de la poudre aux yeux.

Le niveau des bonus auraient diminué en valeur absolue et en proportion des résultats des BFI.

L'enfumage est déjà dénoncé dans deux de mes articles récents concernant BNP Paribas et Société Générale :

http://investigationfin.canalblog.com/archives/2011/04/29/21007965.html

http://investigationfin.canalblog.com/archives/2011/05/09/21091828.html

Commençons par une spécialité Investigationfin, la découverte d'erreurs de chiffrage.

Il y en a une qui est grossière dans le communiqué de presse, le bonus moyen calculé à 303 000 euros en 2009 (concerne BNP Paribas) est FAUX !

L'erreur commise a consisté à diviser les rémunérations variables (1 206 ME) des effectifs de BNP Paribas et Fortis par les effectifs de BNP Paribas seulement !

1 206 ME / 3 972 = 303,6 KE par professionnel de marché en 2009

Hors Fortis, le variable BNP Paribas 2009 était publié à 1 152 ME, d'où 1 152 / 3 972 = 290,0 KE par professionnel de marché en 2009.

Le problème, c'est qu'en 2010 le calcul exact donne 1 009 ME / 3 464 = 291,3 KE par collaborateur régulé, arrondi dans le communiqué à 290 KE.

Résultat, les bonus moyens de BNP Paribas sont supérieurs (de peu) en valeur absolue en 2010 (291 KE) relativement à 2009 (290 KE).

Ce qui contredit le communiqué de presse de Christine Lagarde. Non, le niveau des bonus n'a pas diminué en valeur absolue à BNP Paribas !

La question de l'erreur intentionnelle mérite alors d'être posée.

Ensuite, je rappelle que la rémunération totale moyenne de la population concernée à BNP Paribas est passée de 380 000 euros en 2009 à 434 000 euros en 2010, soit + 14 %.

Le raisonnement utilisé par les banques, le gouvernement, avec le relais des médias, qui consiste à raisonner uniquement en variable (bonus) et non en rémunération totale (fixe plus variable) est un exercice d'enfumage royal du grand public.

Même chose lorsque le niveau des bonus est comparé avec les résultats des BFI alors que ces derniers, notamment dans le cas de la Société Générale, ne sont pas comparables entre 2009 et 2010, puisque les charges passées dans les actifs gérés en extinction font chuter la base de comparaison 2009.

Magnifique, je dis bravo !