Dans cet article :

I) Les tours de magie du PDG Frédéric Oudéa

II) Question sur l'impact de Geniki Bank dans les comptes de la Société Générale.

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I) Les tours de magie du PDG Frédéric Oudéa

Par média interposé, le PDG de la Générale, ne se prive pas de manier les chiffres à sa convenance, mais investigationfin contrarie quelque peu ses propos, lus dans Les Echos :

« Alors que les résultats de la banque de financement et d'investissement sont en forte progression et que le nombre de nos collaborateurs a augmenté, l'enveloppe de rémunération variable distribuée sera stable par rapport à 2009. »

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/interview/0201154842877.htm?xtor=RSS-2149

1) les résultats de la BFI seraient en forte progression ?

Pas dans les activités pérennes, qui montrent une baisse de 1,3 milliard d'euros de 2009 à 2010 !

Oudéa oublie par conséquent de distinguer dans la BFI ce qui concerne les activités pérennes (le coeur de l'activité de la BFI) et les actifs gérés en extinction (le passif de la crise des subprimes).

Le résultat net part du Groupe de la BFI augmente bien de 663 ME à 1 730 ME de 2009 à 2010, mais celui des activités pérennes chute de 3 516 ME en 2009 à 2 204 ME en 2010. Ce sont les actifs gérés en extinction qui permettent l'augmentation globale, parce qu'en 2009 d'importantes pertes y avaient été constatées.

Côté revenus (PNB) de la BFI, ils seraient en hausse en 2010 de + 7,5 %, à 7 836 millions d'euros.

D'après le détail trimestriel, le PNB des activités pérennes s'est élevé à 7 836 millions d'euros en 2010 contre 9 848 millions d'euros en 2009, soit une chute de 21,1 % ! Formidable non ?

Le communiqué de presse commente ainsi : « le pôle démontre sa capacité à faire face aux évolutions du marché ».

On croit rêver ! Les analystes doivent se marrer quand ils suivent les infos. Grâce à investigationfin, vous aussi vous pouvez vous marrer.

2) l'enveloppe de rémunération variable distribuée sera stable par rapport à 2009 ?

Bizarrement, les chiffres n'ont pas été communiqués. Les revenus des activités pérennes dans la BFI ayant diminué, est-ce bien normal que les opérateurs de marché puissent bénéficier d'une enveloppe de rémunération stable ?

Non, et c'est un scandale !

Les seuls chiffres disponibles sont les frais de gestion.

En activités pérennes, 4 041 ME en 209, 4 634 ME en 2010. Une augmentation de 15 % ! Le communiqué de presse de la SG justifie cette augmentation par l'effet des investissements réalisés pour transformer le modèle opérationnel. Des recrutements de forces de vente sur les activités de marché ont été réalisés.

Pourquoi, contrairement à l'année dernière au moment de la publication des résultats, l'enveloppe des bonus n'a-t-elle pas été communiquée ?

3) Information supplémentaire lue dans http://www.cbanque.com/actu/22456/societe-generale-enveloppe-des-bonus-stable-en-banque-de-financement-et-investissement :

- 400 personnes de plus à la BFI

Le document de référence 2010 montre 12 134 personnes à la BFI. 400 personnes représentent 3,3 % d'augmentation ! Le PNB des activités pérennes ayant chuté de 21 % entre 2009 et 2010, l'augmentation du personnel de la BFI ne justifie en rien la stabilisation de l'enveloppe des bonus !

- sur la seule partie des activités de marché, « les gens verront leur rémunération variable baisser parce que les revenus ont baissé ».

L'article cbanque indique un recul des activités de marché de 32 % (Global Markets), mais la rémunération variable des opérateurs de marché suivra-t-elle cette évolution à ce niveau-là ? Ce qui précède me permet de ne pas le penser.

Toujours selon cbanque, la SG communiquerait ultérieurement de manière plus détaillée sur le sujet. La loi les oblige à le faire de toute manière avant leur assemblée générale !

J'ai le sentiment que la divulgation précise des rémunérations des traders juste avant le week-end du G20 à Paris n'était pas la bienvenue, pouvoir politique et pouvoir bancaire ont fait en sorte de s'entendre pour mettre le sujet de côté. Avec l'étonnante bienveillance de la presse, qui, surchargée avec le rapport de la Cour des comptes et les événements en Afrique ont consciemment ou non joué le jeu.

II) Question sur l'impact de Geniki Bank dans les comptes de la Société Générale.

Autre sujet fâcheux, la filiale grecque Geniki Bank.

On peut également s'étonner de lire que la filiale grecque GBG (Geniki Bank) détenue à 88,4 % présente une situation nette part du Groupe de + 410 millions d'euros fin 2010, alors qu'elle a perdu 411 millions d'euros en 2010 (après 109,5 millions d'euros en 2009).

sources :

annexe de la Société Générale publication des résultats 2010

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/reuters_00322618-lourdes-pertes-pour-geniki-filiale-grecque-de-societe-generale.htm

Fin 2009 taux de détention 54 % situation nette part du Groupe 191 ME, soit 354 millions d'euros de situation nette globale par extrapolation linéaire.

Fin 2010 taux de détention 88,4 % situation nette part du Groupe 410 ME (266 ME en Bourse) soit 464 millions d'euros de situation nette globale par extrapolation linéaire.

D'après http://www.geniki.gr/index.asp?catid=1081&artid=1131&menu=2, on comprend qu'une augmentation de capital de 340 millions d'euros a eu lieu fin 2010.

Les comptes 2009 (publiés en juin 2010 http://www.geniki.gr/index.asp?catid=1081&artid=1131&menu=2) de Geniki Bank montrent des capitaux propres de 269 millions d'euros fin 2009. Les pertes de 2009 (-109 ME) ont été compensées par 173 ME d'augmentation de capital et -21 ME de réévaluation des titres AFS.

Il va falloir attendre juin 2011 pour comprendre comment, en partant de 269 ME début 2010, avec 410 ME de pertes en 2010 et 340 ME d'euros d'augmentation de capital, la situation nette de la banque pourrait augmenter, comme l'affirme la Société Générale dans son annexe !