Conclusion

Si le ratio de frais de gestion du premier semestre 2010 avait été celui du premier semestre 2009 alors les frais de gestion se seraient élevés à 1,8 milliards d’euros au lieu de 2,5. Un écart de 700 millions d’euros dont une partie substantielle devrait profiter aux traders. Ainsi, malgré la chute de l’activité en Conseils et Marchés de Capitaux de 1,7 milliards d’euros entre les six premiers mois de 2009 et 2010, les frais de gestion diminuent seulement de 0,25 milliards d’euros. Le milliard d’euros de bonus de 2009 est sans doute renouvelé ! Le scandale peut continuer.

Article

Août 2009. Le scandale des bonus à BNP Paribas avait battu son plein. La somme estimée, le milliard d’euros avait choqué.

Avec 3 mois d’avance, investigationfin avait rédigé un article révélant en premier le scandale dans son principe.

Août 2010. Qu’en est-il ?

Traders ou opérateurs de marché de BNP Paribas vont continuer à se gaver au titre de 2010. Et dans des proportions supérieures à 2009, même si les revenus d’activité sont en baisse par rapport à 2009.

J’avais calculé, dans un article publié le 11 mai dernier (http://investigationfin.canalblog.com/archives/2010/05/11/17862504.html), qu’en moyenne, au titre de 2009, la rémunération d’un opérateur de marché de BNP Paribas s’élevait à 400 000 euros (fixe plus variable). Une addition hors Fortis de 1,5 milliards d’euros.

Les nouvelles obligations déclaratives de BNP Paribas en la matière sont passées inaperçues dans la presse, mais pas sur investigationfin : les bonus des traders de BNP, au lieu de s’élever à 1 milliard d’euros, ont atteint finalement 1,15 milliards d’euros (1,2 y compris Fortis) au titre de 2009.

Je me suis étonné, dans les publications de résultat du deuxième trimestre 2010 de BNP Paribas, que le ratio de frais de gestion sur produit net bancaire (dans lequel on a sans doute la tendance pour le ratio de rémunération) du deuxième trimestre 2010 soit bien supérieur à celui de 2009 ou même à celui du premier trimestre 2010 !

Comment expliquer seulement 0,3 milliards d’euros de frais de gestion en moins (2,5 contre 2,8 au premier semestre 2009) alors que le produit net bancaire chute de 1,7 milliards (4,2 contre 6,0) entre le premier semestre 2009 et le premier semestre 2010 ?

Cela ne peut qu’augurer de rémunérations maintenues à haut niveau malgré la baisse de l’activité. Le milliard d’euros de bonus devrait être renouvelé en 2010.

Que dit BNP Paribas ? A part des chiffres (notamment dans les présentations), rien. Investigationfin, comme à son habitude, va tenter de les interroger (les chiffres).

Frais de gestion 1S10 / 1S 09 : - 9,1 %

PNB 1S10 / 1S 09 : - 28,9 %

Côté périmètre et changes constants (notamment Fortis), BNP annonce les chiffres suivants :

/ T1 09 : PNB – 20,5 % (contre – 7,2 %) Frais de gestion – 10 % (contre –1,6 %)

/ T2 09 : PNB –55,9 % (contre – 49,8 %) Frais de gestion – 22,7 % (contre – 17,8 %)

T1 09 PNB 2 931 ME donc PNB T1 09 à périmètre et change constants 3 420 ME

T1 09 frais de gestion 1 484 ME donc frais de gestion T1 09 à périmètre et change constants 1 622 ME

T2 09 PNB 3 039 ME donc PNB T2 09 à périmètre et change constants 3 460 ME

T2 09 frais de gestion 1 281 ME donc frais de gestion T2 09 à périmètre et change constants 1 363 ME

D’où les ratios de frais de gestion sur PNB à périmètre et change constants :

Ratio T109 : 47,4 %

Ratio T209 : 39,4 %

Ratio T110 : 53,7 %

Ratio T210 : 69 %

Ratio S109 : 43,4 %

Ratio S110 : 59,2 %

Il y a un bien un problème : la ratio de frais de gestion rapporté aux revenus d’activité a pris près de 16 points entre le premier semestre 2009 et le premier semestre 2010 !

Quelle explication, si ce n’est que les rémunérations des traders sont bien protégées.

Si le ratio de frais de gestion du premier semestre 2010 (59,2 %) avait été celui du premier semestre 2009 (43,4 %), alors les frais de gestion se seraient élevés à 1 842 millions d’euros. Contre 2 513 millions d’euros. Soit près de 700 millions d’euros d’écart.

Une partie importante de ces 700 millions d’euros concerne probablement les opérateurs de marché, dont l’augmentation du fixe est peut être une explication.

Je serais bien curieux de connaître, dans ces conditions, le ratio de rémunération de BNP Paribas, pour le comparer aux autres banques internationales. Au vu de ce qui précède, les fourchettes ont été redressées.

L’appétit vient en mangeant !