Résultats du deuxième trimestre 2010. Lien entre surtaxe UK des bonus, dépenses de rémunération et ratio de rémunération.

La banque américaine JP Morgan présentait le 15 juillet 2010 ses résultats du deuxième trimestre 2010 : des revenus de 25 milliards de dollars et des profits de 4,8 milliards de dollars.

Le communiqué de presse de JP Morgan affirme que le résultat du deuxième trimestre 2010 a été impacté par la surtaxe UK sur les bonus de 550 millions de dollars.

Cette surtaxe n'avait pas été provisionnée auparavant. Jusque-là tout va bien.

Dans le supplément financier fourni par JP Morgan, un commentaire aux chiffres de charges de rémunération (2 923 millions de dollars au deuxième trimestre 2010) et de ratio de rémunération (37 % au deuxième trimestre 2010) de la banque d'investissement indique que cette surtaxe en est exclue.

C'est là où ça se gâte.

En effet, si on veut vérifier le correct calcul du ratio de rémunération du 2 ème trimestre 2010 :

ratio de rémunération = Compensation expense (2 923 M$) / Total net Revenue (6 332 M$) = 46 %.

Alors que le % indiqué est de 37 %.

Il se trouve que si on exclut 550 millions de dollars (la surtaxe UK sur les bonus) du calcul, le ratio ressort bien à 37 %. Ce qu'indique bien Mike Cavanagh (ex Directeur Financier) de JP Morgan en conférence de presse aux analystes.

La surtaxe UK est donc inclue, contrairement à ce que laisse penser JP Morgan dans son supplément financier, dans les dépenses de rémunération de la Banque d'Investissement, mais le ratio de rémunération (compensation ratio) a été calculé pour l'exclure.

Un ratio de 46 % pourrait attirer l'attention sur les mauvaises pratiques rémunératrices des banquiers de Wall Street, alors rester dans la norme convenue est préférable.

Sauf que JP Morgan ne retraite pas pour autant à la hausse un des ratios de rémunération des trimestres précédents.

Ainsi, ces 550 millions de dollars de surtaxe UK sur les bonus ne sont jamais pris en considération dans les ratios de rémunération de la banque.

Une présentation par conséquent biaisée de la réalité du poids des rémunérations dans la Banque d'Investissement de JP Morgan !